‹ Caractères généraux des langues germaniques [microform]Chapitre 43 sur 75 · PARTICIPES · texte numérisé non relu

PARTICIPES

« qu'il prenne », nîm « prend », n'nuands « prenant », nîman « prendre ».

2" Croupe du prétérit : nam « il a pris » (3*^ plur. iiemnfi), iieiiii « qu'il ait pris ».

3° Participe passé passif: niifiinns « pris ».

Verbe sok/nn « chercher » :

1" (iroupe du présent : soJxcif> « il cherche », sok/iii « qu'il cherche », sohi « cher(die », sohjands « chert'hant », sohjaii « chercher ».

2" Groupe du prétérit : sokida « il a cherché », sohidedî « qu'il ait cherché ».

3" Participe passé passif: sohifs « cherché ».

Le participe passé passif a pris un rôle considérahle: joint au verbe « être », il sert à rendre le prétérit passif. Ainsi, en gotique, où le passif est encore rendu au présent par les anciennes formes moyennes lonservées, le prétérit passif est rendu par le participe avec auxiliaire; par exemple gr. errêthê « il a élé dit » est traduit \)diV qifan ist. Ce procédé se retrouve dans touU'S les autres langues germaniques; outre le verbe « être », on a aussi recouru à des combinaisons avec le verbe signifiant « devenir », v. isl. verda, V. h. a. werdan.

Un procédé très important, non encore utilisé par le gotique, et qui a été du sans doute, au début, à l'imitation de modèles latins vulgaires, est celui qui ronsiste à unir le participe au verbe « avoir ». En

xV. Meii.i.f.ï. (J

l30 LE VERBE

un temps où les termes d'une locution telle que lat. e^o haheo aliquem amaium « j'ai quelqu'un que j'aime » (littéralement «j'ai quelqu'un aime ») étaient encore Sentis séparément, ce tour très expressif a pu être calqué par ceux des Germains qui savaient le latin et reproduit dans le monde germanique. On trouve déjà en vieux haut allemand des exemples tels que du hahèsl irslagûn « tu as abattu », ou en vieil islandais des exemples tels que ekhefekallat «j'ai appelé w. Avec le temps, ce procédé a pris de plus en plus d'importance, et les formes du type moderne ail. ich hahe erschlagen ont entièrement supplanté le, type des prétérits simples comme ich erschhig dans une grande partie des parlers allemands actuels, exactement comme fai abattu d, supplanté le type j'abattis dans l'usage courant du français actuel. Il y a là un développement tout nouveau, qui entraîne la langue dans une direction opposée au type indo-européen commun.

B. Le verbe fort.

Par l'ancien indo-iranien, par le grec, par tout ce qui a subsisté ailleurs, on sait que le principal des formes verbales indo-européennes se composait de formes rattachées directement à des « racines » ; les présents dérivés de noms ne formaient qu'une assez

VERRE FORT l3l

petito partie de ce que Ton trouve de formes verl)ales dans les anciennes langues indo-européennes. Ces formations radicales, très diverses, sont encore nombreuses dans les langues attestées à date ancienne, comme le grec ou le latin. Les langues de type relativement archaïque, comme lo vieil irlandais, conservent encore un grand nombre do formes ladirales. 11 en reste aussi beaucoup en germanique.

Ce qui est original en germanique, c'est que les verbes radicaux y ont été constitués en un type bien défini; on les appelle les verbes forts. Tous les verbes forts ne sont pas formés d'une manière exactement identique. Mais, à part un petit nombre de cas exceptionnels, ils se ramènent à un type qui repose sur un seul et même type indo-européen, tandis que, dans la plupart des autres langues, il y a des restes de formations très diverses, sans organisation du type radical.

Le présent est du type dit en indo-européen type thématique, celui des présents à i"^* personne active du singulier en -ô, comme avestique (gâthique) harâ « je porte », gr. phérô, lat. fera, etc.; on a de même got. haira. Ce type, assez régulier, à vocalisme radical en e et ton sur cet e, est celui des types radicaux de l'indo-européen qui, d'une manière générale, s'est le mieux maintenu dans la plupart des langues. Mais aucune autre langue indo-européenne ne lui a donné autant d'extension que le germanique.

l32 LE VERBE

D'une part, le germanique a conservé beaucoup de ces présents, qui sont de date indo-européenne, ainsi : gr. Jeipô « je laisse » (infînit. hipeiiï)^ lit. Ukii, cf. got. leihiva « je prête » ' — lat. dficô (de ^deiiko) « je conduis », cf. got. tiuha — skr. vàrtale « il se tourne », lai. uertô, cf. got. zvainpa « je deviens » (littéralement « je me tourne »). D'autre part, — et c'est là qu'est la nouveauté — le germanique a ramené à ce type de présents thématiques 'des verbes qui avaient une autre structure. Par exemple, un présent comme got. bhida « je lie » n'a pas d'équivalent exact hors du germanique; le sanskrit a, de cette racine, un présent, sûrement formé de manière secondaire, hadhnàti « il lie ». Un présent comme got. hriha « je brise » n'a pas davantage son équivalent hors du germanique; le latin a un type tout autre, jrangô. Le présent got. heila « je mords » se trouve en face de présents autrement constitués, et phis archaïques: skr. hhinàdmi « je fends », lat. fnidô. Une racine "^ghcn- « verser », qui fournissait sans doute un présent athématique à rindo-européen, a reçu un surtixe secondaire "^-de-, grâce auquel a été constitué un présent got. giiila « je verse », qui est du type thématique et a l'aspect d\m présent radical :

I . Les verbes forts se trouvent pour la plupart dans tous les anciens dialectes germaniques, ou du moins dans plusieurs. A moins de raisons spéciales, on les citera ici toujours d'après une seule langue, généralement le gotique.

Page 1