‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 170 sur 589 · MER · texte numérisé non relu

MER

MESSE

saint Narcisse à Girone. Mais le nôtre ne semble pas avoir été dans les Ordres , et fut jeté à la mer où Dieu lui conserva miraculeusement la vie. En mémoire de son immersion dans la mer, il est honoré par les Catalans pour obtenir de la pluie; et une vieille coutume locale exigeait que, dans les processions faites à ce dessein, la tête du martyr fiit plongée dans l'eau ou du moins arrosée copieusement'.

Les SAINTS Édèse et Apphianus {jEdesius, etc.) de Lydie, martyrs; 8 avril, 304. Us furent tous deux jetés à la mer*.

Saint Mesmi.n (Maximin) , abbé de Micy près d'Orléans ; 15 décembre, 520. On raconte qu'il apaisa par. ses prières une tempête qui menaçait d'engloutir les grains destinés à son monastère, avec les hommes qui montaient la barque chargée de cette provision. .Mais si l'on veut s'en tenir à l'histoire vraie, ce devait être sur la Loire et non pas sur la mer.

Saint Siméon de Trêves, reclus; 1 juin, 1035. On l'a représenté nageant dans la mer, pendant que d'un vaisseau voisin on lance des flèches contre lui. 11 s'agit du Nil, à vrai dire, et le saint se dérobait à des pirates'; mais les artistes ont transformé ce fait eh une scène maritime, pour donner carrière à leur imagination.

Saint Pierre Gonzalez (san Telmo), dominicain (Cf. Feu, p. /(11). Comme il a supplanté en beaucoup de lieux saint Érasme qui était avant lui l'un des grands patrons de la marine parmi les Latins de la Méditerranée, on le représente fréquemment marchant sur les eaux. Sainte Marie de Cervellon, religieuse de la Merci; 19 et 25 septembre, 1290. Elle est peinte par les Espagnols, en Catalogne surtout, marchant sur les eaux pour secourir ceux qui l'invoquent pendant la tempête. On la donne pour la première religieuse de son Ordre (12/t8), et l'on raconte que dès le temps de sa vie, elle sauva plus d'un vaisseau en danger de naufrage*. Aussi la célébrité de son patronage la fait appeler Maria de socos (ou Maria socos), qui semble être une forme populaire du nom espagnol ou catalan correspondant à Marie du secours (Marie secourable, si l'on veut).

Les Espagnols l'ont représentée fréquemment avec le costume de son Ordre, tenant d'une main un lis et sur l'autre un petit navire qui rappelle la protection de cette sainte souvent éprouvée par les matelots.

MESSE

Les mots Autel, Calice, etc., répondront à plus d'une question dont on viendrait peut-être chercher la solution sous le titre actuel. Mais nous ne saurions omettre ici la petite scène connue sous le nom de Messe de saint Grégoire, dont voici une reproduction d'après une vieille gravure sur bois.

Dire quelle en est précisément l'origine assignable dans un fait bien authentique de la vie du saint pape, ce n'est pas chose très-facile ; et je m'efforcerai tout à l'heure d'en indiquer plusieurs sources probables, à défaut d'une seule qui soit certaine. Mais ce petit tableau était devenu tellement caractéristique de saint Grégoire le Grand (Cf. Aiige, Colombe, p. 239; etc.), que les Franciscains l'avaient adopté pour sceau de leur province des Philippines dont le titre était Province de Saint- Grégoire '.

La composition semble annoncer que le peintre qui a fixé ce type n'est pas antérieur au xv" siècle. C'est alors

i. Cela se trouve meoUonoé, avec plusieurs autres pratiques, par Villanucva ( Kiofle literario... i.\l\, p. 09,87 et 282, sg.; etc.). Quant aux Actes et souvenir» historiques du saint, on peut consulter les Bollandistc» {Augusl., t. I, p. 22-2U), ou l'fjpafia sagrada (t. XUII, p. 279-295; 506-512). Ce dernier ouvrage cite de vieilles séquences qui sont bien le modèle de l'amphigouri à la façon du viii' siècle, et auprès desquelles les complaintes catalanes (Goigs) de S. Feliu (tic) sont d« la poésie toute pure, ou du moins une littérature limpide. Exemple :

< A)> una mola sogàt Diiu lo ait mar vos llaasdren Par liM ADgeli deiUivrit

En presâ vos desgollàreo.

Lo Tyrà resti vençut,

Y vostra ditxa complida. Etc. »

2. Menoiog. grœc, t. Ill, p. 40.— A.\. SS. April., t. 1, p. 7-46, sq. :t. AA. SS. yun., t. I, p. 91.

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