‹ Caractères généraux des langues germaniques [microform]Chapitre 5 sur 75 · SCANDINAVE · texte numérisé non relu

SCANDINAVE

maintenu jusqu'à présent, et les trois dialectes qu'offrent les plus anciens monuments sont représentés dans l'usage actuel, par les parlers norvégiens (et islandais), suédois et danois.

De ces trois dialectes, on a des inscriptions en un alphabet propre aux peuples germaniques, qui est connu sous le nom d'alphabet runique. Les plus anciennes des inscriptions sont peut-être du m* siècle ap. J.-C; mais l'usage de l'alphabet runique s'est conservé longtemps et n'avait pas encore cessé au xui" siècle. Les vieilles inscriptions runiques sont courtes pour la plupart, et souvent obscures ; dans la mesure où elles apportent des témoignages linguistiques, elles sont précieuses. Car le nordique des iv*'-v*' siècles ap. J.-C. avait conserve un caractère très archaïque, et la langue des premières inscriptions runiques est, de beaucoup, ce qui se rapproche le plus du germanique commun; elle est sensiblement plus archaïque que le gotique de même date. Les finales sont mieux conservées ; là oii le gotique a le nominatif ^<75/i- « hôte », le vieux norrois runique a encore -i^asUR, avec -i-, tout comme lat. bostis; là où le gotique a l'accusatif stain « pierre », avec la -finale entièrement perdue, le vieux norrois runique a staina.

Après le xi** siècle, il y a des manuscrits des trois principaux dialectes Scandinaves.

La première grande langue littéraire qui s'est

constituée parmi les parlers nordiques est celle de rislandc, colonie norvégienne ; il y a eu là une grande lillcralure, du xi" au xiv" siècle ; aussi la forme sous laquelle on cite le plus ordinairement Tancicn nordique est-elle celle que fournissent les manuscrits des œuvres littéraires islandaises de celte période ; c'est ce que l'on appelle le vieil islandais.

Le groupe occidental est moins un que le groupe nordique. 11 comprend le groupe anglais, dont les parlers frisons sont assez rapprochés, et le groupe allemand, où l'on distingue le haut allemand, le bas allemand ou saxon, et le néerlandais.

C'est le groupe dont les premiers monuments sont le moins anciens. On ne commence à connaître, au début surtout par des gloses, le vieil anglais que depuis le vu*' siècle, le vieux haut allemand que depuis le vin", le vieux saxon que depuis le ix".

De plus, durant toute la période ancienne, il ne s'est constitué sur aucun de ces domaines une langue littéraire une. En Angleterre, les textes présentent des formes linguistiques très diverses. Quant au vieux haut allemand, rien n'est moins un : il n'y a presque pas deux textes qui présentent le même aspect ; les divergences entre les écrits alémaniques, bavarois et franconiens sont fortes ; d'autre part, aucune tradition n'étant fixée, chaque auteur, chaque copiste a tenu compte, dans une certaine mesure, de l'état de la

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