Xochitl
Socbit.
Oinc xocli i louai
1.6'</)«c//i cstinterprété d’une façon variable; tantôt ouïe regarde comme un eRpadon(Sahagun), lan'.ôt comme une lèle de serpent (Duran : « Cabeza do sierpe, pues In pinlou asi y la etimologia del vocablo lo déclara »). Le Codex Fueideal le nomme « un pexe grande, que es como cayman ». Les figures 80 (Codex Luud), 81 (CW. Val. A) et 82 (Cod. tiorgia ,')0) en montrent les principales formes. La couleur en est verte ou noire, avec des taches rondes colorées d'une façon différente. Une particularité très remarquable, c’est l'absence de la mâchoire inférieure. Un voit parfois le monstre représenté en entier dans les inscriptions: il montre alors un corps de reptile allongé sur le dos, une arête garnie d'aiguillon . quatre pattes avec des griffes, une queue de lézard, parfois des oreilles. De la tète, on ne voit habituellement que la mâchoire supérieure. D'aulres images représentent un animal en forme de poisson avec uno queue de requin hélérocerquc.
D’après le Codex Fuenleal, la terre serait née de Cipartli. Dans le Cod, Borgia 30 et dans le Cod. Vatican. B. 10 et 76, le signe est précédé du dieu Tunucatecutli « le maître de notre chair », identique avec Onieleculti « le maître de la génération », dont l’épouse Tonacacihuatl « la maîtresse de notre chair », ressemble par le costume et les attributs à X ochiguetzal, la déesse de la terre lleurie. Sans doute, le symbole de la terre est le signe du siège de la fécondité. Le signe était, pour les astrologues, le symbole promettant la fécondité. Les jours nommés
après lui présageaient le premier rang, ils apportaient la richesse, le bonheur, la puissance et la prospérité de la famille.
Le patron de ce signe, Tonacateculii, est richement vêtu, en couleur rose, dans le Cotl. Vatic. A et le Telleriano-Remensis, étendu sur un lit d’épis de mais. D'après les interprètes, il n’y avait que les trois dieux Tonacateculii, Xiuhtecutli, le dieu du feu, et Mirtlantecutli, le roi des enfers, qui portassent une couronne comme expression du mot tecut/i « maître, seigneur », ou comme souverains des trois empires du ciel, de la terre, de l’enfer. Dans les autres inscriptions, on voit un dieu, peint en couleur jaune clair, pourvu en partie des attributs de Quelsalcoall, qui porte, dans le Cad. ! tory ta, une sorte d'anneau à la lèvre supérieure. Ce dieu a la commissure buccale pincée et, dans d’autres inscriptions, il est désigné comme le plus ancien, le père des dieux et des hommes. Dans le Codex Telleriano-Remensis et le Vaticanus A, son épouse, Tonacacihunll ou Xochù/uelzal, est dessinée en face de lui ; dans d'autres inscriptions elle fait défaut; mais dans toutes on voit au-dessus ou à côté de lui deux êtres humains assis ou étendus en face l’un de l’antre, sous le même toit, ou se tenant par la main; les deux êtres humains montrent la vie qui sort de leur bouche — sans doute le symbole de l’union sexuelle.
Le nom qui est indiqué pour ce signe dans la liste de Meztitlau est illisible. Le mot est évidemment effacé et je ne puis me hasarder à lui donner un sens,
2. Ehecatl signifie vent. Son patron est le dieu du vent Quetzalcuatl. Le signe est représenté par la tête du dieu d’uue façon aussi variable que les représentations mômes de ce dieu. Le plus souvent, on voit le masque à bec d'oiseau de l'idole de Cholula. (V. fig. 83.)
Pour les astrologues, ce signe était le symbole de l’inconstance et de la variabilité. Ceux qui sont nés sous lui sont légers, inconstants, corruptibles, inquiets (Duran). D'après une autre opinion, Ehecatl est le signe des inquiets, des vagabonds, des loups-garous, de ceux qui prennent diverses formes, des voleurs (Sahagun).
Le patron de ce signe est Quetzalcoall, le dieu du vent. Le nom s’explique différemment : Quetzalli est la plume caudale verte de l’oiseau Pharomacrus mocinno, mais le mot est employé en général dans le sens de trésor, chose précieuse ; Coati ou Cohuatl est le serpent, mais il signifie aussi jumeau. Mcndieta (11-19) dit : « en sa lengua llamaban cocoua culebras, porquc dicen que la prima mujer que pario dos, se llamaba coati, y de aqui es que nombraban culebras à los mellizos, y decian que habran de corner à su padre y madré si non matascn al uno de los dos. » Le nom Quetzalcoall signifie donc serpent à plumes vertes, ou admirable jumeau.
Quetzalcoall était le dieu de Choiula, le dieu de la sagesse et de la culture sacerdotale ; aussi est-il toujours orné d’attributs sacerdotaux : de l’os pointu qui servait .pour les saignées, des pointes coupées aux feuilles d'agave, sur lesquelles on recueillait le sang qui s’écoulait, enfin d'une bourse de copal. En face de lui, dans le Codex Telleriano-Rememis et le Vaticanus , se trouve un jeune prêtre dont la langue transpercée et saignante est traversée par une verge ou un roseau ; dans le Cod. Borgia 53 et le Vatican., B. 47, on voit un temple et un homme en prière. Du reste, ce dieu est représenté soit avec le signe rouge à bec d’oiseau de l’idole de Choiula (Voyez fig. 83), soit avec des traits humain. Ses attributs particuliers sont un pendant d’oreille de forme spéciale et une coquille portée en plaque sur la poitrine, comme le montre un dessin du manuscrit de Sahagun de la bibliothèque Laurenlienne de Florence : c’est le « Yoël del viento », la parure du dieu du vent, et non, comme le croit Brinlon, une rose des vents (Yahualli ehecatl) en forme de pentagramme. Dans le Cod. Borgia 30 et aux endroits correspondants du Vaticanus B, il y a encore, au-dessus du dieu, un serpent de feu percé d’une flèche, soufflant une fumée par les narines (idéogramme du mot Quetzacoatl/).
3. Calli, maison, figure 84. Son patron est le dieu Tepeyollotl, le maître de la montagne, représenté en tigre, assis dans le creux d’une montagne. En face de lui, dans le Codex Telleriano Remensis cl le Va tic. A, le dieu Quetzalcoall est représenté tenant
un prisonnier par le sommet do la tête. Dans le Cod. Horgia 52 et le Cod. Val. B. 46, on trouve en faco la déesse T'açolteotl tenant également un prisonnier. Enfin, dans le Cod. Borgia 29 et le Cod. Val. B 10 et 77, il y a, à côté do lui, la même déesse qui porte aussi le nom Tlaelquani , la mangeuse d’excréments, sous les traits d'un personnage mangeant des excréments et du symbole de la nuit (la lune).
Pour les astrologues, le signe est le symbole du repos. Les individus nés sous ce signe sont paisibles et aiment leur maison (Durait). Les marchands le regardent comme particulièrement favorable au retour chez eux. Mais la maison est aussi le signe de l’ouest, do la région où le soleil descend vers les morts, le siguo du soir. C’est le moment où les formes crépusculaires, les spectres, les Cihualeteo monlont sur la terre, portant les maladies aux enfants, excitant les hommes au vice et au meurtre, apportant la captivité et la mort.
4. Cuelzpalin, ligures 85 (Cod. Val. A) et 86 (Cod. Horgia, Cod. Laud),c st peint en couleur bleue (fig. 85) ou la moitié antérieure bleue, la postérieure rouge. Il est traduit généralement par « lagartija » lézard.
Pour les astrologues, c’est le symbole du superQu et de l'usage immodéré, car, comme le dit Duran, le lézard s'attache à la muraille et les mouches ne lui manquent pas qui volent autour de sa bouche. L’interprète du Cod. Vatic. A, dit précisément que le lézard signifie l'abondance do l’eau. On le comprendra si l’on se rappelle que pour les Mexicains les termes de superflu, prospérité et abondance d’eau sont synonymes. La signification symbolique de l’animal se traduit ainsi dans le verbe cuetspalli, onicuelz pallie, formé de cuelz palin, pour lequel la signification « glotonoar », c'est -à-dire vivre dans la dissipation, la débauche, est indiquée dans le dictionnaire de Molina.
La liste de Meztillan nomme autrement le quatrième signe; ailotl s’appellerait xilotl, c’est-à-dire l'épi de maïs jeune, encore mou — autre symbole de superflu.
Le patron de ce signe est le dieu Hue/iaecoijoll, c’est-à-dire le vieux coyote. D ois les Cod. Horgia cl Vatic. B, il a la forme d'un
AZIÈyl'KS ET MAYAS
coyote ou bien il est pourvu d'une tète de coyote ; dans le Cod. Telleriano-Remeruis et le Vaticanus A, il est peint en couleur rouge et enveloppé d’une fourrure blanche de coyote. Les interprètes l’identifient avec Tatacoada , le dieu des Otomites. On est tenté de penser à Coyotlinahuatl, l'esprit coyote qui, d'après Sahagun, était adoré par les Amanteca, les ouvriers en plumes du quartier Amantlan. Les Amanteca prétendent avoir été les premiers émigrants chichimèqucs à Mexico, et ils auraient rapporté do leur première patrie le culte de Coyotlinahuatl.
Devant le dieu se trouve représenté un homme couché, et, en face de lui, une femme pleurant à genoux. Les interprètes appellent celte dernière Ixnetli (cendres dans les yeux?).
5. Coati , serpent, figures 87 (Cod. Telleriano Remensis) et 88 (Cod. Horyia). La couleur en est verte ou bruue (jaune). Le serpent de la liste des signes des jours se distingue des serpents qu'on trouve dans les images et sur les monuments, auxquels on donne habituellement la couleur de la couleuvre coralline rouge.
Le serpent vit nu, sans gîte propre, se cachant aujourd’hui dans un trou, demain dans un autre. Aussi le jour nommé après le serpent a-t-il pour conséquence la nudité, la pauvreté, l’absence de patrie. C’est le signe des voyageurs et des guerriers, et il fut choisi par ceux qui quittent leur maison et s’éloignent pour le commerce ou la guerre.
La patronne de ce signe est la déesse Chalchihuitlicue, la déesse des sources et des ruisseaux, de l’eau courante, par conséquent le symbole de l’inquiétude et du voyage, qui entraîne dans le courant qui coule de ses épaules, les hommes, les femmes et les caisses remplies de richesses.
6. Miquitztli, mort, ou Tzontecomatl, crâne (fig. 89 et 90). La couleur de l’os est souvent imitée par des taches jaunes ponctuées de rouge ; la mâchoire inférieure est parfois indiquée par une couleur spéciale. Suivant la coutume, la gencive, à la racine des dents, est désignée par une couleur rouge, et les bourrelets portant les sourcils, au-dessus des orbites, sont indiqués par une couleur bleue. 11 est assez habituel de trouver sur la voûte nu sur les régions temporales du crâne un trou circulaire. Le
tzompantli, le squelette crânien, était familier aux Mexicains : les tètes des esclaves et des prisonniers de guerre offertes aux dieux, étaient rangées en séries sur des bâtons passés transversalement à travers les tempes. Parfois, à la place du trou circulaire latéral, on voit des anneaux concentriques diversement colorés sur le sinciput, ce qui indique peut-être une préparation du crâne. Au lieu d’un simple crâne, on trouve encore dessinée la tète de Mictlanteculi, le dieu de la mort, qui porte sur le crâne une perruque noire, embrouillée, des oreilles avec une cheville blanche et un couteau de silex devant le nez (fig. 90).
La mort est un malheur; elle éveille de tristes pensées. Aussi les enfants qui sont nés sous ce signe sont-ils malheureux et tristes, faibles et maladifs.
Le patron de ce signe, dans le Cod. Borgia 28, est une femme dessinée avec le disque labial de Toriacatecutli ( Ometecutli ), qui porte un limaçon de mer au-dessus du front et dont toute la forme se détache sur l'ombre de la nuit.
Danslcs points correspondants du Codex Val. B (feuille 9et 78), on trouve un dieu également dessiné avec le disque labial (commissure pincée) de Tonatecutli, mais avec un corps sombre (bleu). Nous voyons aussi, dans le Cod. Borgia 49 et dans le Cod. Val. B. 43, un dieu avec le même disque labial, mais sous la forme d’un vieillard au dos raidi, avec le bâton à la main; en face de lui se trouve le dieu du soleil. Los Cod. Telleriano-Be menais et Vaticanus A, ont aussi deux figures; un dieu qui porte comme signe distinctif le même limaçon de mer que la femme dans le Cod. Borgia 28, et, devant lui, le dieu du soleil.
Les divinités de l'en fantemonl sont associées comme patronnes et, en quelque sorte, comme compensation au signe de la mort. On suppose que la femme de la feuille 28 du Cod. Borgia est Tonacacihuatl, la déesse de l’enfantement. C’est ce que démontre le limaçon marin, car le limaçon est le symbole de la femme. De même que le limaçon sort de sa coquille, l'homme sort du corps de sa mère. Les divinités humaines désignent la lune Mixtztlï). La lune a un irapport avec les femmes et, d’après les cnlerprètes, produit la nassance des hommes. C’est pourquoi le
AZTÈQUES ET MATAS
limaçon de mer ( teccizt/i ) est son symbole, et que Tecciztecal est le nom sous lequel la divinité est surtout connu.
7. Maçatl, cerf. La tète allongée de cet animal est dessinée sans bois (fig. 91) ou avec le bois (fig. 92). Ce dernier est alors peint en bleu, comme les autres parties cornées ou cutanées (ongles, muqueuse nasale, etc). Au lieu de la tête, nous trouvons dans le Cod.. Fejérvâri (fig. 93) le pied de l’animal avec le sabot fendu.
Le cerf est un animal de la forêt et de la plaine. Ceux qui sont nés ce jour-là ont un penchant pour la vie de forêt. Si ce signe est associé, dans sa signification, au signe coati, c’est aussi, comme ce dernier, le signe des guerriers.
Le patron de ce signe est Tlaloc, le dieu de la pluie, des orages, le dieu qui tue par l’éclair, — peut-être parce qu’il est en même temps le dieu de la montagne. Ou bien serait-ce, comme dans le signe précédent, une compensation par antithèse? D’après les interprètes, le cerf est le symbole de la sécheresse. Dans les Cod. Telleriano-Remensis et Vaticanus A., on trouve, opposée au dieu, une figure qui réunit les attributs de Tlaloc (le dieu de la pluie) et de Quetzalcoall (le dieu du vent) et que les interprètes appellent Nahuiehecatl (quatre vents).
Tlaloc est pour les Mexicains le dieu qui lue par la foudre, qui noie dans le flot, qui règne sur les siens dans le Tlalocan Ceux qui naissaient sous le signe du cerf, qui tombaient sous la puissance du dieu Tlaloc, redoutaient de périr de la foudre dans les orages, de se noyer au bain, d’être réclamés par le traître Tlaloc comme sa propriété.
8. Tochlli, lapin ; tète semblable au signe précédent, mais différant par l’œil arrondi, les oreilles plus longues, plus pendantes, et par ses deux incisives (fig. 94-95).
C'est un signe de bonheur. Le lapin, dit-on, se nourrit sans travail ni peine de l’herbe des champs. Ainsi, ceux qui naissent sous ce signe deviennent riches sans peine.
Chez les Mexicains, tochlli exprime l'ivresse, l’action de s’enivrer. Ils forment le verbe tochtilia, oninotochtili, pour lequel Molina donne cette signification : « hazerse conejo, o hazerse
bestia, o tornarse brulo el hombre ». D’après P. Sahagun, le vin fut nommé centzontotochtin, c’est-à-dire 400 (= 20 X 20) lapins, parce qu’il serait la cause do toutes sortes d'ivresses. Nous voyons comme patronne du signe torhtli la personnification du Maguey (Agave americana), dont on prépare l’enivrant pulque. Comme divinité, elle porte le nom de Mayahuel ; c’est la déesse des plantes, et, d'après Sahagun, c’est elle qui apprit la première à extraire le jus du maguey, dans les temps primitifs, lorsque les Olmèques et les lluixtotin existaient encore dans le pays. D'après l’interprète du Cad. Tellrriano-Rrmensn, c'est l’épouse de Pantecatl, du dieu pulque, que nous mentionnerons plus bas. La représentation de la déesse est assez uniforme dans toutes les sources que nous avons produites ici.
Nous la voyons assise devant les feuilles épineuses de l’agave ou sortir même do ces feuilles. A côté se trouve un pot couronné et orné d’où il sort une boisson mousseuse. Une figure balançant dans une altitude agréable le drapeau, buvant avec un air sérieux à la coupe de pulque, ou prononçant un discours la coupe à la main, parait représenter l’ivresse.
9. Atl, eau. L’eau, comme signe de jour, est rarement employée de la manière qu’on le trouve dans le Codex Mendoza comme hiéroglyphe, notamment sous forme d'un courant ramifié de [couleur bleue avec ses ondes limitées ou avec des gouttes blanches, rondes ou allongées à l'extrémité des divisions. Nous avons toujours un dessin analogue à celui de la fig. 96 du Codex Valic. B. 47 et 48. Eu général, à la place d'un simple cours d'eau, on trouve un vase dessiné avec de l’eau ou une calebasse , comme dans la fig. 97 du Codex Telleriano- Remensis, ou même, comme c’est le cas le plus fréquent, l'eau qui s’écoule du vase est comparée à la huppe ondoyante d’un oiseau. Zs'Asit
On donne aussi au vase qui contient l’eau la forme d'un bec d'oiseau avec des éperons ou des dents sur les faces latérales du récipient, et on dessine, à l'intérieur de l’eau, l’œil d’un oiseau (fig. 100, 401). La fig. 98 (Cod. Land.), particulièrement ornementale, montre la combinaison des deux modes de représentation.
AZTfcQCES ET MAYAS
L’eau, ou plus exactement le moment sur lequel l’eau exerce son influence, le temps de la pluie et les localités où l’eau est en excès, causent des maladies, des rhumatismes, de la fièvre, des éruptions. C'est donc un signe de malheur, car la maladie ou la mort peuvent atteindre ceux qui sont nés sous ce signe.
Le patron de ce signe est le principe contraire, le maître du feu, Ixcoçauhqvi, surnommé le visage jaune, Xiuhtecutli, le maître de l’année (ou le maître de l’émeraude), ou Xhihatlatl, la planche bleue qu'on jette ; il est peint en couleur jaune dans les Codex Te/leriano- liemensis et Va tic. A, en rouge dans les Codex Borqia et Vatic. B.; la partie supérieure du visage est noire, ainsi qu'une rayure transversale qui existe au-dessus de l'œil.
L'élément opposé, l'eau, se trouve ici à côté du dieu sous forme d’un large courant, rappelant la position spéciale qu'il occupe dans Sahagun, où il est nommé le dieu du feu, le père de tous les dieux; il réside dans une demeure aquatique au milieu des fleurs, entre des murs crénelés, enveloppé de nuages d’eau. Le feu est figuré sous forme d’éclair, comme dans l’Agni indien ; il est nommé « né de l’eau ».
Dans les passages où ces dieux sont cités comme patrons de la semaine, on voit en face du dieu du feu un dieu peint en blanc, à côté duquel on trouvo, dans le Codex Telleriaiio-fiemensis et Vatic. B, le signo ceacall, un roseau, — le jour de la disparition (de la mort), de Quelzalcoatl, jour où ce dieu se transforma en étoile du malin. Les interprètes expliquent cette figure comme étant l'image de Tlahuizcalpantecutli, l'étoile du matin. Mais ce acatl est aussi le jour où, suivant la tradition, le ciel, fut créé ( Cod . Tell. -Rem., il, 32), le jour du commencement du monde, du commencement de la numération, du temps « il primo giorno quando comincid il tempo », dit l'interprète du Codex Vatic. A. Lorsque l'année commençait par le jour ce acatl, tout le monde jeûnait pendant une semaine ou treize jours. La périodo précédente du monde avait en effet péri ce jour la, la nouvelle période avait commencé, et l'on attendait le même jour aussi la destruction de la période présente. Suivant l’idée générale, ce devait être par le feu. L'idée de la fin du
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monde, se rattachant à l’image du dieu du feu, est, d'après mon opinion, exprimée par la figure placée en face du dieu du feu et par la légende ce acatl.
10. Itscuintli, chien. La tête de l’animal est dessinée en noir et tachetée de blanc, comme on le voit dans le Codex Mendoza, où l’image du chien est employée souvent en élément hiéroglyphique ; parfois l'image du chien est aussi peinte en rouge (fig. 103). Le chien fut engraissé, chez les anciens Mexicains, comme animal de boucherie. En outre, il jouait un rôle important dans les funérailles. Pour atteindre l’empire des morts, l’âme du décédé devait franchir le C hiconahuapnn , le courant répété neuf fois, ce qui ne pouvait se faire qu'avec l’aide d’un chien rouge. Aussi personne ne négligeait de mettre dans la fosse, avec le mort, un chien de celte sorte. La couleur rouge est devenue aussi un caractère distinctif du chien. La fig. 103 montre en même temps le chien avec les oreilles coupées. La chose est indiquée par le bord supérieur lobé de l’oreille et par la couleur jaune de ce bord, ce qui se fait aussi dans les inscriptions par ligures pour indiquer les parties du corps mortifiées ou le bord des blessures. Il semble qu’on coupât les extrémités des oreilles aux chiens avant de les jeter dans la tombe du mort. En effet, nous trouvons employé, comme désignation du signe du jour, Itzcuintli, la même oreille rouge avec la pointe coupée (bord supérieur jaune et lobé) (fig. 104).
Le chien est le signe des grands maîtres, des seigneurs et des gouverneurs de la terre. C’est ce jour qu’on prononçait les oraisons funèbres et qu'on donnait la liberté aux prisonniers innocents. Les rois qui étaient élus ce jour-là jouissaient de chances particulières. Les hommes nés sous ce signe devenaient de grands seigneurs, riches, puissants, généreux ; ils se laissaient implorer volontiers et aimaient à distribuer des faveurs.
Le patron de ce signe est Mict/antecni/i, le dieu de la mort, dessiné sous une forme tantôt masculine, tantôt féminine, dans le Codex Borcjia 26 et dans les endroits correspondants du Codex Vatic. B. 7 et 80. A côté de ce dieu dont la gueule est béante, se voient une civière et un homme (singe) malade de diarrhée et de
polyurio(?). Dans d'autres endroits des Codex Rorgia 45 Vatic.
B. 39, et dans les Codex Telteriano-Remensis et Vaticanus A, l’antithèse se trouve encore exprimée : le dieu du soleil, Tonatiufi. le maître du jour, se trouve opposé au dieu de la mort, le dominateur de l’enfer, le représentant de la nuit.
1 1 . Oçomatli, singe. Le singo est une forme mythologique. Aussi, c'est à peine si nous le trouvons représenté d’une manière simple, naturelle. Il porte, à la manière des princes et des dieux, un ornement à l'oreille (fig. 106), et, en général, l'ornement un peu barbare du dieu Tepeyololl et de ses compagnons. A la place des cheveux hérissés en avant, on voit souvent une touffe verte de gazon Malinalli (Voyez le signe suivant).
Parfois aussi ( Cod . Rorgia , 16), toute la figure est recouverte de gazon Malinalli (fig. 107). Dans les Codex Telleriano-Remensis et Vaticanus A, la tête du singe porte généralement la coiffure du dieu du vent Quetzalcoatl (fig. 105). Le singe a des rapports avec le dieu du vent. Il est rapide et léger. Pour les Indiens ariens, le singe est Ilânuman der vAtaja, le fils du vent. Dans les j Codex Mexicains, on trouve plusieurs fois un fort beau dessin qui montre le dieu de la mort et le dieu du vent, Quetzalcoatl, étendus dos à dos. Dans le Codex Laud H, on trouve une représentation semblable, mais à la place du dieu du vent, c’est l’image reconnaissable du singe, le dos étendu contre le dieu de la mort ; le premier tient un couteau de sacrifice, le second un cœur arraché dans la main. Il n’y a plus à s’étonner que nous le trouvions le visage revêtu des attributs du dieu du Vent. L'ornement de gazon Malinalli semble indiquer un rapport avec la mort. Le visage du singe imite un crâne, et dans le Codex Rorgia 44, nous voyons, rappelant notre fig. 107, un squelette qui porte au dieu du soleil la tête coupée d’un gardien et qui est revêtu du gazon Malinalli.
Le singe est badin et facétieux ; il sait se servir adroitement de ses membres. Ceux qui sont nés sous son signe seront des individus expérimentés et adroits, surtout dans les arts inutiles, des artistes, des chanteurs, des danseurs, des clowns; les femmes seront d’humeur gaie, mais peu vertueuses.
Comme patron de ce signe, le Cod. Borgia 26 et le Cod. Va/ic. B. 80 donnent le dessin d’un dieu dont les relations sont exprimées par un homme péchant avec un filet placé dans l’eau, à côté de lui. Je ne suis pas en mesure de pouvoir assigner un nom k ce dieu, car, dans le dénombrement des divinités, il existe à cet endroit des différences entre le Cod. Va/. A et Te.llrriano-Bemensis et les passages correspondants des Cod. Borgia
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et Va/icanm B. Je crois le reconnaître sous le nom de Chicome
Xochitl (sept fleurs), dans le Cod. Borgia 24 (où il est en parallèle avec Xochiquetzal) et dans différents endroits du Coder Vitnnensis ; je serais tenté de voir en lui un analogue masculin de Xochiquetzal, ce qui s’accorderait parfaitement avec la signification du signe donné plus haut.
12. Malinalli est traduit par les anciens auteurs, par « Cierta Yerva » . une certaine herbe. D’après Pefiafiel (Nombres