‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1139 sur 1339 · Rom. vi, 4. — Coloss. n, 12. — Ephes. v, 6. — TH. m · texte numérisé non relu

Rom. vi, 4. — Coloss. n, 12. — Ephes. v, 6. — TH. m

4. I Cor. i, 24, 30; n, 7. — Coloss. n, 3, 10. - Epli. v, 20. — I Tim. iv, 5. — Joann. i, 12, sq. — Etc.

PROPHETES

tiste grec; et nous allons voir des interventions bien plus surprenantes encore pour les esprits peu familiarisés avec le moyen âge. Ici, revêtu des ornements royaux comme David , il porte écrit sur son cartouche : « Vous êtes le seul maître suprême de tous les royaumes (Si

U.-.-.0; xùpa; ù^kjtc; tm itocaai; tco; fiowùiious). »

Ces mots ne se trouvent littéralement ni dans là version des Septante, ni dans la Vulgate; mais ils rappellent à coup sûr la prière d'Ézéchias (IV Reg. xix, 15). L'Église n'emploie dans sa liturgie que le cantique de ce roi (Isai. xxxvm, 10-20); ce qui n'empêche pas qu'elle ne le tienne pour un serviteur de Dieu, sans toutefois en faire précisément un saint, pas plus que de Salomon. Cependant il est' entendu que son langage adopté par l'office ecclésiastique est considéré comme dû à l'inspiration divine. En cet endroit, il se peut qu'on ait pré^ tendu le faire parler en manière de prophétie (toujours

t. Pour ne pas accumuler des citations que ne comporte point le travail actuel, contentons-nous d'une seule qui en résume beaucoup d*autres; c'est l'hymne de laudes pour la Dédicace:

■ Alto ex Olynîpi vertice

Summi Parentis Filius,

Ceu monte desectm lapis

Terras in imas decidens, etc. ■ 1. Virgile même, comme ayant fait allusion a la sibylle do Cumes, parait dans plus d'un document ecclésiastique. Nous n'avons pas à nous mêler de cela dans le travail qui nous occupe aujourd'hui. Prétendre ne rien laisser à dire, conduirait à tomber facilement dans

à cause de l'apôtre des nations) pour annoncer le culte que tous les royaumes de la terre devaient rendre au vrai Dieu sous la loi de grâce.

Si les artistes byzantins nous ont fait voir parmi les prophètes des personnqges que nous ne classons pas habituellement dans cet Ordre, que dirait-on d'y voir figurer Nabuciiodonosor? 11 est pourtant vrai que le moyen âge a souvent introduit ce monarque asiatique dans la série des personnages qui rappellent les grandes prophéties de l'Incarnation. L'on pourrait bien dire que le songe mystérieux où il vit les empires dont la suite devait être couronnée par le règne de l'Évangile (Dan. u,'i-lfl), ne devint pas une prédiction avant d'être interprétée par Daniel. Au fait, sculpteurs, peintres et même écrivains ecclésiastiques n'y ont pas regardé de si près. Le roi de Babylone avait vu cette pierre détachée de la montagne sans main d'homme (lbid., 3Z|, 45), et qui devait renverser l'empire romain ; c'est-à-dire le divin Fils de la Vierge, dont la loi remplacerait celles des anciens conquérants '. Dieu s'était donc communiqué au prince assyrien pour l'utilité de tout l'univers (Cf. lbid., 28-30); à cef titre, on avait droit de le faire entrer dans la série des antiques manifestations qui déclaraient d'avance la maternité divine de Marie et l'incarnation du Verbe.

Les sibylles, par la même occasion, auraient quelque prétexte à s'introduire dans mon sujet*. L'accès leur sera fermé; non pas qu'il n'y ait fort à dire sur elles : le xvi" siècle les a introduites dans mainte église, et cela prête à plus d'une recherche qui aurait son importance. Dans ce livre toutefois, où la matière ne manque point, qu'ai-je besoin de la tirer en longueur par des horsd'reuvre! Tenons-nous-en aux prophètes, et ne prétendons pas même épuiser ce qu'on en peut dire dans un aperçu général destiné à guider le lecteur en fait de caractéristiques bien établies par la pratique populaire. 11 ne manquera pas de données utiles, à se tenir dans le cercle que trace un titre si modeste en apparence.

Nos monuments franchement latins reproduisent volontiers l'appel aux témoins que Dieu avait envoyés d'avance, pour faire reconnaître la grandeur de son Fils quand il se manifesterait au monde dans la faiblesse de la chair et l'opprobre de la croix. De bonne heure chez nous, ce recours était devenu populaire à la suite du livre de Tertullien contre les Juifs, du sermon attribué à saint Augustin sur le même sujet3; des conférences entre

un vrai fourré de détails inextricables. Rappelons seulement que le grave Baronius, après saint Justin, saint Augustin et saint Jérôme, ne voit nul inconvénient à ce que les Gentils aient eu aussi leurs prophètes inspirés du Dieu.

a. Cf. Augustim Opp., t. Mil; Appetidix, p. Ij-17 (Paris, 1094). Ce petit traité, sous le nom du grand évêque d'Hippone, eut une telle fortune que diverses Églises (celle de Salerne par exemple) l'abrégèrent pour l'insérer dans les matines de Noël. Ce jour-là (en manière de drame ecclésiastique mêlé à l'Olliru divin) prophètes, sibylles, etc., venaient l'un après l'autre, sur l'appel du lecteur ecclésiastique, réciter chacun leur témoignage devant le peuple chrétien.

PROPHETES

Juif et chrétien qui parurent sous divers noms, de siècle en siècle. Quoi qu'il en soit, laissons de côté ce qui n'est que de l'érudition toute pure, et consultons les vieux artistes.

Jean de Fiésole {il beato), comme peintre et théologien, peut prendre le premier rang quoiqu'il appartienne au voisinage de la Renaissance. Je transcris donc à peu près dans le volume que lui a consacré M. E. Cartier {Vie de FraAngelico, Paris, 1857, p. 173-196), les textes que ce pieux artiste fait proclamer par les antiques organes du Saint-Esprit à l'occasion des principales actions de l'Homme-Dieu.

Incarnation (Annonciation). Isaïe (vu, 14) : « Une vierge concevra et elle enfantera un fils dont le nom sera Emmanuel {Dieu avec nous). :>

Naissance de Notrè.-Sbigneur à Bethléem. C'est encore Isaïe (ix, 6) qui dit : « Un petit enfant nous est né,... et portera sur l'épaule le signe de sa domination. »

Adoration des Mages (Epiphanie). Le Psalmiste nous annonce (Ps. lxxi, 10) que cela était décrété de tout temps : « Les rois de Tharsis et les habitants de la mer déposeront leurs hommages; les rois de l'Arabie et de Saba lui apporteront des présents. »

Purification. C'est Malaciiie (m, 1) qui figure comme prophète de ce mystère : « Alors viendra dans son temple le Maître que vous cherchez; et l'ange du Testament, qui est l'objet de votre attente. »

Massacre des Innocents. Joël prononce ces paroles (Joël, m, 19) : « Ils ont maltraité les enfants de Juda, et versé sur la terre le sang innocent. »

Entrée de Jésus-Christ a Jérusalem le jour des Rameaux. Zacharie accompagne cette peinture avec sa prophétie (Zach. ix, 9) sous la forme un peu différente que lui donne saint Matthieu (Matth. xxi, 5) : « Voici ton roi qui vient à toi sur une ânesse, et sur son ânon. »

Trahison de Judas. C'est encore Zacharie disant (Zach. xi, 12) : « Ils m'ont vendu pour trente pièces d'argent. » Ceci était pour le marché passé par le traître avec les ennemis du Sauveur; mais quand Judas livre son maître par un baiser dans le jardin des Olives, le Psalmisit. est là avec sa prophétie (Ps. xl, 10) : « Celui qui mangeait mon pain a tramé ma perte. »

Jésus outragé dans la maison du grand prêtre. Là deux prophètes viennent répéter leur langage proféré

M. Marins Sopct, qui en a parlé récemment dans un mémoire publié par la Bibliothèque de l'École des Charles (VIe série, t. III, p. 2, svv.; et 211, ivv.), eût pu indiquer bien d'antres sources, mais peutêtre so proposait-il de n'en sonder qu*unc seule pour mieux clrconscrirc son étude.

Il y a aussi, par exemple, la singulière description d'un souper attribuée à saint r.yprien de Carthagc (ou de Toulon), et citée par quelques-uns sous le nom de Maurus episcopus (Rahau Maur?). Patriarches et prophètes y défilent :i plusieurs reprises «TOC divers attributs où l'on reconnaît que cette procession éirango a du être un spectacle familier aux chrétiens d'Occident. Car cola fut commenté au xii' si de comme texte dorft la signification menaçait de se

plusieurs siècles auparavant. Isaïe (i., 6) : « Je n'ai pas détourné ma face des soufflets et des crachats. » — Michée (v, 1) : « Ils souffletteront le juge d'Israël. »

A la flagellation. C'est encore le Psalmiste (Ps. xxxvii, 18) : « Je me suis tenu prêt aux coups de fouets, etc. »

Nôtre-Seigneur portant sa croix. Isaïe paraît de nouveau (Isaï. lui, 7) : « On l'a mené à la mort comme une brebis. »

Jésus-Ciirist dépouillé de ses vêtements sur le Calvaire. Le Psalmiste une autre fois (xxi, 19) : « Ils se sont partagé mes vêtements, et ont tiré ma robe au sort. »

Le crucifiement. Nous entendons de nouveau parler Isaïe (lui, 5) : » Il a été blessé pour nos iniquités, broyé pour nos crimes. »

La mise au tombeau. Isaïe, qui semble suffire à tout, dif en cet endroit (xi, 10) : « Les nations le prieront; et son sépulcre sera glorieux. »

Descente de Notre-Seicneur aux enfers. Le Psautier, comme Isaïe, paraît quasi suffire à tout, tant il abonde en textes prophétiques. Cette fois on lui emprunte le verset (Ps. evi, lft) : « II les a tirés des ténèbres et de l'ombre de la mort, il a rompu leurs chaînes. »

Les saintes femmes au tombeau. Fra Angelico n'a eu cette fois qu'à se rappeler Yinlroït du jour de Pâques (Ps. cxxxviii, 18) : « Je suis ressuscité, et me voici encore avec vous. »

Ascension. Toujours David (Ps. xvii, 11) : « Il s'est élevé au delà des cieux, il a pris son essor sur les ailes des vents. »

Pentecôte. Joël (ii, 28), cité par saint Pierre au peuple de Jérusalem, immédiatement après la descente du Saint- Esprit (Act. ii, 17-20), se présentait tout naturellement comme le prophète de ce grand jour : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos enfants prophétiseront. »

Pareils groupes se retrouvent à cent reprises, avec quelques variantes, dans les verrières, les reliquaires, les sculptures, etc., durant tout le temps du moyen âge.

J'en ai cité moi-même un exemple pris à Saint-Cunibert de Cologne1; et l'ardre de Jessé à Saint-Denis, qui parait avoir été commandé par l'abbé Suger, en offre encore des traces. Pour ne pas avoir l'air d'attribuer cet usage quasi exclusivement aux peuples de l'Église latine, il convient de rappeler un magnifique chant de la liturgie syriaque pour l'office du vendredi saint*. Les

perdre ; et avait été tourné , même d'assez bonne heure, en pièce de Ters. Cf. Édél. du Méril, l'oésies populaires latines antérieures au xnc siècle, p. 103. svv. — Item, Poésies... latines du moyen âge, p. 03. sv.; 452. — Journal des savants, 1840, p. 80, svv. ; et 1801, p. 402, svv. — Carpentier, Gtossai:, v. Fcstum asinorum. — llomancero sanrado, p. 111 (n« 302). — Ami de la religion, 20 décembre ISIS; etc.

Un discours de saint Zenon (ad neophylos) fait voir que ce fut en occident, do vieille date, une idée fort populaire.

1. Vitraux de Bourges, n' 205 (p. 205) ; Élude XII, lig. II. Déjà ce vitrail avait été publia par M. Doisscréc, je crois.

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