Mélanges d'Archéologie, t. I, p. 82 ; etc
4. Cf. L'Heureux {Macarius), Hagioglypta, p. 70, 77. — Supra, p. 141, 559-562, etc. — A. Rien, Antiquités; V. Bracœ, Bracatus.
PROPHETES
gienne qui se réduit à si peu de chose dans les miniatures byzantines. Son écfiteau, qu'il montre de la main droite, laisse passablement lire : « Le Dieu du ciel établira un empire qui durera autant que l'éternité (Constituet Deus cœli regnum quod eril in zlcrnum), » En quoi j'imagine reconnaître l'explication du songe de Nabuchodonosor (Dan. h, I-/48), où se trouvent dans la
Daniel.
Vulgate à peu près les mêmes paroles pour annoncer le règne du Messie '.
Ce serait donc une autre fois encore, l'appel des peuples païens (vers la fin de l'époque romaine) pour remplacer la nation de Moïse.
Les prophètes Osée, Joël, Amos et Abdias (pour suivre l'ordre adopté par l'Écriture sainte) ne figurent point dans notre série; pas plus que divers autres dont les noms seront indiqués, avant de clore l'emprunt fait à la vieille basilique romaine aujourd'hui disparue.
Jonas s'exprime ainsi : « J'ai crié vers le Seigneur dans mon affliction et il a prêté l'oreille à ma voix (Clamavi de iribiUalione , etc.). » Nous avons là les premiers mots de sa prière (Jon. h, 3), quand il vient d'être englouti par le monstre marin ; et l'on y reconnaît sans grand'peine le type de Jésus-Christ au tombeau (Luc. xi,
1. Dan. il, ik : « In diebus regnorum illorum suscitabit Dcus cinll regnum quod in «sternum non dissipabitur, rtc a Nous aurons a revenir sur ce lente, en nommant Nahurlindnnnsnr.
29, sq. ; Matth. xu, 39, sq.), qui va précisément dévoiler plus que jamais sa puissance lorsque son action semble brisée sans retour par ses ennemis.
Michée, aussi bien que Nahum, manque à cet endroit. Aggée, Zacharie et Malachie seront omis également, quoiqu'il ne fût point difficile de puiser dans leurs paroles des textes éclatants par le sens prophétique. On le
verra tout à l'heure par le choix qu'y ont fait d'autres artistes , sans parler des écrivains ecclésiastiques. .
J'ai cru devoir laisser de côté diverses explications de ces dessins grecs, et bon nombre de détails presque techniques, surtout au sujet de l'orthographe. La théorie de Viotacisme, c'est-à-dire du changement des voyelles dans l'écriture grecque (surtout au moyen âge), nous mènerait. bien loin, même dans l'antiquité, sans que l'objet habituel de notre livre y gagnât beaucoup. Bornons-nous donc à faire observer que le D latin n'existant pas en grec, et notre B n'ayant guère d'équivalent chez les populations helléniques, etc., un graveur byzantin pouvait facilement se tromper en prenant le B pour un D, ott l'R latin pour notre B, et l'Y pour PU, etc.1; sans compter les détériorations amenées par les siècles dans son travail primitif.
S. On en aperçoit bien d'autres dans l'ouvrage de Constantin IV» ph)+ngcnète eut le cérémonial de la Cour, lorsque des acclamations latines ou gothique! sont exprimées en lettres inveqnes.
PROPHKTES.
Hadacuc dit : « Dieu viendra du Liban, et le saint descendra de la montagne {Deus a Libano véniel, el sanclus de monte, etc.). »
Klik (p. 71 G), ce grand homme qui protesta si haut contre l'idolâtrie du royaume d'Israël et les iniquités des rois de Juda, avait bien quelque droit de prendre
Nous n'avons là encore ni le texte de la Vulgate1, ni celui des Septante; mais il est facile d'y reconnaître le cantique ou la prière du prophète, où les docteurs ont vu l'annonce du Messie5 qui devait naître à Bethléem et compléter la loi donnée à l'ancien peuple dans le désert.
Sophome porte inscrit sur son cartouche : « Attendsmoi au jour de ma résurrection (Exspectame in die resurrcclionis). » La glose montre dans ce passage (Sophon. m, 7; etc.) le triomphe de l'Église après les infidélités et l'apostasie de la Synagogue.
Les autres personnages dont il nous reste à parler dans ce même monument ne sont pas d'ordinaire mis au nombre des prophètes proprement dits, parce que l'Écriture sainte ne leur a donné place que dans ses livres historiques. Au fond, nous n'avons pas moins leur langage dans les récits de la Bible, et nous savons qu'ils étaient inspirés de Dieu.
1. Ilabac. m, 3 : « Deus ab austro venict, et sanctus de monte Pharan. »
2. Je puis bien me contenter en cet endroit de renvoyer à la glose ordinaire, qui était nu manuel si important pour les gens du moyen :"tzp; et que l'on néglige beaucoup trop de nos jours.
Sophonie.
rang parmi les principaux organes de la Sagesse éternelle durant l'époque de l'Ancien Testament. Je ne saurais vraiment dire pourquoi, à partir de celui-ci, tous parlent grec; tandis que jusque-là nous avions toujours la langue latine, sauf dans les noms des personnages. Peut-être, abandonnant la décoration (et par conséquent la distribution des scènes) aux artistes de Constantinople, leur avait-on adressé de Rome un programme moins compliqué que celui auquel ils s'arrêtèrent en définitive'. Ceux-ci, après avoir pris leurs mesures, se seront arrêtés à des proportions moindres qu'on ne l'avait calculé en Italie; et auront été conduits à choisir sans contrôle trois personnages de plus dans l'ancienne loi. En ce cas, des Byzantins auront été consultés pour compléter cet ensemble, et tout prête à penser que. la langue latine était fort peu cultivée dans l'empire d'Orient.
Bref, les paroles prêtées par ces Grecs au prophète Klic semblent être (III Reg. xvm, 36, 87) : « Sachent ces
3. Je ne vois pas que l'on prouve l'intervention personnelle de saint Grégoire VII (alors cardinal Ilildebrand) dans la direction de cette oeuvre d'art, quoique Nice. M. Nicolai donne le fait comme indubitable. Mais ce sérail là matière à dissertation qui ne peut trouver place ici; j'ai lien d'autres sujets a traiter.
PROPHETES
peuples que vous seul, Seigneur, êtes Dieu, et que je
Suis VOtre Serviteur (rvMTcouav ira; 6 Xao; ... on où eï; x.'ifto;
ô eiô;... xal •fùo'oùxoî oou). » Me trouvera-t-ou trop hardi si je prétends reconnaître dans ce langage une allusion à saint Paul ? Le thaumaturge qui vient devant Achab
siastique (xxiv, 5), et qui se rapporte évidemment à la Sagesse éternelle ' : « Je suis sortie de la bouche du
IreS-llaut (Èfù àiro ff»'|Mmc T^ÎTrou t^ikSov). »
S'il fallait expliquer comment ce passage de l'un des livres sapientiaux semble mis sur le compte d'un saint
confondre les prêtres de Baal et arracher ses frères au culte des idoles, peut avoir été censé rappeler le ministère de saint Paul dans la nouvelle loi. Le grand apôtre est en effet celui qui dans le Nouveau Testament insiste le plus sur l'abrogation de la loi ancienne. Cette comparaison d'Élie avec Paul ne serait pas sans appuis chez les écrivains ecclésiastiques; mais surtout, il est vrai , chez les docteurs de l'Église latine. Cependant lorsqu'Élie est envoyé à une pauvre veuve de pays infidèle (III Reg. xvii, 8-24), il se fait reconnaître comme ministre de Dieu ; et la parole même de Notre-Seigneur (Luc. iv, 25-27) suffit pour montrer dans notre prophète une sorte de précurseur de l'apôtre des nations. Cf. Vitraux de Bourges, n" 26, sv. (p. 38, svv.).
Elisée, disciple d'Élie, nous est ici donné comme prononçant un texte qui appartient au livre de l'Ecclé-
1. Ou, comme l'entend l'Église dans sa liturgie, à la femme bénie entre toutes les simples créatures, dont la prédestination s'est trouvée liée au décret de l'incarnation du Verbe éternel.