MOTS NOUVEAUX
des nouveaux, parce que le nom ancien est l'objet de quelque interdiction. La croyance au mauvais œil a eu ainsi pour conséquence que l'ancien nom de 1' « œil » est remplacé par d'autres désignations ou a changé de forme dans plusieurs langues indo-européennes. Le nom germanique, got. augo, v. lû.atiga, V. angl. èage, v. h. a. oii^a, rappelle l'ancien nom, dont les formes lit. akis, v. si. oko donnent une idée assez juste. Il y a eu là sans doute un arrangement artificiel, auquel l'influence du nom de 1' « oreille », got. atiso, V. isl. eyra, v. angl. èare, v. h. a. ôra (avec ô représentant au devant r ; en nordique et en germanique occidental, on a les représentants de ;( en face de s gotique), cf. lit. austs, v. si. uxo, ne doit pas être étrangère. — De même, la forme correspondant à lat. caput « tête » est conservée dans v. isl, hçfod, V. angl. hafiid\ mais le nom de la « tête » varie d'une langue indo-européenne à l'autre, et le vieux nom a été déformé en germanique par contamination avec le groupe de v. isl. hûfa, v. angl. hûfe, V. h. a. hûha « bonnet », et l'on a : got. hauhi'f>, v. isl. haufuâ, v. angl. hèafod, v. h. a. haubit. — Les noms de la « main m sont aussi divers dans les langues indo-européennes : skr. hàstah — gf. kheir — lat. maniis — lit. rankà, par exemple; le germanique a un mot particulier : got. handus, v. isl. hçnd, V. angl. hond, v. h. a. hant, qui est sans doute rente à got. -hinf>an « s'emparer de, prendre appa-
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à la chasse », comme lit. rankà Test à reiM « je ramasse ».
Les formes de type anomal tendent à s'éliminer pour peu que l'usage n'en soit pas très fréquent. Ainsi les formes verbales de la racine i.-e. *pj(/)-, *pî- « boire » (qu'on a dans gr. pi-nô « je bois », lat. pô-culum « vase à boire », etc.) étaient très singulières, comme on le voit par le présent skr. pibati « il boit », V. irl. ibid^ lat. bibit. Elles ont disparu ou elles ont été normalisées dans la plupart des langues. Le germanique a ici un verbe particulier, dont l'aspect est bien indo-européen, mais qui n'a de correspondant dans aucune autre langue de la famille: got. drigkan a boire », v. isl. drehka, v. angl. drincan, v. h. a. trinkan.
Des mots courts sont élargis par des suffixes secondaires. Â.insi l'ancien nom du « chien », qui est conservé clairement par skr. ç{u)và (gén. çiinaF), gr. Mon (gén. kiinôs), \. irl. cû (gén. con), lit. s:(û (gén. s:(uns), est représenté en germanique par Vnm-da-: got. hunds, V. isl. hundr, v. angl. himd, v. h. a. hunt.
Certains groupes de mots ont pris des sens spéciaux et se sont limités à une petite partie du sens qu'ils avaient anciennement. Ainsi la racine i.-e. ''leik^- « laisser, rester », de skr. rinàkti « il laisse », lat. linquit et de gr. leipô « je laisse », lit. l'èkù, est conservée dans got. leihwan, v. isl. lia, v. angl. -lèon,