‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 192 sur 1339 · BERGERS · texte numérisé non relu

BERGERS

Saikt Émiuen (Millan de la Cogolla) prêtre, honoré comme abbé par les Bénédictins; 12 novembre, v, 560. Né de parents pauvres à Berceo, il garda les troupeaux de sa famille durant bien des années; puis fut instruit par un ermite et ordonné prêtre. Après avoir administré les sacrements dans son pays natal, il revint dans son ermitage qui devint le célèbre monastère de San-Millan1.

Saint Gilbert (Giliberto), pèlerin. Il meurt à genoux dans une bergerie, à Montecchio del Loto (dans le Val di Chiana) près de Cortone; et tous les moutons s'agenouillent autour de lui '. Je ne puis me rappeler où j'ai pris cette note, mais je ne rencontre plus de renseignement sur ce saint, qui est cependant un des patrons de la paroisse ci-dessus désignée.

Saint Bénézet, auteur de l'ancien pont d'Avignon. Cf. Pierre.

Saint Pascal Baylon, franciscain de la stricte Observance; 17 mai, 1592. 11 avait été berger dans son enfance, et dès lors portait toujours le rosaire à la main ou suspendu à son cou, mettant à contribution la charité des passants pour se faire enseigner la lecture à bâtons rompus. Je l'ai vu représenté en costume de franciscain, tandis qu'il veille sur son bétail; mais c'est là un de ces anachronismes dont les artistes ne se sont pas assez fait scrupule. Cf. Ostensoir.

Saint Gaudens (Gaudentius, Gaudeins, Goins, Gauzeins) berger, martyr dans le pays de Comminges , ou en tout cas dans les Pyrénées; 30 août, etc., vuie siècle (?). Il est tenu pour berger, martyrisé par les Sarrasins dans son jeune âge avec plusieurs compagnons3. M. Louis Lamothe a bien voulu me permettre de faire copier la peinture qu'il avait exécutée dans l'église même de Saint-Gaudens, et j'en donne ici la reproduction qu'il ne s'est pas chargé de garantir (voir l'autre colonne).

Sainte Reine d'Ause; 7 septembre, 251. Élevée, diton, dès sa petite enfance dans la religion chrétienne, elle fut chassée pour cela de la maison paternelle; et gardait les troupeaux de sa nourrice lorsque le gouverneur, frappé de sa beauté, voulut la prendre pour épouse. Sur le refus de la jeune fille, on lui fit endurer divers tourments et elle mourut décapitée. Sa légende semble bien avoir été grossie par des emprunts faits à l'histoire d'autres saintes. Mais enfin le culte de cette martyre était extrêmement célèbre dans l'Auxois dont elle était patronne, et de nombreux pèlerins allaient vénérer ses reliques dans l'abbaye de Flavigny '.

Sainte Marguerite d'Antioche (Cf. Ceinture, Dragon, etc.). On la peint quelquefois gardant les moutons, et cela est assez d'accord avec sa légende ; mais ce

n'en est pas la circonstance saillanle, et l'usage le plus répandu est de la caractériser par un dragon *.•

Sainte Geneviève, patronne de Paris (Cf. Ange, p. 24; Aveugle, p. 106, etc.). Que dans son enfance la sainte ait pu être envoyée aux champs par sa mère (femme un peu

Saint Gaudeins (ou Gaudens).

rude , comme dit l'histoire) pour surveiller les bestiaux, je ne m'y oppose point. Mais je ne crois pas que l'idée d'en faire une gardeuse de moutons soit antérieure à l'époque des bergeries dans la peinture. En somme, ce n'était pas la représentation acceptée dans l'art populaire avant le xvir3 siècle 6. Adoptons si l'on veut, pour

1. Espaiia sagrada, t. XXXIII, p. 414. — Gonzalo de Berceo, Estoria de sennor sant Millan, etc., etc.

2. La même chose est rapportée de quelques autres saints; comme par exemple saint Joseph de Copertino.

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