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larités de la flexion des démonstratifs; il les a même en partie développées.
Un archaïsme aussi étrange que Test l'emploi au nominatif masculin et féminin singulier du démonstratif */^/(^^ *tâ- d'une forme appartenant à une autre racine s'est exactement maintenu : masculin got. sa, V. isl. sa (et Y. angl. sé)^ en face de skr. sa, gr. ho; féminin got. so, v. isl. su (et v. angl. sèn), en face de skr. 5^)^ gr. dorieu ha; le groupe allemand, seul, a réagi, et l'on y trouva, au masculin, v. sax. tbè, îhie, V. h. a. der\ au féminin, y. sax. thiu, thid, v. h. a. diu.
Le datif masculin-neutre singulier got. famma répond au type skr. iâsinai (datif), tàsmât (ablatif), tàsmin (locatif), v. pruss. stesmu « à celui-ci », kasniu « à qui » ; les formes des autres dialectes, v. sax. îbeinu et V. h. a. demti, d'une part, v. isl. f>ehn et V. angl. dâeni, de l'autre, ont subi des altérations, mais demeurent du même type.
Au féminin, on a le génitif singulier got. f>i\os, v. sax. tbera, v. h. a. dera et le datif got. ^/-rtf/, v. sax. ibfrn, Y. 11. a. dera; ces formes sont d'un type comparable à skr. tàsyàb, tâsyai et au datif v. prussien slcssiei. Les formes v. isl. feirrar, feine et v. angl. daère représentent une altération secondaire du type ancien.
L'accusatif singulier, pour lequel le démonstratif employait la même désinence que le substantif, a reçu secondairement une forme propre. La forme
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parliciilicrc, v. isl. j>a}w, v. h. a. âcn de raccusalif masculin-singiilior, en regard de skr. /^///^^ gr. iôri, lient à ce que la nasale finale s'est maintenue dans celte forme monosyllabique, tandis qu'elle s'amuissait dans les polysyllabes. Le monosyllabisme a été évité par l'addition dune particule dans got. fan-a, v. angl. âon-e, v. sax. then-a. Ainsi l'accusatif des démonstratifs a pris un aspect différent de celui des substantifs.
Au nominatif pluriel masculin, le germanique est seul, avec l'indo-iranien, à conserver l'état de choses indo-européen : le nominatif got. f>ai, v. angl. ââ, V. sax. ihè, v. h. a. de (et v. norr. runique j^ai~R, avec addition de -r d'après les substantifs; de là v. isl. feir^ s'oppose à la forme des substantifs (got. -os, etc.), comme skr. té « ceux-ci » s'oppose à la forme sanskrite en -âh du nominatif pluriel des thèmes en -à- qui ne sont pas du type des démonstratifs.
Au génitif et au datif pluriels, le masculin-neutre et le féminin ont une seule et même forme : datif got. f>aim, V. isl. {>eim/Y. angl. ââem, v. sax. thètn, V. h. a. dêni, cf. v. si. datif tèmù, instrumental terni, et, avec désinences à -bh- initial, skr. védique datif téhhyah, instrumental tébhih — génitif v. isl. f>eirra, V. angl. dâm (et, avec altération, got. f>î^e ei ^i^o, V. sax. thero, v. h. a. derd)^ cf. v. si. tèxûci skr. tésàni.
La flexion des démonstratifs servait en indo-européen pour les adjectifs signifiant « un, tout, même,
autre » et pour quelques autres ayant des sens analogues. Ceci a permis une action générale de la llcxion des démonstratifs. Des formes de la llexion des dcmonslratifs ont ainsi passé à tons les thèmes en -oiii\ grec, en latin, en irlandais, en slave, par exeml)le, notamment le nominatif pluriel en *-o/ du type grec /y/ a passé au type gr. iiéoi « nouveaux », lûkoi « loups », etc. En lituanien, la llexion des démonstratifs a passé à tous les adjectifs, qui se sont trouvés ainsi avoir une flexion différente de celle des substantifs; dès lors, les substantifs sont demeurés indemnes de toute action des démonstratifs et adjectifs assimilés. Un fait analogue a eu lieu en germanique, oii les adjectifs ont reçu aussi la flexion des démonstratifs, et, par suite, ont eu des formes autres que celles des substantifs pour la plupart des cas. Le point de départ de toute cette différenciation des adjectifs et des substantifs se trouve sans doute au nominatif pluriel : la finale du masculin était à Torigine *-ôs pour le masculin, *-âs pour le féminin; ces deux finales se confondaient en germanique oii ô et ^ aboutissaient également à 0 ; Fintroduction de *-^/ des démonstratifs au nominatif pluriel masculin des adjectifs rétablissait la distinction, puisqu'on avait maso. got. blindai « aveugles », fémin. got. hlindos.
Le principe de l'extension de la flexion des démonstratifs à tous les adjectifs est de date germanique commune. Mais Textcnsion ne s'est réalisée, pour
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une part au moins des cas, que dans le développement propre de chaque dialecte germanique. Ainsi au datif singulier masculin-neutre, Textension a eu lieu dans tous les dialectes : got. blindamnia « à l'aveugle », v. h. a. hlintemu, v. sax. hlindiim — et V. isl. spçkom « au sensé ». Mais au datif singulier féminin, le gotique a conservé la forme du type des substantifs : blifidai, tandis que Ton a v. h. a. bJiniern et v. sax. hlinderu] le vieil islandais a normalement la forme démonstrative spah'c « à la sensée », mais le vieux suédois a encore souvent des formes telles que halvc « à la demie », du type des substantifs. L'extension a donc eu lieu peu à peu, et Ton en peut suivre en partie les progrès encore à Fépoque historique.
Le caractère récent de l'influence des démonstratifs ressort de ceci que la nasale de l'accusatif singulier masculin dont la conservation tient uniquement au caractère monosyllabique des formes telles que v. h. a. dm apparaît dans l'adjectif: v. h. a. hlinlctij et, avec la particule -a postposée, got. hlindana.
Au nominatif-accusatif singulier neutre, les adjectifs indo-européens signifiant « un, tout, même », n'avaient pas la désinence *-t(-d) des démonstratifs; le sanskrit a éJcam « un ))ysân'aîn « tout » , etc. On s'explique ainsi que la forme des substantifs du type got. juk « joug » se soit conservée dans le nominatifaccusatif neutre got. blind, et de même en vieux haut
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allemand blint, en vieux saxon bîind, etc. Secondairement, la forme des démonstratifs s'est introduite : le gotique a bl'mdata à côté de blind, le vieux haut allemand blintUT^ à côté de blint. Le nordique a tendu à généraliser le -t des démonstratifs; mais les traces de formes telles que ail « tout » sont encore nombreuses.
Ainsi le germanique a caractérisé l'adjectif au moyen de la flexion des démonstratifs.
iMais cette flexion est lourde, et un groupe tel que gol. f>aiiinia blimiamma « à cet aveugle » aurait quelque chose de choquant. Le germanique a remédié à cet inconvénient en recourant à la flexion des thèmes en -n- qu'il a largement développée. Un adjectif conmie got. masculin bVuids, neutre blind, féminin blinda est donc accompagné d'une forme à suftîxe -ndilc faible : got. masc. blinda, neutre blinda (génitif sg. masc.-neutre^//;/^/«.y), fém. blindoÇgén,.sg. blindons). Cette flexion de l'adjectif concorde avec celle defs substantifs thèmes en -//-. Elle indique par elle-même la détermination, et c'est celle que l'on emploie toutes les fois que l'adjectif est accompagné d'un démonstratif. Elle continue un type indo-européen^ qui est représenté dans plusieurs autres langues, et notamment en grec et en latin ; mais, dans ces langues, le type en -;/- fournit des substantifs dérivés; ainsi, en grec, ouranîôn « habitant du ciel » est un dérivé de onrànios « céleste » ; une expression telle que v. isl.
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Haraldr tmge signilie donc étymolo^âquement « Ilarald le jeune homme ».
Ceux des adjectifs qui étaient d'anciens thèmes en 'H- n'ont naturellement que cette flexion dite faible. Car la flexion démonstrative n'a pu s'étendre que dans les adjectifs qui sont thèmes en -a- au masculinneutre, en -ô- au féminin. Le comparatif gotique en -i:(a (par exemple managi:(a « plus nombreux » à coic de juanags « nombreux »), qui répond au type grec en -iôfi, gén. -ionos (ancien *-is-ôft, *-is-on-os)^ ne connaît donc pas de formes de flexion du type des démonstratifs. Il y a ainsi un assez bon nombre d'adjectifs qui sont toujours thèmes en -n- comme got. friima « le premier », sauia « le même », etc.
Toutefois la plupart des adjectifs offrent la flexion des démonstratifs, les uns parce qu'ils sont dès une date ancienne du type thématique du lat. nouos, les autres parce qu'ils y ont été ramenés.
Le germanique commun avait hérité d'un nombre important d'adjectifs thèmes en -u-, comme got. kaiirus (( lourd », qui répond à skr. gurùh « lourd », gr. bari'is. Mais on sait pur le grec que certains de ces adjectife offraient une combinaison des suffixes *-r/^ct *-jcJ- ; par exemple le grec a polûs « abondant » au nominatif masculin singulier, poliï au nominatifaccusatif singulier neutre, et le germanique répond par got. filu « beaucoup », avec le vocalisme radical en e, qui se retrouve dans v. irl. // (ancien *pe!ii) ;
mais on a à côté en grec le génilK polloù, le nominatif pluriel polloi, etc., d'un thème en *-j(?-, *polyo-. En ^^criiianique, les adjectifs thèmes en -u- ne gardent leur -u- qu'au nominatif singulier; tout le reste est en -JU' au masculin-neutre, en -jô- au féminin ; ainsi à l'accusatif singulier, on a en gotique hardjana, pour le masculin, hardja pour le féminin, en regard du nominatif singulier hardus « dur » (masculin et féminin). Dans les autres langues. Vu du nominatif n'est plus visible, et, en germanique occidental, le nominatif lui-même a passé au type en -ja-\ donc, en face du skr. trsûh « désireux » (littéralement « desséché de désir; assoiffé de ») et du got. f>aiirsus « sec », on a V. angl. '{>yrre, v. sax. thurri, v. h. a. durri; le vieil islandais a f>iirr, sans inflexion, mais le vieux suédois a ferr, avec une inflexion qui dénonce le .j(j.^ — Les adjectifs en -ih ayant ainsi presque toutes leurs formes en -j'a-, la flexion faible faite sur ces formes en -/</- apparaît normalement; en regard de got. hardus « dur », ace. masc. hardjana, on a la forme faible nom. masc. sg. hardja, ace. masc. sg. hardjana^ etc.
L'adjectif germanique n'est donc pas caractérisé seulement par le fait ancien qu'il admet les trois genres, suivant le substantif auquel il se rapporte, mais aussi par le fait nouveau qu'il a, en règle générale, deux flexions, l'une démonstrative, l'autre en -;/-.
L'allemand a gardé jusqu'à présent la double
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flexion de l'adjectif qui a commencé de se constituer en germanique commun. Et de plus, grâce à la perte de la silïlante finale au nominatif masculin singulier et à la conservation du vieux type nominal au nominatif neutre, il a constitué une forme invariable du prédicat, soit blind, de sorte que l'adjectif allemand moderne a deux flexions de l'adjectif épithète suivant les circonstances et, en outre, une forme non fléchie pour le prédicat.
En revanche, les langues qui, comme l'anglais, ont de bonne heure amui les finales, ont tendu à constituer un adjectif invariable dans tous les cas et à éliminer les caractéristiques propres que le germanique commun avait données à l'adjectif. Du coup, la notion du genre grammatical, dont l'expression était l'un des traits les plus originaux de l'indo-européen, perdait son principal soutien ; on anglais clic a disparu, et il n'en reste trace que dans le pronom sujet du verbe à la troisième personne.