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TOUR

Certaines tours d'un aspect particulier peuvent être considérées comme moyen de caractériser divers saints, parce qu'elles désignent assez clairement soit leur patrie, soit la ville qui fait profession de réclamer leur patronage. Telles sont surtout les tours penchées que les voyages d'Italie ont signalées à quiconque n'est pas dépourvu de lecture. Celle de Pise (le Campanile), la plus célèbre, est de forme cylindrique et a sept galeries superposées qu'ornent des colonnes ; tandis que celle de Bologne (la Garisenda) est carrée, d'une médiocre hauteur et sans ornements. Comme celle-ci est bâtie dans le voisinage d'une autre tour carrée (celle des Asinelli), beaucoup plus haute et d'un aspect tout aussi rude, on les peint souvent toutes deux ensemble afin de rappeler les patrons ou saints quelconques de Bologne : saint Pétrone, par exemple, et autres évêques de ce siège; tels que saint Basile (6 mars, iv« siècle), saint Zama, saint Faustinien, SAINT EusÈBE, SAINT FEUX, etc. Mais saint Pétrone, comme principal protecteur de la cité, porte fréquemment sur la main une petite réduction de la Garisenda K Cf. Ville.

Saint Rainier (Cf. Pèlerins, p. 679; etc.). Comme patron de Pise, il porte parfois un petit modèle du Campanile; ou du moins on aperçoit ordinairement près de lui le dessin de ce monument curieux avec ses étages à colonnades.

Une autre tour, mais non pas inclinée, désigne Séville. C'est la Giralda, ainsi nommée à cause d'une statue de la foi, qui la surmonte et qui tourne en manière de girouette. La partie inférieure de cette tour est du temps des Arabes, et les chrétiens y ont ajouté plus tard un dernier couronnement, haut de cent pieds, qui porte son sommet actuel à plus de cent dix mètres. Sainte RunNE, patronne de Séville (Cf. Yases), est assez fréquemment peinte avec une vue de la Giralda.

Des monuments moins célèbres par le monde, mais sur lesquels nul ne se trompe dans le pays auquel ils appartiennent, servent également d'attributs à plusieurs saints locaux. Ainsi .«^aint Aldebrand, évêque et patron de Fossombrone (1 mai, xii« siècle), est représenté parfois bénissant un clocher. Ce pourrait être l'indication de sa cathédrale; mais je crois y voir une allusion à ce que l'on raconte de lui. Après sa mort, ceux qui voulurent

1. On peut voir les deux tours daosMellonI, Uommi illuslri m tantità,... in Boloyna, t. I, p. 5'2I.

2. Ce plomb historié a cii- publié par M. Forgeais dans ses Slértaux des corporations ( I8ri'2, p. 104; ; ctdans Vlmagerie religieuse (IKCS, p. 235-238), il en a donné deux autres de la m<)mc sainte.

3. I-es récits d'autrefois, en Asie surtout, parlent fréquemment déjeunes filles enfermées dans des tours pour les isoler plus sûrement. Cf. Winrkelmann, Monum. ant. inedili, P. ii, p. 124.

4. Dam un vieux missel folUiqae (Liber missarum specialis, s. I. et a.) que Je crois alsacien, se trouve pour la messe de sainte Barbu laro<(«c(« suivante : • Deus qui lumine sancIcB Trinitatit tua;, totam

s'emparer de ses reliques furent frappés immédiatement par le Ciel ; et des cloclies enlevées à son église, cessèrent dès lors de pouvoir se faire entendre, dit-on.

Saint Wilfrid évêque d'York , apôtre de la Frise ; 12 octobre, 709. On voit souvent dans ses estampes une tour éloignée qui tombe en ruine. Serait-ce pour dire qu'il fut chassé de son siège à diverses reprises par suite des révolutions politiques? ou que, à l'occasion de ces vicissitudes, le vaste diocèse d'York fut partagé et soumis à la métropole de Cantorbéry? Je n'oserais en affirmer la cause réelle.

Saint Hospice (Cf. Chaînes, p. 191). N'oublions pas que la tour a parfois le sens de prison, comme on a pu le comprendre à propos de saint Léonard. Cf. Captifs, Chaînes.

D'autres considérations ont fait employer la tour comme caractéristique de saints personnages. Ainsi Ézéchiel (Cf. Prophètes, Porte) se tient quelquefois devant la porte d'une tour qui est censée représenter l'un des porches du temple de Jérusalem.

Sainte Barbe, vierge et martyre (Cf. Artillerie, p. 86; Calice, etc.). Près d'elle, ou sur sa main, une petite tour à trois fenêtres. Voyez ci-dessus, p. 409.

Le méreau que voici représente d'une part la sainte portant sa petite tour, et de l'autre on la voit décapitée par son père-. D'après sa légende, elle avait été renfermée par son père dans une espèce de tour, soit qu'on voulût dérober sa jeunesse aux recherches des prétendants', soit qu'il s'agît de lui interdire tout rapport avec les chrétiens qui lui avaient déjà fait connaître les premiers éléments de la foi. Pendant l'absence du père. Barbe visitant les travaux, remarqua que l'on avait pratiqué seulement deux fenêtres du côté du nord; et elle en commanda une troisième, se chargeant d'en rendre raison à son père quand il reviendrait. Mais celui-ci, comprenant que sa fille voulait ainsi se remettre en mémoire le dogme de la sainte Trinité, fut pris de fureur et trancha lui-même la tête de la sainte*.

per univcrsum mundum illuminasti Ecclesiam, concède propitius ut intereedentibus B. Barbara) virginis et ninrtyris tuœ mcrilis et precilius, lumine sancto glorise tuœ quod prscnuntiavit in terris, illuminari mereaniur in cœlis. »

Le bréviaire d'Amiens (Paiis, 1554, in-16) disait dans le» antiennes du second nocturne :

■ Patris in œdiflcio lliiiis Tonestris tortiam

Nalw liunt imp«rio Ad Trinitatit gloriam

Très fenentro!, nun gemin^p, Addidit : quw fons luminii

Sut) Trinitatia nomina. Lumon est omni» liomiaia. •

A citer d'autres livres liturgiqoes, cororoc les bréviaires de Liège

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