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DES MOTS ACCESSOIRES ET DE L ORDRE DES MOTS

posée à luileis (ancien wilei^- avec -^ conservé devant voyelle), exprime Finterrogation; dans les dialectes occidentaux et en nordique, l'interrogation est marquée par Tordre des mois : le sujet est placé régulièrement après le verbe dans les phrases intcrrogatives, et Ton a en vieux haut allemand par exemple u/// ^/;/7 pour dire « veux-tu? ».

L'ordre des mots est fixe môme en allemand, où la flexion subsiste encore, mais réduite, et où beaucoup de formes sont ambiguës. En anglais, il est l'un des principaux modes d'expression des catégories grammaticales, et, de même qu'en français, par exemple, c'est uniquement la place par rapport au verbe qui, dans une phrase anglaise, indique si un nom donné est sujet ou complément du verbe. La flexion compliquée de l'indo-européen a pu s'éliminer sans inconvénient : elle est remplacée par un procédé élégant et simple.

Mais l'ordre des mois ne suflit pas. Il y a beaucoup de relations variées qui doivent être exprimées par des mots accessoires. Les prépositions qui servent à cet effet se sont groupées avec les noms et ont tendu à exprimer ce que l'indo-européen rendait par le locatif, par l'ablatif — ceci dès le germanique conmiun — et enfin même par le génitif ou le datif. C'est à ce stade qu'est parvenu l'anglais, tandis que l'allemand a encore un génitif et un datif dont les caracléristiqucs sont renouvelées, mais dont le rôle

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ne (lilTcTo ^^uèro do colui des formes casuelles indoenmpccnnes de même nom.

En indo-européen, les prépositions étaient des mots autonomes, qui ne s'unissaient proprement ni aux noms ni aux verbes. Dans une phrase homérique comme ek d* a gage klisiês Brisè'ula « il a amené de la lente Briséis », ek « hors de » n'est lié ni au verbe âgage « il a mené », ni à kJislês « de la tente »; c'est un mol, originairement autonome, qui indique 1(^ point de départ et qui porte sur la phrase entière. En indo-européen, on appelle ces mots des prépositions-préverbes. Avec le temps, ces petits mots se sont groupés soit avec le nom, et l'on a uni ek klisiês « hors (le la tente », ou avec le verbe, et Ton a uni eksàgage « il a conduit hors » (avec la forme eks de la préposition devant voyelle). Cet état de choses est acquis déjà en germanique commun : il y a, d'une part, des prépositions avec les noms, et, de l'autre, des préverbes avec les verbes.

Le développement des prépositions ne s'est achevé qu'au cours de T histoire particulière des divers dialectes germaniques ; certaines prépositions, comme got., V. h. a., V. angl. in^ v. isl. î^ en face du gr. mi, m, lat. in « dans », sont germaniques communes; mais beaucoup d'autres diffèrent d'un dialecte à l'autre.

Les préverbes germaniques font corps avec le verbe auquel ils sont joints, et la fusion est arrivée à ce

igO DES MOTS ACCESSOIRES ET DE L ORDRE DES MOTS

point que certains préverbes servent seulement à indiquer le degré d'achèvement de l'action. Tel est souvent le rôle du préverbe ga- en gotique ; fulJnan signifie « s'emplir » (progressivement); gaftiUnan signifie « s'emplir » (entant que l'action est achevée); par exemple, Luc II, 4o, il est dit que « l'enfant grandissait, s'emplissant de sagesse » ; le traducteur colique écrit : fullnands handugeins; mais L. I, 4i, il est dit que Elisabeth a a été remplie du Sainl- Esprit » : gafullnoda ahmins iueihis\ ; ici ga- « avec » n'a plus aucune valeur concrète. Néanmoins ^^/- a encore en gotique une trace d'autonomie en ceci que des particules peuvent s'insérer entre ga- et le verbe suivant, ainsi la particule interrogative u dans got. ga-u-laubeis « crois-tu? »

L'emploi de ga- pour marquer l'achèvement de l'action est libre et général en gotique. En vieux haut allemand, il tend à se fixer avec le participe passé passif, et l'on oppose gi-buntan « lié » à hintu « je lie », haut « j'ai lié ». Un emploi libre de gi- pour indiquer que le verbe exprime une action achevée subsiste encore en vieux haut allemand, et n'a disparu que par la suite, tandis que l'emploi de gi-, devenu ^ ge-j a subsisté au participe passé. Ainsi un préverbe qui, en indo-européen et encore en quelque mesure en germanique commun, était un mot autonome, tend à n'être plus qu'un élément accessoire d'une forme grammaticale en allemand.

l'article 19 t

Des mots accessoires se sont fondus avec des mots principaux et ont servi soit à marquer plus nettement une forme, ainsi quand en vieux haut allemand bintis « tu lies » est remplace par biiiliilQi), avec un pronom postposé, soit à former des catégories nouvelles : le réfléchi sik fournit au nordique une sorte de rélléchict passif, par exemple v. isl. hiUask « s'appeler, c'tre appelé » en face de hiUa « appeler ».

L'indo-européen, où chaque mot était autonome, n'avait pas d'arlicle. Le j^'crmanique commun n'en avait pas non plus; et le gotique n'en avait pas encore au IV* siècle ap. J.-G. Mais certains démonstratifs ont pris, près des noms, une valeur de plus en plus accessoire; c'est en germanique occidental le démonstratif (le la forme v. angl. (ace.) âone, v. sax. (nom.) ihc, v. h. a. der, qui se place avant le nom, et en nordique un démonstratif -enn qui se place après le nom et fait corps avec lui. Ainsi le rùle d'un mot accessoire tel que l'article a grandi peu à peu, au point que l'article est devenu un élément essentiel de la langue. Des développements analogues ont eu lieu dans d'autres langues, en grec dès une date très ancienne, en roman, en celtique, en arménien, tandis que d'autres langues indo-européennes, et notamment les langues slaves où la flexion casuellc a subsisté, n'ont pas d'article actuellement encore.

La tendance à remplacer la flexion par l'ordre des mots et par des mois accessoires est chose universelle

ÏQQ DFS MOTS AnCF.SSOTRFS ET DE L ORDRE DES MOTS

en indo-ouropcen. INullo part elle ne se manifeste pins roitomcnt que dans les langues germaniques, bien que le germanique conserve encore un aspect arcliaïquei. Nulle part elle n'a abouti plus complètement qu'elle n\a fait en anglais. L'anglais représente le terme extrême d'un développement: il ofl're un tvpe linguistique différent du type indo-européen commun et n'a presque rien gardé de la morphologie indo. euro[)éenne.

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