ISIDORE
marier. Elle diminuait ses appas, tant qu'elle pouxait, par sa manière de se mettre. Un jour d'été qu'elle avait triplé ses fichus, ayant pris l'air un instant dans son- jardin avant de se coucher, habillée un peu plus à la légère, une transpiration interceptée la mit aux portes du tombeau, et la retint, en attendant, pendant trois semaines dans son lit. Elle voulut se traiter elle-même, son mal augmenta. Elle ne voulut pas recevoir le médecin du village. Elle fit venir une bonne femme, qui, au bout de quelques soins, avoua qu'elle serait obligée de le consulter. Le docteur polonais, s'étant fait rendre compte de l'état de la maladie, en fut alarmé. Il prescrivit des moyens d'évacuation, qu'elle refusa. On proposa à Isidore de se reconcilier avec Dieu, qu'elle n'avait offensé que par de petites impatiences contre ses gens et des jugements téméraires. Elle se ressouvint que son curé était un peu jeune, et pendant qu'on . alla chercher un vieux moine des environs, Isidore rendit son âme à Dieu, qui, dit-on, n'en voulut point.