‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 389 sur 589 · Exordium cislerciense, ap. AA. SS. Aprit, t. Il, p · texte numérisé non relu

Exordium cislerciense, ap. AA. SS. Aprit, t. Il, p

PROPHETES

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Puisque les évangélistes et les apôtres ont eu leurs articles à part, les prophètes de l'ancienne loi ont droit aussi d'être groupés tous ensemble avec les signes principaux qui les caractérisent comme précurseurs de l'Evangile. Quelques-uns d'entre eux, tels que Jonas (Cf. Arbre, p. 64 ; Poisson ) ; IsAÏE ( Cf. Scie ) , Daniel (Cf. Bonnet phrygien , p. 141 ; Lions, p. 507) , etc., ont dans les faits de leur vie certaines circonstances facilement reconnaissables quand une représentation les rappelle.

Mais dès qu'il s'agit d'indiquer les différences entre leurs prophéties, il n'est plus si aisé de se retrouver à moins d'un guide.

La statuaire, dans deux portails de la cathédrale d'Amiens (entre autres grandes églises du moyen âge), a prétendu résoudre ce problème uniquement par les formes plastiques ; et bien qu'elle n'y ait pas toujours atteint la clarté désirable, on peut dire qu'elle a franchi assez ingénieusement les mauvais pas où semblait l'engager son hardi projet'. Mais là ou ailleurs, ce qui n'est pas suflisamment clairn'est pas populaire ; et le titre de mon livre dit nettement que l'art populaire est mon vrai but. Les curiosités ont leur mérite, et peuvent être

i. Messieurs les cliaiioincs Jourdain et Duval ont (léclii^Tiv fort babileineiit ce» (inigmcs il y a une vingtaine d'années. Je n'ai donc pas besoin de revenir sur lui travail si bien fait, quoiqu'il puisse jeter beaucoup de jour sur des monuments inspirés par une pensée semblable.

2. J'emprunte les dessins à l'onvruge intitulé Detla basilica di S. Paolo, opéra di Nice. Mar. Nicolai ; Homa, 1KI5, in-fol. Ces portes furent exi'-cutées à Constantinople sur la fin du xi« siècle, et c'est ce qui explique non-seul(!mrnt l'emploi du grec avec celui du latin dans les inscriptions, mais l'nrtliograplie byzantine de bien des mots compliquée par une langue ('irangére.

Tenons aussi quelque compte de l'état fruste où figures et lettres avaient été réduites par plus de six siècles lorsqu'on nous en a «lonné le prjunier dessin un peu sévère.

Quant à l'cxéculion primitive, le tout était gravé en creux à la manière des nielles, puis complété' (cnnnne les nielles ou la darnas- (|uinure; par le compusi'! métallique d'une autre cuulciur qui devaTt

fort intéressantes ; le fait est que je n'ai pas prétendu leur consacrer ce volume. Regrettera cette lacune qui voudra; dès que j'avertis, nul n'aurait le droit de dire que je l'ai induit en erreur. Qui tient sa parole a fait ce qu'il devait, et peut se croire dégagé. Prenons comme point de départ un monument grave

entre tous, les portes de bronze qui donnaient entrée dans la basilique romaine de Saint-Paulhors-des-Murs avant l'incendie que suivit de bien près la mort de Pie VIP.

Moïse n'a rien ici qui ressemble à des cornes ou à des rayons; il élève la main droite avec le geste d'autorité d'un homme qui intimerait des ordres en public, et son cartouche porte ces paroles : « Vous verrez votre vie suspendue devant vous {Videbilis vitam ves- Iram pendenlem ante oculos vesiros... et non credetis vitxveslrx). »

Cela est tiré des malédictions prononcées par le législateur du peuple de Dieu (Deuteron.xxviu, 66) contre les Juifs inlidèles^

David (p. 712), dans une attitude semblable au prc>cédent, est tout autrement costumé. 11 est facile de voir qu'on lui a donné les ornements byzantins attribués à la dignité souveraine, à la famille impériale, ou aux patriees.

Un diadème gemi\)é orne sa têle, et son manteau

marquer lo trait, bien qu'en remplissant les entailles et en égalisant toute la surface. Je n'ai conservé qu'il Moïse la trace du petit portique (avec son arceau gemmé | qui sert de cadre, afin de laisser apercevoir l'ornementation architecturale de tout l'ensemble. Hippi Flandrin tenait ces fiùres silbouctles pour dignes d'attention.

Faisons remarquer une fois pour toutes, que chacun de ces saints est désigné près de la tète par une inscription grecque portant, à droite de la figur<', le mot abrégé prophète; et à gauche, son nom proi)re ordinairement en toutes lettres.

3. J'ai parlé de ce texte et de son emploi chez les SS. Pères, datls un autre ouvrage ( VHraux de Bourges, n" 43; p. 70), à propos dii serpent d'airain. Iji question n'y est pas de savoir si les mots eh sont parfuiteuient ronl'ornu^s à la Vulgateou aux Septante, ni même si le conti^xte ne lui donne pas la signification de cet idiotisme français : Cl Tu verras ta vie ne tenir qu'à un fil. » Il s'agit de l'emploi qu'eu ont fait les !>S. Pèri:s, tant grocs (pie latins, dé» lo commencement

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royal' porte sur la poitrine une petite pièce carrée inarqiire de la croix. Il semble avoir des boucles d'oreilles*. Son cartouche porte, comme paroles adressées à l'Église,

en si grande valeur parmi les plus graves prédictions de l'Ancien Testament, qu'on n'imagine guère de le caractériser par un autre langage. Parfois même les sculp-

David.

ces mots du psaume (xliv, 11) : « Écoute, ma fille, regarde et penche l'oreille ; oublie ton peuple,... et le roi t'aimera (Audi, filia, cl vide; et inclina aurem tuam, etc.). » Ailleurs on le voit annnonçant la génération éternelle ou l'exaltation de son petit-fils d'après quelques-uns des versets du psaume cix.

ISAÏE déroule des deux mains son cartouche, qui porte la fameuse prophétie sur l'enfantement de la sainte Vierge (Is. vu, 14) : Ecce Yinjo in utero concipiet, et par ici fdium^.

Comme nous le verrons bientôt, les monuments chrétiens ne maintiennent pas constamment le même texte à chaque prophète. On avait le choix entre plusieurs paroles de ces hommes inspirés. Mais pour Isaïe, ce qu'il avait annoncé solennellement au roi Achaz est tenu

du cliristianismc. D'ailleiii-s y fùt-il uniquement question (comme ce semble) de la dispersion des Juifs après la mort de Jésus-Christ, on n'aurait pas de peine à l'interpréter encore dans le sens des docteurs ecclésiastiques; à cause de la croix qu'ils rencontrèrent partout chez les nations chrétiennes sans pouvoir l'insulter ouvertement.

1. Sur cette chlamyde des princes on peut consulter Buonarotti, Veiri, p. '246-248. — Cavedoni, Memorie... di Modena, série 111, t. V, p. 51, 60, sg. — Ch. Lenormant, Trésor de glyptique, basreliefs, II' partie, pi. lii. — Ktc.

Isaïe.

teurs ou les peintres ont affecté d'inscrire ce même texte sur le livre que tient la sainte Vierge lorsque l'archange l'aborde pour l'Annonciation. On n'en était pas encore venu à certaines explications modernes qui veulent faire de ces grandes paroles une mauvaise plaisanterie , tout particulièrement inadmissible quand le prophète parle d'un ton si fier au roi de Juda. Mais il y a des gens pour qui toute pierre est bonne à jeter contre Dieu et son Christ, dussent-ils être bafoués par le premier homme de bonne foi qui sera capable de réfléchir. La surprise quelconque des ignares et des étourdis est apparemment un beau triomphe pour ces esprits délicats qui veulent être novateurs à tous risques (même au risque d'être novateurs à la suite, c'est-à-dire plagiaires). JÉnÉMiE est censé prononcer cette déclaration de la

2. Ce pourraient être cependant des espèces de bijoux à breloques, en manière de fanons (comme aux mitres épiscopales) qui pendaient de la couronne des empereurs byzantins derrière les oreilles. Du reste Lucifer de Cagliari [De non parcendo in Deum delinquentibus, 43) parle des boucles d'oreilles et des bracelets de l'empereur Constance; lui disant que tout cela ne doit tourner la tête ni au souverain, ni à ceux qui le voient dans cet accoutrement oriental.

3. Le texte est donné selon la citation qu'en fait saint Matthieu (i, 23), à peu près.

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conversion des Gentils, comme effet de l'Évangile : «C'est là notre Dieu, et nul autre ne portera le même titre'. » Il y avait assurément à choisir quelque passage pour le moins aussi important, parmi les écrits du prophète ;

Dieu; si bien que la ylose inleriiniaù-e y cite les paroles de l'ange Gabriel à la sainte Vierge (Luc. i, 35) : « L'Esprit saint vous couvrira, et la puissance du Très-Haut viendra en vous. » Cette porte du nord me semble indiquée ici

par exemple cette comparaison de l'agneau qu'on applique à la passion de Jésus-Christ (xi, 19), etc. Mais peut-être aura-t-on voulu le faire parler sur la vocation des Gentils, parce qu'il devait figurer dans l'ornementation d'une basilique dédiée à l'apôtre des nations.

Baruch n'a pas trouvé place dans la série des portes de Saint-Paul où l'on ne s'est point piqué d'être complet (Cf. p. 71/j). Mais d'ailleurs, on Ua souvent considéré comme n'étant que le continuateur de Jérémie son maître. Cela se voit surtout dans l'Église latine d'assez bonne heure.

ÉzÉcHiEL dit : « L'Esprit me conduisit vers la porte septentrionale (Induxit me per viam porlx borealis). n Comme ce n'est pas un emprunt littéral fait à la Vulgate, on peut hésiter entre plusieurs passages où le prophète s'exprime à peu près de la même façon*. 11 ne s'agit certainement pas de la porte orientale (xliv, 1-3) où les docteurs ecclésiasiiques ont vu la virginité de la Mère de

1. L'inscription porte : Hic Oominus (ou Deus) noster, et non imputabitur alius. Cu niu semble (trc une allusion au chapitre \', où Jérémie maudit les idolâtres; mais c'est plutôt une réduction de plusieurs versets, qu'une citation précise.

dans le même sens que je prêtais aux paroles du prophète précédent. A. propos du maître des Gentils, on aura voulu choisir dans Ézéchiel un passage relatif à la vocation des peuples idolâtres, c'est-à-dire à l'Église (par opposition à la Synagogue). J'ai fait voir ailleurs' que l'Aquilon , dans le langage symbolique , désigne fré- ((uemment ceux qui viennent à Dieu en quittant le service du diable. Aussi, sur le chapitre xlvu d'Ézéchiel, la glose interlinéaire nous montre le baptême, la doctrine apostolique , dans les eaux qu'aperçoit le prophète en sortant de la maison de Dieu par la porte septentrionale.

Daniel (p. 71/i), à cause de son rôle parmi les grands de la Perse, est vêtu (sous une courte tunique) des anaxyridcs ou braies asiatiques {sarabalta, etc.) dont j'ai déjà dit un mot précédemment sous le titre Bonnet*. Je n'oserais pas même aflirmer (|tie l'arlislc! n'ait point voulu lui mettre sur le sommet de la lêtu la petite miire phry-

ii. Ezecli. viir. 11; xi., 35; xuv, 4j \i.vii, 2; etc. 3. Mélanges d'Archéologie, t. 1, p. K'J; etc. i. Cf. L'Heuroux {Macarius], Hagiogtypia, p. 70, 77. — Supra, p. lit, oâU-.Wi, etc. — A. Ricli, Antiquités; V. Bracœ, Bracatus.

l'HOlMUiTES.

giemic (jui st; réduit ù si |h;ii de cliosn dans lus miniatures by/antincs. Son écriteau, qu'il montre de? la main droite, laisse passablement lire : « Le Dieu du ciel établira un empire (|ui durera autant que réternité {Coiislitucl Dcus cu'li reiiauin qmd cril in xlcrnutn), » En quoi j'imagine reconnaître l'explication du songe de Nabuchodonosor (Dan. n, 1-/|8), où se trouvent dans la

Daniel.

Vulgate à peu près les mêmes paroles pour annoncer le règne du Messie '.

Ce serait donc une autre fois encore, l'appel des peuples païens (vers la lin de l'époque romaine) pour remplacer la nation de Moïse.

Les prophètes Osée, Joël, Amos et Abdias (pour suivre l'ordre adopté par l'Écriture sainte) ne figurent point dans notre série ; pas plus que divers autres dont les noms seront indiqués, avant de clore l'emprunt fait à la vieille basilique romaine aujourd'hui disparue.

Jo.NAS s'exprime ainsi : « J'ai crié vers le Seigneur dans mon allliclion et il a prêté l'oreille à ina voix (Cla^ maci de tribulationc , etc.). » Nous avons là les premiers mots de sa prière (Jon. n, ;>), (piand il vient d'êll'e englouti par le monstre marin: et l'on \ reconnaît sans grand' peine le t\pe de Jésus-Clirisi au tombeau (Luc. xi,

2y, gq.; Matlli. XH, 30, sq.), qui va précisément dévoiler ])lus que jamais sa puissance lorsque son action semble brisée sans retour par ses ennemis.

Miellée, aussi bien que Nahum, manque à cet endroit. Aggée , Zacharie et Malachie seront omis également, quoiqu'il ne fût point dillicile de puiser dans leurs paroles des textes éclatants par le sens prophétique. On le

verra tout à l'heure par le choix qu'y ont fait d'autres artistes , sans parler des écrivains ecclésiastiques.

J'ai cru devoir laisser de côté diverses explications de ces dessins grecs, et bon nombre de détails presque techniques, surtout au sujet de l'orthographe. La théorie de Viotacisme, c'est-à-dire du changement des voyelles dans l'écriture grecque (surtout au moyen âge), nous mènerait bien loin, même dans l'antiquité, sans que l'objet habituel de notre livre y gagnât beaucoup. Bornons-nous donc à faire observer que le D latin n'existant ])as en grec, et notre B n'ayant guère d'équivalent chez les populations helléniques ^ etc., un graveur byzantin pouvait facilement se tromper en prenant le B pour un D, ou l'R latin pour notre B, et l'Y pour l'U, etc.-; sans coinpter les détériorations ainenées par les siècles dans soii travail primitif.

I. U;in. Il, ti : u Iii diebus rcfiiionim illoiuiii suscitabit Dcus c;i'li lognum quwl in tctcrnum non dissipabilui', etc. » Nous aurons à revenir sur ce toxti', eu noinniaiit XaliuilindiMKisnr.

'2. Oii cil aperçoit bien d'autres dans l'ouvrage de Constantin Porpliyrcpuète !:ur le ccrcnionial de la Cour, lorsque des acclamations latines oli golliiqucs -iont exprimées en lettres grectjues.

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Habacic dit : « Dieu vrendra du Liban, et le saint descendra de la montagne {Deits a Libano véniel, et sanclus de monte, etc.). »

Klie (p. 716), ce grand homme qui protesta si haut contre l'idolâliie du royaume d'Israël et les iniquités des rois de Juda, avait bien quelque droit de prendre

Nous n'avons là encore ni le texte de la Vulgate*, ni celui des Septante; mais il est facile d'y reconnaître le cantique ou la prière du prophète, où les docteurs ont vu l'annonce du Messie' qui devait naître à Bethléem et compléter la loi donnée à l'ancien peuple dans le désert.

SopHosiE porte inscrit sur son cartouche : <i Attendsmoi au jour de ma résurrection {Exspectame in die resurreclionis). » La glose montre dans ce passage (Soplion. III, 7; etc.) le triomphe de l'Église après les infidélités et l'apostasie de la Synagogue.

Les autres personnages dont il nous reste à parler dans ce même monument ne sont pas d'ordinaire mis au nombre des prophètes proprement dits, parce que l'Écriture sainte ne leur a donné place que dans ses livres historiques. Au fond, nous n'avons pas moins leur langage dans les récils de la Bible, et nous savons qu'ils étaient in.spirés de Dieu. •

1. Halmc. Ht, it : « Ucus ah austro véniel, et sanctus de monte Phsran. »

2. Je puis liicn me contenter en cet endroit de renvoyer à la glose ordinaire, qui rtait un manuel si important pour le* gens du moyen âge; et que l'on néglige beaucoup trop de nos Joura.

Sophonio.

rang parmi les principaux organes de la Sagesse éternelle durant l'époque de l'Ancien Testament. Je ne saurais vraiment dire pourquoi, à partir de celui-ci, tous parlent grec; tandis que jusque-là nous avions toujours la langue latine, sauf dans les noms des personnages. Peut-être, abandonnant la décoration (et par conséquent la distribution des scènes) aux artistes de Constantinople, leur avait-on adressé de Rome un progranmie moins compliqué que celui auquel ils s'arrêtèrent en définitive». Ceux-ci, après avoir pris leurs mesures, se seront arrêtés à des proportions moindres qu'on ne l'avait calculé en Italie; et auront été conduits à choisir sans contrôle trois personnages de plus dans l'ancienne loi. En ce cas, des Byzantins auront été consultés pour compléter cet ensemble, et tout prête à penser que la langue latine était fort peu cultivée dans l'empire d'Orient.

Bref, les paroles prêtées par ces Grecs au prophète Élie semblent être (111 Reg. xviii, 36,87) : « Sachent ces

:i. Je ne vois pa» que l'on prouve riiitcrvcntion personnelle de saint Gn''?oire Vil (alors cardinal IliUlelirand) dan» la direction de cette œuvre d'art, quoique Nice. .M. Mcolai donne le fait comme indubitable. Mais ce serait là matière it dissertation qui ne peut trouver place ici; J'ai I ien d'autres sujets à traiter.

l'HOPlIKTES.

poiiplps quo vous seul, Scipiicur, êtes Dieu, et que je

suis votre serviteur ( rviindiav -ni; i ).«; ... on ai> e'j KÙfio;

i «i«{... x»i î-jwîsiixic «ou). » Me trouvera-t-ou trop hardi si je prétends reconnaître dans ce langage une allusion à saint Paul? Le thaumaturge qui vient devant Acliab

siastique (xxiv, .5), et qui se rapporte évidemment à la Sagesse éternelle ' : <i Je suis sortie de la bouche du

Très-Haut (Éfù àno oto|a«toc tiliÎTTCu iÇiiXSoy). »

S'il fallait expliquer comment ce passage de l'un des livres sapientiaux semble mis sur le compte d'un saint

Klie.

confondre les prêtres de Baal et arracher ses frères au culte des idoles, peut avoir été censé rappeler le ministère de saint Paul dans la nouvelle loi. Le grand apôtre est en effet celui qui dans le Nouveau Testament insiste le plus sur l'abrogation de la loi ancienne. Cette comparaison d'Élie avec Paul ne serait pas sans appuis chez les écrivains ecclésiastiques ; mais surtout, il est vrai , chez les docteurs de l'Église latine. Cependant lorsqu'Élie est envoyé à une pauvre veuve de pays inlidèle (III Reg.xvii, 8-2^1 ), il se fait reconnaître comme ministre de Dieu; et la parole même de Notre-Seigneur (Luc. iv, 25-27) suflit pour montrer dans notre prophète une sorte de précurseur de l'apôtre des nations. Cf. Vitraux de Bourges, W 26, sv. (p. ."S, svv.).

Elisée, disciple d'Élie, nous est ici donné comme prononçant un texte qui appartient au livre de l'Ecclé-

1. Ou, comme l'ontend l'Église dans sa liturgie, à la femme bénie entre toutes les simples créatures, dontlapi-édestination s'est trouvée liée au décret de l'incarnation du Verbe éternel.

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