‹ Caractères généraux des langues germaniques [microform]Chapitre 48 sur 75 · VERBES FAIBLES I · texte numérisé non relu

VERBES FAIBLES I

runique (barintif « il brise ») et en germanique occidental. Le Scandinave remplace de très bonne heure la forme de 3" personne par celle de seconde, d'où bindr « tu lies, il lie ».

La I'" personne du pluriel, du type goi.bimiam, V.' isl. 'bindom peut répondre au type grec ionienalli(|ue en -Oiuen ou à un type en *-ome\ elle ne concorde pas avecskr. -âiiuih, lat. -inins. Le type v. h. a. b'uilaïucs est d'origine peu claire.

La 2* personne du pluriel, du type got. bindif, etc. répond au type skr. bhântihd, gr. phcrete, v. sL berete (( vous portez », et la 3*^ du pluriel, de type got. b'uidand, v. isl. binda, v. h. a. bintant, au type skr. bl.h'ininll « ils portent », gr. dorien phéronti, lat. fcnuit.

L'emploi, très surprenant, de la 2*^ porsunnc du singulier pour la 3* en Scandinave, de la 3" personne du pluriel pour la i'*' et la a" en vieil anglais et en vieux saxon montre à quel point la flexion personnelle tend à se troubler en germanique; en vieil anglais et en vieux saxon, la flexion verbale ne comporte, dans chaque type, qu'une seule forme pour les trois personnes au pluriel. En gotique, la flexion médio-passive, qui subsiste encore, ofîre aussi la forme de la 3*^ personne du singulier au lieu de la i'% baintda « je suis, il est porté », et la forme de la 3'' du pluriel pour la i"" et la :^% bairanda (cf. gr. phcronlai « ils portent pour eux, ils sont portes »)

lO/| LE VERBE

signifiant à la fois « nous sommes portés, vous êtes portés, ils sont portés »*

Des accidents phonétiques ont contribué à augmenter les confusions. Ainsi le passage de -jii final à -n en allemand a fait que :(^ugu}ii « nous avons tiré » est devenu ::^ugun et s'est confondu avec ^ugun « ils ont lire ».

Dès lors, on a été conduit à marquer la personne par l'emploi du pronom personnel. Les formes inaccentuées du pronom personnel, qui s'ajoutaient aux formes verbales et s'y soudaient, ont joué alors un grand rôle. Ainsi, en nordique, eh « moi », ^u « loi » sont posiposés de telle sorte qu'on a par exemple v. isl. em-h « je suis », es-lu, es-t « tu es ». En vieux haut allemand, huidis « tu lies » est remplacé très tôt par hindis-lQi), et c'est cette forme qui s'est fixée ; de même, en vieil anglais, bifides tend à être remplacé par bindcs-t, où -t représente -f devenu -t après ~s. Ce procédé est bien éloigné du type indoeuropéen, où chaque forme grammaticale se suffisait à elle-même.

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