‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1196 sur 1339 · Cf. Ibid., p · texte numérisé non relu

Cf. Ibid., p

De cette dévotion, répandue évidemment hors de France, sera né l'axiome suivant que je trouve au mois de janvier, dans le calendrier d'un vieux missel de Constance, imprimé en 1 iOt :

• vincentl feilo si sol radiât, memor e»to ;

Tuoc magnum fac vas, quia vins riabit tibi (sic) uvas. »

On sait que les Allemands ont conservé jusqu'à nos jours l'usage de faire des tonneaux énormes.

plombs du moyen âge on ajoute un broc comme destiné à goûter le vin, et je crois que la même idée aura pu dicter certaines représentations où saint Vincent est entouré d'une végétation qui se peut expliquer par des pampres*.

Saint Webner (Verny ou Vernier), enfant tué par les Juifs à Oberwesel; 19 avril, 1287. 11 est honoré, nonseulement dans le diocèse de Trêves, mais en Auvergne même, comme patron des vignes ; et à ce titre, on lui donne une serpette5. C'est qu'il était fils d'un vigneron, et quittait la maison de son beau-père lorsque des Juifs le mirent à mort pendant la semaine sainte6, et s'efforcèrent de cacher son corps près de Bacharach. On le représente aussi quelquefois suivi d'un chien, ou tenant une bêche, mais ce ne sont pas là ses attributs les plus ordinaires.

Pour saint Céchard évoque de Luni , on met parfois la serpe ou la serpette entre les mains de l'un de ses meurtriers. Cf. Assassinat, p. 89.

Le B1 André de Tyrol7, tué par les Juifs; 12 juillet, 1462. Une serpe (ou faucille?) qui se voit dans la gravure publiée par les Bollandistes peut exprimer la saison où fut accompli cet assassinat, c'est-à-dire le temps de la moisson. Ce pourrait être aussi une manière d'indiquer les nombreuses et cruelles saignées qui donnèrent la mort à ce saint enfant.

SERPENT

L'article Dragon nous a donné lieu de citer plusieurs saints qu'on pourra être tenté de venir chercher ici. De fait, dragons et serpents ont été parfois confondus dans les œuvres d'art; mais ce n'est point mon affaire de justifier toutes les licences des artistes, quoiqu'il me faille çà et là aider le spectateur à se retrouver dans ces confusions. Aussi répéterai-je, pour plus de clarté, quelques noms déjà inscrits ailleurs.

Ajoutons pour mémoire que, sous le titre Calice, etc., la coupe surmontée d'un serpent ou d'un petit dragon (serpent ailé) a été désignée comme indice de poison. Il ne sera donc plus besoin de revenir sur cette donnée suffisamment éclaircie une fois pour toutes.

J. A. de Tliou parle de cette coutume dans ses Mémoires ( Petitot, in série, t. XXXVII, p. 279; ann. 1579), quoiqu'il confonde saint Vincent Ferrier avec saint Vincent martyr. Mais il ne se piquait pas d'une érudition très-avancée sur les choses relatives à la dévotion populaire, faisant profession d'être aussi peu catholique que possible. Toutefois disons qu'il désavoua en mourant ce que ses écrits avaient de contraire à l'Église. Cf. Mémoires du P. Rapin , t. II , p. 343 , note 1.

5. Cf. J. B. Bouillct, Histoire des Communautés des arts et métiers de l'Auvergne, p. 411.

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