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CHAPITRE V

A. Généralités,

La flexion nominale a tendu à se simplifier, comme la flexion verbale.

Les formes du nombre duel ont disparu. Dès les plus anciens monuments de tous les dialectes, il n'en est resté trace que dans le pronom personnel.

Un nom iudo-enropéen se présentait toujours sous une forme casuelle particulière. Le nombre des cas était de huit : nominatif, accusatif, vocatif, génitif, ablatif, locatif, datif, instrumental. Or, aucune langue germanique ne distingue l'ablatif, le datif et le locatif, qui n'ont plus à eux trois qu'ime seule forme. L'instrumental a aussi perdu presque entièrement toute marque propre, et ce qui s'exprimait par l'instrumental tend à recevoir la forme commune du datif-ablatif-locatif; toutefois le germanique occidental a encore à date ancienne des restes d'instrumental. Le nominatif, l'accusatif, le génilif, le datif

lOO LE NOM

(locatif-ablalU) et le vocatif constituent autant de catégories distinctes en germanique commun; mais le vocatif n'est distinct du nominatif qu'au singulier, et dans une partie des formes seulement. Le nominatif et l'accusatif n'ont souvent qu'une même forme.

Le nom indo-européen distinguait trois genres, de manières très diverses.

Le neutre ne se distinguait du masculin qu'à trois cas : nominatif, accusatif et vocatif, toutes les autres formes casuelles étant identiques à celles du masculin. Cet état de choses a subsisté en germanique, où le neutre est demeuré distinct, à ces trois cas seulement.

Un nom féminin se distinguait en indo-européen d'un nom masculin ou neutre par le fait que l'adjec*tif qui s'y rapportait éventuellement avait au féminin un thème spécial : était masculin ou neutre en grec un substantif auquel se rapportait un adjectif en -0-, comme gr. néos « nouveau » (neutre néoii)', était féminin un substantif auquel se rapportait un adjectif en -^/-, comme gr. fiéâ. Cette distinction s'est maintenue en germanique. Mais elle a réagi sur le substantif : alors que l'indo-européen avait des substantifs féminins en -o- tels que gr. nuôs « bru », le germanique a éliminé cet usage, et il a féminisé la forme correspondante : v. angl. sniiru, v. h. a. snur (et smird)y v. isl. snor sont passés au type en -â~. Inversement, l'indo-européen avait des thèmes en -â-

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