‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1100 sur 1339 · POIREAU · texte numérisé non relu

POIREAU

Saint David évêque dans le pays de Galles (Cf. Colline, p. 238). Je ne saurais dire si quelque artiste lui a jamais

1. Cf. Zaccaria, Raccolta, t. XII; diss. m (p. 42-55), et diss. iv (p. 62, sgg.;9l,96, 98, 101-106).

2. Cf. Forster, Circle of the seasons, Mardi, 1. Selon d'autres, ce serait un signe du maigre régime que s'était imposé le saint.

3. Si quelqu'un en voulait davantage, je puis le renvoyer à un fort bon livre déjà cité plusieurs fois, et où quelques taches dues à

donné cette plante comme caractéristique. Cela serait cependant possible, attendu la grande célébrité de ce saint parmi les Gallois auxquels il donna le poireau pour signe de ralliement dans une bataille contre les Anglo-Saxons2. Aussi sa fête ramenait-elle l'usage national de porter une feuille de poireau sur le bonnet en manière de panache ; comme les Irlandais se parent d'une feuille de trèfle le jour de saint Patrice, qui leur avait indiqué ce végétal comme symbole de la Trinité.

Lorsque les souvenirs catholiques ont été oblitérés par l'invasion de l'anglicanisme chez les Celtes de la Grande- Bretagne, on a voulu rattacher le poireau national de saint David à quelque souvenir historique qui ne fût point religieux et d'où l'on ne pût pas tirer un monument des haines nationales soulevées par la conquêle germanique. De là l'invention d'.un champ de poireaux que les archers gallois auraient occupé durant la bataille d'Azincourt ou de Crécy; en vertu de quoi le poireau rappellerait un triomphe partagé avec les Anglais, au lieu d'une lutte de races sur le sol de l'Angleterre. La légende ecclésiastique paraît beaucoup plus vieille cl bien plus voisine de la vérité.

POISON

On verra sous d'autres titres {Calice, Coupe, Serpent, etc.) que les aliments ou breuvages empoisonnés ont été caractérisés par les vieux artistes au moyen d'un petit reptile, dragon, etc., dans un vase à boire. Comme l'art ne peut parler à l'esprit qu'en frappant les yeux, il fallait bien quelque signe visible où les spectateurs illettrés trouvassent l'information historique dont l'expression semblait réservée uniquement à un texte.

POISSON

Ayant déclaré à diverses reprises que je ne prétendais pas faire ici d'excursions sur le domaine de la haute archéologie, ni classique, ni même chrétienne, il sera facile de comprendre pourquoi Yichthys des monuments primitifs du christianisme n'obtient ici qu'une mention passagère*. En outre, les articles Pèche, Dauphin, Mets et Monstre marin ont allégé celui-ci de plusieurs faits qui ne sont donc plus à ma charge. Répétons en outre que je ne me pique pas de classification zoologique irréprochable pour la science moderne.

Le jeune Tobie (Cf. Chien, p. 214, etc.) figure à bon droit dans de nombreux monuments chrétiens avec son poisson des eaux du Tigre.

l'auteur et à l'éditeur n'empêchent pas qu'on n'y puisse s'instruire très-solidement sur les antiquités chrétiennes quand on n'a pas le loisir d'en faire une étude spéciale. C'est le volume de L'Heureux (Atacarius), intitulé Hagioglypla. L'ancien symbolisme du poisson y est très-suffisamment développé, p. 133-141, 196, 240. Nul besoin, après cela, de faire des citations copiées de troisième main.

POISSON

Les deux représentations que j'en donnerai ici ont paru déjà d'après les dessins du P. Arthur Martin1. Mais la première se contente de lui donner la tunique retroussée que réclamait le texte historique (Tob. vi, l-/i), et montre réellement' le poisson avec quelque chose de la grosseur indiquée par la Bible. L'autre, beaucoup plus inspirée du style classique, nous offre un adolescent nu qui semble revenir de quelque partie de pêche assez ordinaire, où la première proie venue aurait mis fin à son attente.

La perche que tient. sa main gauche pourrait passer pour une canne de pêcheur à la ligne, quoique j'aime mieux y voir un bâton de voyage. Interprétée de ■la sorte, elle s'accorde beaucoup mieux avec l'histoire. Du reste, il n'est pas entièrement certain que nous ayons là un Tobie. Je ne donne ce sens que comme probable.

Le prophète Jonas (Cf. Arbre, p. 64; Monslre, etc.). Le poisson ou cétacé quelconque qui engloutit ce prophète (Jon. i et n), a reçu .dans les monuments de l'art diverses formes plus ou moins inspirées par l'histoire naturelle. Quoi qu'il en soit, ce sujet figure fréquemment dans les peintures et les bas-reliefs des premiers siècles, à cause de la parole du Sauveur (Matth. xn, 38-41, etc.) qui s'en réfère lui-même à cette figure historique comme garantie de sa propre mission. Aussi peut-il être bon d'en donner un nouvel exemple tiré d'une lampe chrétienne pour que l'on reconnaisse plus aisément les circonstances de ce fait historique sous les diverses apparences que l'art lui a données.

Autour du bon Pasteur on aperçoit le soleil et la lune, pour faire voir qu'il est le Maître du monde. A droiteet à gauche, outre l'arche de Noé (Cf. Coffre) avec la colombe et le corbeau, ce qui saute le plus aux yeux c'est Jonas avalé ou rejeté par le monstre marin , puis se reposant à l'ombre après sa prédication ch*>z les Ninivites (Cf. Arbre).

La pêche miraculeuse, soit avant, soit après la résurrection, ne désigne pas seulement saint Pierre dans les monuments chrétiens; elle est souvent le symbole de l'Église et des labeurs apostoliques (Cf. supra, p. 673). Aussi, quand on voit des ■pêcheurs sur les sarcophages et dans les peintures des catacombes, il s'agit moins d'un apôtre en particulier que de l'apostolat lui-même continué jusqu'à la fin du monde, et du baptême qui nous

fait enfants de Dieu. Les textes anciens sur ce sujet ont été accumulés et répétés jusqu'à l'abus depuis quarante ans, comme si l'on en eût fait la découverte après les grands travaux des antiquaires (Italiens, surtout) dil xvie siècle * et du xvir5.

Saint Cohentin évoque de Quimpcr, ou du moins de la Cornouaille armoricaine; 12 décembre, première moitié du v« siècle. Selon sa légende bretonne, il s'était con-

Jiin.iv, etc.

struit un petit. ermitage dans les bois près d'une fontaine, ne se nourrissant guère que d'herbes et de racines sauvages. On ajoute que pour sustenter le saint homme un peu plus confortablement, Dieu fit trouver dans la fontaine un poisson de grosseur raisonnable.

Lorsque le solitaire se trouvait trop abattu par son régime végétal, ou quand il lui fallait recevoir quelque hôte inattendu, on prenait le poisson et l'on en détachait

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