METS ET TABLE SERVIE
surtout, en remaniant les formules compilées par saint Gélase'.
11 n'est pas non plus sans quelque probabilité que l'on ait eu jadis l'intention de peindre dans ce tableau une apparition de Notre-Seigneur au saint pape. L'on raconte qu'ayant reçu douze mendiants avec des attentions délicates, il fut surpris d'en trouver treize. L'un d'eux, dit-on, changeait de visage d'un moment à l'autre; et le saint, surpris de cet aspect étrange, conduisit son hôte merveilleux dans un appartement séparé pour lui demander qui il était. L'inconnu lui rappela une charité que le saint avait faite avant d'être pape, et finit par avouer qu'il était un ange de Dieu ^ Selon une autre version, c'était Notre-Seigneur lui-même; et une verrière de Cantorbéry (au xu* siècle) reproduisait cette forme de la légende'.
Le miracle dont la représentation est connue sous le nom de Messe de saint Martin (ci-dessus, p. /t50), et une apparition du même genre, qui apprit à saint Vincent de Pal'l la mort de sainte Chantai, ont trouvé place déjà ^us le titre Globe de feu.
Saint Ignace de Loyola (Cf. Auréole, Nom de Jésus, p. 97) a été peint quelquefois au moment où , célébrant la messe, il apprit par un avis céleste la mort d'un de ses compagnons qui expirait en ce moment bien loin de là. Mais ce n'est pas un des faits adoptés généralement pour le caractériser. Il est certaines faveurs célestes dans la vie des saints, dont l'art ne peut s'emparer que là où leur biographie est bien connue en détail. Un ordre religieux, par exemple, ne se trompera point sur les faits arrivés à son fondateur; l'histoire d'un patron sera beaucoup plus connue, même pour des circonstances de moindre importance, dans la ville qui fait profession de l'honorer comme son protecteur. Mais ce que j'appelle Caractéristiques des saints dans l'art populaire est généralement restreint à un cercle beaucoup plus étroit; et je confesse que je l'ai parfois dépassé pour satisfaire à des problèmes que des lecteurs exigeants pourraient me poser, malgré la simplicité du titre que je donnais à mon livre.