LES ÉLÉMENTS INDO-EUROPÉENS TRANSFORMÉS
n'ont pas été les seuls. Un autre procédé en a fourni de plus nets 'encore au cours de l'histoire des langues germaniques. De l'indo-européen, le germanique a hérité le procédé de groupement de deux noms •en un nom un qu'on nomme composition. Soit, dès lors, un mot tel que got. haidus « sorte, manière », •V. isl. heiâr « dignité », v. angl. hàd et v. h. a. heit « état, rang », mot qui répond à skr. hetûh « signe » ; il pourra servir de second terme dans des composés germaniques occidentaux tels que y. h. a. magat-heit « état déjeune fille, virginité », v. angl. mâeden-hàd (même sens). Gomme il y avait plusieurs composés comprenant ce second terme et que le mot V. angl. hâd,\. h. a. heit avait un sens abstrait, ce mot a perdu sa valeur propre, et, dans angl. maiden-hoodj -hood se comporte comme un suffixe ; le correspondant -heit est devenu en allemand un suffixe très productif. Ce procédé a pris dans les langues germaniques un grand développement, et il a fourni plusieurs suffixes importants, tels que ~tum en allemand.
Les procédés de dérivation n'ont pas été seuls à se renouveler. Beaucoup de notions ont reçu des désignations nouvelles, sans qu'on voie toujours les raisons du changement.
Il arrive par exemple que les noms de certaines parties du corps soient transformés ou remplacés par