CHAPITRE III LE SYSTÈME YOGALIQUE
Il y a lieu de distinguer en indo-européen les voyelles proprement dites, qui offrent seulement trois timbres, ^a, c, o, et les sonantes, qui fonctionnent tantôt comme consonnes devant une voyelle : *y, w, r, Ij m, n, tantôt comme voyelles devant une consonne ou en fin de mot : % u, r, l, in, ii, tantôt, après une voyelle proprement dite et devant une consonne ou en fin de mot, comme seconds éléments de diphtongues, par exemple *eij eu, er, el, en, em.
Les voyelles proprement dites étaient les unes brèves et les autres longues ; il y avait donc *e, c, o, ô, a, Cl. En indo-européen, on distinguait de plus un autre élément vocalique, qu'on désigne par le signe *t^; dans la syllabe initiale du mot, cet *? se confond entièrement avec *rt bref en germanique comme dans la plupart des langues indo-européennes autres que Findo-iranien où *d est représenté par */ ; dans les syllabes intérieures *i? s'amuit d'ordinaire en germa-
LES VOYELLES INDO-EUROPÈE?iNES 67
nique, comme en iranien, en arménien, en slave et en ballique; ou, s'il est représente par quelque voyelle dans des cas difficiles à déterminer, c'est par Tune des autres voyelles germaniques, *a, i ou n. Pratiquement, il n'y a donc à considérer que *e, Oj a brefs et longs.
Ce système vocaliquc, déjà peu varie, a été encore réduit en germanique : les timbres o Q,i a ont été confondus. Pareille confusion a eu lieu aussi en ballique, en slave et en albanais; l'indo-iranien, qui confond les trois timbres a, c, o dans Tunique timbre a, est allé plus loin encore. La distinction de o et de a s'est maintenue en grec, en italique, en celtique et en arménien ; il y en a des traces en lettolituanien pour les longues seulement.
Aux deux voyelles brèves o et a du grec, de l'italique, du celtique et de l'arménien, le germanique répond par la seule voyelle *a. On a donc a dans got. akrs « champ », v. ist. akr, v. h. a. achar, en face de l'a de skr. ajrahj gr. agrès, lat. ager, arm. art (avec consonne altérée), et aussi dans got. fadar « père », v.isl. faâer, v. h. a. fater, d. lat. pafer, gr. p^tcr, v. irl. athir, arm. bayr et skr. pità (avec / montrant qu'il s'agit de l'ancien *J). Mais on a également a dans got. abtau « huit », v. isl. âtta, v. h. a. ahto, en lace de l'i) de lat. octô, gr. oklô, v. irl. ocbt ; on a de même got. asls « rameau », v. h. a. ast, en face de gr. ô;^dos, arm. os t.