C. Verbes faibles
Les formations verbales connues sons le nom de formes faibles offrent toutes des traits communs : le présent comporte un sulTixe; le prétérit et le participe passé ont une même formation caractérisée par des suffixes à dentale.
A la différence des verbes forts autres que les prétérito-présenls, les verbes faibles ont au participe passé le représentant du suffixe i.-e. *-/o-, qui figure dans les types lat. monitus, amàtus, fînîtns, etc. Ce suffixe est de la forme *-pa-^ qui, entre deux voyelles, a passé à *-da- dans tous les verbes faibles. Le gotique a ainsi nasi{>s « sauvé », fém. nosida; salbofs (( oint », fém. saJboda; habaifs « possédé », fém. habaida. Le vieil islandais a de même par exemple suffi adr « assemblé », f^rdr (de *fôndaR) « conduit », etc. Le vieil anglais a nered « sauvé », dèmed « jugé », etc. Le vieux haut allemand a gi-nerit (c sauvé », gi-saJbôt « oint », gi-habèt « possédé », etc.
La prononciation sourde ancienne -^a- ne s'est maintenue que dans quelques verbes isolés, qui forment deux groupes. Il y a d'abord des verbes à présents en *-ye-j dans lesquels le suffixe du participe passé suit immédiatement une consonne et où le -^a- a passé à -ta- : got. ivanrhjan « agir », partie.
VERBES FAIBLES l5l
waurhts^ et de même v. isl. ortr, v. angl. ge-iuorht, V. h. a. gi-worbt; got. bugjan « acheter », partie. haiihts, V. angl. ge-bobt ; got. pugkjan « sembler », partie, -ffibts, v. isl. f>ôttr, v. angl. ge-âûht, v. h. a. gi'dûht. Il y a d'autre part les prétérito-présenls ; dans les mêmes conditions, après consonne, la sourde s'y maintient, ainsi de got. f>arf « il a besoin », faurfts « nécessaire » (employé comme adjectif); de fiiag « je peux », iiiabls; etc. A côté de zvail « je sais », ri.-e. *unt-to- « connu », attesté par gr. -u'istos par exemple, est représenté par got. -wiss, V. isl. viss, Y. angl. -^viss, v. h. a. -luiss « certain », qui est devenu un simple adjectif. La forme -fa- est même maintenue, à côté de katm « je sais », dans got. kiwfs (fém. hinf>d)^ v. angl. lu'iâ, v. h. a. latnd, sans qu'on voie la raison de celle anomalie unique. Les thèmes verbaux indo-européens étant entièrement indépendants les ims des autres, un verbe dérivé comportait toujours un seul thème, qui était un thème de présent. Les thèmes de prétérits des verbes dérivés qui sont devenus les verbes faibles germaniques sont donc de création secondaire, tout comme les formations du même genre qu'on rencontre dans les autres langues. L'origine de la forme du prétérit des verbes faibles germaniques n'est pas exactement connue : ce n'est pas une forme indo-européenne, et par suite la comparaison des autres langues n'enseigne rien, sinon que c'est une formation nouvelle,
postérieure à la période indo-européenne; au moment où apparaissent les premiers monuments du germanique, la formation est entièrement achevée, si bien que la comparaison des langijes germaniques entre elles n'enseigne rien non plus. La même difliculté se rencontre pour le perfectum latin du type de aniâiil, moniiî, sur Forigine duquel on ne peut faire que des hypothèses incertaines et précaires.
La formation du prétérit des verbes faibles est toujours parallèle à celle du participe passé. On aura donc :
PARTICIPK PASSÉ
(au nominatif rnasculin singulier)
pRKrtmr
If" personne
du singulier indicatil)
Type germanique en -ô~ :
got. salbo^s (fém. saJbodd) « oint » salboda
v. h. a. gi-salbdt salbôta
Y. isl. kallaâr « appelé » hallaâa
Type germanique en -/- :
got. nasif>s (fém. vasiiJa) « sauvé » nasida
Y. h. a. gi-nerit nerita
Y. isl. talâr « dit » talâa
Quand le participe a la forme à consonne sourde -^- ou -t-, le prétérit a de même -^- ou -/- : par exemple, à côté de Imn^s « connu », le gotique a kunfa « j'ai connu », et, à côté de ivaiirhts « accompli », waurhta « j'ai accompli ». Les prétérito-présents, qui
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ne pouvaient avoir un prétérit reposant sur le parfait, puisque l'ancien parfait a fourni la forme à valeur de présent, ont reçu ainsi un prétérit; par exemple, à coté de got. zcait « je sais », on a le prétérit wissa « j'ai su, je savais », parallèle à l'ancien participe -tcm « connu )>.
Le caractère récent de la formation du prétérit faible se reconnaît, entre autres choses, au désaccord de In flexion (l;ins lo^ divor^os langues germaniques :
uorivi i;
\1KH UAl 1 ALI.KUANU