BERGERS
dans son voyage il tombe entre les mains des Arabes vagabonds qui, depuis les premiers temps historiques, infestent les frontières indécises de la Syrie. Devenu esclave, il fut chargé par eux de garder les troupeaux pendant leurs expéditions; et pour qu'il prît goût à sa nouvelle tâche, ses maîtres s'occupèrent de le marier. Ils lui donnèrent donc une femme qu'ils avaient enlevée dans leurs pillages, et il fallait l'épouser ou recevoir la mort. Or la femme qu'on lui imposait ainsi avait été prise à un mari qui s'était soustrait à la main des Sarrasins. Comme elle aussi était chrétienne, ces deux singuliers époux s'arrangèrent pour avoir la mine de faire bon ménage. Ils vécurent de la sorte plusieurs années en servitude jusqu'à ce qu'une occasion de s'enfuir s'offrît un jour. Mais leur maître se mit bientôt à la poursuite des fugitifs, et ils allaient être atteints quand ils se jetèrent dans une grotte pour se dérober à ses regards. L'Arabe ne les avait pas perdus de vue, et descendant de son chameau, il se mit en devoir de pénétrer dans la caverne l'épée à la main. Cependant il y avait dans le voisinage une lionne avec ses petits. La bête farouche, pensant qu'on avait affaire à elle, s'élança sur l'Arabe et le mit en pièces. A quelque temps de là, Malchus et sa compagne, se glissant hors de leur cachette, trouvèrent disponible le chameau de leur maître qui leur servit à regagner le pays romain. Malchus revint à son monastère après cette dure leçon, et prit le parti d'y vivre jusqu'à un âge avancé où la mort termina sa pénitence.
Saint Armogaste, confesseur de la foi en Afrique ; 29 mars, v. 468. Homme de la cour sous le règne de Genséric, il fut soumis à diverses tortures comme catholique ; et pour éviter d'en faire un martyr en lui donnant la mort, on le réduisit à l'état de bouvier dans la campagne de Carthage. C'était un exemple et une menace à l'adresse des Vandales surtout qui voudraient quitter l'hérésie nationale.
Saint Valéry {Walaricus) , abbé; 1 avril, 622. Enfant, il garde les bestiaux et s'y forme tout seul aux éléments des lettres. Né de parents pauvres et désirant arriver à faire ses études, il se faisait écrire sur des tablettes les caractères de l'alphabet pour s'appliquer ensuite à les lire et à les retracer, suppléant de son mieux au défaut de maître1. Cf. Oiseaux.
Saint Thuriaf (Thuriau ou Thiviziau), évoque de Dol ; 13 juillet, v. 749. Il avait été berger dans son enfance, et l'on raconte de lui comme de saint Valéry, qu'il s'était formé presque tout seul à la lecture. Sa belle voix attira l'attention de Thiarmail (ou Armahel) évêque de Dol, qui le fit instruire. Thuriaf devint ensuite chorévéque, et successeur de Thiarmail *.
Saint Laumer (Launomarus, Lomer), abbé; 19 janvier ou 16 mai, 594. Dans ses premières années, il avait aussi gardé les troupeaux; et dès lors il employait une bonne partie de ses journées à la prière. Cf. Argent, p. 69, etc.
Le B1 Didier (Desiderius), frère lai à Clairvaux3; 24 février, v. 1150. 11 était chargé des bestiaux du monastère; et saint Bernard jugeait qu'il méritait plus par un seul Ave Maria, que ne faisaient au chœur tous les autres moines de l'abbaye. Particulièrement cher à la Mère de Dieu, ce saint frère reçut sa visite au moment de la mort.
Saint Wendelin, abbé; 20 octobre, v. 630. On le représente jeune gardant les troupeaux. Il passe pour Irlandais ou Écossais, et fils d'un prince. Ayant quitté sa patrie, il se serait mis au service d'un riche dans le pays de Trêves et fut employé comme berger. On dit qu'il convertit son maître, et plus tard il embrassa la vie monastique 4.
Saint Marien (ou Marcien) prêtre, moine à Auxerrc; 20 avril, ve siècle. Chargé de garder les vaches du monastère, il attira une bénédiction extraordinaire du Ciel sur son troupeau et sur tous ses produits. On ajoute que sa bonté attirait les oiseaux qui venaient folâtrer autour de lui, et qu'un sanglier et un ours lui durent d'échapper aux chasseurs *.
Saint Uguzzon (Uguccione, Uguzzo, Lugusonus , indus, etc.), martyr dans le Val Cavargna, près du lac de Côme ; 12 juillet, époque incertaine. Pâtre au service d'un maître qui le soupçonna de faire des charités nuisibles à l'intérêt de la maison, il fut congédié brutalement. Mais comme les intérêts du nouveau patron qui avait engagé l'homme de Dieu à son service gagnaient au changement, l'ancien imagina de poignarder celui qu'il n'avail pas su conserver sur ses terres. Cf. Source.
Saint Druon (Drogo , Drugo), ermite; 16 avril, 1186. Paissant des brebis. Né dans l'Ostrevan. et orphelin dès son enfance, il passa plusieurs années au service d'une dame pieuse à Sébourg près de Valenciennes, et y garda les bestiaux. Devenu grand il visita Rome , et puis se bâtit un ermitage pour y passer le reste de ses jours. On l'invoque contre la pierre et les hernies, parce qu'il souffrit lui-même d'une hernie très-grave qui l'obligea précisément de renoncer à ses pèlerinages pour terminer sa vie dans l'état de reclus9.
Saint Gamelbert; Cf. Baptême, p. 119; Ermites.
SiiNT Éberhard (Evrard, ou Erhard), berger près de Frisingue ; 28 septembre , époque indéterminée. Agenouillé au milieu de son troupeau '. Il est invoqué en Bavière contre les épizooties.