‹ Caractères généraux des langues germaniques [microform]Chapitre 53 sur 75 · SUBSTANTIFS · texte numérisé non relu

SUBSTANTIFS

allemand: nom. -ace. sg. got. giba « don », v. sax. gehi, V. h. a. geba. Une différence s'est maintenue en vieil anglais: nom. giefu, ace. glefe; et il en a existé une très anciennement en nordique; puis elle s'y est effacée aussi. — Au pluriel, le nominatif et l'accusatif avaient tous les deux la finale %73"(skr. -al?) en indo-curopccn ; et le germanique tout entier confond les deux cas : got. -os, v. isl. -ar, v. angl. et V. sax. -n, V. h. a. -â.

Les thèmes en -/- ont conserve en germanique commun une llexion propre. Mais on voit, de très bonne heure, cette flexion s'altérer. Au nominatif, la finale ancienne était *-is (cf. skr. -/V», gr, -is, lit. -is), qui a donné gcrm. *-/;(; -îr est encore attesté en norrois runique : en face de v. si. gosil « hôte », lai. bosiis « étranger, ennemi », on a norr. run. -gnsliii ; mais VI s'est amui de bonne heure au nominatif et à l'accusatif, si bien qu'on a en gotique, nom. gdsls « hôte », ace. gast] en vieux saxon et vieux haut allemand, nom. -ace. gast, en vieil islandais, nom. gestr, ace. gesty c'est-à-dire des formes qui concordent exactement avec celles du type got. dags, « jour », etc.; il est résulté de là que, dans chaque langue germanique indépendamment, le génitif et le datif singulier de tous les masculins en -/- ont passé au type des thèmes germaniques en -a-, soit got. gén. gastis, dat. gasta; v. h. a. gastes, gaste] etc.

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Seuls, les féminins ont gardé au singulier l'ancien type en -/- : got. gén. anstais « de la charge )), dat. aiislai', V. h. a. gén. -dat. ensti. Au pluriel, la llexion est restée entièrement particulière; ainsi got. nom. gaslcis « hôtes y), ace. gastins, dat. gastini.

Le type en -n- s'est conservé plus clairement parce (jue la voyelle u a d'ordinaire mieux 'persisté 'que /. Le nominatif et l'accusatif correspondant à skr. sâuûh (( fds », sûnûui et à lit. sùnùs, sïinu sont en norrois runique siiniiR, siinu, comme on l'attend; le gotique a encore siinus, sunu] le plus ancien haut allemand a nom. -ace. sunu, comme aussi le vieil anglais et le vieux saxon. De même au nominatifaccusatif singulier neutre, en regard de skr. pàçn « Iroupeau », lat. pecii, on a got. faibli, v. sax. felm, V. h. a. Jihii « troupeau, richesse ». La flexion des autres cas, parallèle à celle des thèmes en -/-, est toute particulière, ainsi en gotique : gén. sg. sunaiis, dat. snnau. Au nominatif pluriel, une forme comme got. sunjiis représente, élément pour élément, i.-e. *siniewes, et répond au type skr. sûnàvah « fds », v. si. synovc, cf. gr. -c(iu)cs au nominatif-pliuiel masculin des thèmes en -u-.

Les thèmes anciennement terminés par une occlusive oflVaient des complications de traitement qui ont [)rovoqué l'élimination du type. Quelques uns pourtant ont gardé certaines formes propres; ainsi, en regard

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du lat. nox « nuit », gén. noclis, on a, au singulier, got. nom. nabts, ace. naht (ancien *nahtu')) gcn. nahts, dat. naht] en vieux haut allemand, une seule forme naht répond phonétiquement à toutes ces formes gotiques, si bien que naht y sert pour tous les cas du singulier.

Les thèmes en -n- ont gardé des flexions à part, el qui diffèrent suivant le genre. Les masculins et les neutres ont encore des restes curieux des alternances vocaliques de la syllabe prédésincnlielle. Ainsi, au masculin, on a en gotique, au singulier, nom. haiia « coq », ace. hiimin (de *-hananiî)^ mais gén. haniiis, dat. hauin ; en vieux haut allemand, nom. hano, ace. hanun, mais gén. dat. hanen, haiiin, ce sont les vieilles allernanc es vocaliques qui servent à distinguer l'accusatif du génitif et du datif. Au neutre, on a de même, en gotique, nom. -ace. sg. hairto « cœur », gén. ha'uiins, dat. hairtin, et nom. ace. plur. bairlona, gén. hairlo)ie; en vieux haut allemand, nom. -ace. sg. her:;^a, gén. dat. her^cii, hcr- ::;in. Les féminins, qui sont en général de formation secondaire, n'ont pas d'alternances vocaliques, ainsi au singulier, en gotique, nom. qino^^ femme », ace. qiuon, gén. qinons, dat. qifwu. Sauf au nominatif singidicr, qui a des formes à part, la nasale -nest bien conservée dans toute la flexion. Toutefois au datif pluriel, où la désinence commence par -m-,

Vil du thème a partout été éliminée devant Vm de la désinence; on a ainsi : got. hanam « pour les coqs », hairUwi « pour les cœurs y), qifiom « pour l^s femmes » ; et de même dans tous les dialectes. »

Ainsi, en germanique commun, la variété des types indo-européens subsistait encore presque entière. Mais, dès la date la plus ancienne où l'on ait des textes, les dialectes tendent à restreindre cette variété. Les anciens textes en offrent encore beaucoup de traces, que l'altération des finales a rapidement effacées. Dès le moyen âge, on voit les flexions s'unifier, là où elles subsistent, ou tout simplement disparaître.

De toutes les caractéristiques casuelles du singulier, l'anglais n'a conservé que 1'-^ du génitif v. angl. dœges.Mdiïs comme, en anglais moderne, les rapports entre les mots ne sont plus indiqués par la flexion, qu'il y a seulement des particules, -s fait l'effet d'une particule, à peu près aussi autonome qu'une préposition telle que of; et, comme tous les mots de la langue se comportent d'une même manière en anglais, -j- sert pour tous les mots, qu'ils aient appartenu ou non au type de v. angl. dœg. Dans la mesure où un reste de l'ancienne flexion casuelle a survécu en anglais, on voit qu'il a changé de caractère. Pour la forme, 1'-^ qui marque en anglais la possession est un reste de 1'.^ du type v. angl. ihrgcs] au point de

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vnodii rolc joiK' par cet olomonl non sorti de particules portant sur l'ensemble d'un groupe nominal: on est on présence d'une structure linguistique nouvelle. Même en allemand, où le caractère ancien de la langue a subsiste en quelque mesure, les vieilles formes ont souvent pris des valeurs neuves. Ainsi, l'indo-européen avait des thèmes en '^-ts-, par exemple dans le mot représenté par skr. ràjah « espace sombre » gén. ràjas-ah, gr. érehos « région sombre » ^iiw. erébeos (de *erebeS'Os) ; le correspondant gotique riqis « ténèbres » a passé au type de juk, et il fait au génitif ri(]i\is. Le vieux haut allemand a conservé des noms de ce genre; mais le *-es- ancien n'y apparaît qu'au pluriel, sous la forme -/>- représentant *-/^-; on a donc kaW « veau », gén. sg. kaîbes, mais au pluriel hlHr, gén. hUnro. Do là vient que -/>, qui représente le suffixe indo-européen ^-es-, a ftiit l'effet d'une caractéristique de pluriel ; l'allemand d'aujourd'hui, opposant halher « veaux » à halh « veau », se sert de l'ancien élément suffixal -er comme d'une désinence de pluriel et remploie dans beaucoup de mots qui n'ont jamais été des thèmes en *-es-.

, Ainsi les langues germaniques modernes — et même les moins novatrices — sont bien éloignées du type indo-européen que le germanique commun gardait encore à plusieurs égards.

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