MORT. — MUSIQUE
pense, pour rappeler que Notre-Seigneur mourant est l'auteur de notre véritable vie'.
La tête de mort figure çà et là parmi les caractéristiques des saints, comme rappelant un sépulcre dont la vue avait fait époque dans leur vie. On peut se rappeler ce que nous avons dit de sainte Mabgleiute de CoHTONE, par exemple (sous le titre Chien, p. 218); ou de SAINT Jacques le Pémtent {Cercueil, p. 181, sv.) dont il n'a été parlé que trop. Cf. AA. SS. Bollatidiaiia... vindicala (Antuerpiœ? 1755) p. 357, sv.
Saint Fhançois de Boiigia, jésuite (Cf. Chapeau de cardinal, p. 200; Eucharistie, etc.). Une tête de mort coiffée de la couronne impériale rappelle que son désir de renoncer au monde lui vint à l'occasion des funérailles de l'impératrice Isabelle (Cf. p. 567). Chargé par Charles-Quint de conduire à Grenade le cadavre de la princesse, il fut fra|)pé des ravages de la mort quand il lui fallut ouvrir le cercueil et jurer devant le chapitre que c'était bien là le dépôt confié à ses soins. Aussi, dans son point d'honneur espagnol , il ne voulut pas faire d'autre serment sinon que d'après les soins pris par lui , le corps ne pouvait pas avoir été changé. Puis à la suite d'une oraison funèbre qui montrait la vanité des grandeurs humaines, il se dit : « Je ne veux plus servir de maîtres mortels. » Peu à peu il abandonna les oflices qui le retenaient à la cour, et entra dans la Compagnie de Jésus.
La mort dans ses autres aspects trouvera place ailleurs sous plus d'un titre; comme Cadavre, Tombeau, etc.
Mais il est bon de mentionner Lzéchiel, dont la vision célèbre (Ezech. xxxvii) a été représentée plus d'une fois sous l'aspect d'une plaine où des morts soulèvent la pierre de leurs tombeaux.
MORTIER (à piler).
Le mortier avec son pilon est souvent, au moyen âge, un indice de la jjrofcssion d'apothicaire. 11 aurait donc pu être appliqué à quelque saint médecin ou pharmacien. ;\lais je ne me souviens pas de l'avoir rencontré parmi les caractéristiques d'aucun d'eux. Nous n'avons donc à parier du mortier que comme instrument de supplice.
Saint Victorin et saint Victor de Corinthe, martyrs sous Dèce (31 janvier). On les donne pour soldats, et ils furent écrasés dans un mortier après avoir éprouvé d'autres supplices. Comme ils eurent plusieurs compagnons , mais qui subirent diverses tortures, le Ménologe grec représente trois têtes dans un mortier sous les pilons des bourreaux-. Mais je crois que parmi les sept compagnons fêtés ensemble le même jour, deux seulement furent soumis à ce traitement barbare.