‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 108 sur 1339 · III Rcg. m · texte numérisé non relu

III Rcg. m

ARMOIRIES, BLASON

branche récente (la réforme) en adoptant la croix, qui ne se voit guère dans le blason primitif, aura voulu consacrer le souvenir du réformateur (saint Jean-de-la- Croix). Si ce n'est pas là précisément l'origine de cette différence, cela peut du moins servir comme artifice mnémotechnique pour distinguer les deux branches de l'Ordre1. L'ordre des Camaldules, qui forme un rameau du grand arbre monastique des Bénédictins (Cf. saint Romuald),se reconnaît aux armoiries ci-jointes s.

Les chevaliers de Calatrava portent une croix spéciale que l'on verrasur l'étendard du bienheureux Raimond de Fitero, leur fondateur. Cf. Bannière.

Les Mathurins ou Trinitaires comme nés en France, avaient adopté l'ancien écu de France aux fleurs de lis sans nombre , avec la croix rouge et bleue en abîme (comme on dit). Cette croix est celle que l'Ordre porte sur son scapulaire; et les fleurs de lis sans nombre pourraient bien signifier que saint Félix de Valois , l'un des fondateurs , passe pour être issu de la maison de France'. Cependant, sans prétention aucune à une origine royale pour leurs fondateurs, Cîteaux et Prémontré adoptèrent aussi l'ancien écu de France, comme indication de leur origine française; sauf que Cîteaux y introduisait un petit écu en abîme (dont je ne trouve pas les couleurs bien constantes), et Prémontré croisait l'écu français de deux crosses d'argent.

Le même motif de berceau national (Aragonais) a fait adopter à Tordre de la Merci les armoiries d'Aragon, ou plutôt de Catalogne (les Espagnols disent : Las cualro barras sangrientas de Aragon); parce que si je fondateur principal était Français (saint Pierre Nolasque), l'ordre s'établit par la HU protection du roi Jayme auquel obéissait une partie du Languedoc. Le blason aragonais (ou plutôt catalan ) ' occupe la partie inférieure de l'écu, et la partie supérieure est formée par un champ de gueules, au centre duquel paraît la croix blanche de

l'Ordre, qui n'a pas toujours la forme qu'on lui voit ici.

Les Dominicains, sauf le cimier et les accessoires qui varient un peu selon la fantaisie des artistes, ont assez généralement ceci. Je crois bien que l'ensemble représente l'habit de l'Ordre : manteau noir s' ouvrant sur une robe blanche. Le chien fait allusion au fondateur (Cf. Èloile, Chien). Quant aux palmes et aux lis croisés , quelquefois on leur substitue un bourdon croisé avec le lis de saint Dominique s ; et je pense qu'on a voulu indiquer ainsi le nom des F rires prêcheurs, destinés à évangéliser le monde sous l'enseigne de la pauvreté. Toutefois , ce ministère ayant de bonne heure entraîné le martyre (comme pour saint Pierre de Vérone), on comprend que la palme ait été substituée au bourdon. La couronne que traversent le lis et la palme (ou le bourdon), ne se trouve pas toujours dans les vieux dessins. Mais le petit chien soutient quelquefois un livre, pour indiquer la science ecclésiastique.

Les Franciscains, surtout les conventuels (Cordeliers), ont adopté un écusson, souvent d'azur, quoique parfois occupé par des nuages et des rayons. Au centre est une croix sous laquelle se croisent un bras de saint François et un bras nu de Notre-Seigneur, l'un et l'autre avec la plaie de la main. C'est évidemment un souvenir des stigmates de saint François (Cf. Stigmates, Plaies), exprimés autrement pour la réforme fondée par saint Pierre d'Alcantara.

Les Minimes (religieux de saint François de Paule) étaient caractérisés par un écu elliptique portant inscrit dans le champ le mot Charitas. Cf. Bâton, Devises.

Les Servites (ordre des Serviteurs de Marie) choisirent un lis arraché, à trois branches fleuries où deux grandes feuilles retombent de part et d'autres , en sorte qu'elles forment, avec la tige centrale une sorte d'M, pour indiquer le nom de Marie. Cette espèce de lettre est croisée d'un S, qui rappelle le nom de l'Ordre. Quelquefois, au dessus de l'M, se voit une couronne de reine entrelacée dans les trois branches des fleurs, et qui indique sans doute

1. Je ne prétends pas, on peut le voir, me donner des airs de docteur en droit héraldique; mais si j'évite, et pour cause, de multiplier les termes scientifiques, il ne faudrait pas me soupçonner d'être trop neuf en ces matières. J'ai eu soin d'avoir par devers moi un certain nombre de matériaux avant de m'engager sur ce terrain. J'engage donc ceux qui voudraient me critiquer, à ne pas se hâter de mettre en avant les premières raisons ( ou apparences ) venues. La réplique pourrait leur déplaire quand on en viendra aux pièces probantes.

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