‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 186 sur 1339 · BÉNÉDICTION. — BÉQUILLES · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION. — BÉQUILLES

Trinité par les trois autres; et l'Église grecque croise le pouce sur l'annulaire avec une intention quelque peu alambiquée (pour nous du moins qui sommes médiocrement formalistes) de représenter les quatre lettres 1C XC, abrégé du nom de Jésus-Christ (Cf. p. 96).

Quoi qu'il en soit, Je geste de la bénédiction épiscopale latine a été mal interprété dans bien des cas où l'art s'inspirait des formes antiques et non pas de la liturgie moderne. C'est alors tout simplement une manière d'annoncer au spectateur que le personnage parle ou veut se faire écouter. Voilà pourquoi la main divine sortant d'un nuage, ou, comme on disait (issant du ciel), a presque toujours cette forme. Elle indique une parole ou une inspiration de Dieu *. De là ces mains soi-disant bénissantes sur des calices ou des patènes, pour rappeler la vertu céleste qui fait le sacrement ; et ces mains divines mentionnées par diverses légendes dont nous aurons à parler quanq" leur tour sera venu.

La bénédiction se faisant avec le signe de la croix, peut être considérée comme le grand recoure à Dieu et à la médiation de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Un trèsgrand nombre de miracles aura donc été fait par ce moyen ; mais ici nous ne parlerons que de circonstances particulières où la bénédiction est ce qu'il y a de plus apparent dans une scène historique. Quand un saint ^vêque est représenté sans caractéristique spéciale, ce geste lui est presque toujours attribué, soit parce que la bénédiction appartient tout spécialement au sacerdoce supérieur, soit parce que la prédication est le premier devoir de l'épiscopat. Que l'on ne prenne donc pas toujours la bénédiction moderne comme un signe qui aurait eu jadis constamment sa valeur actuelle.

Le patriarche Jacob bénissant les deux fils de Joseph. Son grand âge l'avait rendu aveugle ; mais comme , croisant les bras, il posait la main droite sur le cadet et la gauche sur l'aîné, Joseph s'imagina que c'était une erreur. L'aïeul répondit : « Je sais ce que je fais, le plus jeune l'emportera sur son frère ». » Le moyen âge a fréquemment reproduit ce grand fait de l'histoire sainte, comme une des prophéties historiques de la substitution des Gentils aux Juifs (de la nouvelle loi à l'ancienne) en vertu de la croix; j'ai eu l'occasion de l'expliquer d'après les SS. Pères, en rendant compte du sujet qui couronne le premier des vitraux de Bourges (Nouvelle alliance).

Saint Prosper, évêque de Reggio dans le duché de Modène ; 25 juin, v. 466. Il meurt en bénissant son clergé rassemblé autour de lui. On l'a quelquefois confondu avec Prosper évêque de Riez en Provence, parce que le nom des deux villes est à peu près le même en latin.

1. Il est inutile de revenir sur la preuve de cette signification, que je crois avoir surabondamment établie ailleurs (Mélanges d'Archéologie, etc., 1. 1, p. 32 i p. 214, note 4; et p. 215. — Item, t. 111, p. 46, pote 1). A qui fera-t-on croire que certains personnages des diptyques consulaires prétendent bénir le public parce qu'ils font ce geste oratoire très-connu des antiquaires pour avoir été employé

Saint- Coprès, prêtre et solitaire en Egypte; v. 930. Rénissant du sable que lui présentaient des paysans. Ces gens étaient païens, et le saint les ayant évangélisés, ils lui demandèrent de prier pour leurs récoltes qui tournaient souvent à mal ; car la contrée était fort stérile. Sur sa promesse de les recommander à Dieu, ils ramassèrent du sable sur lequel notre saint avait marché, et le lui faisant bénir, ils le mêlèrent à leurs semences qui vinrent à merveille •.

Saint Héuer (Helerius) ermite, et martyr dans l'île de Jersey; 16 juillet, vi" siècle. Bénissant une fontaine dont il rendit l'eau potable désormais, tandis que jusquelà elle était évitée comme fiévreuse. On s'y rendit au contraire depuis lors, pour être guéri de la fièvre.

Saint Roch. Cf. Chien, etc.

BÉNITIER. Cf. Aspersoir.

RÉQUILLES.

Nous ferons entrer dans cet article les différentes espèces d'instruments employés pour aider les estropiés à marcher ou à se mouvoir d'une façon quelconque. Ce sera tantôt ce que l'on appelaitpotence (ou bâton terminé par une traverse à angle droit, comme un T), tantôt une poignée s'appuyant sur quatre petits pieds, comme celles dont voici un échantillon et qui servent aux culs-de-jatte pour se traîner ; enfin tout ce qui indique les estropiés.

La petite enseigne de pèlerinage que nous donnons ici d'après M. Forgeais* montre (avec une perspective quelque peu négligée) l'un de ces supports appendu en ex-voto dans le sanctuaire de Saint- Maur-des-Fossés. Admettons ici , soit ces instruments témoignant la confiance qu'on avait aux saints pour la guérison, soit les malheureux qui viennent réclamer les secours d'un thaumaturge.

Le moyen âge, auquel les philanthropes ont souvent reproché d'avoir encouragé la fainéantise par une charité mal entendue, n'est plus là pour se défendre contre ceux qui lui intentent ce procès posthume. Mais qui veut y regarder de plus près verra que dans les peintures de cette époque les mendiants sont presque toujours des estropiés, ce qui n'indique sûrement pas que X assistance publique d'alors prêtât beaucoup à l'abus. Quant aux

dans l'art païen? Bien des représentations de l'époque chrétienne s'expliquent d'une manière satisfaisante par la transmission de cette ancienne pratique. Mais l'article Main divine en dira davantage.

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