‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 71 sur 589 · Corner, Cfti'ese... (Ji t'ene^ia, p · texte numérisé non relu

Corner, Cfti'ese... (Ji t'ene^ia, p

0. On a pu remarquer ci-dessus {Cf. Ctiapelle, p. 201, note 2), que ce souvenir mul appropriii avait causé une confusion bizarre entre le bienlioureux Fulbert de Chartres et saint Clément pape sculpté sur un des porches de la cathédrale chartraine.

7. La trace de ce pi'-lerinage n'est pas très-claire chez le P. Gumppcnbcrg (Atlas Marianus, Munich, 1072, n" dccxuii et mxxxvi) qui l'intitule de Urticelo, probablement parce que l'image avait été trouvée d'abord à Distelbach en Franconie Uettelbacli, Dietcl-

spach, etc., selon d'autres). Puis, comme pour dépayser davantage le malheureux lecteur, on y dit que c'est une vierge Vespertina (ou Vespertinatis); ce qui parait vouloir dire une N.-D. de Pitié, parce que c'est la sainte Vierge représentée le soir du vendredi saint. Mais le docte Trithème {Chronicon Hirsaugiense, Abb. xlii; Saint-Gall, 1000, t. II, p. 63X) ne fait pas remonter la trouvaille au delà de 1508. Il est vrai que dès lors la statue semblait avoir été oubliée Igngtcnips. Au fond, les dévotions qui portent à l'accablement ne sont pas du haut moyen âge, à moins que je ne me trompe beiiucoup.

8. M. le chevalier J.-B. de Rossi a dit quelques mots sur cette pieuse légende, dans son IJulletlino di archeotogia cristiana, 1803, p. 80, 20 et 39. Les Acilius occupèrent certainement un rang élevé sous les empereurs, et leur christianisme est au moins probable.

IMAGE DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE

lie Straubing, prétendant occuper la place des anciens Castra augusta, trouvassent fort naturel de posséder les reliques d'un Romain illustre.

Divers Ordres (comme les Cisterciens , les Frères Prêcheurs, etc.) aiment à faire représenter leurs fondateurs ou leurs principaux saints entourant une image de Marie. Mais cela est surtout usité pour les premiers Servîtes (Cf. Groupes, sept à sept, p. ^71) qui sont ordinairement montrés devant une image de Notre-Dame des Sept- Douleurs. J'avoue que cette dévotion me semble un peu précoce pour le xm« siècle qui fut le berceau de cet Ordre en Toscane, surtout si l'on suppose que Notre-Dame fut déjà représentée avec sept glaives dans la poitrine. Ou je me trompe, ou ces dévotions tristes n'appartiennent guère qu'aux époques où l'Égli.se devint souffrante (comme du temps de Jean Huss en Bohème, et de Luther en Allemagne). Cependant les cruelles dissensions des républiques italiennes et l'origine assez reculée, ce semble, du Slabat Mater, expliqueraient absolument que la Toscane du xm^ siècle eût arboré cette consolation pour les cœurs affligés. Ailleurs je ne croirais pas me tromper en affirmant que la foi triomphante se donnait d'autres symboles. Quoi qu'il en soit, on dit que la couleur cendrée du vêtement des Servîtes fut imaginée précisément en manière de deuil pour les afflictions de la Mère de Dieu *.

Saint Hyacinthe, dominicain (CL Cadavre, p. 155; etc.). On le peint ordinairement portant un ciboire et une statue de la sainte Vierge. Il abandonnait Kiof envahi par les Tartares en 1231, et s'était emparé des vases sacrés pour soustraire la sainte Eucharistie aux insultes de ces hordes sauvages. Comme il passait devant une statue de Notre-Dame , et la saluait sur le point de quitter l'église, il entendit la .sainte Vierge lui adresser ces paroles : « Et moi, mon fils, m'abandonnez-vous à ces barbares! » Le saint se chargea donc également de cette statue dont le poids-n'était pas propre à faciliter sa fuite*. Par le fait, l'image se trouva, dit la relation, ne pas peser plus qu'un roseau ; et l'homme de Dieu passant au milieu des envahisseurs, traversa en outre le Dnieper à pieds secs. 11 déposa son précieux fardeau à Cracovie, où la statue en pierre, reprenant sa première pesanteur, est devenue l'objet de la vénération des peuples.

Ce trait de la vie du saint ne doit pas être confondu avec l'apparition de Notre-Dame dont nous avons parlé déjà (CL Banderole, p. 112) et dont il existe au Louvre

un tableau peint par Louis Carrache, dit-on ; mais qui ne me revient guère, s'il m'est permis d'en donner mon

Saint Hyacinthe de Pologne.

sentiment. Il a néanmoins sa valeur, no fût-ce que comme document historique.

1. Comme tout le monde ne le sait pas, disons les circonstances de l'Ëvangilc qui font le sujet do ce que l'on appelle les sept dou- («ur» de N.-D. Ce sont: l" la Prophétie du vieillai-d Siméon (Luc. Il, 3.5) quand Jésus-Christ fut présenté au temple, dans les bras de la sainte Vierge; 2" la F'iite en Egypte; 3° l'Absence do l'enfaut Jésus pendant trois ou quatre jours; 4" la Rencontre de Notre-Dame et de son fils pendant qu'il marchait au (jilvaire;5" le Cruciflemcnt; 0» le Corps de Notre-Seigneur déposé entre les bras de Marie ; 7» Jésus- Christ mis au tombeau.

C'est le partage indiqué par les répons de l'OITico di's Sepl-Douleurs dans le Bréviaire ; mais je ne vois pas en quoi l'on serait bien répréhensible d'adopter pour quatrième douleur les adii'ux de Jésus- Christ partant pour aller à sa Passion. I-a sépulture, retranchée alors, serait suflisamment remplacée par la circonstance qui est l'avantdernière dans l'Office.

2. On dit môme (malgré la gravure qui donn(! ici des proportions trop petites à l'image) qu'elle était de taille à être dilTicilement soulevée par un seul homme. Cf. AA. SS. Augusl., t. III, p. 317.

IMAGE DE LA TRES-SAINTE VIERGE

Le B" PiEBRK DE Chalon, abbé cistercien; 29 octobre, xni* siècle. On rapporte que se rendant auprès de l'emporeur Krddijric II, il entendit dans la cathédrale de Spire sortir ces paroles de la bouche d'une image de la «ainte Vierge qui le recommandait à Dieu : « Omnipotens sempiterne Deus, miserere liuic famulo tuo. »

Saint Beiinaiid de Ci.auwaux (CL Croix à la main, p. 283). Il est raconté dans sa vie que, saluant une image de Notre-Dame par ces mots Ave, Maria, il reçut pour réponse : Ave, Bemarde.

Saint Etienne roi de Hongrie, portant sur son étendard la représentation de la sainte Vierge. Cf. Bannière, p. 115, sv.

Saint Bernardin de Sienne, franciscain(Cf. A^om de Jésus, p. 96, sv.). Agenouillé devant une image près d'une porte de Sienne. Durant ses études, plusieurs de ses compagnons le plaisantaient sur ce qu'il ne prenait pas soin de plaire à quelque dame. Le saint jeune homme se défendit de pareille simplicité; et quand on voulut savoir où il portait ses hommages, il conduisit ses condisciples au pied de la peinture de Notre-Dame devant laquelle il puisait des forces pour conserver sa chasteté'.

Saint Guillaume de Monte- Vergine (ou de Verceil); 25 juin, 11/|2. On le peint assez ordinairement agenouillé devant une image de Marie, sans doute pour rappeler le nom même de la montagne qui devint le berceau de la congrégation bénédictine établie par lui*.

Saint Silvain cistercien, disciple de saint Bernard; 18 février, xiu'^ siècle. Priant un jour devant une image de la Mère de Dieu, il se laissa tellement envahir l'esprit par les pensées pieuses qui l'occupaient, que sa main fut brûlée sans qu'il s'en aperçût, par un cierge qu'il tenait en ce moment.

Saint Su.anus et ses trois compagnons martyrs (Cf. Groupes,, quatre à quatre, p. k^'ô). On les donne pour disciples de saint l-'ront, et l'on ajoute que Silanus était un habile musicien. Selon leur légende, après avoir été décapités ils ap])orlèrent eux-mêmes leurs têtes dans l'oratoire élevé par saint Front, aux pieds d'une image de la sainte Vierge que l'apôtre du Périgord avait exposée à la vénération de ses néophytes ^

Saint François d'Assise (Cf. Ange, p. 38; Agneau, p. 23; etc.) Agenouillé dans une chapelle dédiée à la sainte Vierge (Notre-Dame de la Portioncule, ou Notre-Dame des Anges), il y reçoit de Notre-Seigneur la concession de l'indulgence qui est devenue célèbre sous ce nom; et qui a occasionné depuis, la construction d'une église

somptueuse à laquelle les souverains ont consacré de pieuses largesses *.

Saint Ignace de Loyola (Cf. Chiffre, p. 220) est parfois représenté tenant une image de Notre-Dame assise au pied de la croix après que le corps de son divin Fils a été dépo.sé dans le tofnbeau. Cette peinture de la sainte Vierge, pour laquelle il avait une dévotion particulière, est connue sous le nom de Sainle-Marie-du-Cœur, comme qui dirait la Compassion de Notre-Dame {la pielà).

Saint François de Borgia (Cf. Chapeau de cardinal, Eucharistie, p. 392 ; etc.) tenant un tableau ou une gravure du portrait de la sainte Vierge honoré à Sainte-Marie- Majeure. Cette peinture n'avait guère été copiée avant lui; mais il obtint qu'il en fût fait des reproductions, et prit soin de les répandre au loin en grand nombre, pour étendre le culte de la Mère de Dieu.

Le B' Ignace d'Azevedo (Cf. Flotte, p. 419) , martyrisé avec trente-neuf autres jésuites. Pendant l'abordage des vaisseaux portugais par les calvinistes, il encourageait l'équipage en élevant au pied du grand mât une image de Sainte-Marie-Majeure que saint François de Borgia lui avait confiée pour la porter au Brésil. Percé ensuite de plusieurs coups, et précipité à la mer par les hérétiques, il continua d'arborer ce saint étendard jusqu'à ce que son cadavre fût enseveli dans les flots.

Le B' Crépin de Viterbe, frère capucin; 19 mai, 1750. Lorsqu'il n'avait encore que cinq ans, sa mère qui le conduisait à un pèlerinage de la sainte Vierge, voisin de Viterbe {La Madonna délia Quercia), l'exhorta à l'amour de la Reine du ciel avec des paroles qui furent singulièrement eflicaces sur cet enfant. Dans la suite, ayant pris l'habit de Saint-François, il faisait tellement profession d'aimer et de louer Marie, qu'on venait par curiosité voir les honneurs qu'il rendait à son image, et entendre les paroles de feu qui exprimaient son amour envers elle. Il avait appris par cœur les vers composés à sa louange par les meilleurs poètes italiens ; et le poëte Guidi, qui l'était venu visiter dans la cuisine oîi ce bon religieux exerçait son office, ne put retenir ses larmes en l'entendant réciter et commenter les vers du Tasse où il est question d'une image de Marie qu'Aladin fait transporter dans une mosquée '.

Saint Philippe Néri (Cf. Apparitions de la sainte Vierge, p. 60). Outre le trait que j'ai cité plus haut sur l'intervention de Marie en faveur de ce saint , les Oratoriens de Rome sont souvent caractérisés par une image particulière de la très-sainte Vierge qui est connue sous le nom

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