GROUPE OCCIDENTAL Q
langue a son époque, dans sa région. Le nom de vieux haut allemand s'applique donc à des formes diverses qui ont été employées sur le domaine haut allemand du Mil*' au XII* siècle, de même que le nom de vieil anglais s'applique aux formes cjnployées en Angleterre du vu" au xn" siècle. Mais il n'y a là aucune unité comparable à celle du gotique ou même du vieil islandais.
Cette situation tient à ce qne, sur le domaine gernumique occidental, la langue savante qui s'écrivait élaitlc latin. Les parlers germaniques n'ont été écrits d'abord que pour gloser le latin.
Toute donnée précise manque pour déterminer où et comment se sont formés ces trois groupes bien délinis. Les populations de langue germanique ont été très actives, très conquérantes, et, dès le moment où elles apparaissent dans l'histoire, elles s'eflbrcent d'étendre leur domaine. 11 y a donc, dans le terrain occupé par les trois groupes au début de l'époque historique, une large part de conquêtes, et par suite un fort contingent de populations assimilées parmi celles qui emploient ces trois dialectes.
La façon dont la langue est notée durant les périodes anciennes de chaque dialecte est manifestement sincère, et l'on peut faire fond en général sur les formes
livrées par les inscriptions runiques et par les plus vieux textes, soit gotiques, soit Scandinaves, soit germaniques occidentaux. Les premiers textes conservés sont voisins du moment où chacun des pariers germaniques a été pour la première fois noté par écrit.
l'iU effet les Germains sont longtemps demeurés fidèles à l'usage indo-européen suivant lequel on n'écrivait pas les choses religieuses. Les vieilles inscriptions runiques sont de caractère profane; ce sont en notable partie des épitaphcs. Les premiers textes qu'on possède sont chrétiens, soit chez les Gots, où il a été fait une traduction de la Bible, suivant l'usage oriental, soit chez les populations allemandes et anglaises, où il a été écrit des ouvrages d'édification. La littérature épique de l'Islande date d'un temps où la conversion au christianisme était achevée. Ilestprobable que, chez les anciens Germains, la tradition littéraire et religieuse était confiée tout entière à la mémoire, et l'écriture ne s'est introduite que tardivement. Il y a eu là quelque chose de voulu ; car les Germains étaient en contact avec des peuples qui écrivaient. Ni les inscriptions runiques ni les premiers textes, tous chrétiens, ne portent clairement la trace de leur ancienne culture.
Il semble bien que, partout, et notamment sur le domaine occidental, les notations anciennes des pariers germaniques soient sincères et ingénues. Par malheur, l'alphabet runique de vingt-quatre carac-