aghual
(cakchiquel)
noh.
tihax.
caok.
hunaiipu.
(maya)
caban.
ezanab (ecnab),
cauac.
aliau.
L'analyse de ces noms et la signilication des signes qui leur correspondent est incomparablement plus difficile que celle des noms mexicains correspondanls. Les noms ne peuvent être expliqués qu’en petite partie par le langage actuel ou le langage qui nous est connu. Ils constituaient sans doute la partie principale du langage secret desprètres, qui employaient les vieilles formes, les expressions symboliques, ou peut-être aussi les formes des dialectes congénères. Les signes ne nous sont malheureusement connus que par les écrits Mayas; leurs représentations figurées ont certainement existé dans les autres branches, mais on a négligé d’en prendre note en temps utile. Dans les écrits mayas même, comme dans les hiéroglyphes mayas en général, les signes sont des images abrégées par l’habitude de rassembler dans le même espace des signes compliqués fortement altérés, usés , par suite d’un long usage, il parait souvent presque impossible d’en déchiffrer le sens primitif. Il semble cependant ressortir de l’analyse exacte des mots et des signes qu’on peut accepter, pour tous les signes de la liste, la concordance des listes Maya et mexicaine, concordance qui est évidente en quelques endroits.
1. Mox (imox), imox itnix. Le mot cakchiquel est traduit dans lagrammaire de Ximenez par espadon, ce qui répond à l’explication habituelle du mot mexicain cipactli. Je présume que cette traduction n'ést que la traduction parallèle de cipactli. Perez pense que itnix s’est produit par la transposition de ixim, maïs. Cependant, la forme cakchiquel est absolument contraire à cette opinion, car en qui’che et en cakchiquel, ixim veut dire maïs. Im est sans doute la racine d’où est tiré im « sein de la femme », mot usité chez les Mayas, les Qui’che et Cakchiquel ; les mots semence, in- ah et semence mâle, ilm-ah uinicil, sont connexes.
Nufiez de la Yega, qui voit une réminiscence de llam, le père
A7.TÈQÜES ET MAYAS
des noirs, dans les Cauan-Ium, cabanes du village, cl dans les lions du village appelés aussi Cham, identifie intox avec Ninus, le fils de Bel, l’oncle de Nemrod, le grand oncle de Chun et de Ilain. « Au reste, dit-il, le culte d’/wio-r est en rapport avec 1 e Ceiba (c'est-à-dire le Bombas ceiba), un arbre qu'on rencontre sur la principale place de leurs villages en face de la mairie, et sous lequel on élit les représentants de la commune ; ils l’encensent avec des cassolettes et sont convaincus que leurs aïeux habitent dans les racines de ces ceibas. » Le ceiba est le yax-'rhé des Mayas, l’arbre vert, ou aussi le premier arbre, l'arbre originel, sous l’ombre duquel, au dire des Yucatèques, les morts se reposent des fatigues de l’existence terrestre [banda, S $3). Il y a là A comme un parallèle du Tlôlocan mexicain, le siège de la fécondité; on doit y voir, sans doute, un symbole de la terre qui tire tout de son sein et reprend de nouveau dans son sein tout ce qui est vivant. La signification fondamentale de notre signe parait, en fait, cire la même que celle du cipact/i mexicain.
Il est plus difficile d’interpréter l'image. Le signe est écrit do la même façon (Hg. 1 G I ) dans les inscriptions et dans Landa. Il est encore identique sur le cèté droit de la plaque de l'autel du premier temple de la croix à Palenque (fig. 162) d'après le relief de Loriilard City publié par Charnay (n° 25, II, 3) (fig. 163), et d’après l’élément hiéroglyphique du relief qui provient de la collection de Charnay, (n° 23). La tache sombre, entourée de points, rappelle la manière dont ou dessine le mamelon dans les inscriptions (fig. 164, Cod. Dresde , 18 c.). On est d’autant mieux conduit à cette idée quo le mot im signifie sein ou poitrine de la femme. Dans les hiéroglyphes composés on voit, comme variante du signe imix , la figure 165, qui ne plaide cependant pas en faveur de l'explication donnée. Mais il ne faut pas oublier ici que la figure 165 ressemble tellement au signe Unix, qu’elle pourrait bien n'ètre qu’une variante idéographique de ce signe. Les formes des livres de Chilan Balam (fig. 1556, 169) paraissent avoir eu pour origine les formes habituelles des inscriptions.
Le sigue imix apparaît, dans l’hiéroglyphe de la figure 30 comme un signe particulier placé en avant de la tète d’un dieu
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CARACTÈRE DES 1ASCRIPTIONS
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noir (lig. 170, CW. Dresde 14 c. ; lig. 171, CW. Troano 34 *«, 3lf«) que j'identifie avec YEkehuah de Landa, parce que je le trouve pourvu d’uue queue do scorpion dans le Cod. Troano (ekchuh signifie eu maya le grarid 'scorpion). Ce dieu a une certaine analogie avec un second dieu noir (lig. 174, Dresde IGlfc fig. 173
Troano 3il* a), dont l'hiéroglyplie , au lieu d un visage noir, ne montre qu'un grand œil bordé do noir (fig. 173). Ekchuah est, d'après Landa, le dieu du cacaotier (on lui offrait, ainsi qu'aux dieux C/iac et /WW/, dans le mois de Muan, mois des cacaotiers, un chien tacheté comme avec des gousses de cacao); c'est aussi le dieu des marchands. Hernandez écrit le nom Ec/iuac, et Landa rapporte que ce dieu est imploré par les voyageurs, afin
.'il
qu'il les fasse renlrerchez eux avec un riche butin. Le marchuml est voyageur de sa nature, et le cacao est le principal objet du négoce. Hernandez cite encore un troisième trait. Il compare le dieu Echuac. à la troisième personne de la Trinité, le Saint-Esprit — Içtma (Itzmnà) est le dieu du père et liacab le dieu du fils, — et il dit que Echuah (Ekchuah) remplit la terro de tout ce qui lui est nécessaire. Ekchuah est donc le dieu fécondateur, lo dieu de la Richesse, et, comme tel, le dieu des marchands et des cacaotiers. Le signe imix peut donc bien être appliqué à un tel dieu. Celte circonstance me fait pencher vers l’hypothèse que l’hiéroglyphe (fig. 30), et le dieu quelle désigne (fig. 170), se rattachent à Ekchuah. Les objets que les ligures 170 et 172 portent sur la tète peuvent être regardés, suivant moi, comme «v «tv* des gousses tachetées de cacao. El il n’esl pas absurde de lui !< •'*»'* • * K !•' • .. associer le signe kan qui est, nous le verrons plus tard, le signe de l’excès. Je considérerais comme le mémo dieu, mais dans le sens de dieu des voyageurs, celui des fig. 174, 173, déjà désigné dans l’hiéroglyphe 173 ! La natte qu’il porte autour de la tôle est comme le canjador sur lequel étaient attachés, au-dessus du front, les fardeaux qu’on portait sur le dos.
De meme que dans l’hiéroglyphe de la fig. 30, nous trouvons le signe imix comme ayant le caractère particulier de l’hiéroglyphe d’un oiseau, représentant ou symbole du dieu de la pluie, Chac (Voyez fig. 176, Dresde 33 c., et 177-178, Dresde 38 b). Ici aussi l’idée de la fécondité, de la prospérité parait avoir été traduite par le signe imix.
Dans un certain nombre d’hiéroglyphes, le signe imix équivaut à la tôle d’un animal particulier qui porte comme signe distinctif l’élément akbal sur l’œil. Il en est de même, dans les hiéroglyphes fig. 170, 182 (Dresde 2^-30 h), fig. 183-184 ( Truanu 14 c.) et fig. 183-186 ( Troano 1 1 a), qui sont placés derrière les hiéroglyphesdes points cardinaux; ils paraissent exprimer les divinités présidentielles. On trouve à côté de la tète de l’animal mentionné le signe imix d’un côté, de l’autre l’élément de la figure 163; eufin, l’élément de la figure 187, que l’on rencontrait déjà dans les hiéroglyphes de la direction verticale (lig. 17, 22, 23), se
CAIlACTfcllE DES INSCRIPTIONS
trouve dans d'autres hiéroglyphes comme homologue de la figure 165.
Les tètes d'animaux mentionnées paraissent désigner les compagnons du dieu de la pluie C/iac, portant la foudre dans leurs mains. Mais je ne puis expliquer comment le signe itnix peut être son équivalent. Je me permets cependant d’attirer encore ruttenlion sur des hiéroglyphes en rapport avec les attributs du dieu Chac et renfermant aussi l'élément imix. C’est d'abord celui de la figure 188. qui sert de siège à Char tenant un poisson à la main (fig- 188, Cod. Dresde 44, t^>t qui, outre l'élément imix, renferme l'élément 66 que nous avons trouvé être homologue des éléments hiéroglyphiques qui signifient homme. C’est en- Ci suite la figure 18i\qui, en dehors des éléments précédents, renferme encore l'élément do l'union (Voyez, fig. 75-79); on le trouve dans le Cod. Dresde 67 b, qui nous montre le dieu ^,,i , Chac marchant dans l’eau, une hache à la main. Enfin, c’est
la ligure 190 qu'on trouve dans le Cod. Dresde 40 c. (également aussi derrière l'hiéroglyphe fig. il), où le dessin montre Chac naviguant sur une barque.
11 faut remarquer l'association du signe imix avec le signe 1 •' ' • w* J "r ■ kan. Le dernier signifie barbe de maïs, et figure très régulière- 1 i,i. i. ,d è»*..' ■ , ment parmi les dons apportés aux dieux. Dans un grand nombre d'endroits, on voit le signe imix, soit au-dessus, soit à côté du signe kan (Voy. fig. 191. Cod. Troano 6, 6).
Le même groupe Kan imix se retrouve dans l'hiéroglyphe des , .. Nv figures 192-195 (Dresde 5c,7c, Troano 20 b, Perez\‘.\). J’ai cherché
à démontrer, dans un mémoire, qu'il désigne le copal ou l'offrande des parfums; nous le trouvons comme a 1 tribut très commun de toute une série de dieux , surtout de celui que j'ai désigné comme le dieu pourvu du signe Kan (fig. 31), l’assistant du dieu du ciel et de la lumière Itzamnd. Chez celui-ci l’hiéroglyphe des ligures 192-195, se trouve en général immédiatement derrière le principal hiéroglyphe, tandis que dans les autres il est le troisième ou le quatrième. Nous voyons parfois quecel hiéroglyphe Kan-imix désigne directement le dieu, par exemple, dans le Cod. Dresde 16 a, où la forme de femme qui devait' avoir sur
VvuJ k. i.
le dos le dieu avec le signe Kan porte, à la place, le groupe Kan-imix dans un sac fermé. Il en est de même des figures 196- 197, qui montrent le groupe Kan-imix sur une natte (ou sur un pot?) et qui, dans le Corl. Troano 20*et 19V se trouvent à la place du principal hiéroglyphe de ce dieu. (k- > uv.
2. hjhy i'k, ik. Ce mot, également écrit dans le lexique maya de Perez avec la forme particulière du k, qui indique une prononciation spéciale, signifie vent, souffle, vie, esprit. Tel est du moins son emploi en maya, de même qu’en tzental. Le mot parait avoir été employé moins souvent dans la langue du Guatemala. C’est en partie un synonymo de téu, teuh , équivalant, en maya, à ce-el qui signifie froid. On emploie aussi le mot caki’k, caquik, im Ixil ca/ii’k, mais ce n'est qu’un composé qui répond au mot maya chac-ik-al, le vent char, vent de pluie, vent d'orage, car en qu’iche-cakchiquel cak remplace le char maya, au moins dans la signification de rouge. C’est de là que vient le nom du dieu de la pluie et de l’orage des Mayas. Nous voyons ainsi qu’en qu’iche-cakchiquel le mot i’k signifie vent. Ce signe 2 correspond, pour la signification, au deuxième signe mexicain (eheeatl).
La figure 198 montre la forme que le signe porte dans iMnda. Les figures 199-206 sont les formes du Cod. Troano ; les figures 212-215 celles du Codex Ferez. Dans l’inscription de Dresde, nous trouvons le plus souvent des formes analogues aux figures 207-209; à côté se voit la forme do la figure 210 (Dresde 55 a); quelquefois cependant, mais rarement, on rencontre la forme de la figure 211 (par exemple, Dresde 83 au-dessous). Les formes du Cod. Perez (fig. 216, 217) ressemblent à celles de l'inscription ordinaire de Dresde.
La comparaison de la figure 210 laisse présumer que les figures 218-220 qu'on trouve sur le côté gauche de l’autel du premier temple de la croix à Dalenque, ainsi que les grands hiéroglyphes de l'autel du deuxième temple de la croix (fig. 221) renferment notre signe. Il ne parait pas impossible que le merveilleux hiéroglyphe (fig. 222) des plaques de cèdre de Tikal soit de cet ordre. Les livres de Cliilau lîalam renferment les formes des figures 223-226.
Il est difficile de dire quel est le sens primitif de ce signe ; la figure 210 et les formes du bas-relief laissent présumer que la croix du vent ou le signe qui en sort lui ont donné naissance. Les formes du cod. Troano ne se laissent que difficilement expliquer.
Les dernières éveillent plutôt l’idée de prendre de haut en bas. Je signalerai à ce propos les figures que l’on voit dans 1 eCod. de Dresde 44 (1) 45 (2) et dans le Cod. Cortez 2, suspendues au bouclier quadrangulaire du ciel ; elles me paraissent désigner les dieux des quatre points cardinaux, les génies de la tempête et les dieux du vent. Dans le signe cnuac se trouve le môme
élément, particulièrement h cêlé de la croix (ce signe cauac signifie le revêtement de nuages du ciel, les nuages de pluie). Celte interprétation nous fera comprendre aussi les formes des livres de Chilan Balam qui se distinguent à peine des figures que le signe cauac offre dans les mêmes livres.
Parmi les emplois intéressants du signe ik, je mentionnerai d'abord sa présence comme emblème sur le bouclier que le dieu noir, Ekcl H/trab Ek pauahlun, (Cod . Troano 2i a) chargé du cortège de char, porte au bras (Voyez figure 227). On trouve encore ici, comme emblème du bouclier, surtout dans Chac, le signe ix qui signifie un tigre ou une peau de tigre, puis une figure cruciforme enroulée ou trois traits horizontaux.
Un autre emploi intéressant est dans les figures 228-231 qui se trouvent dans une série (CW. Tco tti-Ü> W) défigurés des dieux assis. Ces représentations se rattachent à une série d’autres figures dans lesquelles les dieux tiennent à la main, soit des tètes avec les yeux fermés, soit une tète qu'ils travaillent avec la hache. A la suite, on trouve d’autres figures dans lesquelles les dieux percent, avec l'extrémité d’un os pointu, l’œil d’une tête qu’ils tiennent à la main. J’ai déjà dit, dans un précédent mémoire, que ces dernières représentations devaient être rapprochées de certaines images des Cod. mexicains (Cod. Horijia 23-24, Vaticanus H. 82-83. Fejércùry 21-22) et j’admets que ces représentations, comme les hiéroglyphes qui les accompagnent, se rattachent aux sacrifices humains, ou, dans un sens plus strict, aux morts du sacrifice. Dans les Cod. Mexicains, on trouve sur l'ouverture de l'oeil une deuxième série de représentations qui nous montre les dieux tenant devant eux de petites figures qui se présentent en quelque sorte comme victimes. Sur une troisième série de dessins, les dieux retirent du corps d’hommes debout ou assis devant eux un cordon jaune terminé par des rubans et par des fleurs. La première série de représentations se rattache à la mort, la deuxième à l’offrande du sacrifice (les victimes étaient toujours revêtues de la livrée du dieu et considérées, en quelque sorte, comme le représentant lui-même) ; la troisième série se rattache à l'extraction du cœur. On le voit nettement sur la
figure 86 du Cod. \’alic. B. où l’on reconnaît la victime renversée le dos sur le billot et montrant la profonde blessure de sa poitrine. Les feuilles 16-15 c d et 14 d du Codex Troano sont pour moi l’équivalent de celte troisième série de représentations ; les figures 228-231 montre les cœurs arrachés, que l’on offrait en sacrifice; le signe ik, dans les dernières, est le signe de la vie, les figures arquées au-dessus représentent les crosses aortiques ou, ce qui est plus vraisemblable, la vapeur qui s’échappe du cœur lors qu’on vient do l’arracher. On peut comparer aux figures 232-234 les images du cœur telles qu’elles sont figurées dans les images mexicaines. Dans ce travail, on en trouve des exemples dans les hiéroglyphes des figures 235-239 et 240-241 auxquels se rattachent les hiéroglyphes des figures 242-243, symbole de la mort, aussi bien que dans la figure 244, symbole du dieu du soleil (auquel on porte le cœur).
Dans le Cod. Troano 6 et 5 c, les dieux portent sur de hauts bétons des objets analogues aux figures 228-231 ; je les considère comme des cœurs arrachés dans lesquelles on voit aussi le signe ik. Le texte montre (en dehors des hiéroglyphes des personnages et d'un hiéroglyphe dont je reparlerai et qui indique la descente de la victime), une fois la figure 247, une autre fois les deux hiéroglyphes des figures 248-249, où se répète l’uu des hiéroglyphes des endroits déjà cités.
Si réellement le signe ik a une relation avec le cœur, avec la vie, comme on l’a admis dans ce qui précède, il n’y a rien d'étonnant à ce que nous le retrouvions directement dans les offrandes, non seulement dans la main du dieu de la mort, comme symbole de l'anéantissement de la victime, mais encore parmi les offrandes en usage, comme la choso la plus précieuse, le cœur, la vie. Le signe ik est toul-à-fait l’équivalent du signe kan, par exemple, dans le Cod. Troano 30 c 29 d.
Le signe ik de la feuille 25 du Cod. Troano, parait avoir été employé directement comme significalien du cœur. On y trouve représentée une déesse qui semble symboliser les propriétés mortelles, la corruption de l’eau. Elle porte en ceinture un serpent bleu. Sous le côté droit, se trouve une tète de mort, les yeux
arrachés; du côté gauche on rencontre le signe ik (fig. 250), comme on le voit dans les Cod. mexicains chez les divinités de la mort ou dans les représentations de sacrifice : d’un côté une tête de mort, de l’autre le cœur. Sur le côté droit de la déesse tombe un homme tué par le jet d'eau qui sort de sa bouche ; devant lui la déesse lève de nouveau le signe ik , tout comme les dieux de la mort, chez les Mexicains, tiennent en l’air le cœur arraché.
Sur la fameuse feuille 41-42 du Codex Cortès que Cyrus Thomas a discutée dans sa récente publication, nous voyons au milieu des quatre points cardinaux, deux divinités assises sous un arbre (le yax ché, le ceiba?); nous avons certainement reconnu l'ancien dieu, Ilsamnà, le dieu père, d'après Hernundez, et sa compagne ( Ixr/iel , la mère de Chibiriac, la mère de Barab). Les mêmes divinités se trouvent en haut de l'image, parmi les signes du ciel qui, d'après l'hypothèse habituelle, désignent l’orient, mais peut-être la direction du sud. Au milieu de la figure, le dieu tient une pile de trois signes ik (fig. 253); devant la divinité se trouve une autre pile (fig. 254) qui montre, en dessous, le symbole du vase, en dessus le signe ik, et enfin une figure d’animal peinte en rouge qui fait penser au signe imix, le symbole de la fécondité. Dans l'image supérieure, l’ancien dieu et la déesse tiennent dans la main un signe (fig. 251 et 252), qui parait avoir été transposé du signe >Act qui rappelle kan ou le signe cauac\ ils portent enfin une pointe de lance. Celle-ci paraît rappeler un rapport intime exprimé dans les représentations mexicaines du maître de la vie, Tonacatecutli et Tonacacih ualt ; on voit en effet une pointe de lance faire saillie entre deux autres, entourée d’une enveloppe commune. Dans les représentations, le signe ik peut difficilement signifier autre chose que la vie.
3. Votait , a’kbal, akbal. Le nom tzental placé en premier lieu n’est pas le nom propre du signe, mais celui du héros de la culture, du célèbre Votait auquel le signe était consacré. Brinton (American Bero mijt/is, p. 217) explique ce nom de Votan, parle mot tzental notait, qui est traduit par cœur et poitrine dans un passage qu’il cite d’un guide spirituel écrit en langue tzental.
CARACTÈRE DES ISSCRIPTIOSS
Celle explication est certainement exacte, car l’évêque Nuilez de la Vega, l'auteur auquel nous devons tout ce que nous savons sur celle intéressante figure mythologique, dit à la fin de l'ouvrage en question : « y en alguna provinciale ticncn per el corazon de los pueblos ». « Corazon de los pucblos » se dit, en mexicain, topei/o/lotl ; c’est le nom même de la divinité que les sources mexicaines donnent comme divinité protectrice du troisième signe du jour, le signe calli. Avec Hrinton, je reconnais dans le mot uotan, la racine maya tan, qui signifie au milieu et aussi à la vue, surface, face antérieure, extension. Seulement ce qui me parait difficile à admettre, c’est que u soit le préfixe possessif maya son, comme l’admet Brinlon, car il est impossible qu’on ait dit, dans les endroits cités par Brinlon, a-uo-tan (ton sien intérieur). Je pense pl utôt qu’il existe une ancienne racine uo qui dépend du maya o/, uol (cœur, volonté, liberté et quelque chose de rond), et dont la signification propre est cœur. Je crois que cette racine est encore conlenuo dans le nom du mois uo, car les hiéroglyphes dos figures 255-258 renferment les deux éléments synonymes qu'on trouve dans les hiéroglyphes des figures 236, 237, et les deux signifient, comme nous l’avons déjà présumé, cœur offert. Le deuxième de ces éléments est aussi employé comme symbole de l’union (vov. fig. 75-79). Mais mol signifie union. Le mot mol désigne en outre un mois dont l’hiéroglyphe, le premier, montre le symbole du cœur contenu dans la figure 236. (Comparez la figure 259 qui reproduit le dessin de Landa et l’inscription de Dresde, et la figure 260 qui est tirée de la plaque de cèdre de Tikal). Mais si uo signifie cœur, uo-tan pourrait être le cœur le plus intime, ou le cœur de l’expansion, le cœur de la surface, comparable peut-être aux mots qu’iche u c'ux cah, u r'ur uleu, le cœur du ciel, le cœur de la terre, qui jouent un rôle dans le Popol Vuh, comme forme Cosmogonique et comme représentation du sacrifice humain.
Le mol a'kbn! signifie nuit. Nous avons encore aujourd’hui en maya un mot a la b, akabil, akbil, employé pour désigner la nuit; en qu’iché-c&kchiqucl on trouve a'kab, a'ka, a'kbn! , el en ixil ■akbal. Ce mot peut-il être rapproché du mot mexicain signifiant
jour? Je le crois. Pour la nuit, on songe à la sombre maison de la terre qui prend les morts dans son sein, et dans laquelle le soleil va se reposer. Les Mexicains associaient le signe du jour cal/i à la région de l'ouest, la région où se couche le soleil. Le jour de ce signe, les Ci/niateteà descendaient du ciel; c'étaient les âmes des femmes mortes en couches, les femmes à forme de spectre qui habitent dans l’ouest, la suite de la déesse terrestre ïeleoinnan. C’était un signe de tristesse ; ceux qui étaient nés sous lui étaient muets, stupides; sortis de la terre, ils étaient destinés à retourner aussitôt dans son sein en devenant la proie des ennemis et en terminant leur vie dans un sacrifice.
Landa donne le signe akbal sous la forme de la figure 261. Le
figures semblables 264, 263. Dans l’inscription de Dresde, on trouve des formes analogues (fig. 266-268), mais, à côté, se trouvent des dessins sur lesquels les deux parties latérales font saillie non de haut en bas, mais de bas en haut (fig. 269) ou bien sont remplacées par des cercles ronds (yeux?) à l’intérieur (fig. 270). Les figures 271-273 en sont des formes particulières; elles sont empruntées aux dernières parties de l’inscription de Dresde et nous montrent, dans la moitié inférieure du signe, des points, des cercles ou des demi-cercles. Le Cod. Perez ne possède que laforme figure 274, grossièrement dessinée.
Le signe akbal se reconnaît assez facilement sur les bas-reliefs ; on le voit dans l’hiéroglyphe qui commence le groupe situé audessus de la ligure gauche du champ médian, et qui se retrouve dans la feuille de l’autel du temple du soleil (fig. 278), de même que sur l'inscription du temple de la croix n° 1 à Palenque
(fig. 270) ; il est très intéressant de reconnaître, dans la dernière figure la même particularité que montrent les figures 271-273 de l’inscription de Dresde. Les figures 277 et 278 de la plaque de cèdre de Tikal présentent également des cercles ou des points dans la moitié inférieure du signe.
Les formes des livres de Chilam-Balam (fig. 279, 282) s’en écartent complètement.
En ce qui concerne les formules de l'inscription et des basreliefs, il faut remarquer que les deux pointes latérales qui font saillie comme des dents à l'intérieur du signe, ne peuvent être prises pour des dents. Leur déplacement, parfois complet, parle contre cette hypothèse (fig. 269), et, en outre, elles ressemblent parfois à des yeux (fig. 270 et 278). La partie essentielle du signe, celle par laquelle il se distingue du signe semblable ebuen, est la fente triangulaire limitée par une ligne ondulée; celte fente est encore plus apparente dans certaines formes du signe qui sont dessinées sur les boucliers célestes déjà mentionnés (Voy. fig. 283). Je suis porté à expliquer ce signe, en le comparant aux représentations mexicaines des cavernes, comme une montagne avec une gorge (Voy. fig. 284-285). La ligne onduleuse du signe akbal serait, d’après moi, la limite inférieure de la bouche ; les parties qui font saillie latéralement, qui ressemblent à des cercles, ou qui sont souvent arrondies à l’extrémité, seraient les yeux du monstre ; la fente triangulaire serait l’ouverture de la gueule. L’ouverture est l’entrée de la maison de la terre, elle est l’intérieur, le cœur de la montagne, elle est le siège de la nuit, des ténèbres.
Comme on le voit, tous les sens qui se rattachent au nom du troisième signe des jours trouvent leur explication complète, si on admet qu'il veuille dire ouverture.
La forme des livres de Chilan-Balam, qui s'écarte de la forme des inscriptions, est à peu près identique avec les dessins que les mêmes livres donnent pour le signe du jour ben. Je démontrerai plus tard, que le signe qui signifie la natte tressée de joncs et qui correspond au mexicain acnl/, roseau, s’applique à une partie essentielle de l’hiéroglyphe qui désigne le temple ou le toi
CARACTÈHK DES INSCRIPTIONS
de la maison. (Voyez fig. 34-36.) Il semble que la forme des livres de Cbilan Balam veuille rendre ainsi l'idée de maison, tenant compte, à la fois, du nom mexicain du signe et de la dénomination maya.
Quant à ce qui est de l'autre emploi du signe okbul, disons d’abord que nous le trouvons employé dans le sens de nuit, à côté du signe kin, jonc : de nombreux dessins de l’inscription de Dresde en font foi. (Voyez, par exemple, la fig. 158a (Cad. Dresde, 45 (2) b), qui montre le signe akbal comme équivalent du signe fig. 60, le chiffre 20, dont j’ai discuté la signification dans un précédent mémoire.) La fig. 286 parait être une variante du signe akbal que l'on voit dans le CW. de Dresde, 57 a ; elle offre un double champ semblable à celui des fig. 157, 158 et 158 a.
J’ajoute à cela que le signe akbal se montre sous des formes très caractéristiques (Voy. fig. 283, Cad. Cortez, 287 et 288, Cad. Dresde)-, il se rencontre à côté du signe kin sur des boucliers triangulaires (Voy. fig. 157 et 158), qui désignent certainement le ciel, comme Tout déjà reconnu Fôrstemann et Schellhas. Les deux signes akbal cl kin ne sont pas les seules images que l'on voie sur ces boucliers. Nous trouvons d’un côté le chiffre 20 (fig. 288 a), que nous avons regardé comme une variante du signe akbal, de l'autre une série de formes (fig. 290-299) qui ne sont autres que des variantes du signe kin. En outre, une autre série de figures, (fig. 311, Cad. Dresde, 52 b) qui rappellent une gorge-cipactli ouverte, ne permet plus de reconnaître aucune forme déterminée, le dessin devenant, en général, tout-à-fait ornemental (fig. 312- 317). Ces figures montrent que la partie essentielle est la croix oblique, l’élément de l'union (fig. 300-304 et 306-310). Enfin, on rencontre encore, mais seulement sur les feuilles 20, 22, 23 du Cad. Troano, le visage du dieu avec le serpent, qu’on trouve dans l'hiéroglyphe du môme dieu (fig. 33), et dans celui du deuxième point cardinal (fig. 19).
M. le conseiller intime Fiirstemann, dans une discussion pleine de valeur sur l'inscription de Dresde, a résolu définitivement le problème de la formation des nombres, dans les inscriptions mayas; il a, en même temps, démontré l’existence d’intéressantes
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séries de nombres, encore peu claires au point de vue de la signification, qui offrent pourtant un grand intérêt. Il a émis l’hypothèse que les signes tracés sur les boucliers célestes représentent le soleil, la lune, la planète Vénus, et peut-être d'autres planètes. Je ne puis croire que les figures 60 et 288 a ne signifient pas la lune, comme je pense l’avoir montré dans mon précédent mémoire (Verh., 1887, page 237); elles ne peuvent être qu’une variante du signe akbal. Il en est de même, à mon avis, dos figures 311-317. Nous trouvons le signe 317, non seulement dans les inscriptions mayas, mais très souvent aussi dans les sculptures mexicaines (lig. 324), par exemple en face du miroir, c'est-à-dire du symbole du soleil ou du jour, rappelant évidemment le signe kin. Je suis porté à regarder la figure 31 1 comme étant sa forme fondamentale, et je la mets en parallèle avec la figure 322, représentation d’une cavité, c’est-à-dire d’une montagne avec une gorge ouverte, empruntée au CW. mexicain de Mendoza.
J’ai déjà cité des figures protéiformes 290-299, que je ne peux guère considérer autrement que comme des variantes du signe Kin. Les figures 300-304 et 306-310 renferment, comme principal élément, la croix oblique, le signe de l’union. Celle-ci se montre dans les hiéroglyphes des figures 237 et 239, puis, par exemple, dans la figure du nom de mois Vaxkin, sur la feuille 48 c, de l’inscription de Dresde, comme variante idéographique de l’élément Kin. Los figures 300 et 301 se retrouvent entièrement dans l’hiéroglyphe (fig. 303) qu'on voit dans les feuilles 38-41 b de l’inscription de Dresde comme synonyme de l’hiéroglyphe Kin-akbal (fig. 158 a) et de ses variantes; on les retrouve, d’unautre côté, dans un hiéroglyphe (fig. 323) dont la partie principale est le signe du point cardinal (fig. 17). Je crois aussi que ces figures sont synonymes de l’élément Kin et que les images alternées sur les boucliers du ciel ne sont autres que des variantes des contraires du jour et de la nuit, de la lumière et de l’obscurité, de la vie et de la mort.
Avant de quitter ce sujet, j'appellerai l’attention sur la figure 323, (dessin mexicain d'un soleil) qui montre, aussi exac-
lenient que la figure 298 , la croix dans l'image du soleil.
Déjà Forslemann avait fait remarquer que l’élément particulier qu'on trouve dans les hiéroglyphes 318 et 319 n’est qu’une variante calligraphique des figures 297, 298, c'est-à-dire du signe Kin. Ces hiéroglyphes jouent un rôle dans les intéressantes feuilles (46-50) de l'inscriplion de Dresde et dans leurs abréviations, la feuille 24 de la même inscription. En fait, je trouve cet élément semblable à la variante (fig. 290) du signe Kin, dans l’élément des personnes. C’est ce que montre la houppe qui, dans la figure 320, orne la tête du dieu rouge, au long nez, que l’on voit dans la partie moyenne de la feuille 47 de l’inscription de Dresde cl qui est dessiné dans l’hiéroglyphe de la figure 321. Il en est de même de l’ornement de la tête de la divinité armée d’un bouclier et d’une lance, qui est représentée sur la plaque de cèdre de Tikal.
Je passe maintenant aux autres emplois du signe ukbal.
L’élément (fig. 326) qui montre le signe akbal entouré de points doit, d’abord, nous arrêter. Nous trouvons cet élément, comme signe caractéristique, sur l’ornement frontal et dans l’hiéroglyphe de l’ancien dieu qui s'identifie avec Itzamnà, le dieu de la lumière et du ciel. Les points qui entourent l'objet désignent souvent les flammes qui le dévorent ou la lumière qui en part. La figure 327 ( cod . Troano 10 b), montre des ossements en croix entourés de points qui figurent des langues de flammes rouges. La figure 326, le symbole du dieu Itzamnà, me paraît indiquer la lumière qui descend de l'obscurité de la nuit, le ciel étoilé.
Le signe akbal se montre encore au-dessus de l’œil de l'èlre nocturne et meurtrier; au milieu de la feuille 28 de l’inscription de Dresde, il se trouve à la place du dieu de la mort, dieu que j’identifie avec Uac milan a/tau (fig. 328) ; on le rencontre aussi sur une autre divinité de la mort (fig. 329), dans le Cod. Cortez , 38 b. En outre, on le voit dans l'hiéroglyphe de la chauvesouris (soc) qui servait à la désignation du même mois (Voy. fig. 330 (Landa) 331-333, (Dresde, 46 c, 47 a, b). On le trouve dans l'hiéroglyphe d'un oiseau ayant la forme d’un aigle (fig. 334)
AZTEQUES ET MAYAS
qui est dessiné dans le od. Dresde 17 b, dans deux hiéroglyphes (fig. 335-336), du S od. Troano 18 c, dans ceux que montrent les figures 337 et 338 et dans l’une des espèces d'animaux qui sont représentés une torche à la main, portant le feu à la houppe d'une longue queue et se précipitant du ciel ; ils désignent certainement le feu de l’éclair, le serviteur meurtrier do Chac (Voy. fig. 339, Dresde 36 a). Enfin on voit la même particularité à la tète du nom du mois Xul (fig. 310, Landa et 341, Dresde 49 b). Xul signifie la fin, la pointe; xuulul, cesser; xulah, xulesah, terminer ; xulub, ce par quoi quelque chose cesse, les cornes, mais le diable aussi a des cornes; xu/bil, bouffonnerie, diablerie, sottise. On voit ainsi que ce mol a certainement un rapport avec quelque chose d'horrible, de fantastique, de démoniaque. Par conséquent la chauve-souris, dans le centre de l’Amérique, n'est pas seulement l'animal nocturne. Le Popol Vuh parle d'une chauve-souris, Zo’tzi-ha , un des cinq lieux de l’enfer. Là-bas habite le Cama-zo'tz, , la chauve-souris du mort, le grand animal qui fait la ruine de tout ce qui arrive dans son voisinage et mord la tète à Hunahpu.
L'oiseau désigné dans la figure 334 est difficile à déterminer au point de vue zoologique. 11 me semble cependant hors de doute que c’est un rapace. Son hiéroglyphe (fig. 343) est intéressant. Il renferme la tète d'une chauve-souris, le symbole de ce qui est tranchant, coupant (fig. 73) et le symbole de l’oiseau (fig. 72). Dans l’écriture hiéroglyphique, nous trouvons souvent, derrière le signe des quatre (cinq) points cardinaux, des hiéroglyphes qui portent une tète d’animal, avec le signe ukbal au-dessus de l’œil (Voyez les fig. 180, 183 cl 342-344, Cod. Dresde, 22 b.) Je crois pouvoir les considérer comme les animaux de la foudre, les génies de la tempête, les génies des quatre points cardinaux.
Enfin je veux encore mentionner les hiéroglyphes de la figure 345 ; ils désignent, sur la feuille 26 b du Cod. Troano , la fumée du tabac ou la bulle qui sort d’un roseau (Voy. fig. 346). La même chose se répète dans deux endroits du Cod. Troano, notamment dans la feuille 34 b, où elle est exprimée par les
hiéroglyphes des fig. 347 et 348 et dans la feuille 25 b, où on trouve deux autres hiéroglyphes (fig. 349, 350).
La fumée du tabac a naturellement une signification mythologique. D’après les communications importantes du Lie. Zetina de Tihosuco que nous a fait connaître Brinton dans son mémoire publié dans le vol. 1 du journal de Folklore, sur les légendes du Yucatan, les Balam (c'est-à-dire les dieux des quatre points cardinaux ou des quatre vents qui sont en même temps les protecteurs du village et du territoire) sont de grands fumeurs, et, d'après les croyances populaires générales, les étoiles qui brillent ne sont autres que les bouts allumés des cigares géants que ces êtres jettent du ciel. Un indien vit un Balam dans son champ de blé; celui-ci tira de sa poche un cigare géant et lit du feu avec un caillou et du fer. Mais les étincelles qu’il produisait étaient comme les rayons d’un éclair et les coups frappés contre la pierre résonnaient comme de terribles coups de tonnerre qui ébranlaient la terre.
Les hiéroglyphes cités plus haut renfermaient les éléments des figures 348, 349, qui forment la partie essentielle des hiéroglyphes du point cardinal « en haut » (fig. î 7-22) , ou de la descente de haut en bas (Voy. fig. 744-746). L’hiéroglyphe do la figure 345 pourrait être rapproché de ceux des figures 342-344. Ceux-ci renferment, comme élément secondaire, le symbole de l’homme et la figure 345, comme principal élément, le signe akbal, à la place, je ponse, de l’animal de l’éclair pourvu du signe akbal.
4. Ghanan, kat,{c'at), Han. La signification du mot est douteuse. Ximenez traduit kat ( c'at ), par lézard. Je soupçonne fort cependant que c’est l’équivalent mexicain de ce signe qui lui a indiqué celte signification. On ne peut rien tirer de la racine maya, kan kaan, corde, hamac, ni de kan équivalant au kan qu’iché et au cakchiquel k'an (gan}« jaune » . Il me semble que la formo tzenlal nous fournit une indication; elle nous apprend que nous devons considérer ce mot comme une forme de participe. Je trouve dans le lexique maya de Perez les mots k’anaan, k'aanan, k'anan « abondante, neccssario 6 eslimado, cosa importante », k'aananii,
abundancia, k' nantit, sobrar, sobreabundar , flotar sobre el agua, sobrenadar, aboyarse sobre el liquide ; k'ank'ah , niar. » Il est douteux que l'apostrophe que j'ai mise soit exacte, à en juger par la forme peu soignée du dictionnaire, et la désignation insuffisante des gutturales mayas. Cependant ces mots sont écrits dans le lexique avec le même k, comme le nom du signe du jour et comme le mot kan, jaune, auquel est ajouté le k apostrophe, ainsi que le montre la comparaison avec le qu’iché. I)e cette façon nous aurions, apparemment, une correspondance directe des mots mayas, kaanan, kanan , qui signifient « existant en excès », avec la désignation T /.entai ghanan. Rappelons-nous
que le nom du jour, au Mexique, était cnrtzjia/in i lézard), en meztitlan Xi/ntl (le jeune épi de maïs), mais que tous deux sont les symboles connus de la richesse et du superflu, « el que en este nacia... ténia riquezas y de corner que nunca le faltaria » (Duran); il me semble dans ce cas que la signification du terme maya, indiquée plus haut, et son identité avec les mots mexicains ne sont pas douteuses.
Landa nous donne comme signe la figure 351. Dans le CW. Troano nous trouvons les figures 352-353 et sous les offrandes du sacrifice on voit souvent la figure 35t. Nous trouvons dans le Cwl. Cortez les mêmes formes (fig. 352-353) et, k rôle, la forme 355. Nous rencontrons les mêmes signes dans l’inscription de Dresde. Le Cad. Perrz contient généralement le dessin 356. Sur le côté droit de la plaque de l’autel du temple de la Croix n° 1 à Palenque, nous trouvons les deux figures 357 (2* série) et 358
(3' série au-dessous), qui paraissent représenter le signe qui nous occupe. Les livres de Chilan Balam donnent les figures 359-
En ce qui concerne la signification de ce signe, il me semble que les éléments forment un œil et une série de dents. Dans les représentations mexicaines, on peint le couteau de silex avec une série de dents et un œil au-dessus (Voy. fig. 136-137). On peignait exactement de même l’épi de maïs avec une série de dents et un œil au-dessus, mais alors l’œil était vivant (fig. 363), tandis que l'œil du couteau de silex est mort. Evidemment on donnait à ces deux choses des significations opposées, sécheresso et richesse d’eau, manquectsuperfiu. On trouve, dans ce dessin, un épi do maïs au-dessus du mot acatl roseau, qui, en langage symbolique, est regardé comme le contraire du mot tecpatl, pierre à feu. D’ailleurs, dans le Cod. Mendoza, nous voyons même des pieds de maïs employés pour exprimer le mol acatl. Je crois que le signe kan répète l'objet mexicain dessiné audessus de l’épi de maïs. Ainsi s’explique que ce signo apparaisse constamment dans les présents, dans les sacrifices. Nous avons ici, il me semble, la clef de ce fait difficile à comprendre, que les Mexicains désignaient par le signe acati , roseau, les années par lesquelles ils commençaient à compter le temps, notamment les années promettant la richesse, la fécondité et le bonheur, dons qui étaient attribués au point cardinal de l’est, tandis que les Mayas employaient le signe du jour kan pour les mêmes années.
Les dessins que donnent les livres de Chilan Balam pour le signe kan (fig. 359-362) n’ont rien de commun avec les signes des inscriptions. Ils rappellent d’une façon frappante les formes que donnent les mêmes livres aux signes ik et cauac. Ne seraient-elles que des variantes des derniers et devraient-elles leur origine à une association d'idées qui serait faite dans l’esprit même des Indiens : « temps couvert, pluie et vent, richesse et superflu? »
Parmi les emplois du signe kan, je mentionnerai sa présence c omme signe particulier, chez le dieu de la figure 31 et chez
celui de la figure 170 (hiéroglyphe fig. 30). Le premier, le dieu avec le signe kan, est peut-être celui qu'on fêtait avec Hobnil, avec Bacab , qui présidait aux années kan et que les agriculteurs fêtaient dans le mois Tzcc; celui, enfin, que fêtaient en même temps que Ekchuah et Choc, dans le mois Muan, les planteurs de cacaotier. J'ai identifié ce dernier (fig. 170) avec le dieu Ekchuah lui-même.
Parmi les hiéroglyphes dans lesquels se trouve le signe kan, je dois citer ceux du mois cumku ou humku (fig. 36i, d’après Landa; (fig. 363 366 et leur variantes, toutes empruntées à l’inscription de Dresde.) Cum signifie la cavité, le pot, mais aussi le son que l’on perçoit en frappant sur un objet creux ; hum signifie également bruit, vacarme, bourdonnement. La partie supérieure de l’hiéroglyphe parait représenter un pot qui montre, en haut, soit une large base (fig. 363, 366) soit trois pieds (367- 368), ou bien qui repose de côté sur le signe de lafigure 370 ; ce pot a l’ouverture renversée en bas et porte le signe kan.
5. Abagh, can , chicchan. Can en qu’ichc-cakchiquel, can, caail, en maya signifient le serpent ; ahaucan, le serpent roi, le serpent à sonnette, ce qui s’accorde avec le coati mexicain.
Le mot chicchan, dit Perez, ne s'explique que si on admet que ce mot est mal écrit ; il faudrait lire chichan. Chan, chanchan et chichan signifient petit. Mais on ne peut rien tirer de là. Faudrait-il admettre une forme accessoire chan pour can ? ce passage ne serait pas insolite. Nous avons xacah « se tenir sur quatre pieds », xachah « se tenir les jambes écartées » ; caacah et chaach-ah, « tirailler, tirer les cheveux, arracher les feuilles » ; co-ah, « écailler, écorcer » ; cho-ah, « frotter, laver». La première partie du mot devrait être rattachée à la racine chi, chii, bouche, mordre ; chicchan serait le serpent qui mord, comme le donne le dictionnaire de Molina « vibora gencralmente tequani coati (c’est-à-dire le mangeur de serpent). » Je ne peux expliquer le mot tzental. Dans le qu'iché, nous avons a bah, pierre. Dans l'ancienne capitale du Cakchiqucl, la principale relique, le chay-abah, était une pierre demi transparente, de la grandeur d'une demi-brasse, sur la surface miroitante de laquelle
CAnAC-rtnK DES INSCRIPTIONS
les devins lisaient les réponses à tontes les questions qu'on posait aux dieux sur les choses importantes, civiles ou militaires.
Laiida, donne pour cosigne, la ligure 371 . Dans le CW. T mono, les figures 372-374 sont les plus communes. En outre, il y a des dessins qui remplacent la tache sombre (cassure) par une tache claire ou par le signe Lin (fig. 373-377). Les figures 378-380 (Cod. Troanu \'l a h, 31»/) sont remarquables : à cèle de la tache, elles montrent les traits très nets d'un visage. Les figures 390- .392 (Cod. Tronno 19 n, 19 r, 9 «) représentent un tout autre type.
Dans le Cod. Cariez, on ne trouve que des formes qui rappellent celles habituellement employées dans le Cod. Tronno (372-374).
Les formes qui montrent une tache claire et les traits d’un visage sont beaucoup jdus nombreuses dans l'inscription de Dresde (fig. 381-386). Ce n'est que dans les dernières parties de l’inscription qu’on voit les formes avec la tache sombre et pleine (fig. 387) semblables aux formes habituelles des Cod. Tronno et Cortez. Les figures 393 (Dresde, 39 c) et 394. 393 (Dresde, 61 et 63) sont des formes particulières. Les formes du Cod. Ferez (fig. 388 et 389) ressemblent à celles de l'inscription de Dresde. Les livres de ('.bilan Balam donnent les figures 396-399.
Quant à ce qui concerne le sens de ce signe, la pièce montre un serpent que nous voyons nettement figuré dans la ligure 400
AZTÈQUES ET MATAS
( Cod . Cortès, 12 b). La lâche cassée, entourée de points noirs, reproduit les taches d’une espèce de serpent que nous ne pouvons déterminer naturellement, mais dont on voit nettement le dessin dans les figures de serpents du Codex Cortès aussi bien que sur le serpent à deux têtes de la plaque de cèdre de Tikal.
Nous reconnaissons la même tache carrée dans l’hiéroglyphe, figures 401 (Dresde 70), 402 (Dresde 21 c) et 403 ( Troano 9 b) ; on la rencontre aussi derrière un dieu (fig. 404-403) dont le caractère particulier consiste dans une ligne dentée autour de la bouche (fig. 404) et dont l’hiéroglyphe principal est en général accompagné du symbole de la mort, c’est-à-dire de l'hiéroglyphe soit du hibou (fig. 406, Dresde, 7 b), soit de l'animal à la patte levée (fig. 407, Dresde 21 c) soit du cadavre (fig. 408, Troano 9 c). Ce dieu paraît se rapporter aux serpents et les formes du signe chicchan qui montrent les traits d’un visage à côté de la tache nous donneraient la tète de ce dieu.
Les formes que donnent les livres de Chilan Balam (fig. 396- 399) ne sont sans doute que le développement des formes de l’inscription de la figure 380 (cod. Troano 31 d).
6. Tox, camey, cimi (cimiy). Cim, en Maya, et ram, en qu’ichc-cakchiquel, signifient « mourir ». Les mots cimiy, camey sont des substantifs ou des infinitifs formés à l’aide d’un suffixe dérivé qui n’a plus de fonction eu maya dans les images usuelles, mais qui est encore employé en qu’iche. La dénomination maya et cakchiquel répond ainsi complètement à la dénomination mexicaine (miyuistli).
La dénomination tzental, tox, offre des difficultés. Je ne sais pas expliquer le mot. il ne serait pas impossible que le nom du dieu régnant fût employé pour le signe, comme dans le troisième signe du jour. L'évèque Nufiez de la Vega raconte que les Tzental avaient dessiné dans leurs calendriers sept petites figures noires qu’ils employaient dans leurs prédictions, et qu’ils y avaient également figuré le Coslahunlox, c’est-à-dire le diable, comme les Indiens l’indiquent, avec treize puissances ; ils l’ont peint assis sur une chaise, avec des cornes sur la tète, comme un bélier. Il ne serait pas inadmissible que ce diable Hun-Tox fût
identique avec le Hun-Came qui réside dans l’enfer et que nomme le Popol Vuh.
Landa donne pour ce signe la forme 409. Dans le Cad. Troano, les figures 440 et 442 (tête de mort) sont les formes les plus communes. A côté, on trouve les figures 413,414 (crâne), et enfin, comme troisième forme, les figures 413-417. Dans le Cad. Cariez, la première forme est presque exclusivement employée (fig. 418). Dans l’inscription de Dresde, on trouve ces trois formes, mais mieux exécutées (fig. 419-426). Cependant, on voit encore, sur la feuille 46, les figures 427-428. et, sur la feuille 33 //, la
figure 420, formes qui paraissent représenter un autre type. Les livres de Chilan Balam contiennent les figures 430 et 431.
Quant à ce qui est du sens de ce signe, nous rencontrons la première et la deuxième forme dans les deux hiéroglyphes du dieu de la mort, que j’ai discutés en détail dans mon mémoire antérieur (Voy. Zeitschrift Jahrg ., 1887, Verhandl. p. 232). Il faudiait ajouter encore ici que la ligne particulière, arquée, qui se rattache à la tête avec les yeux fermés (première forme) ou au crâne (deuxième forme), comme une queue à la série des dents libres, représente, sans doute, la ligne de la branche montante du maxillaire inférieur. C’est ce que montrent très nettement les figures 432 et 433, dans lesquelles la mâchoire inférieure est dessinée avec sa branche montante et son arcade dentaire.
La ligne qui s’y rattache, avec des dentelures au bord externe
AZTÈQUES ET MATAS
droit, indique probablement le nœud ou le lac dans lequel on portait la tète coupée (Voy. fig. 422 et 427-429, et la fig. 439, tirée de la feuille 60 de l’inscription de Dresde) ; celle-ci représente apparemment une tête coupée, portée dans un lacet (tête de la victime).
La troisième forme du signe rinn (fig. 413-417, 424-426) se voit, à la place de l’œil avec les paupières fermées, dans le deuxième hiéroglyphe du dieu de la mort (fig. 436, feuille 28 de l’inscription de Dresde). Nous le voyons comme symbole de la mort sur la joue du dieu Uac mitumahau (fig. 328) et sur l’hiéroglyphe du même dieu, feuille 36 de l’inscription de Dresde (fig. 437). Il semble qne les deux hiéroglyphes des figures 434 et 433 renferment aussi le même signe; le premier est emprunté à la plaque de l’autel du Temple de la croix n“ 2, l'autre à celle du Temple du soleil, à Palenque. Je ne puis m’aventurer à formuler une opinion sur leur sens primitif.
Je ne puis pas davantage expliquer les formes de Chilan Balam (fig. 430 et 431).
Le signe de la figure 438, que de Rosny, dans son Vocabulaire de l'écriture hiératique, indique comme se trouvant dans le Cod. Troano, ne se trouve pas, d’après mes recherches, parmi les signes des jours.
L’élément de la figure 60. que Brasseur cite comme une variante du cimi, est, comme je me suis efforcé de le montrer dans un précédent mémoire, un symbole de la mort, dans le sens étroitd’une victime future. Il exprime le terme homme et le nombre 20 ou l’espace de 20 jours (uinal). Il n’existe pas parmi les signes des jours. Ce n’est que dans les feuilles 32 et 33 du Cod. Troano qu’il se trouve dans la série des signes des jours. Mais ce n’est pas un signe particulier ; il se place seulement après les signes des jours rattac, kan, nyulux, ix, dans le sens de vingtième signe.
7. Moxic, queh, manik. Le signe correspond au mexicain inaçatl, chevreuil (venado). Queh a aussi, en cakchiquel, le sens de cerf (il s'écrit ceh dans l’orthographe maya).
Il semble y avoir, dans le mot manik , la racine man ou mal, qui signifie passer rapidement, disparaître, et aussi se renou-
veler. En maya, on forme de cette racine : nvuuic to kirt, après que quelques jours se furent passés; maruik, ombre plus légère, trace, écho lointain; marnai, spectre. Manik pouvait vouloir dire, d'après cela, ce qui glisse rapidement, ce qui vole.
A la racine man il faut, d'après moi, ajouter une racine parallèle max ayant la même signification, de laquelle dérivent maax, singe, maxan, rapide. On pourrait peut-être rapporter à cette racine le terme tzenlal nwxic.
Dans l'écriture, le signe est indiqué par la Ggure 440, d’une façon assez unanime, dans Landa comme dans les inscriptions. La figure représente certainement une main, au pouce de laquelle sont opposés quatre autres doigts. Lorsqu’on compare ce signe avec les hiéroglyphes, on se convainc facilement combien la main est représentée d'une manière réaliste, dans les figures 441-443. Mais, comment se fait-il que la main soit destinée à être le symbole du jour, désigné dans quelques dialectes mexicains par le nom du cerf?
11 semble que l’élément manik (fig. 440) ait une parenté avec un certain nombre d’autres éléments, dont quelques-uns (fig. 444- 440) ne paraissent être que des variantes de la main ou du soutien, tandis que la quatrième (fig. 447) apporte un nouveau terme.
A la page 10 du Cod. Troano, commence une série de représentations — le calendrier des agriculteurs — dans lesquelles la descente des dieux pour le sacrifice est indiquée par un insecte ailé qui descend vers le présent expiatoire placé en dessous, devant un bouclier quadrangulaire recouvert des éléments du signe caban. Le texte hiéroglyphique montre les noms et les attributs des dieux. En avant, se trouve un hiéroglyphe, celui des abeilles, qui renferme en bas les éléments du signe du point cardinal nord et que je considère comme le signe de la descente. Le texte commence par un hiéroglyphe qui, dans le premier groupe, possède la forme de la figure 452, dans les groupes suivants, celle de la figure 453, et qui est remplacé plusieurs fois par des hiéroglyphes exprimant le temple (voir plus bas le signe brn) ; sur la feuille 3 c, il est représenté, apparemment dissocié, par les figures 454 et 455.
Dans l’inscription de Dresde, on voit dans les feuilles 2 (45) et 3, suivant le titre de la feuille, un certain nombre d’images qui représentent les préparatifs du sacrifice, et le sacrilice accompli ; un prisonnier marchant privé de sa tète tient les figures des dieux, des filets et des cordes; le prisonnier sacrifié, ses entrailles s'élèvent au ciel, comme un arbre, et, sur cet arbre, se trouve l'aigle qui arrache l’œil de l'orbite. Le texte montre à côté
des hiéroglyphes des personnes le signe de l'union (fïg, 77, 78) et, dans les parties suivantes, les hiéroglyphes des figures 456 ( Dresde 2 (45) a), 457 à 400, (Dresde 2 (43) 6c) et 461-462, ( Dresde 2 (45) d . Dans les feuilles suivantes de l'inscription, nous trouvons le signe manik, d’abord dans l'hiéroglyphe figure 463, que l’on voit dans les feuilles 4-10 «, en tète des groupes qui accompagnent les représentations des vingt dieux. Plus loin, on le retrouve avec les dieux et les offrandes.
Là, nous voyons une fois (feuille 10-12 a) l'hiéroglyphe de la figure 464 alternant avec la fig. 465, une autre fois (feuille 12- 43 a), l'hiéroglyphe de la figure 466. Dans la série moyenne et
inférieure des feuilles, les dieux se trouvent avec les offrandes. Il y a d’abord (feuille 10 b) les deux hiéroglyphes des figures 467 et 468, puis (feuille 10-12 b.) l'hiéroglyphe d.j lafigure 469, et enfin, les figures 474-476, où les dieux ont dans la main le signe kan. Dans la partie inférieure des mêmes feuilles, le texte même montre les objets que les dieux tiennent à la main. On le voit, en outre (feuille 4 à S c), sur l’hiéroglyphe delà figure 470, et, (feuille 12 c, 15 c), sur les figures 471-473.
Je crois pouvoir conclure de ce qui précède que l’élément manik et l’élément de la figure 447 sont équivalents. Mais, si l’élément inani/c nous montre simplement la main ouverte en haut, la figure 447 représente certainement une main qui apporte une tète, la tête d'un mort, comme le montrent les yeux fermés. Je suis porté à regarder cette figure et le signe manik qui lui est équivalent comme le symbole de l’offrande, du sacrifice. Je pense que c’est pour cette raison que le signe appelé cerf par les Mexicains et les Cakchiquel, est représenté de cette manière en maya : le cerf est, sans doute, l’animal qu'on chasse, l'animal du sacrifice. Je trouve cette autre raison que les hiéroglyphes qui renferment le signe manik, sont synonymes d’autres hiéroglyphes (fig. 466, 468) qui renferment évidemment les éléments de l'oiseau. U luumil cutz y-etel ceh , le pays du dindon et du cerf, était le nom que les Mayas donnaient à leur étroite patrie.
Soit dit en passant, l’hiéroglyphe du cerf se rencontre deux fois dans l'inscription de Dresde sur la feuille 13 c (fig. 447) et la feuille 21 b (fig. 478); à ce dernier endroit, il est accompagné du symbole de la mort.
Je ferai remarquerde plus que l’hiéroglyphe du dieu de la pluie, (’.hac (fig. 479), répète l’élément de la figure 447 si commun dans les hiéroglyphes précédents, sauf qu’à la place de la tète avec lex yeux fermés, il tient daus la main une tète avec les yeux ouverts. Je rappellerai que des idoles, les yeux en pleurs, étaient vénérés, d’après Las Casas, dans différents points du Guatémala. Nous avons déjà rencontré l’élément secondaire de cet hiéroglyphe dans la figure 197 ; il désigne sans doute un vase ou un
pot. Le dieu de la pluie est celui-là même qui tient le pot dans la main.
Les formes du signe manik que donnent les livres de Chilan Balam (lig. 448-451) sont des transformations des inscriptions, devenues tout-à-fait incompréhensibles. Elles n’ont apparemment conservé de ces dernières que l’espace qui s’élargit en dessous et qui est limité par le pouce et l'index.
8. Lambal, kanel, ïamat. Ximenez, je ne sais pour quelle raison, donne au mot kanel la signification de lapin, qui est celle du signe mexicain tochtli.
Je ne peux expliquer les mots lambat et lamal .
Landa donne pour ce signe la figure 480. Dans le Cad. Tro-
ano, nous trouvons, soit des formes semblables (481-482), soit les figures 483-485, un peu différentes des précédentes. Il en est de même dans le Cod. Cortez. Dans l’inscription de Dresde, nous trouvons soit les formes que donne Landa (figures 486, 487), soit les figures 488-490, qui en sont quelque peu différentes. Dans le Cod. I‘erez, on ne trouve que la forme 486. Les livres de Chilan Balam donnent les formes des figures 491-494. Je ne puis rien dire du sens originel du signe.
9. Molo (tnulu), toh, mu lue. Le mol toh a, en qu’iche-cakchiquel, un sens'défini. Brasseurle traduit, dans son vocabulaire, par « aguacero », c’est-à-dire pluie subite, pluie d’orage; tohoh, est traduit par Brasseur et par le Dict. Cakchiquel anon., cité par Brinton, « par sonar cl rio y el ayre », effervescence de la rivière, tonnerre dans l'air. Total était le principal dieu des Qu’ichés. Les annales Cakchiquels de Xahila racontent que, comme les nations cherchaient un protecteur, les Qu’ichés dirent « le tonnerre (tohoh), bruit dans le ciel, notre protecteur doit donc être dans le ciel ;
ainsi s'exprimèrent-ils, et ils furent nommés Tohohil. » Brinton (Nomes of lhe godstnthe kicbe myths) lient cela pour une légende trouvée après coup pour expliquer ce nom; cette légende donnerait plutôt au nom To/iil le sens de « justice, equily ». Je crois que, cette fois, Ximenez et Brasseur sont dans le vrai, que c'est le représentant réel du Choc yucalèque , du T/aloe mexicain , qui fut adoré par les Qu’ichés comme le dieu de leur race.
Comment accorder maintenant, pour le mot cakchiquel, les dénominations tzcnlul et maya de jour? Il n'est guère possible de reconnaître autre chose dans ce mot que la racine mol, mul, se réunir, assembler, amasser; moloe, tnuluc, ce qui est réuni, amassé. Pourrait-on songer au rassemblement des eaux?
Landa donne pour ce signe la figure 495. Dans le Cod. Troano, nous trouvons les figures 496-497 et les ligures 498, 499, dans le Cod. Corlez. Les figures 500 et 591 montrent les formes de l’inscription de Dresde. La figure 506, qu'on rencontre dans la feuille 30 b du Cod. Corlez, n’est qu'une forme particulière des précédentes.
Si le signe maya concordait avec le signe mexicain ntl, il faudrait songer d'abord à un vase d'eau. Nous trouvons le vase d’eau exprimé seulement dans les inscriptions mayas ( Th-esde , 34c) par la figure 507, ou le plus souvent par la figure 508. Mais, fréquemment, l'eau est cachée dans une outre ou un sac formé du corps d’un serpent. Les serpents, les démons îles nuages, sont ceux qui tiennent l'eau en réserve, ceux qui sont portés à ouvrir les outres et à en faire couler l'eau. Sur les sacs qui recèlent le liquide et sur lesquels est assis Cliac, nous voyons indiqués (feuilles 33-35 b de l’inscription de Dresde et 3-6 n , du Cod. Cortès ) certains signes de chiffres qui témoignent de leur contenu abondant. Nous voyons des chiffres semblables sur le vase qui repose sur le ventre du dieu de la mort (fig. 509) (Cod. Corlez 76). De pareils chiffres sont encore inscrits sur le ventre de figures qui nous montrent le mémo ornement et la même position que les femmes en mal d’enfant des feuilles 39, 40 a du Cod. Corlez , et 20, 30 a du Cod. Troano. Le contenu du sac abdominal me parait avoir été exprimé par les chiffres ins-
AZTÈQUES ET MATAS
crits. Il existe un élément hiéroglyphique qui montre également un chiffre inscrit à l'intérieur tl’un contour calciforme : cet élément se trouve dans des hiéroglyphes employés comme synonymes de vase d’eau (Voy. lig. 514 et 515); ces hiéroglyphes qui désignent dans le Cod. Dresde 39 c, les attributs de Chac, sont encore synonymes de l'élément mu lue. Les figures 510-512 et 513 nous montrent ainsi des hiéroglyphes qui sont cités, dans le Cod. Dresde 44 (1) 45 (2) b et 40 b, comme les attributs de l'animal de l'éclair, des génies de la tempête. Il me semble hors de doute que l’élément muluc est renfermé dans ces derniers, qui semblent parfois remplacés par d’autres renfermant l'élé-
ment principal avec un chiffre inscrit à la place de l'élément muluc. Je crois que le signe maya a la même signification que le neuvième signe mexicain, qu’il désigne le vase d’eau, ou le sac à eau, ou le ventre des eaux.
Je n’affirme pas d’ailleurs quo le vase soit exprimé par la forme du signe. Cette formo me parait plutôt devoir désigner l’œil de l’eau. Je renvoie aux représentations du Cod. Troano 31- 30 d, qui commencent par Chac, versant de l’eau. Nous rencontrons ici une série d’hiéroglyphes, équivalant aux figures 510-513, qui sont seulement pourvus d'un élément changeant suivant les points cardinaux (élément de la couleur? Voy. fig. 13-16); ces hiéroglyphes (fig. 516-519) transforment l’élément muluc en un visage complet, celui du dieu avec le serpent sur le visage (fig- 33).
Les formes que les livres de Chilan Balam donnent pour le signe mu/uc, ressemblent en partie au signe précédent, mais je ne crois pas qu’il faille encore admettre entre eux une confusion quelconque.
10. Elab, tzii, oc. Ce signe répond au mexicain itzcuinlli, chien; les mots tzii, tzi, qui se rapportent à la racine Izi, ont aussi la même signification en qu'iche, en cakchiquel et en pokomau. Ti, isil chi, eu qu'iche signifient, comme le mot maya, chi, mordre, manger delà viande. (Isil tzi, en qu’iche et en cakchiquel, chi en maya, veulent dire la bouche.)
Le chien s’appelle en maya pek, mol qui doit dériver d'une racine signifiant se coucher sur le sol comme un paresseux ; et le petit chien pelé, l 'itzcuinlli des Mexicains, est nommé bil. Ril signifie encore rudesse, rebord ou drap croisé, et aussi les os calcinés qui servent à rendre les doigts rugueux pour tisser; bilim est l’inégalité de la route, le gite déterré d’un animal.
Le mol oc peut, d’après le sens qu’on lui donne dans le langage, être traduit littéralement par ce qui marche sur quelque chose. II signifie ce qui entre dans la main, une main pleine; il signifie encore pied, trace du pied, et, comme verbe, entrer, marcher dans.
Doit-on accepter que les prêtres, au lieu de nommer le chien de son vrai nom, employaient le mot oc dont le sens était également renfermé dans le nom du chien bil? Je crois que celle hypothèse est quelque peu justifiée.
Je ne puis entreprendre d’expliquer le mot Tïental c/ab. Ce signe est donné dans Landa sous la forme de la fig. 520. Nous trouvons, dans le Cod. Troano, des formes semblables (lig. 521- 523); mais quelquefois (Troano 12 a, 12 c) le signe offre un autre aspect (fig. 52 i) ; on reconnaît nettement que la figure de Landa et les figures 521 à 523 ne représentent que l’oreille de l’animal avec une paire do taches noires. Dans le Cod. Cortcz et le Cod. Ferez, on ne trouve que les formes habituelles. L’inscription de Dresde, à cêté des formes usuelles (fig. 525), montre d’abord celles qui ne représentent que les lobes supérieurs du pavillon de l'oreille (fig. 526), puis celles qui, au lieu de l’oreille,
\Z rfcüUES ET MAYAS
Kl
munirent un piquet (fig. 527), enfin, celles qui montrent plus ou moins netlement une tète, figures 528 (feuille 30 b), 52!) (feuille 30 c), 530 (feuille 12 a), 531 et 532 (feuille 45 (2) et 64 b). Les feuilles de Cliilun llalam portent les figures 533-536 qui sont dérivées de la forme ordinaire des inscriptions.
Le petit chien domestique jouait un rôle dans leyucatan. (l'était un animal qu’on châtrait et qu'on engraissait ; on l'offrait aox dieux comme victime et on le servait comme plat dans les fêles. J’ai déjà dit que le chien est dessiné avec des taches noires dans les images mexicaines (lorsque, pour une raison mythologique, il n’est pas peint en rouge), et que, quand l'oreille seule de l’unimal est dessinée, elle a généralement le bout arraché, de sorte que l’oreille montre un rebord formé de lambeaux irréguliers. Nous rencontrons plusieurs fois, dans les inscriptions Mayas, un animal qui est dessiné en blanc avec des taches noires; il a une tète de fauve, les pointes des oreilles arrachées et, généralement, une tache noire autour de l’œil. (Voyez les ligures 537-540, extraites de l’inscription de Dresde et la figure 541, qui est empruntée au cod. Troanu.) Il se distingue du tigre, auquel il ressemble par plusieurs points, par une tète plus longue, les oreilles déchirées, la queue en bouquet (le tigre a une longue queue pointue); je crois que nous devons voir le chien dans cet animal. L’animal figure dans le Cod. Dresde (7 a) dans la série des vingt dieux. Dans le Cod. de Dresde (13 a), il est dessiné en face d’un oiseau (vautour?); dans le même Codex (21 b) il se trouve en face d’une déesse. Dans le Cod. Troano (25 c), figures 18-21, les formes d’un homme, du chien, du singe et d’un oiseau funèbre, se suivent en série sous les signes des quatre points cardinaux. Dans le Cod. Troano 27 b, le chat, le chien, le chevreuil, le tigre et le cochon (ce dernier caractérisé par une forte garniture de poils, un groin et un ongle) sont assis autour de la déesse à tête de serpent avec la bandelette. Enfin dans le Cod. de Dresde 40 b (fig. 540), l'animal est orné de la parure d’un dieu, avec le signe Kan [Hobnil'}) ; il remplit les fonctions du démon de la foudre.
L’hiéroglyphe de cet animal (fig, 542) ne renferme pas, d'ail-
CAK ACTÈKË DKS INSCHIHTIONS
leurs, l’élément oc, mais, comme élément principal, celui du nom du mois kankm (avril) (fig. 21 et 25). Je pourrais le considérer comme le pénis en érection qui sert à désigner l’animal dans le CW. Dresde 13 c. Cet hiéroglyphe se trouve dans le Cod. Dresde 40 b, où l'animal représente le démon de la foudre, associé à l’élément du ciel. (Voy. les fig. 300, 301 et 543). Comme
attributs, nous trouvons, ajoutés au principal hiéroglyphe, dans le Cod.de Dresde 7 a, les hiéroglyphes des ligures 544-546, c'està-dire le symbole de l'aigle, du hibou et de l’animal de proio (?).
Si l'hiéroglyphe de ce! animai ne renferme pas l'élément oc, il y a cependant un rapport entre l'élément oc et cet animal. .Nous retrouvons, en elîet, l'élément oc, comme nous le montrent les figures 531 et 532, dans uu hiéroglyphe qui se trouve partout associé à d’autres (fig. 548, 550) qui représentent sans doute la foudre ou les attributs des génies des tempêtes. En outre, le Cod. Dresde 61-63 donne les formes du nom d émois Xul, parmi
AZTÈOIXS ET MAYAS
lesquelles notre signe oc se voit à la place des animaux, avec nkbal au-dessus de l’œil, animaux que j'ai considérés déjà comme ceux de la foudre. (Voy. fi g. 340-341 .)
Le rapport du chien ou du signe oc avec les génies de la foudre, c’est-à-dire avec les dieux des vents ou les dieux des quatre points cardinaux, nous explique pourquoi nous trouvons très souvent comme attribut do C/iac, de liolon Xacab, et d'autres dieux, un hiéroglyphe (fig. 553 554, et 555) qui comprend à la fois un chiirre (4 dans le Cod. Code: 1 1 a, ailleurs 3), l’élément oc et un autre élément que j'ai représenté comme le symbole de l’oiseau, mais qui se montre aussi dans les éléments désignant un homme.
H. Bat:, ba'tz, chuen. Le tigre répond au mexicain oçomatli, singe. La même signification est indiquée pour 1e mot ba'tz en qui’che et en cakchiquel, bien que souvent le mot coy (en maya mas, maux) soit employé à côté de lui.
Le mot chuen n’a plus aujourd’hui aucune signification en maya. Il y a le mot chuenché, qui signifie planche, par lequel on désigne un certain arbre (tabla, y un àrbul asi llamado). Il semble résulter d'une légende du Popol Vuh que le mot chuen à un rapport avec but: ou singe.
La deuxième partie du Popol Vuh commence par le récit de l’origine des deux dieux héros Huiuihpu et Xbahtnyue (le soleil et la lune, comme je l’ai déjà dit). Les deux fils, Hun hunuh/jue t Yukub hunnhpu, sont nés dans la nuit des bisaïeux (ii/iom, nuunoni] Xpujacoc et Xmucane. Vukub hunahpu reste célibataire, mais le premier produit avec Xbakif/alo les deux fils Hun eut: et Hun c/iouen. Ceux-ci deviennent adroits et expérimentés dans les arts des joueurs de llùle, des chanteurs, des chasseurs à la sabarcannu, des écrivains, des dessinateurs, des sculpteurs, des orfèvres. Hunhunuhpu et Vnkubhunuhpu , les puissants joueurs de balle, obéissant aux exigences d’une puissance infernale, quittent leur vieille mère, tandis que les deux frères Hun but: et Hunchouen restent chez la grand’mère. et descendent dans l’empire de Xibalba , dans l’enfer. Là, Hunhunuhpu abat les puissances de la mort. Mais sa tête, fixée à l’arhre de la calebasse, vomit de la salive fécondante dans la main de la jeune fille
Hi CAKACTÈKK 0KS INSCRIPTIONS
\i/tii'c ; les frères llunuhpu et Xbaluntjue sont ainsi conçus. Nés et élevés dans la forêt, ils chassent avec la sabarcanne toute sorte d’oiseaux qu'ils portent à leur grand’mère (Xmucane), et à leurs autres frères (llumba/z et Hun chouen), qui les maltraitent. Pour se venger, les jeunes gens demandent à leurs frères aînés de faire tomber des branches de l’arbre can-le (arbre à serpent) les oiseaux qu'ils ont tirés et qui sont restés suspendus dans leur ehùte. Humbatz et Hun chouen répondent à l'invitation. Mais, lorsqu'ils sont en haut, l’arbre croît tellement qu’ils ne peuvent plus descendre ; lorsqu’ils quittent leurs vêtements pour s'asseoir dessus, ceux-ci sont changés en queue. Humbatz et Hun chouen deviennent des singes. Leur grand’mère voudrait les reprendre. Par amour pour elle, Hunahpu et X ba~ luit// nr fout sortir leurs frères de la forêt en les appelant quatre fois avec la llùle, sur laquelle ils jouent la mélodie hunahpu rtnj (fascination des singes). Mais leur danse et leurs gestes sont si comiques que la vieille se met à rire chaque fois, ce qui les épouvante de plus en plus; ils restent alors daos la forêt sous la forme de singes.
11 ne me parait pas douteux que Chouen soit la même chose que Ch lien en maya, et que Chouen soit le frère jumeau de Holz comme lltin chouen est le jumeau de Hunbutz, le singe, et que, par conséquent, les mots chouen, chuen, signifient singe.
Landa donne pour ce signe la figure 556. Dans le Cod. Troano, nous trouvons les formes 557-559. Le Cod. Codez possède les mêmes. Dans la première partie de l'inscription de Dresde, on trouve exclusivement des formesqui ressemblent à la ligure 559, mais en partie avec la variante de la ligure 560. Dans la deuxième partie de l'inscription de Dresde, nous rencontrons des formes qui ressemblent aux figures 557-558. Une forme isolée spéciale est celle de la figure 561. qui se trouve dans le Cod. Dresde 32 b. Le Cod. Perez a la figure 562, la variante que montre le même codex pour le signe Kan. Sur la plaque en relief de Palanque on trouve plusieurs fois, combiné avec différentes valeurs de chiffres, un élément qui à la plus grande ressemblance avec le signe
AZTÈQUES ET MAVAS 8")
chum. (Voyez figure 563.) Les livres de Chilan Ualam dorment les formes 563-567.
Nous voyons le singe parfaitement représenté sur la feuille 25 c du Cad. Troano (ligure 570), surtout dans la série de l'homme, du singe et de l'oiseau funèbre. Il est figuré par un troue sans tète ou par un tronc avec une tète chevelue qui joue aussi un rôle comme élément hiéroglyphique. (Voy. lig. 56). Il y a sur les animaux quatre hiéroglyphes, qui paraissent nommer les quatre êtres eu question. La figure et l’hiéroglyphe se trouvent
dans une colonne avec chacun des hiéroglyphes des quatre points cardinaux (fig. 18-21). L’hiéroglyphe qui désigne le singe est reconnaissable sur la figure 571, mais le même hiéroglyphe désigne aussi l'homme. Un hiéroglyphe (fig. 555 n), que je n’ai pas trouvé ailleurs, désigne le chien.
Nous trouvons des hiéroglyphes semblables dans la feuille 15 a b de l’inscription de Dresde (fig. 569). Nous voyons la tête du singe se distinguer du crâne de l'homme par une particularité qui consiste en un fort cnsellement entre le front et le nez, ou dans une forte saillie du squelette de la face. Cet hiéroglyphe indique encore qu’on a en vue le singe, parce que le signe du
8fi CARACTÈRE DES INSCRIPTIONS
singe, rhum, est à la place de l’œil, L’hiéroglypho est plicé à côté d’une autre figure (568) qui renferme les éléments indiqués plus haut comme offrande et sacrifice. On trouve, dans la partie supérieure de la feuille, un troisième hiéroglyphe (fig. 575), que jo ne puis encore analyser. Les trois hiéroglyphes accompagnent une remarquable représentation : c’est une série de formes de dieux qui se précipitent entre les feuilles et le branchage en même temps que leurs membres s’accroissent, en partie. en forme de feuilles.
Nous trouvons les mêmes hiéroglyphes, 572 et 574, à côté ' d’une autre figure (573), dans la feuille 17 b du Cad. Tromw, où des dieux paraissent sortir du branchage d’un arbre.
Ces hiéroglyphes et ces représentations se rapportent vraisemblablement au singe; le singe est, en effet, l’animal des hauteurs aériennes; il vit dans les branches. Nous trouvons également, dans les inscriptions, d’autres animaux qui portent aussi le signe chiien il la place de l’œil. Ce sont les quatre animaux qui tiennent dans les mains les flambeaux de la foudre (fig. 577, Cad. Traann 32-33 c). Ils représentent ainsi une troisième ou une quatrième classe de génies de la tempête ou d’animaux de la foudre. (Voy. fig. 339, 540 et 44 (I), 45(2) b de l’inscription de Dresde).
A la figure 569 et à la tête de l’animal de la foudre se rattache l’hiéroglyphe 577, dont nous avons donné plus haut (fig. 550) une variante intéressante. L’hiéroglyphe se trouve dans le Cad. de Dresde 29-30 b, devant les signes des points cardinaux, en tète des groupes d’hiéroglyphes formant le texte qui accompagne les images deChac, elil rappelle l’hiéroglyphe des fig. 37 et 38-43 qui indique le chasseur, le guerrier. Cet hiéroglyphe renferme deux signesqui rappellent la tête d’un mort : les dents décharnées ainsi que la ligne qui s’y raccorde, avec le reste de la branche montante de la mâchoire inférieure, et les sphères ou gouttes au-dessous de l’hiéroglyphe. Ony voitune particularitéquiconsistc danslcsdeux exlrémitésrepliéescomme deux cordons, à la partie supérieure de l’hiéroglyphe. Il me parait devoir être rapproché des images qui montrent un guerrier portant une tète coupée ou une figure en-
tière dans un lacet. (Voy. Cod. Dresde 67 a, Cod. Cortez 27 b.) A un autre endroit du texte, nous voyons la chose représentée par l’hiéroglyphe fig. 578 (un homme avec la tète coupée dans un lacet). On trouve une figure tou t-à-fait semblable (fig.. >78 a) dans le Cod Troano 20-28 a, en tête du groupe des hiéroglyphes qui forment le texte d'un certain nombre de figures représentant des animaux pris dans des lacets. Remarquons, en passant, que les deux derniers hiéroglyphes apportent une nouvelle preuve à l'appui de mon opinion, que la figure 60 (le chilfre 20) signifie une tête coupée.
L'hiéroglyphe du nom de mois Izec , dont je donne la forme d’après Landa dans la figure 579, et d'après l'inscription de Dresde dans les figures 580-582, aune ressemblance évidente avec l'hiéroglyphe de la fig. 577. Tze, tzee, signifie le maïs moulu ou grossièrement pulvérisé, la mouture, l'action de concasser, opposée à l'action de broyer fin; tzeec est l'écrasement, le châtiment, la pénitence; tzec, tz'er, les ruines des vieux édifices. Tzee paraît vouloir dire aussi le meunier. Le mois tzec est celui dans lequel les agriculteurs sacrifient à Baenb et surtout à llobnil (c'est-à-dire à Kanal Hacab). Le miel était pour les anciens Mayas une matière beaucoup moins estimée comme condiment pour les aliments que comme matière servant à faire l'hydromel (ci), boisson enivrante. Le mois tzec était une longue bacchanale parce que les agriculteurs, par pratique religieuse, distribuaient en quantité le miel nécessaire à la boisson. C'est là-dessus que paraît reposer la signification du nom et de l'hiéroglyphe de ce mois. Je rappelle que, à Mexico, le dieu du vin était nommé Tequechmecahuiani, l'égorgeur, et tentlahmani, le noyeur.
L’hiéroglyphe des lig. 583-585 semble avoir la même parenté avec l'hiéroglyphe 577 ; il est associé, dans la partie moyenne de la page gauche de la feuille 46-50 de l'inscription de Dresde, à l'hiéroglvphe des fig. 318,319; ilaété attribué à l’un des quatre points cardinaux, à l'un des vingt dieux et à une date déterminée du mois. Dans la série supérieure des mêmes feuilles, on voit se répéter, avec d'autres dates, disposées d'une façon analogue, les mêmes vingt divinités, les mêmes hiéroglyphes (fig. 318,319) et
HH
I A RACTftRE DKS IXSCRIPTIOXS
les mémos signos dos points cardinaux ; mais, à la place de l’hiéroglvphe dos fig. 583-585, il y a colui de la fig. 443, l’homme qui lient ou qui présente le rouleau.
Enfin, le signe chuen apparaît au milieu des offrandes, non isolé, mais on groupe de deux ou trois, en même temps que dos chiffres (fig. 586). On ne le voit, d’ailleurs, qu'en certains points dos inscriptions do la feuille 23-28 du Cod. de Dresde. Dans les feuilles dos Cod. Tronnn 36 et Cortez 22, cos grappes do r/iuen forment des séries qui alternent avec d’autres séries renfermant les signos cardinaux, les hiéroglyphes des dieux des vents ou dos offrandes variées. Enfin, sur la feuille do 10 à 7 b du Cod. Tmano, ils apparaissent, dans le texte hiéroglyphique, derrière le svmholo dos dieux, è côté d'abréviation des offrandes placées
au-dessous do l’image, ün voit immédiatement après, dans les feuilles suivantes (7-5 b) du Codex Troimo, à côté des signes des offrandes et à la place dos groupes rhuen , l’hiéroglyphe fig. 587, qui se montre aussi on plusieurs endroits il côté des offrandes expiatoires dans l’inscription de Dresde (fig. 388).
12. Euob, or, eh. E, i/e, signifient le tranchant, le coupant, l’incision; eh, rhil, ehal, i/ebrd , une série d’incisions une série de degrés, les marches d’un escalier. Enqu’iché et en cakchiquel, e signifie la dent, le tranchant; il est la forme plurielle du cakchiquel re. remplacé par erb en qu'iché. Euob , en tzontal, est, je présume, une forme plurielle d’un singulier eu. re. Le nom pouvait ainsi signifier, dans toutes les langues, série de dents, série do pointes, signification qui conviendrait parfaitement à maintes formes mexicaines do ce signe ;lig. 113, 114) ainsi qu’au nom mozlitlan ( itlnn , sa dont).
AZTÈQUES et mayas
Le signe csl représenté dans Landa par la figure 589. Dans le Cod. Troano et dans le Cod. Cortez on trouve les fïg. 590-591. Dans l'inscription de Dresde, nous avons les formes des fig. 592- 595 et la figure 597. Dans le Cod. Perez, nous rencontrons, outre la forme ordinaire, la figure 596.
Ce signe montre une ressemblance évidente avec le signe men qui, comme notre signe, représente un visage, avec la commissure entaillée (visage de vieillard). Seulement, dans ce signe men, on trouve généralement des rides aux joues et des sourcils broussailleux, mais il manque, sur les côtés de la tète, la ligne entourée de points ou de petits poils. Je dirai plus bas que le signe men me paraît être la tête d’une divinité âgée et que je la considère comme identique avec la déesse mexicaine nommée Ce Quaitlhli, patronne du signe Quauthlimen , sous le nom de Malmalli, ce qui se traduisait en yucatèque par hun eb. Nous trouvons dans le Cod. Viennensis , 16, à côté de la déesse Ce Quanthli , un dieu ancien, avec la commissure buccale entaillée et la barbe ondoyante, qui représente certainement le Tonncateculli, le maître de notre vie, le père primitif. L 'Ilzamnâ lui correspond. L'hiéroglyphe de ce dieu est tout autrement constitué ailleurs (fig. 601). Mais j’ai déjà dit que le signe particulier de ce dieu est le signe Akhiri entouré de points (fig. 326), et nous trouvons parfois le même signe dans un hiéroglyphe situé sur la partie postérieure du crâne, par exemple, sur la fig. 602 (Cw/. Ferez, 8). Il me parait tout-à-fait impossible que la dent du signe eb, entourée de points, soit une abréviation de la figure 326.
Les livresde Chilan Balam donnent, pour Je signe eb, les formes des figures 598-600, qui n'ont rien à voir évidemment avec la forme des inscriptions. Je ne puis les expliquer. On y a vu un enlrelac, ce qui pourrait rappeler la corde de paille, le mnlhuiUi mexicain.
Ce signe est à peine employé dans les hiéroglyphes. Je pourrais en citer, comme unique exemple, le signe eb qui se trouve sur l’eau que verse d’une cruche la vieille déesse armée de griffes. (Voy. la dernière feuille de l'inscription de Dresde.)
13. Been, ah, ben. Le mol qu’iclié-cahehiquel ah signifierai!, d’après Ximenez et Brasseur, roseau, ligede maïs (cafta, mazorca). Le mot est peut-être en rapport avec le mot ac, par lequel on désigne, en yacatèque, une graminée sauvage à larges feuilles, qui est employée pour les toitures.
La racine ben, been veut dire pn maya « consommé ». Nous avons benchahal, être consommé, been/ah. bental , dévorer peu à peu; benel, bine/, sortir, manquer, puis s’éloigner.
Ce signe est donné sous la même forme dans Landa (fig. 603) et dans les inscriptions (fig. 604, 603). Les formes particulières sont seulement le dessin renversé de la fig. 606 (Cod. Troano),
la figure 607, plus compliquée, ( Troanol b) et la forme aberrante de la fig. 608 (Dresde 10 c ).
Les figures 609-612 sont les formes données par les livres de Cliilan Balam.
Quant à la signification de ce signe, il n’y a pas de doute que la figure ne soit dérivée du dessin du tissu de roseau, d’une natte. La natte est une forme suffisament connue (voy. fig. 613) dans les peintures mexicaines, et on la trouve dans le Cad. Mendoza, etc. Nous la croyons très exactement figurée dans le Cod. Troann (fig. 614). Les toits des temples et des maisons sont généralement peints en jaune dans les peintures mexicaines, partout où le dessin est exact, et ils laissent reconnaître les lignes que produisent les couches de paille les unes sur les autres; c'est ce qu’on observe ou qu'on observait sur les toits de chaume, dans nos pays. Un faîte, tressé solidement, amenait la continuité du tout. (Voy. fig. 615.) Dans le Yucatan, une autre matière (feuilles de palmier) semble avoir servi parfois à la confection des toits; mais une natte tressée avec des joncs formait toujours la clef de la partie supérieure. Nous pouvons très bien étudier les formes de nattes, sur les toits des temples, dans les fig. 617-620. La large saillie des toits que montrent ces dessins dénote des maisons du Yucatan, comme celles que décrit Landa. Une paroi sépare le grand espace en deux parties. La moitié antérieure, complètement libre sur les côtés, recouverte seulement par le toit qui surplombe, forme une sorte de véranda ouverte, pièce de réception et séjour habituel du maître, pendant le jour. La moitié postérieure (las espaldas de la casa) est fermée : c'est la chambre à coucher de la famille.
Il y a, comme je l’ai déjà mentionné, un groupe d’hiéroglyphes qui ont été employés pour désigner tour à tour le transport sur une natte (fig. 616, Cod. Dresde, 20 c et fig. 621), la position assise sur une natte (fig. 622), le toit on nattes d’un temple ou le temple lui-même (621, 623-630). Cet hiéroglyphe renferme, comme principal élément, la natte et un symbole du transport — la main (fig. 621) ou les éléments qui sont dérivés du dessin de la main (fig. 144 et 445). On peut suivre très nettement, sur