VAISSEAU
Je puis bien, pour certains faits, renvoyer le lecteur aux articles Barque, Flotte, etc. Cependant s'il s'agit d'autre chose que d'un simple esquif et qu'il n'y en ait pas un certain nombre, c'est bien ici qu'on a droit de chercher la réponse.
NoÉ. Cf. ColJ-re.
Le prophète Jonas précipité dans la mer où le monstre marin l'engloutit (Jon.
La représentation que voici provient d'un fragment de coupe en verre orné d'une petite feuille d'or noyée dans la pâte, et sur laquelle le dessin a été tracé à la pointe*.
Sous le titre Monsstre, nos lecteurs auront vu que l'espèce de poisson qui sauva Jonas a reçu dans les premiers siècles des formes assez singulières. On peut voir à ce sujet ce que les antiquaires en ont dit à plusieurs reprises.
Saixt Lazare de Bé- THAME, frère de sainte Madeleine et de sainte Marthe , est regardé comme premier évêque de Marseille (Cf. Cudaire, etc.). Sa légende raconte que, comme il proclamait la divinité de Notre-Seigneur, les Juifs le mirent sur un vaisseau désemparé, avec ses sœurs Marie-Madelelne et Marthe. Mais la main de Dieu
les conduisit (avec saint Maximin, l'un des LXXU disciples) au port de Marseille*.
La vieille gravure sur bois que nous avons fait reproduire (p. 784) ne montre que sainte Madeleine dans le vaisseau, parce que l'artiste avait surtout en vue l'histoire de cette sainte. Aussi l'aperçoit-on à gauche, baisant les pieds de Notre-Scigneur; et à droite, vivant solitaire dans la Sainte-Baume, ou élevée au ciel par les anges durant son oraison. Mais quand on a surtout en vue saint Lazare, ou la première prédication en Provence, on met dans le vaisseau cinq ou six personnages, ceux que nous nommions tout à l'heure, et une servante des deux saintes, avec un aveugle guéri par iNotre-Seigneur'.
On y ajoute même parfois saint Joseph d'Arimathie. Ailleurs on ne voit que saint Lazare, ayant près de lui le vaisseau qui l'a conduit miraculeusement de Palestine en Provence.
Saint Gélase I" , pape; 21 novembre, /|96. Comme il était Africain *, quelquesuns ont supposé qu'il devait avoir fait partie de CCS confesseurs que Genséric fit embarquer sur des navires hors de service, et qui les portèrent sur les côtes d'Italie contre l'espérance des ariens. En conséquence certains artistes ont représenté ce pape sur une côte près de laquelle est un vaisseau. Mais il ne paraît pas avoir été conduit à Rome par la persécution, quoique un bon nombre d'évèques de divers sièges d'Italie passent pour y avoir été amenés de la sorte. Toutefois, comme son biographe dit qu'il
1. Je le donne d'après un trait du P. A.Martin, mais il acïté reproduit de nouveau depuis lors par divers auteurs. Cf. Garrucci, Vetri, lav. IV, p. 12.
2. Legend.aur.,rap. xcvietccxxxv. — P. de Natal. ,lil). I, cap.i.xxii.
3. P. de Natal., lib. I, cap. xcvi. I.'liymne de saiiile Marthe {Clangat turha cleri(nrum). dans le bréviaire de Bambcrg (Dilinga;, 157.'!; in-12, p. 107, M|.) dit :
• Mari» ilcni|>ti« {dmiilaf) diri» teli», . Ifaritiliaui (sir) appliciiit Rine remis atqtifj vflift; k*'«t mira cunt lis i-laruil. «
Cf. hreviar. Hall>ersiadt. {\h\0), fol. Ivij.
M. L'abbé Faillon a publié sur ce sujet (éd. .Mignc, 1848) deux volu-
mes où l'érudition ne manque p^s. Mais on ne peut s'empêcher de demander encoio pourquoi Mai'seille, supposé pareille origine de son siéjjc, n'aurait pas eu le rang de métropole ecclésiastique. De fait, les vieux livres liturgiques d'Arles ne mentionnent guèi-e cette venue Oii Gaule de deux ou trois disciples immi'diats du Sauveur (au moins comme évOques). Les Marseillais me perinetti'ont-ijs de soupçonner une autre source à leur légende? 11 s'agirait pcnt-éti-e d'un Lazare, certainement évftquc de Marseille ou d'Aix nu V siècle. Celui-ci. alla eii Palestine, et y eut affaire à l'hérésiaique Pélafie. Ceci, coiuiiK! parle le droit, sou» Ipéiiéllce d'inventaire, et sans prétendie nullement vider la question.
i. Le docte Morcclli [Afrira christiana, t. III, p. 225} no semble pas en douter, quoique d'autres le contestent.
VAISSliAU.
délivra Rome do la famine, le navire pourrait indiquer un convoi de grains procuré à temps par les soins de Gélase.
Sainte Madeleine (Cf. p. 783).
Saint Birin, premier évêque de Dorchester ; 3 décembre, vers 650. Un vaisseau près de lui semble indiquer qu'il était venu d'Italie en Angleterre. Mais la légende ajoute qu'ayant quitté son navire pour aller chercher des pains d'autel laissés à terre par mégarde (ou un ' corporal), il regagna le vaisseau à pied sec '.
Saim Oswald, archevêque d'York après avoir été évêque de Worcester; 29 février, 992. Amenant à bon port, par ses prières, un vaisseau en danger, dont l'équipage s'était reconnnandé à Dieu en invoquant le saint-.
Saint Juste évêque de liociiESTER, puis de Gantorbéry;
10 novembre, 627. Un vaisseau qu'il monte, ou qui le dépose à terre, indique sans doute qu'il faisait partie de la mission envoyée dans la Grande-Bretagne par saint Grégoire le Grand. Ue fait, il était Romain et accompagna saint Auyustin de Gantorbéry.
Saint Nicolas évêque de Mvre (Cf. Bourse, p.l/|5; etc.).
11 est connu en maint endroit comme patron des mariniers; mais sauf pour les mariniers d'eau douce ou les marins grecs, il a élé supplanté chez nous par des saints plus récents. Le plomb historié que voici (colonne de droite) le représente sur la |)oupe d'un navire ^
Plusieurs récits, dans la légende de saint Mcolas, pourraient être rappelés par celte représentation. Je crois pourtant qu'il s'agit d'un fait assez C(;ièbre que voici :
Au milieu d'une tempête, le saint apparut à l'équipage
alarmé, déclarant qu'il fallait jeter à la mer une huile
ensorcelée, laquelle de fait se
changea en flammes lorsqu'on
l'eut versée ])ar-dessus le bord *.
Une vieille femme (ou le démon
sous celte forme empruntée)
avait confié ce vase aux pèlerins
pour qu'on en remplît les
lampes qui brûlaient autour du
tombeau de saint Nicolas; et
l'homme de Dieu ne voulait point de cet hommage, que
Siinéon Métaphraste déclare invention diabolique.
Saint Fulgence, évêque de Ruspe {CÎ. Ermitage, p. 377). 11 est peint assez souvent sur le bord de la mer près d'un vaisseau; pour rappeler son exil en Sardaigne, et sa traversée lorsque le roi vandale Trasamond voulut discuter avec lui afin de se donner des airs doctrinaux^
Saint Wilfrid, évêque d'York et apôtre de la Frise (Cf. Jour, p. 775). Un vaisseau près de la côte où il marche; soit pour exprimer ses voyages sur le continent, soit parce qu'il faillit être pris par des Anglais païens tandis que son navire était engravé sur la côte du Sussex^.
Saint Laurent O'Toole, archevêque de Dublin ; U novembre, 1181. Un vaisseau près de lui, et le saint agenouillé en vue d'une ville où l'on voit une église qui rayonne. Laurent était venu d'Irlande en Normandie pour essayer d'éviter à ses compatriotes les suites de l'invasion anglaise, en apitoyant le roi. En apercevant l'église d'Eu, il s'écria : « Voilà mon repos jusqu'à la fin du monde! » 11 mourut en effet à Eu, et fut inhumé dans l'église des chanoines réguliers, qui parut environnée alors d'une grande lumière. Selon d'autres aussi, il ne put avoir de vents favorables pour son trajet qu'après avoir dédié une église élevée en l'honneur de la Mère de Dieu.
Saint Malo évêque (Cf. Aveugles, p. Î06; Poisson, etc.). Le vaisseau que l'on voit souvent près de lui peut faire allusion à divers traits de sa légende; soit son voyage avec saint Brandan pour prêcher l'Évangile dans les Canaries ou ailleurs, soit l'aide qui lui fut donnée par Noire-Seigneur ou par un ange'' pour regagner l'Armo-