‹ Caractère des inscriptions aztèques et mayasChapitre 6 sur 11 · JO · texte numérisé non relu

JO

ment que les hommes et les soldats qui prenaient part aux festins arrosés de pulque.

Le culte qu’on rendait au dieu du pulque ou au pulque mémo, a encore une signification particulière : on comprenait sans doute sous l’image du vin, qui rend puissant et fort, la pluie, qui donne la force et la puissance à la terre.

Le dieu de la pluie même se nomme, comme on sait, Tlaloc,

c’est-à-dire le vin de la terre. Dans la relation de Meztitlan, le principaux dieux sont Oinetoc/illi, Tescatlipuca, Hueitonantzin, c'est-à-dire le dieu du vin (dieu de la pluie) le dieu de la sécheresse et de l'hiver et la déesse de la terre. On raconte du dieu du vin ( OmrlochtU ) que Tezcatlipuca le tua, mais que sa mort n’était que le sommeil d'un homme ivre et que le dieu se releva ensuite alerte et plein de santé — mythe transparent qui nous traduit l'alternative de sécheresse et de pluie, du froid et de la chaleur, de l'hiver et de l’été. De cette signification mystique du vin (du pulque) se déduisaient sans doute les châtiments qui étaient appliqués à ceux qui faisaient un usage immodéré de celte boisson ; les Espagnols étonnés considéraient ces châtiments comme le comble d une sage éducation. L’usage du

AZTÈQUES ET MATAS

pulque, en dehors des cas où le culte le prescrivait, était un pur sacrilège que les lois punissaient de mort.

13. Acntl, roseau. Il est souvent Lraduit comme élément hiéroglyphique dans le Cod. Meiuiuza, par le plant de maïs sortant des larges feuilles qui l'enveloppent. Comme signe de jour, il est désigné par uno lige de flèche, munie ou non d’une pointe , ■' '■ de silex (flg. 115-117), mais ornée généralement de plumes placées au-dessous de l’extrémité de la tige.

Comme le roseau esl creux et sans moelle à l'intérieur, ceux qui sont nés sous ce signe seraient des tètes vides, sans cœur et saus intelligence, des gourmands et des paresseux.

Comme patron de ce signe, le Cod. Boryia 27 montre un Tezcatlipoca les yeux bandés. Dans le Cod. Boiv/ia 26, un groupe lui correspond, composé de la figure de Tescatlipoca (fig. 148) et d’un dieu ayant la ligure entièrement cachée et dont la tète est couverte d'un bonnet arqué en forme de corne d’où sort une hampe de flèche (lig. 149). La figure correspondante du Cod.

Vutiran. ,4 et du Codex Te/leriano- Hemensis porte les mêmes attributs caractéristiques ; les interprètes la donnent comme étaut Itztlacoliuhqui, le dieu du froid, de l’endurcissement, de l'aveuglement, des crimes ; l’image d’une étoile lui correspondrait dans le ciel de l'hémisphère sud. Comme ligure accessoiro, on voit dans le Cod. Bort/ia 27 un homme mangeant des excréments ; dans le Cod. Bort/ia 46 uu pot de pulque et un homme couché par terre; enfin, dans le Cod. l'«/i'c. .4 et Tel/eriano- Remensis, l’image d’une femme adultère lapidée.

Le nom Itztlacoliuhqui signifie le tranchant, le recourbé ou le couteau coutbe d'obsidienne. 11 est regardé comme le dieu du froid par Sahagun. La relation avec Tezcatlipoca, qui existe dans les représentations mentionnées, s’exprime surtout par le nom Ilztli, l’obsidienne, qui est un des noms de Tlezcatlipoca.

Car Tezcatlipoca, le miroir fumant, est sans doute le dieu de la sécheresse et du froid, de l’hiver et des ténèbres, le Moloch de la mythologie mexicaine. C'est aussi le dieu qui punit les péchés.

La présence de Ciiiteotl Itztlacoliuhqui appartient aux solennités de la fête des balais ( ochpuuizlli ), qu'on célébrait en l’hon-

neur do la déesse terrestre Teteoinnan ou Toci. Dans ce but, on prenait à la victime décapitée en l'honneur de la déesse , un morceau de peau de la cuisse et on en faisait le masque de Itztlacoliuhqiti. Le masque se composait d’un capuchon de plumes qui s’allongeait en arrière et se terminait par une couronne en forme de crête do coq. La description répond exactement à la façon dont se trouve représenté le bonnet arqué en corne de Itzlacoliuhqui, dans les Cod. Tellerûmo-Remensis et Vaticanus A. Cinleoll, le fils de Teteoinnan , était revêtu de ce masque et jouait un rôle important sous ce costume dans les solennités.

Il y a au premier abord quelque chose d’étrange à voir le nom delà divinité du maïs (Cinleoll) réuni à celui du dieu du froid (Itzllacolivhqni). D’après l’opinion des Mexicains, les influences favorables ou nuisibles qui se faisaient sentir dans une sphère, parlaient de la même divinité qui régnait sur cette sphère. D’après le Cod. Fuenleal, Tlaloc envoie aussi bien la bonne eau qui fait lever les semences que la mauvaise qui les noie, la froide qui gèle les champs, et la neige qui enfouit sous son épaisseur les semailles naissantes. L'interprète du Cod. Telleriano-Rentensis déclare que Tonacacthuatl, la déesse terrestre qui dispense la fécondité et la nourriture est « la que causava las hambres », celle qui cause les famines. D’après Durai), la déesse du fruit du maïs reçoit le nom de Chicome Coati « sept serpents », en raison du malheur qu'elle cause dans les années stériles, lorsque le blé gèle et que la famiiïe arrive.

14. Oce/otl, tigre, ou plus exactement jaguar (Félin onça). Tout l’animal est dessiné et facilement reconnaissable à sa fourrure jaune ou brune, tachetée, et à ses’griffes. Son caractère impétueux est encore souvent accentué par un couteau de silex placé à côté de l’animal. Parfois (fig. 120-121), c’est seulement la tète qui est dessinée, bien caractérisée par le profil et", les taches. Enfin, comme chez le chien, l’oreille seule esbdessinée (fig. 122, Cod. Fejérvârq); elle offre cetto 'particularité qu’elTe est large, arrondie, et que sa pointe cst colorée en noir.

Les qualités guerrières de l’animal se transmettent à’ceux'qui sont nés sous ce signe. Ils deviennent braves et hardis,’ mais

l -izad by Gowgle

AZTÈQUES ET MATAS

aussi violents et vicieux, surtout dans les choses de l'amour, et finissent malheureusement, comme les guerriers. Les femmes qui sont nées sous ce signe sont également orgueilleuses et vicieu ses.

Le patron de ce signe, d’après les interprètes, est Tlaçolteotl, appelé aussi Ixcuina et Tlaelquani. Le nom de Tlaçolteotl veut dire « divinité de l'amour » ; mais la déesse n’est pas du tout la patronne du plaisir des sens et de l'impudicité « venere impudica et plebea », comme dit Boturini, mais, au contraire, la déesse de l'union régulière, la patronne du mariage. C’est devant son image qu’on lapidait les femmes adultères. Ceux qui s’étaient oubliés sur ce point étaient tenus d’aller trouver leurs prêtres et de confesser leur péché. D’après l'opinion des Mexicains, cette confession les lavait de leur faute et l'autorité ne les punissait pas. Et c’est pourquoi la déesse Tlaelquani se nomme la mangeuse d’ordures, parce qu’elle enlève la souillure des péchés.

Il n’y a pas de doute que celte déesse soit la même que la déesse de la terre Teteoinnan ou Tari. Dans les Cod. Te/leriano-Hemensis et Vaticanus A, elle est représentée vêtue d'une peau arrachée à une victime et porte des plumes blanches ; c'est ainsi que Torquemada et d’autres ont décrit le costume de la déesse de la Terre. Dans le manuscrit de Sahagun de la Bibliothèque Laurentienne de Florence, elle est figurée tenant à la main un balai, l’attribut de Teteoinnan. Au contraire, l’imago qui représente, dans les Cod. Telleriano-Hemensis et Vaticanus A, le huitième mois ochpaniztli , et qui est certainement celle de la déesse de la terre^ Teteoinnan, est semblable, sous le rapport de l’aspect et des ornements, à la déesse qui est désignée par les interprètes comme étant Tlaçolteotl. Comme Teteoinnan, en tant que déesse huaxlèque, avait à sa suite, le jour de sa fête (ochpaniztli), des gens habillés comme les Aztèques, ainsi que le rapporte P. Duran, de même le P. Sahagun raconte que 'llaçulteolt était adorée surtout des Mixtèques et des Olmèques (c’est-à-dire, d’après sa nomenclature, des habitants des côtes du golfe de l’Atlantique) etdes Cuextèques(IIuaxtèques), tandis que son culte était resté absolument inconnu dans l’ouest, dans le Michoacan.

('.ARACTfcKK DES INSCRIPTIONS

Nous trouvons dans nos Codex ladite déesse Teteuinnan-Tlurolleoll figurée avec deux tresses maintenues droites sur le front comme des cornes (c’était la coiffure des femmes chez les anciens Mexicains), et avec la chevelure retenue par un ruban tressé, arrondi et blanc, courant autour de la tète. Dans ce ruban était enfoncée une paire de fuseaux. Un ruban semblable descend du lobule percé de l'oreille. La partie inférieure du visage est couverte d'une épaisse couche de caoutchouc noir; au nez se voit cet anneau particulier que nous avons déjà vu chez Pantecatl. On pourrait reconnaître en cela la parenté de patrie des deux déesses (Voyez fig. 147). L’habillement est richement coloré, le plus souvent en deux couleurs, et pourvu de grands ornements jaunes (dorés) semi-lunaires. (Les lluaxlèques étaient d'habiles fabricants de centzontilmatli ou centzun yuachli, manteaux et couvertures divers et multicolores.)

En face de la déesse, on voit ( Cod . Ror/jia 27, et dans les endroits correspondants du Cod. Vatic. Il) un temple, la porte ouverte, sous laquelle se lient un hibou, désignant apparemment la sombre demeure de la terre. Dans le Cod. Bortjia 47 et le Cod. Yatic. B 36 se trouve, en face d’elle, un serpent de feu et un temple semblable, sous la porte duquel se lient un oiseau rapaco qui rappelle le cozcaquauhtli des inscriptions. Enfin, dans les Cod. Telleriano-Remensh et Valicanus A, en face d’elle se trouve une forme masculine revêtue du plumage d’un oiseau nocturne (l’image de Tezcallijioca, d’après les interprètes). D'un autre côté (Cod. Boryia 60), l’image de la nuit (fig. 150) se voit représentée, auprès de la déesse, par des ténèbres constellées de pupilles et par l'image du lapin, dans un espace bleu plein d’eau, — le symbole de la lune.

15, Quauhtti, l’aigle. L’animal est dessiné en entier (fig. 125), ou la tôle seule est figurée (fig. 123, 124) ; il est très fidèlement exécuté et facilement reconnaissable à son plumage noirâtre ou blanc avec les extrémités noires. La nature rapace, comme dans le signe de l'animal précédent, est indiquée par des couteaux de silex qui sont placés aux extrémités des plumes de la nuque ou autour du corps (fig, 125,.

AZTÈQUES BT MAYAS

Ce signe partage, sous tous les rapports, les qualités guerrières du précédent, qu’il s'agisse d'hommes ou de femmes, avec celte ditrérence que (d’après Duran) l’aigle a encore un penchant particulier au rapt et au vol.

Le patron de ce signe est le dieu Xipe « l’écorché », appelé aussi Tutec « notre maître » (s enor terrible ij espantoso ) , et Tlatlauhquilezcall, « le miroir rouge », — le représentant de la guerre, dont on célébrait, dans le deuxième mois, la fête, t/acaxipehuuliztU, l'écorche meut des hommes, dans laquelle le dieu était représenté par des jeunes gens revêtus de la peau arrachée aux victimes.

Dans les endroits cités des inscriptions, le dieu ne se voit pas pas partout sous sa forme typique. Ce n'est que dans le CW. tiorjia 48 et dans le CW. Vatic. H 35 (lig. 451) et S qu'on le voit le visage revêtu d’une peau humaine jaune qui ne laisse paraître que la fente des yeux, la rayure rouge feu tout le long de la joue et la cheville nasale particulière qui imite l'ornement pointu zapotèquo du dieu enveloppé de rubans iloltauts. Au même endroit, le dieu a devant lui son Litton (lig. 152), le tlachieloni (lorgnette) enveloppé de rubans flottants, blancs, ponctués ou rayés de rouge. Dans le CW. Bonjia 28, au contraire, et dans le Cad. Vatic. 3, 78, on voit un dieu peint comme Tezcallipoca, mais seulement de rouge et de jaune comme Tlatluuhqui Tezcallipoca. Il porte au devant du nez une main de mort ; sa tète est recouverte d’un capuchon dans lequel est enfoncée une pejole rouge de plumes blanches (fig. 133), semblable aux sortes d'épaulettes que le dieu porte dans les endroits cités précédemment.

Enfin, on trouve dans les Cod. Tel/enano-Hemensis et Vuticanus A un dieu peint dans la position du dieu du soleil, tenant des rpufc.l armes dans une main, une caille dans l’autre. Cependant, les mains pendantes de la peau humaine et le vêtement en forme de chemise ou de jupe, constitué par des plumes vertes imbriquées à la manière des tuiles d'un toit, indiquent le dieu Xipe, le dieu zapotèque. Mais, dans d’autres endroits, on ne trouve peint, en face de lui, comme symbole, la Culebra (juelzalcoatl, le serpent vert à plumes, qui, dans le Cod. Bori/ia 2i) et le CW.

36 CAHACTfcnE DES INSCKÜ'TIOXS

Vatic. B 5 et 78, dévore un lapin, ou bien mange un homme.

16. Cozcaquauhtli, l’aigle à collier. Il est indiqué, dans le Dictionnaire de Molina, comme signifiant : aguila de cabeza bermeja, l’aigle à tète rouge ; on croit que c’est le Sarcoramphus papa, Dum., nommé « rey de zopilotes » par les Espagnols. La tête seule de l'animal est dessinée. Le bec est blanc (il est jaune chez l’aigle) et ou reconnaît au-dessus de l’œil la peau de la tète, qui est dépourvue de plumes. Généralement, l’oreille est dessinée avec des pendants (flg. 127, Cod. Borgia). Parfois on lui donne une sorte de perruquo(fig. 128, Cod. Laiid.)ou une sorte de coiffure en forme de nœuds de ruban (fig. 126, Cod. Trl/rriano- firme» sis).

Le vautour est chauve, il est par conséquent le symbole de l’âge, d’une vie longue, de la faiblesse et des prérogatives de la vieillesse, ün prédisait à ceux qui étaient nés sous ce signe une vie longue, et, comme les vieillards, ils pouvaient donner des conseils, rassembler autour d’eux des élèves et des auditeurs, etc.

Le patron de ce signe est un démon, pourvu d’ailes de papillons et de griffes de tigre ; les interprètes le nomment Itzpapalotl, papillon d’obsidienne. Ceux qui cherchent partout le péché originel, disent que Xomunco ou Xounco, la première femme créée, a été métamorphosée en ce démon après sa faute. Dans tous les Codex, on trouve en face d' Itzpapalotl un arbre renversé et brisé, de la fente duquel s’écoule du sang. Les interprètes disent que c’est l'arbre du paradis, et le nomment pour cela Tamoanchan, « nous cherchons notre patrie », le paradis terrestre que, d’après Sahagun, les tribus errantes s’efforçaient de trouver, — ou Xocfiitlicacan, le lieu où l’on cueille les fleurs. Tout le mythe sur lequel tablent les interprètes n’est rapporté par aucun autre auteur.

17. Ollin. Duran le donne comme « cosa que se anda o se menca », et dit que le signe a été appliqué au soleil. Nous avons en fait le verbe olini, oolin ou olinia, oninoltni « menearse 6 moverse », mais qui suppose le mot cité plus haut comme racine. Au contraire, nous trouvons olli, ul/i, caoutchouc, et ollin, olin,

AZTÈQUES ET MATAS

la balle de caoutchouc avec laquelle se jouait le jeu national tlachtli. On sait que la marche du soleil dans le firmament est envisagée comme un jeu de ballon. Les deux antagonistes Quels- -*■ -y"

alcoatl et Tezcatlipoca , qui semblent représenter le contraire de l’été et l’hiver, du jour et la nuit, jouent ensemble au ballon (d’après Mendieta, II, c. 5, p. 82). Les deux héros de la lumière de la Qu'iche, llunahpu et Xbnlanqué, qui sont donnés dans un endroit du Popol Vuh, comme le soleil et la lune, sont les fameux joueurs de ballons. A l'injonction du prince de l’enfer, ils descendent dans l'empire de la mort, Xibalba, et remontent victorieux sur la terre après avoir vaincu la puissance souterraine.

Dans le Cod. Borgia, nous trouvons (table 4 de la numération

de Kingsborough) la figure connue de la place du jeu de ballon tlachco (fig. 134), entourée de pupilles, au-dessous d'un ripactli, par la gueule ouverte duquel regarde la figure du dieu du ciel, Tonacatecul/i. Sur la place même jouent deux divinités noires. La balle de l’un (fig. 133) est colorée en sombre (bleu) et a l’apparence d’une tète de mort; l’autre (fig. 136) représente un disque rayonné jaune, avec un œil dans le milieu. Il me semble certain que ces deux balles symbolisent les constellations du jour et de la nuit qui parcourent le ciel, c’est-à-dire le soleil et la lune.

La représentation figurée du signe du jour Ol/in montre deux champs de couleur différente, l’un en général bleu, l’autre rouge; ils offrent une partie moyenne arrondie et deux extrémités courant obliquement; ils sont juxtaposés l’un à l’autre, séparés seulement par une ligne jaune (fig. 129), ou bien ils divergent à leurs extrémités (fig. 130). A cela il faut ajouter que dans les représentations des Cod. Tellrriano-Remmsis et Vaticanus A, ainsique

dans les sculptures, il existe une sorte de flèche qui représente une ligne médiane entre les deux champs divergents (fig. 131). Le petit cercle dans lequel les deux champs divergents arrivent en contact ressemble à un œil dans les images les mieux faites. Dans les entailles arrondies des champs, on remarque parfois un petit cercle (Voy., par exemple, CW. Mendoza 42, 22, s. v. Olinalan . Enfin, la grande image du signe Ol/in, qui occupe le centre de surface de la pierre du calendrier, de la pierre du soleil faite sous le roi Axayacati Tournesol, œil de chat, montre au milieu, le visage du dieu du soleil au lieu d'un œil, et, dans les entailles arrondies, la patte d'un tigre, armée do griffes. Je signale encore comme variante spéciale la figure 132 (CW. Borgia 29), où s’enlacent deux pièces diversement coloriées (bleu et rouge) et recourbées en forme d'arc ; elles tiennent lieu des champs divergents qui se touchent au milieu.

On a récemment cherché [Anales Mus. Xac. Mfaico II) & donner fi cosigne une signification astronomique déterminée; on le considère comme une représentation graphique de la course apparente du soleil, telle qu’elle s'opère dans le cours d’une année. D’après celte hypothèse, la flèche qui se voit dans quelques images du signe Ollin, désignerait la direction de l’est à l’ouest, et les lignes des champs divergents, les directions qui, d'après l’observateur, tendent vers le point extrême nord ou extrême sud du lever ou du coucher du soleil. Les deux champs diversement coloriés me paraissent indiquer seulement la voûte sombre et la voûte claire, le ciel de la nuit, le ciel du jour, sur lesquels roulent l'astre du jour et l’astre do la nuit, comme le ballon de caoutchouc roule sur la place du ballon.

Je compare ainsi le signe du jour Ollin à la paire de champs qui descend des écussons quadrangulaircs célestes des inscriptions Mayas, et qui porte sur sa face l’image du soleil ou du jour et celle de la lune ou de la nuit (Voyez fig. 137 et 158).

La signification astrologique de ce signe est douteuse. Ceux qui sont nés sous lui, d’après Sahagun, sont heureux s'ils sont bien élevés, malheureux s’ils le sont mal. D’après Duran, il promet aux hommes le bonheur ; les enfants du soleil resplen-

AZTfcC"'E s ET MA VAS

soleil est le roi des astres; les femmes qui sont nées sous ce signe deviennent bien riches et puissantes, mais elles restent sottes.

CARACTfcRE DES INSCRIPTIONS

Lo Cod. Borgia 29 désigne comme patron de ce signe un dieu pourvu de mains et de pieds recourbés avec les yeux arrachés. Au-dessus, une tête et des membres humains cuisent dans un pot. Dans les points [correspondants du Codex Vo tir anus B (feuilles 4 cl 77) se trouve dessiné, à la place de ce dieu, un animal tacheté comme un coyolte, avec les poils hérissés et la langue pendante. Mais, au-dessus, on voit le même pot dans lequel cuisent des membres humains. Dans le Cod. Borgia 50 est figuré un monstre grinçant des dents, pourvu de pattes de tigre, t orné des attributs de Quetzalcoatl ; il tient un os broyé dans

la main. C’est ce qu’on voit dans les endroits correspondants du Cod. Vatic. B 33 et des Cod .Telleriano-Remensis et Vaticanus A. Mais dans les cod. Borgia 50 et Vaticanus B 23, on voit, en face du monstre, un serpent coupé en morceaux, un vase couvert de rayures de sang, des offrandes de victimes et le signe du soleil nahui ollin « quatre ollin » au-dessus d’une bande de quatre couleurs (verte, jaune, bleue, rouge). Par contre, dans les cod. Telleriano-Remensis et Vaticanus A, on trouve dessiné, en face de la figure, un autre monstre (fig. 159) répondant exactement à ceux que l’on voit sur la face inférieure des petites écuellcs de pierre dont Jésus Sanchez a représenté plusieurs exemplaires dans le volume III des Annales du Musée national de Mexico. Un vase tout semblable se trouve au Musée Royal d’Ethnologie de Berlin. Ccséeuelles montrent à l’intérieur le signe du soleil (ollin). Le monstre, représenté sur la face inférieure de l’écuelle de pierre, avale ou vomit un couteau de silex. Celui qui est dessiné dans les endroits correspondants des Cod. Telleriano-Remensis et Vaticanus A, laisse échapper de sa gueule une figure qui réunit les attributs de Tlaloc et de Quetzalcoatl, comme le Nahuiehecatl du Cod. Telleriano-Remensis ir, 12 et du Codex Vaticanus A 28, — mais il porte sur son dos un disque solaire d’où part un serpent do feu. Les interprètes nomment la figure principale Xolotl et la donnent pour le maître des jumeaux. Le monstre qui vient d’être décrit et qui est opposé à cette figure principale dans le Cod. Telleriano-Remensis (fig. 159), et la figure sortant de sa gueule sont, d’après les

AZTÈQUES ET MATAS

interprètes, Tlalchitoiwtiuh ; c'est la chaleur qui est communiquée de la terre au soleil, ou c’est encore le soleil qui descend pour éclairer les morts.

Diverses représentations se rattachent à cette figure si particulière. Le nom Xolotl signifie jumeau ; d’après Sahagun, ce serait une formation jumelle de la plante de maïs ; une xolotl, une double plante d’agave, axolotl, la larve de l’Amblystoma mexicanum, qui vit dans l’eau. Les Aztèques regardaient la naissance de jumeaux comme quelque chose de monstrueux, de surnaturel, qui porte malheur. Ils croyaient que lorsque deux jumeaux survivaient, l'un d’eux devait tuer immanquablement ses parents et les dévorer. Aussi les parents tuaient-ils l’un des deux jumeaux aussitôt après la naissance.

Le jumeau est aussi celui qui doit être tué. C’est pourquoi Xolotl devient le représentant de la victime humaine ; il sé montre ainsi dans les mythes. Lorsque les astres lumineux, le soleil et la lune apparurent, ils ne voulurent plus marcher dans le ciel ; les dieux se décidèrent alors à se sacrifier pour donner la vie et le mouvement aux astres par leur propre holocauste. Suivant Sahagun, Quetzalcoatl est celui qui consomme le sacrifice, et Xolotl celui qui se refuse il se laisser tuer ; il pleure tant que scs yeux sortent des orbites, il fuit, mais finalement on le rattrappe et on le lue. D’après Mcndieta, Xolotl est celui qui accomplit le sacrifice sur ses frères et se sacrifie ensuite : y asi aplacado el sol hizo su rurso.

D’après un autre mythe, Xolotl est celui qui descend vers les morts pour chercher un os dont les fragments donnent naissance aux hommes.

Les images qui viennent d’être décrites montrent les principaux traits du sacrifice humain de la façon la plus claire : c’est ce qu’indiquent le pot dans lequel cuisent les membres humains (l’anthropophagie s'alliait au sacrifice humain), les yeux qui sortent des orbites, le vase avec des rayures de sang, le serpent de feu coupé en morceaux, enfin la présence du soleil et de la lune, car les cœurs arrachés ont été apportés au soleil. Le dieu est orné des attributs de Quetzalcoatl qui est le dieu de Cholula et des prêtres. Enfin

le Tlalchitonaliuh , le soleil qui descend vers les morts, est dévoré pur le monstre. Les écuelles décrites plus haut, très bien travaillées du reste, qui montrent le même monstre sur leur face inférieure, ont été indiquées depuis longtemps comme des objets du culte, des réservoirs pour le sang des victimes.

18. Terpatl, pierre à feu, silex. C'est la pierre dont on faisait le couteau à sacrifice, comme le fait expressément remarquer Motolinia (c. 6., p. 40), et non pas l'obsidienne (itzli) comme on le trouve souvent indiqué et comme on le lit même dans Sahagun. Les images, en effet, montrent toujours une pierre claire, en forme de pointe de lance, qui est colorée seulement à moitié ou à ses deux bouts en rouge sang (fig. 133). Parfois l'arête ,j/> , dentelée de la pierre et la brisure conchoïdale, de la surface con- -i tondante, sont nettement marquées (fig. 134). Le tranchant est indiqué par une série de dents situées sur le bord (fig. 133, Cod.

Vatie. A.) ; parfois tout le couteau de pierre est métamorphosé en une figure garnie de longues incisives (fig. 136, Cod. Vat. B.) ou hien encore en tête de mort avec les mâchoires enlr’ouvertes (fig. 137), Cod. liorgia). Dansle Cod. liolognn , on trouve souvent, à la place du simple couteau de pierre, une figure humaine noire qui porte un tecpatl en guise de tête.

La pierre est le signe de la sécheresse et de l’infécondité. D’après Duran, ceux qui sont nés sous son signe, hommes on femmes, restent sans postérité. Mais la pierre coupe et fournit la matière pour les armes de toute sorte. D'après Sahagun, les hommes qui sont nés sous son signe sont courageux, de belle taille et riches; les femmes ont le caractère masculin, elles sont rusées et riches. D’après les interprètes du Cod. Valiranus A, ceux qui sont nés sous le signe tr.cpatl sont bons chasseurs et gentilshommes.

Dans toutes les inscriptions, le patron de ce signe est la figure du Tmthahns , plus ou moins reconnaissable et plus ou moins réaliste. Les interprètes le nomment Chalchiuhlotolin , le coq émeraude, ou peut-être simplement le coq bleu. Les couleurs vertes et bleues sont confondues dans la langue de l'Amérique centrale et identifiées avec Tezcatliporn. En fait, l’oiseau des

AZTfcOt’ES ET MAYAS

Cnd. Trdrrinnn- Rrmrniis el Vatican»*. A porte sur la tempe le miroir fumant, l'attribut de Tezcatlipoca. Dans le Cod. Borgia, on trouve, au-dessus de l'oiseau, le miroir et, à côté, un courant d’eau, svmhole du miroir fumant ou de l’hiéroglyphe de Chnlco Alenco, la ville de Tezcatlipoca. En face de l'oiseau, dans le Cnd. Tellrrirnw-Remensh et Yot. A. se trouve dessiné un jeune homme, tenant une bourse de copal il la main ; il se tire du sang de l’oreille au moyen d'un bec d’oiseau ou d'un instrument avant la forme d'un bec d’oiseau. Dans le Cnd. Bnrgin 29 et dans le Cod. Vat. B i et 77, on trouve l’expression d’une opération analogue : le sacrifice de son propre sang ; c’est un jeune homme qui se perce l’œil avec un os pointu et qui le tire de eon orbite (voy. Xo/nil). Tout autour est figurée une couronne d’herbe arrosée de sang. Enfin, dans le Cod. Bnrgin , 51 et dans le Cod. Vatic. B, 32, on voit, en face du dieu, la pointe épineuse tachée de sang d'une feuille d’agave, enfoncée dans une poignée d’herhe arrosée de sang. On sait qu’on recueillait, sur les pointes des feuilles d'agave (épines de Jlaguey), le sang qu’on se retirait à l'aide d’incisions pratiquées sur la langue, les oreilles ou d’autres parties du corps; on enfonçait ensuite ces feuilles dans des bottes d’herbe qu’on offrait au dieu comme preuve de la mortification accomplie et qu’on exposait par tas sur les murs '.w , .« t

des cloîtres et des maisons d’éducation.

Tezcatlipoca est le patron des te/pochrnlli , des maisons de garçons, sortes d’établissement dans lesquels les jeunes gens non mariés passaient la nuit et où les vieux combattants enseignaient aux jeunes le maniement des armes. Ces maisons, outre ces usages, avaient une grande importance militaire. Dans les alarmes subites, on y rassemblait une troupe d’hommes valides pour la défense. Les jeunes gens y étaient soumis à une règle sévère, car c'était une institution religieuse où l'on maintenait particulièrement en honneur les mortifications et les sacrifices de son propre sang, dans le but d’accroître la virilité et pour s’exercer à se vaincre soi-mème.

On a aussi attribué le signe ttcpall aux dieux de la guerre et de la chasse, à Huitzilopochtli , le dieu aztèque de la guerre et à

Camaxtli, le dieu tlascaltèque de la guerre. Comme on songeait sous co signe aux macérations cl aux sacrifices sanglants, les fabricants de pulque apportaient en sacrifice, au dieu Huitzilopochtli, la première pulque de ce jour qui était nommé httitzli, épine.

19. Quiahuitl , pluie. Elle est exprimée plusieurs fois dans le Cod. Mendoza par des gouttes de pluie qui tombent. (Voyez Cod. Mendoza 42, 21.) Quiyauhteopan. La tète de Tlaloc, le dieu de la pluie, est figurée comme signe du calendrier (lig. 138. Cod. Telleriano-Remensis, 139 Cod. Ijiud et 140 Cod. Borgia).

Comme son signe congénère 9, c'est un signe de malheur. Aveuglement, paralysie, contraction, éruption, démangeaison, mal de la lune, folie, tels sont les dons que, d'après P. Duran, ce signe promet à ceux qui naissent sous lui. La pluie qui tombe des montagnes, comme l’eau qui coule, produisent les maladies, d'après les croyances mexicaines. Ceux qui naissent sous ce signe, d’après Sahagun (comme ceux qui sont nés sous le vent), sont des voleurs, des sorciers jetant des maléfices. Les marchands restent chez eux ce jour-ià, car le malheur et la maladie les guettent sur toutes les routes.

Le patron de ce signe se nomme, d'après l'interprète, Chantieo ou Quaxolotl (le dieu à double tète); c'est la divinité des gousses de capsicum rougo. Le poivre-capsicum était leur piment favori ; on en faisait un usage journalier, comme aujourd'hui encore ii Mexico. Il faisait si bien partie de l’alimentation que son abstinence avait la même signification que, dans le monde chrétien, celle du beurre ou de la viande. En d'autres termes, les tortillas mangées sans sauce au poivre étaient un plat maigre. La divinité du capsicum était le symbole de la rupture du jeûne. D'après les interprètes, Chantieo est le premier qui rompit le jeûne, parce qu'il mangea un poisson grillé avant le sacrifice; les dieux, pour le punir, le changèrent en chien. On reconnaît nettement dans les figures qu'il s’agit du jeûno dans le patron de ce signe. Cependant la divinité du capsicum n’est pas représentée partout. Dans le Cod. Borgia 30 et le Cod. Yat. B 3 et 73, se trouve peint un dieu qui ne peut être autre que le dieu du soleil Tonatiuh.

On ne peut méconnaître les signes particuliers qui ailleurs indiquent ce dieu. Au-dessus ou en avant, se trouve un jeune homme assis sur une couronne d’herbe arrosée de sang; il tient une cruche sur l'épaule et souffle dans une trompette en forme de coquille. Au nombre des pratiques du jeûne qui était imposé à tous, Sahagun compte en première ligne le netonatiuhçahualo ou netonatiuhçahualiztli , le jeûne en l'honneur du dieu du Soleil. Il revenait, comme nous le savons par Sahagun, tous les deux cent trois jours, c’est-à-dire au deux cent troisième jour du tonalamatl, ou jour de nahui olliti, des quatre sphères, jour consacré au soleil. Le roi se retirait, pour jeûner, dans un bâtiment particulier, appelé Quaxicalco, où il accomplissait ses exercices expiatoires. Ce jour-là, on tuait quatre prisonniers que l'on nommait chachamné, deux autres qui représentaient le soleil et la lune, puis beaucoup d’autres encore.

Dans les Cod. Telleriano-Remensis et Vaticanus A, se trouve, dessinée en jaune, une divinité qui a des dents longues et grinçantes et rappelle comme expression la figure des dieux qu’on rencontre dans le Cod. Viennensis, sous la désignation de nahui ollin (jour consacré au soleil) ; mais cette divinité, comme l’indiquent les interprètes, représentait Chanlica ou Quaxolotl. En face de lui, comme pendant, disent les interprètes, se trouve dessiné Quetzalcoatl-Ce acatl, le prêtre pieux gardien des coutumes ; il tient à la main une bourse de copal et un bouquet de branchages et rappelle le jeûneur déjà mentionné.

Dans le Cod. Boryta 52 et le Cod. Vatic. B 31 , nous voyons enfin une femme en costume riche, la tête couverte d’un capuchon rouge, et, à l’opposé, un homme enfermé dans une caisse, tenant à la main des épines d’agave et un bouquet de rameaux. D’après Sahagun (2’ appendice), c’est la déesse Quaxolotl Chantico , à laquelle on sacrifiait, dans son temple, le jour de ce Xochitl, les esclaves Tetlauman.

20. Xochitl, fleurs. C’est un signe du calendrier assez bien façonné (fig. 141-145). Il est souvent dessiné avec des racines à l’extrémité inférieure. Parfois (Cod. Borgia 30) on trouve aussi, à la place d'une seule fleur, un arbre qui en porte plusieurs.

CAKAC'rÈHE DKS i.NSCHU'Tlü.NS

La fleur csl le symbole de l’arl cl du bou goût ; c’esl aussi ce que symbolise le signe de la déesse Xochiquelzal , la patronne des ouvrages féminins et de l’art industriel. Ceux qui sont nés sous ce signe, comme s'accordent à le dire Duran et Sahagun, sont des ouvriers adroits, des peintres, des orfèvres, des tisserands, des ciseleurs habiles, les femmes des brodeuses, des blanchisseuses et des tisseuses pleines d’adresse.

La divinité tutélaire de ce signe est représentée dans toutes les inscriptions d’une manière très nette. Dans les Cod. Tellcrianu-Heuirnsis et Vatic., elle tient à la main le tzolsopaztli, le bois qui sert à tasser les fils de la trame. Dans le Cod. lioryia 30 et le Codex Valic. 1) 3 et 76, la déesse Tonacaciltiatl, sou autre modification, est représentée au-dessus d’elle sous les traits d’une vieille femme, les commissures buccales entaillées, vu Dans les Cod. Telleriano-Hemensis et Yutie. A, on voit, en face d'elle, une divinité nocturne qui est revêtue du masque d’un animal fantastique, tacheté de bleu et de noir, et qui porte sur la tempe le miroir fumant de Tezcallipoca. Dans le Cod. lioryia 33 et le Cod. Valic B 30, on trouve dessinée, comme pendant, une divinité spectrale noire, avec des yeux de hibou. Ce sont apparemment les divinités de la nuit qui s'associent naturellement à Xochiquelzal, comme à la divinité de la terre.

Je passe maintenant aux noms par lesquels les peuples de lu branche Maya ont désigné les 20 jours. Je citerai les noms qui étaient employés (d’après Nuùez de la Vega) dans la région de l’évêché de Chiapas, c'est-à-dire entre Zolzil et Tzeutal ; ceux par lesquels les (Ju’iché elles Cakchiquel désignaient les jours; enfin, les noms que leur donnaient les Mayas. Je ferai remarquer que quelques-uns de ces noms concordent exactement, parleursignificalion, avec quelques noms mexicains, qu’ils ont dans la liste le même rang que dans les listes mexicaines; enfin, que le signe inox, imox qui correspondrait par sa place au signe cipact/i, au premier signe de la liste mexicaine, est lu premier signe de la liste de Tzenlal et de Cakchiquel. La numération Maya commence, non par ce signe, mais par le quatrième de la

AZTfcgliES ET MAYAS

liste (Kan). Tels sont du moius les numérations données par Landa et les autres auteurs. Je trouve cependant dans le Cad. Troano 36 et dans le Cad. Cortez 22 (la dernière feuille continue et complète exactement la première), les signes du jour cités depuis imix jusqu'au treizième ; comme preuve certaine que la série doit commencer par imix, on voit inscrits les chiffres de 1 à 13. De même, le Cod. Cortez 13-18, commence la série des 52 tétrades des signes de jours, composée suivant le schéma kan-muluc-ix-caitac, par le signe imix, c’est-à-dire la tétrade imix-JÙ6tJuui.-chuen-cib. Landa dit même à un autre endroit (§ 39) que les Mayas commencent la numération de leurs jours ou leur calendrier par le signe huit imix, c’est-à-dire un imix. Ainsi il n'y a pas de doute que imix, imox, cipactli, soit le premier signe de la série.

Parfois la numération varie : chez les Aztèques, elle commence par acatl, cl, chez les Mayas, par hait : cela s'explique par ce fait que acatl et kan appartiennent aux quatre principaux signes par lesquels on désigne les années qui se suivent. Ces deux signes désignent les années qui ont été attribuées à l'est, la région du soleil qui monte, la région du commencement.

Voici les noms des jours commençant par imox, imix, cipactli :

(tzestal)

(cakchiquel)

(Mira)

Page 1