S LES SAUVAGES
— Où est-ce qu'ils les prennent donc, ces petits enfants"'
— Dans le- bois. . . les montagnes. ..
bien loin.
— Qui cst-ec «pli les met là?
—LA?. . . D'autres sauvages. . . pluvieux ... je pense. . .
— tët ou les prennent-ils, eux. ce> vieux sauvages?. . .
— Ah ! bien ... ils les font . . . je suppose bien... Tien> tu m'ennuies ave«* tes questions.
— Avec quoi les font-ils?
--Avec du miel, du sucie et des écorces d'orange .
— Vrai?. . . C'est pour ça que petit Claude aime tant encore A se barbouiller de sucre, liein?... C'est drôle....
Puis ils les apportent Comment
le-> apportent-ils?. . .
— Dans de grands paniers.
- -V.n as-tu déjà vu. toi. d.>s sauva jres?
— -Oui... F»on. je ne te réponds plus.
—("'est pour s" battre contre eux qu'on vient chercher " son père ". la nuit?. . .
— Oui. justement.
Et déjà de mon bureau j'entendais la voix de Pomponne qui m'interpellait:
--Est-ce vrai. -(,\\ m-re?
LES SAUVA(ii:s 19
— Mais oui. sans doute.
— Et ils ne te font jamais bobo, a toi?
— Oh! non, va... Je te les tape, moi, les sauvages... bing. . . bang. . .
sur les veux, sur la tête. . . Ils filent, je t'assure. . . quand ils me voient.
Pomponne était maintenant venue ».ne rejoindre avec des grands yeux éblouis, sa géographie a la main.
— Ils ont des belles plumes comme ijix sur la tête?
— Oui, absolument comme «ja
mais rien que les vieux sauvages mauvais, par exemple... L'autre nuit, il y en avait un qui ne voulait point s'en aller, alors je te l'attrape par ses plumes et crac je les lui arrache toutes. . . si tu penses qu'il ne criait pas.
—Oh! pourquoi que tu ne me les as pas apportées?
— Je n'y ai point pensé. • • car. sans ra . . .
— Qu'est-ce (pie tu en as t'ait?. . .
— Je les ai jetées dans le chemin. . .
prés de la maison... lA-ba>.
— Dis-donc, son père, tu le* apporteras une autre fois, hein, veux-tu?
— Oui, sois certaine.
— C'est bon, me lança Pomponne enthousiasmée, et elle retourna toute fi ère reprendre se* études.