V . <St
AZTÈQUES ET MATAS
une série d’hiéroglyphes qui donnent le nom et les attributs du dieu de la pluie, Chac, auquel l’hiéroglyphe représenté figure 37 sert chaque fois d’introduction. De mémo, au tiers inférieur des feuilles 29-41 de la même inscription, les groupes d’hiéroglyphes congénères qui accompagnent la série des représentations de Chac, ont pour introduction un hiéroglyphe qui, modifié dans ses éléments secondaires, montre la forme des figures 38-43. Enfin, dans le Codex Perez 2-3 et 6-7, on trouve une série de représen- h-, u,. ' xu
tâtions analogues ayant chaque fois pour introduction l’hiéro- ^ f \' % -r • glyphe de la figure 44. Dans ces représentations, Chac est remplacé par un dieu accessoire dont le visage est formé d’anneaux '-' XuW de serpents (voy. hiéroglyphe fig. 33). L’élément principal de ces hiéroglyphes représente certainement un poing fermé. Je reviendrai sur les éléments secondaires, qui sont des synonymes de l’homme et de l’oiseau. Le poing pourrait signifier l’action de saisir, de prendre, et l’hiéroglyphe entier signifie un guerrier, un chasseur. C’est ce qui parait ressortir des figures de l’almanach du chasseur que donne le Codex Troano (18-19 a): elles montrent un chasseur qui part pour la chasse avec sa lance ou qui rapporte le gibier sur son dos, et sont accompagnées de groupes d'hiéroglyphes (fig. 43) offrant comme les précédents, la figure 39, par exemple, un hiéroglyphe en avant. Nous voyons dans des hiéroglyphes analogues ( Cod . Troano 26-29 c) la guerre et la conquête représentées par la figure du dieu de la mort et de son assistant, le dieu avec des bandes de feu ; ils s’approchent du temple avec une lance et un flambeau ardent représenté par une couche de pierres ou par un mur avec une pièce de liaison et un toit en nattes. Enfin, nous voyons dans le Cod. Troano (17 c) des hiéroglyphes encore analogues (fig. 47), employés pour désigner le châtiment, qui consiste à passer un ’ jonc à travers la langue transpercée et saignante, ce qui est aussi indiqué plus loin dans le Codex Troano 17 b par l’hiéroglyphe renfermant le même élément principal et un autre élément secondaire. Tous ces faits concordent, si on accepte que V les hiéroglyphes mayas sont à la lettre des images abréviatives. J
Dans une image il y a place pour des représentations variées.
Le mot, le mol propre du moins, a su sphère très limitée.
Une quantité énorme de variantes montre encore mieux la prédominance de l’élément idéographique. On trouve qu'un
Tanin 3
mm
ifiSH
[urv]
Cu£> *
hiéroglyphe est remplace directement par un autre tout autrement constitué. Les désignations du mois Moati, dans les feuilles 46-30 de l’inscription de Dresde, en donnent un bel exemple. Nous y trouvons d’abord les figures 31-32 qui montrent la tête de cet oiseau mystique qu’on peut voir, par exemple, sur la figure complète du Coder de Dresde 10 a (fig. 33), associé seulement à un élément que nous trouvons déjà dans l'hiéroglyphe de la direction du ciel de haut en bas ou de bas en haut (fig. 17, 22,
AZTÈQUES ET MATAS
23). Ailleurs nous trouvons l'hiéroglyphe de la figure 54, dont les éléments ne signifient autre chose que l’oiseau ou ce qui vole, ce qui se meut. Plus fréquente encore est la variation des éléments secondaires en séries homologues d’hiéroglyphes de même sorte. J’ai fait remarquer, dans un précédent mémoire, que les éléments des ligures 55, 56 et 57-59 sont synonymes, ce qui s'explique très simplement par ce fait que la figure 55 (abréviation de la fig. 60) et la figure 56 sont le symbole de l’homme, et que les deux yeux (fig. 57 et 59) sont le même symbole. Les deux éléments (fig. 60 et fig. 57, 58) sont employés pour le nombre 20, parce que ce chiffre est le nombre des doigts et des orteils. Je fis alors remarquer que les figures 62-64 sont employées comme synonymes des précédentes, surtout des figures 55 et 57, et je puis leur ajouter encore les éléments des figures 61, 65 cl 65 a. Le dessin que représentent les figures 61, 62, 63, 65 a se trouve habituellement au col des poteries et des cruches, marquant la région de l'embouchure; la ligure 64 semble être une série do dents. Toute la série de ces éléments homologues, employés comme synonymes d'homme, parait signifier originairement la bouche, le gosier, la gorge. Ajoutez à cela que l'hiéroglyphe d'une divinité qui porte le nom Uac mitun ahau, est représentée ( Codex de Dresde 28) par une tète avec la gorge ouverte, ailleurs ( Codex de Dresde 56) par une tète qui, à la place de la bouche, renferme l'élément de la figure fil . Enfin, l’élément figure 61 est synonyme de l’élément figure 23. Voyez, par exemple, les hiéroglyphes des figures 77 et 78 employés comme ho molog ues dans la même série (Codex de Dresde 19, 20 b). J’ai reconnu depuis longtemps que l’élément de la figure 73 est le symbole du couteau, et j’ai renvoyé alors aux représentations mexicaines du couteau qui expriment son tranchant par une série de dents placées sur une arête. Mais, comme le montre la comparaison des hiéroglyphes homologues dans la même série (fig. 38-43), il faut lui associer une autre série d'éléments qui sont parfois employés comme synonymes du mot homme, notamment la série représentée sur les figures 66-72 et sur la figure 74. La figure montre ici un dessin dans lequel on voit
Æfc 73.
J. -n rvwvO
> ■' . ; ,de nouveau le bec de l’oiseau remarquable Figuré dans le Cod. de
, v • Dresde G et 7 b ou un corps humain dans le Codex Cortez 20, 21 d.
La figure 74 forme la partie principale des hiéroglyphes par lesquels le Codex de Dresde 16^17 c., 17,^18 b et le Codex Troano to.'" I9?20*c désignent les oiseaux accroupis sur des formes de femme. L’élément, dans les attributs du dieu de la mort et des formes congénères, équivaut complètement à la tète de hibou. Nous l’avons rencontré dans l’hiéroglyphe figure 54, symbole de l'oiseau mystique Moan. Les autres figures de la série pourraient indiquer la tète et les ailes ou une paire d'ailes d’oiseau. Mais comment un tel élément pouvait-il avoir quelque rapport avec le nom d’homme ? Je crois que la relation repose dans la combinaison des ternies oiseau et face, oiseau du soleil et face du soleil. On peut voir la figure de la forme des dieux sur la plaque en bois de cèdre de Tikal.
Quoi qu’il en soit, la synonymie de ces différents éléments ne se laisse saisir que par une constitution idéographique des hiéroglyphes mayas, et, à mon avis, c’est la preuve la plus démonstrative de la théorie posée plus haut.
On trouve par douzaines des cas du même genre en examinant soigneusement les inscriptions. Ils nous montrent la voie que nous devons suivre pour arriver à comprendre les inscriptions
mtyàS -âJ.\o'~. - ■
LES SIGNES DES JOURS DANS LES INSCRIPTIONS AZTÈQUES ET MAYAS ET LEURS DIVINITÉS
« De même qu’en Europe, dit P. Sahagun, dans l’introduction au quatrième livre de son histoire de Las cosasde la Nueva Espana, des astrologues tirent l'horoscope à l’enfant nouveau-né, il y avait chez les indigènes de la Nouvelle Espagne des individus appelés Tonalpou/a/ué qui donnaient des renseignements sur la vie, la mort et l’avenir des nouveau-nés. » Ils ne basaient pas leur science sur l’observation des étoiles ; ils se servaient pour leurs prédictions d’un nombre de 20 signes dont l’invention est attribuée à Quetzalcoatl.
' l/H - Vv r
AZTÈQUES ET MATAS
Leur arl de prédiction ne serait donc pas une science sérieuse, mais une superstition et une imposture contre lesquelles les serviteurs de l'Eglise luttèrent par tous les moyens à leur service.
Le nom de Tonalpouhquâ signifie « compteur du soleil » et les 20 signes que nomme Sahagun, sont les 20 signes connus du jour qui servent de base au calendrier aztèque. On ignore l’origine de ces signes, mais leur invention est, en tous cas, très ancienne, car leurs noms étaient employés de la même manière, sauf variantes de dialecte, chez les gens du Nicaragua parlant aztèque, qui habitaient loin de la masse principale de la nation, près du grand lac d'eau douce du Nicaragua et qui vivaient, sans doute, séparés depuis longtemps de leurs frères. Mais l’emploi de ces signes n’était pas une particularité de la branche Nahua, il était également connu de la branche maya du Guatemala, de Chiapas et du Yucatan, des Mixlèques et des Zapotèques, des Tarasques de Michoacan, ainsi que des principales nations cultivées de l’Amérique centrale.
La numération usitée au Mexique comprend 20 signes et commence par le signe cipactli. Mais la liste que les habitants du village Teoca, au Nicaragua, donnèrent à Francisco de Bobadilla comme noms des divinités qu’ils adoraient dans les premiers jours de leurs semaines, commençaient par le signe acalt qui, dans la numération ordinaire, occupe la treizième place. Il en est de même de la peuplade de Meztitlan, petit district montagneux aux limites de la Iluaxlèque, habité par des gens parlant aztèque.
Voici les trois listes dans leur ordre usuel :
Mexico :