MOBILE
obi le est son nom, et son caractère, c'est la plu 8 brave poltronne qu'il n'y ait jamais eu : elle risque plus par peur que le plus valeureux grenadier par son courage. Elle est capable de se jeter au feu, pour éviter une araignée, et sous la roue d'une voiture, parce qu'un homme l'a regardée de travers en passant. Elle arrive dans une société avec un air extrêmement raisonnable, et elle y ajoute un air intéressant; puis on lui trouve un air sensible, puis l'air aimable. Tous ces airs-là restent, excepté le premier, qui disparaît à la première occasion. Il est remplacé par la curiosité, l'agitation, la terreur, l'inquiétude et l'effroi. Elle sort au plus
vite pour aller voir a a mort, après lequel elle a attendu avec la plus grande impatience une demiheure dans la rue ; elle prie la nouvelle veuve tout éplorée de lui raconter les dernières paroles du défunt, et demande avec grâce et politesse (car elle en a beaucoup), en allemand (qu'elle ne sait pas), à la fille aînée : « Mademoiselle, voudriezvous me faire l'honneur de me dire si monsieur votre père est extrêmement changé depuis une demi-heure? » Mobile n'attend pas la réponse, parce qu'elle se souvient qu'un de ses enfants a éternué trois fois, et elle propose à son médecin de purger une fille de garde-robe, qui peut-être lui a apporté le mauvais air d'une maison dans laquelle elle va quelquefois, et ou cependant il n'y a pas de malade, mais où il pourrait y en avoir. «Ah! mon Dieu, dit Mobile, j'oubliais! c'est aujourd'hui l'anniversaire de là mort d'une de mes parentes; il faut que j'aille vite à l'église recommander son âme à Dieu, s'il en est encore temps, mais j'ai bien peur que son affaire ne soit faite. Il faut cependant que je me recouche, car je suis un peu fatiguée d'avoir marché si vite et d'avoir fait par hasard quelques petites questions, i» Mobile se couche, s'endort ; l'heure de la messe est passée, et Mobile a fait un bon gros péché mortel sans s'en douter. « N'apprenez pas