CHANGEMENT
iaouil.Les mousquets funlaient encore; dans les rues dépavées ,> «n trouTait des cadayres; te peuple , joyeux, était paisible; il saluait d un sourire vaniteux les places où il venait de vaincre. A voir ces figures rayonnantes, c'était fête populaire r les blessés et les morts qu'on emportait, les murs noircis , les murailles d!>attues , les habits sanglans , les femmes en pleurs , disaient ce qu'avait coûté le triomphe. Si J'aspect de la ville , Iran-» quille et muette quinze minutes après la con* qi|0te, était étrange pour les yeux, l'âme méditative y trouvait un sujet d'étonnement plus pro^ fond. Légèreté , violence , exagération, désordre , impatience , vieux vices des esclaves , n'ont pas influé sur cette révolution^ la première en France où le peuple ait conquis le sentiment du devoir^ la seule force des nations libres»
Ces idées s'agitaient confusément dans tous le» esprits , même les moins cultivés : on entendait sortir des groupes en haillons ces paroles : Point de vengeance t point d'argent ! Les vieux saints de pierre , gardiens des portiques de Sainl-Eustache, tout mutiléspar la mitraille, étaient témoins de ces mots, expression d'une nouvelle vertu populaire.
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Cependant la ydix solennelle ^l'orgue s'exhalait des Toutes de Féglise ; le clergé n'avait pas interrompu ses rites et ses pompes. Le catholicisme, libre dans la célébration de sçs mystères , attestait, par cette célébration même> la puissance d'ordre et de tolérance qni , née toat-à*ooap , servait de modératrice *k la révolution nouvelle. Nous entrâmes, plusieurs, sous ces grandes voûtes où semblait régner, au milieu des agitations du présent , la paix profonde du passé. Là s'olTrait à la pensée , avide de se recueillir et de se concentrer après Tivresse de ces trois jours, un asile favora* ble. L'excitation ardente du moment ouvrait les âmes à une émotion plus vive. Les étoles bril«» iaient, l'encens fumait; pne fête spéciale de la paroisse était solennis^e ; les vieux hymnes catholiques traversaient la longue nef et allaient se perdre sous les arceaux séculaires. Au dehors bourdonnait le murmure du peuple victorieux : peuple hostile, dit-on, à la foi chrétienne et af-^ famé de désordres. Son silence et son repos, tandis que le sacerdoce continuait à remplir ses devoirs , répondaient à ces calomnies. Mais d'autres pensées jaillissaient de ce mouvement fécondl
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La Uberté récQjjJlJj^liée avec l'ordre ; la liberté ré« conciliée avec la f eligioa. Sœur et mère de loches le3 émoUons géséreuaed» la liberté avait péri poor les avoir mécoimaça. Tout a changé : Touvrier se bal: pour les lois > le prêtre prie à TaeteL
A voir ces jeunes geus de to«ite classe^ le £rcml poudreux et grave , la maia noircie par les cartouches, réunis dans l'église » et rêveurs » il était usé de deviner que les mêmes sentimens , indis^ tincts peut*ètre , mais intimes, les agitaient Le aeol contraste des pensées éternelles et pieuses avec le tumulte pc^ulaire , de la foudre qui venait d'écraseir te parjure , avec ces chœurs de paix et dTespéranœ , était assez grand pour ébranler les âmes« Frédéric II, après sa première victoire ,^ s'enferma seul , ditH>n , dans la cathédrale de Berlin , où il fit chanter un Te Deum dont il fut l'unique auditeur. Le reoneiUement sacré, le retentissement triomphal de l'église déserte, étaient assurément, après le fracas et le triomphe du cbanipde bataille, unie volupté, digne de son génie* Mai» comparez , si vous l'osez , le roi qui gagne une province et le peuple qui gagne une patrie ! Btins ces chants ocHifiacrés à un saint de la liturgie