VIII AVANT-PROPOS
Le prince de Ligne a publié le récit de ses conversations avec Voltaire et avec Rousseau. « On y remarque, dit M me de Staël, le profond respect qu'il témoignait pour la supériorité de l'esprit : il faut en avoir autant que lui pour n'être ni prince ni grand seigneur avec les hommes de génie. Il savait qu'admirer était plus noble que protéger; il était flatté de la visite de Rousseau, et ne craignait point de lui montrer ce sentiment. C'est un des grands avantages d'un haut rang et d'un sang illustre que le calme qu'ils donnent sur tout ce qui tient à la vanité ; car, pour bien juger et la société et la nature, il faut paraître devoir de la reconnaissance à Tune et à l'autre. »
Puis, parlant des portraits que la plume du noble auteur a tracés : « Il leur donne la vie même, dit M me de Staël, et vous voyez devant vous celui qu'il vous décrit. »
A son tour, elle le fait poser lui-même en notre présence, et le voici tel qu'il apparaît devant nous :
« Adoré par une famille charmante, cher par ses concitoyens, qui voient en lui l'orne-