SUBSTANTIFS
par une occlusive, comme le nom du « cœur », *kerd-, d'où got. hairto.
Une langue qui, comme l'allemand, a conserve jusqu'à présent des restes considérables do la flexion casuelle, a aujourd'hui encore toute une flexion nominale en -?/ bien reconnaissable.
B. Les sibstwtifs.
Entre Tindo-européen et le germanique commun, le type de la flexion a profondément changé, on l'a vu; de plus, le nombre des formes casuelles s'est réduit ; les finales se sont altérées de plus en plus. Mais, à part ces changements généraux et ces tendances générales au changement, le germanique commun est demeuré fidèle aux vieux usages indoeuropéens, et les formes qu'on rencontre dans les anciens dialectes germaniques, tout en ayant un aspect nouveau, continuent pour la plupart des formes iado-ouropéennes.
Soit, par exemple, la flexion des thèmes indo-européens en *-^/o-, qui comprenait en indo-européen des masculins-féminins et des neutres, mais qui ne comprend plus de féminins en germanique. Elle a pris en germanique un caractère nouveau par le fait que l'alternance eja n'y est plus sensible en tant que telle, que les voyelles ela tendent même à s'amuir dans
une partie des formes, et que, enfin, les désinences se sont fondues avec la voyelle du thème en une finale qui caractérise chaque cas. Mais les formes reproduisent presque toutes d'anciennes formes indoeuropéennes.
Les formes du singulier sont toutes anciennes.
Le nominatif masculin-féminin indo-européen en *-os (skr. -ah, gr. -os, vieux latin -os, lit. -as)^ passe à ^-a^, qui est représenté en vieux nprrois runique par -ûR. La voyelle *-^- s'amuit ensuite dans tous les dialecles, et aussi le *-;( final en germanique occidental, si bien que l'on a got. âags « jour », v. isl. dagr, V. angl. âœg; v. sax. dag, v. h. a. tag (voir ci-dessus p. i3 et 82).
L'accusatif masculin-féminin indo-européen, dont les finales sont -am en sanskrit, -om en vieux latin, et -on en grec, -an en vieux prussien, a eu *-/?«, d'où -a en germanicpie commun ; cet -a se trouve encore en vieux norrois runicpie; puis 1'-^ s'est amui, et l'on n'a partout que got., v. isl., v. sax. dag, v. angl. diw, V. h. a. ta^. Les formes de nominatif et d'accusatif sont donc confondues en germanique occidental par le simple jeu des changements phonétiques (voir ci-dessus, p. 11 et suiv.).
Le vocatif était en *-^ en indo-européen : skr. -a, gr. -e, lat. -e, v. si. -^; cette voyelle finale s'amuit, et le gotique a au vocatif dag. En nordique, le vocatif n'a plus de forme distincte de nominatif, d'après