‹ Caractères généraux des langues germaniques [microform]Chapitre 50 sur 75 · DÉVELOPPEMENT DES THEMES EN -11- 1G · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DES THEMES EN -11- 1G

masculin, comme lat. scriha « celui qui écrit » ; le germanique n'a plus rien de pareil. Le germanique distingue donc, dans le substantif, des thèmes masculins ou neutres, comme ceux en -a- (i.-e. *-()-) et des thèmes féminins, comme ceux en -ô- (i.-e. *-rt-); et, d'une manière générale, la distinction du masculin et du féminin se marque le plus souvent dans la forme même des substantifs. C'est une innovation qui n'est pas spéciale au germanique, mais qui sépare le germanique du type indo-européen.

Les noms indo-européens se fléchissaient de façons dilïérenles suivant la façon dont le thème se terminait ; les thèmes en ^-ejo-, dits thématiques, avaient une flexion tout autre que les thèmes en *-â-; et les ihèmes terminés par une consonne ou par un élément sonantique, susceptible d'être voyelle ou consonne, ^y, lu, r, l, m, n, tout en ayant de nombreux traits communs, présentaient aussi des divergences entre eux. Le germanique commun conserve les traits principaux de ce système, tout en tendant à le simplifier par passage des thèmes consonantiques à des types vocaliques, ainsi qu'on l'a vu, p. 117, ou par élimination des mots de ce type, qui, étant anomaux, sortent aisément de l'usage.

Mais le germanique présente ici une innovation singulière, et dont aucune autre langue n'a l'équivalent. Tandis que partout les types de thèmes terminés par des sonantes comme r, n perdent progressive-

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ment de leur importance, le germanique a largement développé le type en -w-. Sans doute, les thèmes en -n- étaient nombreux en indo-européen, et les anciennes langues, comme le sanskrit, le grec, le latin, en ont beaucoup de restes ; même des langues très altérées, comme l'arménien, ont de nombreux tl»èmes en -n-. Mais aucune langue n'a fait du type en -n- l'un des types les plus productifs de formes nouvelles. Normalement, on le verra, les adjectifs germaniques ont deux formes, l'une, dite forte, qui a subi Tinfluence des démonstratifs, l'autre, dite fiiiblo, qui est une forme en -n-. Un très grand nombre de noms masculins, neutres et féminins, ont reçu un suffixe *-en-/-on-/-7t-; ainsi le nom (neutre) du « cœur » se présente, non comme un thème sans suffixe, du type de lat. cor, cordiSj mais comme un thème en -n-\ got. hairto, gén. hairtins. Un mot, masculin, du langage enfantin, atia « papa » (cf. gr. àtta, lat, atta) se fléchit en gotique atta, gén. attins. Le nom, féminin, de là « femme », i.-e. *f"efiâ (v. si. T^end) est en gotique qino, gén. qînons. Les exemples de ce genre pourraient être multipliés. Les types en -n-, masculins, neutres et féminins, sont des types normaux ; et le passage à la flexion en -ncst le moyen de rendre normal un mot de type ananciennement anomal, comme le nom *g'"enâ de la « femme », ou un mot insolite terminé par un -a, comme le mot enfantin *û1ta, ou un thème terminé

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