CA 11 ATTIRE DES INSCRIPTIONS
des figures 783, 751, qui rappellent les figures 744, 746 et qui sont également connexes.
Un hiéroglyphe semblable aux figures 733, 736 nous est encore fourni par la figure 737, contenue dans le texte du CW. Tro, 30-29 e. Elle montre, en bas, le dieu de la prospérité, le dieu avec le signe kan (Hobnil), assis sur l’élément caban; sur une des figures il tient dans la main le signe ik, sur l'autre le signe kan.
La descente vers les offrandes du sacrifice, la chute de la pluie sont les idées dominantes de tous les hiéroglyphes dont il s'agit. Je conclus de la présence constante, dans tous ces hiéroglyphes, de l’élément caban, que celui-ci signifie le haut, le ciel. C’est encore ce qui me semble rcssorlir des autres emplois de cet élément.
En général, l'élément raôan est le siège, le trône, ou le piédestal des dieux. Dans le Cod. Troano, le signe caban seul est souvent employé ; il est élargi en forme de siège (fig. 739) ou pourvu d'un dossier en natte (fig. 760). Dans l’inscription de Dresde, au contraire, nous voyons habituellement les signes caban et rnuluc à côté l’un de l’autre (fig. 761-762), tout comme dans l'hiéroglyphe de la direction verticale (fig. 18 et 741) ; ils servent aussi de siège ou de piédestal pour les dieux. Ün trouve encore le dieu Chac descendant sur un serpent pourvu ou formé du signe caban (fig. 763-764). Dans le texte, on trouve tantôt l’hiéroglyphe 741, tantôt la figure 442, tantôt, enfin, la figure 763. La juxtaposition do caban et do muluc, comme le montre l’inscription de Dresde, prouve que le signe caban signifie ici le siège céleste, de même qu’en divers endroits des inscriptions nous voyons les boucliers du ciel, couverts de signes, servir de siège aux dieux ou transformés en sièges.
Parlant de ce point de vue, je crois qu'on doit considérer les boucliers quadrangulaires d’où descendent les insectes ailés dans los feuilles 10 bis et 1 du cod. Troano, comme peints en jaune, ou recouverts de l’élément du signe caban, ou flottant et en quelque suspendus à des cordes.
Mais, au même point de vue, je crois qu’il faut les consi-
AZTÈgriES ET MAYAS
dérer ainsi, lorsque nous trouvons exprimée la chute de l'arbre figure 766, dans le Cod. Troano, par l'hiéroglyphe figure 766, où l'élément caban est pris pour l'arbre.
J'ai déjà mentionné des représentations remarquables qui nous montrent des dieux se précipitant enveloppés dans des feuilles et dans des pampres ou parler du haut des branches d'un arbre. On voit dans beaucoup de cas le branchage d'un arbre servir de siège a Chac ou à ses assilants, ou au dieu orné d'un serpent sur la face (lig. 33). Dans ces cas, l’arbre (fig. 771) a la même signification que les signes des figures 768, 769, 770, c'est-à-dire qu’il équivaut au bouclier céleste, au sentier, et, comme je le montrerai, aux nuages. A un autre endroit, il est l'homologue de l'hiéroglyphe des figures 300, 301, un autre symbole du ciel, ou de la figure 687, l'aigle ou le vase d'eau. Une fois (Cod. Dresde, 33 c) nous voyons l’arbre former dans son intérieur une cavité à parois onduleuses, renfermant une masse d’eau sur laquelle est assis le Chac. Il me paraît donc certain que l'arbre des inscriptions ne peut être que l'arbre des nuages, l'arbre du ciel.
18. Chinnx, tihax, eonah (ezanab). Ce signe correspond au mexicain tecpatl, pierre à feu, ce qui s’accorde avec ce que dit Nuilez de la Vega, qui regardait le signe chinas comme une divinité tutélaire ou comme un grand guerrier; l’auteur ajoute qu’il avait été représenté, dans les calendriers, avec une bannière à la main et qu’il avait été étranglé et brûlé par le uagual d’un autre signe païen.
Ximenez traduit, je ne sais pour quelle raison, tihax par obsidienne. Le mot me parait dériver de la racine teuh, froid, tih-ih, être froid; on peut lui comparer les mots tic, enfoncer, piquer; lis, coudre; tiztic, pointe.
Le mot eonab pourrait dériver de la racine ec, ferme, raide, dur.
On trouve le même signe dans Landa (fig. 772), et dans les inscriptions des figures 773-777. Seules les formes des Chilan Balam s'écartent complètement des précédentes (fig. 778-781). Le sens du signe est parfaitement clair : il signifie les lignes de
CARACTERE UES fSSCRIPTlONS
brisure de la pierre frappée. Cette signification est bien la vraie, car nous voyons les pointes de silex des lances (lig. 782), de la hache de pierre (fig. 783) et du couteau du sacrifice (lig. 784), représentées avec les mêmes lignes en zig-zag.
19. Caborjh, caok, ctiuac, Pour le mot cakchiquel, Ximenez donne la signification de pluie, correspondant au mexicain guiahuitl. Je ne trouve aucun mot de ce sens dans le vocabulaire. Il est peut-être vraisemblable qu’il y a dans le mot tzental une forme plus ancienne ou du moins plus précise. Nous pour-
7M. 77S- 77V 77* 77 ( 777- 77 f 7>f 7 g». 7ft
ËEÈIIIËI
rions admettre que la gutturale finale n'est pas un c ou un k, mais letra herida correspondant au k; c’est le son que Brasseur désigne par un g, et qu'avec Stoll j’écris par un 'k. Dans la langue maya je ne connais pas du suffixe à cette letra herida. La syllabe qui se termine par ce son doit donc être radicale; il en résulte certainement que le mot est composé et qu’il doit être probablement divisé en deux parties : cah et u’k. Nous avons indiqué plus haut les significations de la racine cah : d'une part, sol, terre, profondeur; de l’autre, cire, exsudât (résine). Avec la valeur phonétique o’k, nous trouvons une racine qui donne une quantité de dérivés et à laquelle paraissent se ramener les termes pleurer, être triste, sombre. Nous pouvons donc traduire cab-o’k par pleurer, d’en haut, ou l'obscurité couvrant la terre.
Ce signe est représenté dans Landa par la figure 78a. Le Cod. Troano donne les formes 78G-793, et, une fois (Cod. Troano, 28 d) la forme remarquable de la figure 794. Les formes du Cod. Cortez, concordent avec les formes ordinaires du Cod. Troano. Parfois on trouve une forme inverse (Cod. Cortez , fü a, 14 b, 17 b). L’inscription de Dresde contient les figures 796, 801 ; le
AZTÈQUES ET MAYAS 1 OS
Cod. Ferez, la figure 195. Les livres de Chilan Balam renferment les figures 802-803.
Avant d’étudier l’emploi figuré et hiéroglyphique de ce signe, je dois noter qu’il apparaît comme attribut d'un être particulier, dont la tête existe dans l'hiéroglyphe du nom de mois, Mou»
(Muan). Voy. fig. 51, 52, et la variante fig. Si.) La tête de cet animal (fig. 53 et 804) montre un bec arqué comme celui d’un hibou, entouré de plumes ou de cils à la base, de grandes oreilles velues et tachetées et un œil de grandes dimensions. Le corps qui a tantôt la forme humaine ( Cod . Dresde, 10 a, 1 c), tantôt la forme d’un oiseau, est pourvu d’ailes ( Dresde , 16 c
18 b, Troano, 18 c); le dos est généralement garni de grandes taches noires et se termine par une queue tachetée, longue ou courte, arrondie, en général, à son extrémité. En hiéroglyphe, cet être est désigné, dans le Cod. de Dresde , 10 a, par les figures 805 à 808, c'est-à-dire par le symbole des 13 cieux, le signe cauac, le signe du hibou et la tête de l'animal de la foudre. Le Cod. de Dresde ne possède pas le dernier hiéroglyphe, et il donne une légère variante des deux premiers (fig. 810, 811). Dans d’autres endroits, l'hiéroglyphe principal est la figure 809, c’est-à-dire le chiffre 13 à la place des 13 cieux; on trouve aussi la tète seule de l’animal Moan. L'hiéroglyphe du hibou se voit généralement & la suite (fig. 807) Dans le Cod. Dresde, 12 a, la figure 813 parait occuper la première place; lafigure 803 vient ensuite, et, à la place du hibou, on rencontre la tête de mort (fig. 812).
Muyal signifie, en maya, le nuage, et moankin, un jour gris, pluvieux (dia nuhlado, y lloviznozo). Il semble ainsi que cet être représente la conception mythique de la couche nuageuse du ciel. D'autre part, on ne peut douter que l’un des éléments essentiels du signe cauac ne représente le bec de l’oiseau Moan entouré de plumes à la base; c’est ce qu’on voit, par exemple, dans les dessins précis de l’inscription de Dresde et du cod. Troano , que donnent les figures 814, 813.
Le signe cauac renferme encore, comme élément particulier, la croix (la croix du vent?); les masses de grappes indiquent de lourds nuages descendant du ciel.
Si réellement cette connexion existe entre la conception mythique des nuées du ciel et le signe cauac, il ne faudra plus s’étonner de voir ce signe servir, comme tout autre symbole céleste, de siège ou de piédestal aux dieux (par exemple : Cod. Troano , 14, 13 a , Cortez, 25). Aussi voyons-nous le signe cauac élargi en forme de siège (fig. 816), ou bien posséder la forme d’un vase d’eau excavé d’une faqon particulière à sa partie supérieure (fig. 817), ou celle d’une tête couverte des éléments du signe cauac (fig. 818 et 819). Les tètes sont celles que l'on voit à l’extrémité des racines des arbres (voy. Cod. de Dresde, 41 b, Cod. Troano , 17 a et a. a. O.); elles ne sont que des formes abrégées
AZrfcQt'ES ET MAYAS
des arbres, ce qui ressort de la figure 820, et aussi de ce fait que nous voyons des arbres (par exemple : Cod. Troano, 15 a, Dresde, 25-28 c) couverts des éléments du signe cauac. De l’analyse ci-dessus, il me parait résulter que ces arbres et leurs abréviations, les têtes cauac, ne peuvent signifier que l’arbrenuage, le ciel.
Ce qui semble aussi plaider en faveur de cette opinion, c'est que nous trouvons assez souvent les planches caban dont il a été question plus haut, combinées avec des planches couac semblables dans les feuilles 10-1 du Cod. Troano. Il est curieux seulement que ces deux combinaisons servent de table aux offrandes des sacrifices. Il est également à remarquer que nous trouvons souvent la base des temples couverte des éléments du signe cauac ou de ces derniers avec un hiéroglyphe caban à côté.
Les images du Cod. Troano, 32 b, sont intéressantes ; elles nous montrent un certain nombre de dieux qui tiennent à la main une planche recouverte des éléments du signe cauac. Dans le texte, on trouve l’hiéroglyphe de la figure 822 accompagné de celui de la figure 573. Une planche semblable, qui ne se distingue de la précédente que par une espèce de poignée tressée (fig. 821), se voit devant les figures des dieux, sur la feuille 12 c du Cod. Troano ; dans le texte , on rencontre le même hérioglyphe (fig. 823'. Un hiéroglyphe encore semblable se trouve dans la feuille 2 (45) b, c , de l’inscription de Dresde (fig. 437 à 468). Là, les dieux semblent tenir dans la main des filets et des cordes il la place de plauches.
Parmi les emplois hiéroglyphiques de ce signe, il faut citer les figures 824 et 825. La première se trouve dans le Cod. Dresde, 4 b, dans la série des hiéroglyphes des 6 (ou 7) dieux, désignant sans doute les 6 directions du ciel, qui entourent le monstre à écailles vertes représenté avec les hiéroglyphes du dieu de la mort. On voit, dans le Cod. de Dresde, 12 c et 21 c, le même signe servir d’hiéroglyphe principal à un vieux dieu à tète chauve (fig. 831) qui est désigné dans la même série ( Dresde , 21 c) par un autre hiéroglyphe principal représenté sur la ligure 826). La deuxième (fig. 825) est employée dans le Cod. de Dresde, 4 a.
108 CAHACTÈRE OES INSCRIPTIONS
comme le deuxième ou troisième hiéroglyphe d’un dieu qui me parait identique avec le précédent. Du moins, il montre les mêmes traits et porte, autour de l’angle externe de l'œil, la ligne que l'on voit sur le visage (fig. 831 ) et l'hiéroglyphe (fig. 826) du dieu déjà nommé. Le dieu même, coiffé de l'hiéroglyphe (lig. 830). se voit encore dans le Cod. de Dresde, 37 a, dans une série de représentations de Chac. Mais là, il est désigné hiéroglyphiquemenl non par la figure 824, mais par la figure 828, où l'élément cauac est remplacé par un autre (fig. 832) sur lequel je reviendrai. Le deuxième hiéroglyphe (lig. 825) se trouve dans la série des hiéroglyphes des vingt divinités qui sont figurées ensemble sur la moitié gauche des planches 46-50 et, en extrait, sur la planche 24 de l’inscription de Dresde. A côté de la forme primitive (fig. 827), on rencontre une variante (fig. 829) qui montre également l’élément cauac remplacé par l'élément de la figure 832.
Relativement à la nature de ce dieu, je ferai remarquer qu’on le voit dans le Cod. de Dresde, 37 a, dans une série de représentations de Chac, et, comme celui-ci on le voit, une hache à la main, lançant sous le cours d'eau le bouclier du ciel; dans le Cod. de Dresde, 4 a, il suit immédiatement Chac; dans le même Codex, 21 e, le dieu se trouve deux fois : il s’agit apparemment d’une union sexuelle comine le montre le signe de l'union (lig. 77- 79); la pose lascive dans laquelle est représenté notre dieu ne prête pas à l’équivoque. Dans le Cod ■ de Dresde, 12 e, on lui donne comme attribut la tèle du dieu de la prospérité, le dieu avec le sigue kan (flobuil?), fig. 31.
Un deuxième emploi intéressant de ce signe est l’hiéroglyphe des figures 833, 834, qui se montre parfois avec une variante (fig. 835) ; il forme un des attributs principaux du dieu du soleil et de la guerre Kinchahau, ou de Chac et de ses serviteurs les animaux de la foudre. (Voy. Cod. Dresde, 37 a, 36 a, 39 a, 45 b).
Dans les éléments de cet hiéroglyphe, nous avons le signe cauac, le symbole du ciel couvert de nuages ou peut-être de l’orage, puis l’élément qui est souvent employé à la place de la hache pour exprimer le coup, l'action d'atteindre, enfin les rayons que l’on voit dans l’hiéroglyphe de l'éclair (fig. 548). Nous
voyons, d’ailleurs, la même ligure 548, accompagnée de notre hiéroglyphe (fig. 833) dans le Cod. de Dresde, 19 c, où, sans sans aucun doute, elle désigne l’éclair, le feu ou bien un dieu lançant la foudre ou le feu.
Il est à remarquer que, parfois, l'élément cauac est l'homologue de l'élément kin. C’est ce qui a lieu dans l'hiéroglyphe des figures 836, 837 [cod. Troano, 13 ô); il est l'analogue des hiéroglyphes des ligures 235, 239 que j’ai signalés à propos du signe ik. Cette relation nous explique peut-être la présence de l’élément cauar dans les trois mois gax, zac et ceh (fig. 7-9).
Enfin, mentionnons la présence de l’élément cauar. dans l'hiéroglyphe des figures 838, 839, par lequel l'action de porter sur le dos est désignée dans le Cod. Dresde 16-17 a, 16-17 b, 17-20 c, 23-28 o, action que nous trouvons exprimée, dans les points correspondants du Cod. Troano (20-19 d). par la figure 621. J’ai déjà fait ressortir, dans un précédent mémoire, que cette différence parait s'expliquer par ce fait que, dans le Cod. Troano, l’action de porter implique l’idée de natte (la figure 621 renferme l'élément de la natte), tandis que, dans l’inscription de Dresde, on voit l'objet por-té sur le dos à laide de bois ou de cuir replié (fig. 840-812). J’ai exprimé alors l’opinion que l’élément accessoire de la figure 838 exprime peut-être la courbure. Il ne me semble pas douteux qu’il exprime un objet arqué (massue) tenu dans la main et identique avec l’élément qu’on voit dans les figures 833-835. Ici, il me parait devoir renforcer le sens de porter qu’indique, dans la partie inférieure de l’hiéroglyphe, l’élément de la figure 445. Nous le trouvons, en effet, employé do la même façon accessoire et facultative dans d’autres éléments homologues du dernier.
20. Aghual, hunahpu, ahau. Le mot ahau signifie roi, maître, et, dans cette acception, il n’est pas seulement employé dans le maya du Yucatan, mais dans différentes langues du Guatémala. Le mot a été interprété de diverses manières. On ne peut douter qu’il ne dérive du préfixe masculin ah (préfixe du possesseur). Brasseur le traduit par le maître du collier; Stoll (Sprache der Ixil-Indianer, p. 155), par maître de la terre cultivée (comp. ixil
Hl)
CARACTÈRE DKS INSCRIPTIONS
ttiiun, semer). Ce dernier nie parait être sur le bon chemin quand il indique le mot ixil vital et les mots pokonché haual, re-haual, beaucoup, très (p. 53), car Je tzcntal aghual placé parallèlement au-dessus du maya ahau (qui répond sans doute à la forme abstraite ahaual du mot ahau}, indique plutôt la forme fondamentale avu, a’ku, ahu que ahau. Dans le Pater Izenlal que cite Pimenlel (n, 235), nous trouvons la phrase « que ton règne arrive >;, traduite par ata tulùc te aguajualé. La signilicaliou fondamentale de ahau est, en tous cas, homme, maître ; les deux racines ah et vu, qui ont la même signification, paraissent concourir à la formation de ce mot. (Comp. uinic, vina/c, homme.)
llunahpu est le nom d’un héros connu des mythes Qu’ichés, qui joue de la balle sur la terre avec son compagnon Xbalanque; incité à la lutte par le prince de l'enfer, il descend dans l’enfer où il soutient victorieusement plusieurs assauts, mais il finit par succomber — non pour toujours — sous les coups de la puissance infernale. Trompant celle puissance, il s’éveille à une nouvelle vie et monte au ciel, comme le soleil. C’est une fable transparente qui symbolise le coucher et le lever du soleil.
Le nom llunahpu est composé du nombre hun, un, et du mot ahpu, qui est traduit habituellement par maître de la sabarcanne (pu), ou du chasseur à la sabarcannc. Ce nom est formé absolument comme d’autres noms de personnes du Qu’iché-cakchiqucl, qui, dans la plupart des cas, sont empruntés au calendrier et désignent sans doute le jour de la naissance. Mais ahpu n’existe pas parmi les noms des signes des jours ; on devrait peut-être transformer ah-pu en ahau, en supposant une forme intermédiaire ah-vu que l’on construirait en tenant compte de la forme tzentai du signe. Quoi qu’il en soit, hun-ahpu répond au mexicain ce xochill qu’on rencontre dans le CW. de Vienne, 23, comme symbole certain du dieu du soleil, ou, plutôt, comme le nom même du dieu du soleil. Le soleil étant le roi des dieux, ehau et hunah pu s’accordent parfaitement avec le mexicain xuchitl.
Ce signe est représenté dans Landa par la figure 843. La forme des CW. Troano (fig. 844) et Carte: est à peu près toujours
semblable. Parfois, cependant, on trouve une forme inverse (fig. 845). Des formes semblables (fig. 846, 847) existent dans l’inscription de Dresde, mais habituellement, dans cette tuscription, les formes sont un pou différentes (voy- fig. 848-852) ; dans la feuille 24, nous trouvons toute une série de temarquables variantes (856-859) qui se rattachent d'une certain.* manière aux formes des figures 860 (55 b) et 861. Dans le Cod. Ferez, nous trouvons, outre la forme ordinaire, celle de la figure 853. Le
signe a une large extension, car le nom ahau est aussi celui des cycles maya, ou périodes de 20 (24) années. Il n’est pas extraordinaire que nous trouvions souvent ce signe sur les bas-reliefs; je ferai remarquer qu’on le voit très souvent comme hiéroglyphe de commencement. La plaque de cèdre de Tikal (fig. 866) est surtout intéressante. L’hiéroglyphe du commencement de la plaque de l’autel de Lorillard City (n ü 24 de la collection de Charnay) est remarquable aussi à cause de la concordance complète de l'écriture avec la forme habituelle de l'inscription de Dresde (fig. 867). Sur le bas-relief de Palenque, on voit ce signe
CARACTERE DES ISSCRIPHOSS
figuré sous une forme assez semblable. (Voyez la figure 868, qui est empruntée au côté gauche de la plaque de l'autel du temple de la croix n° 1). Les formes des livres de Chilan Balam (fig. 862- 865) ne sont que des variantes de la forme des inscriptions.
Toute cette série des figures montre assez un visage vu de face, les parties les plus proéminentes, telles que les yeux, le nez, la bouche étant seules représentées ; on pourrait y voir aussi une figure d’oiseau vue de face avec les yeux et le bec. Je crois que nous devons songer au visage ou à l'oiseau du soleil, comme on le voit, par exemple, sur la plaque de cèdre de Tikal, suspendu au-dessus de la divinité. La partie centrale, qui montre la figure de l'oiseau vue de face et les pattes, a été reproduite dans la figure 870.
La figure 869, que l’on voit dans l'inscription de Dresde, 9 ô. à un endroit où l'on devrait avoir le chiffre 3, rappelle le soleil et l’oiseau. Elle montre le signe 'nhau entouré de rayons ou de gouttes, et rappelle la manière dont l'image du soleil est entourée de gouttes rouges de sang dans les inscriptions mexicaines; une plume se trouve également au-dessus.
Parmi les autres rapports du signe ahan, je mentionnerai la ressemblance qu’il a avec un élément dont j’ai donné les formes, d’après les inscriptions, dans les figures 871, 872 (Cod. Dresde), et 873 [Cod. Perez et Truand) et qu’on rencontre souvent parmi les hiéroglyphes des bas-reliefs. Cet élément est employé, dans les inscriptions, de deux façons remarquables. Nous le voyons une fois dans l’ornement frontal du dieu à tète chauve (fig. 831), où il peut être représenté par une simple tète (fig. 830) ; dans les hiéroglyphes des figures 824-829, il ne montre que la figure de l’œil. Nous voyons encore le même élément servir souvent de siège ou de piédestal aux dieux, de même que le signe caban (dans le Cod. Troano, 32 d, il alterne avec ce dernier), do même encore que le signe cauac et d’autres symboles du ciel. Il ne serait pas impossible que l'élément possédât la signification principale de pierre précieuse, d’émeraude. On pourrait en déduire un rapport avec l’œil, comme avec le soleil et le ciel. Nous avons vu plus haut (fig. 824, 828, 827 et 829) que cet élément se
montre synonyme du signe cauac dans les hiéroglyphes ; il faut noter que dans les deux hiéroglyphes des figures 874, 873 ( cod . Troano, 33 d) nous trouvons l’élément ahau synonyme de l’élément cauac. (Voy. aussi les figures 836, 837.)
Parmi les hiéroglyphes dans lesquels se montre le signe ahau, il convient de signaler la figure 876, où les éléments du coupant, du tranchant sont réunis à l’élément ahau (le soleil). Cet hiéroglyphe est l’attribut le plus ordinaire du dieu de la lumière et du ciel, Ilzamnà, mais il se montre aussi dans toute une série d’autres divinités promettant lumière, vie, prospérité, manque complètement chez les puissances ennemies, les divinités de la mort.
La preuve que j'ai entrepris, dans ce qui précède, do l’emploi et de la signification des signes des jours Mayas, les développements qui s’y rattachent, renferment, je ne m’en cache pas, beaucoup d’erreurs. C'est le premier pas fait dans une forêt vierge, où celui qui tient les yeux toujours fixés sur la boussole, aura cependant de la peine à conserver une bonne direction. Puissé-je trouver des lecteurs indulgents.
Un résultat acquis et qu’on ne pourra me contester ressort de ce travail : c’est ce trait fondamental qui dominait la science des Mexicains et des peuples Mayas, à savoir qu'il existait un patrimoine commun que les uns et les autres mettaient à contribution.
(1) Ce long mémoire a paru en allemand dans la Zeitsehzift fiùr Ethnologie (1888 p. 1-38 et 4 1-97). Les gravures nombreuses qui l'accompagnent nous ont été obligeamment prêtées par MM. Adler et C 1 *, éditeurs de cet important recueil. {Edit.)
ANOKRS, INC. A. infinis Lf II 1 ", RUE GARNIER, 4
Googld
ERNE:>T LEROUX, ÉDITEUR
28, Rne Bonaparte, 28