‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 231 sur 1339 · Dat Clrtneni hyemem, dat Petrus ver cathedratus · texte numérisé non relu

Dat Clrtneni hyemem, dat Petrus ver cathedratus

vKfiluat t'rbanus, autumnat Bartholomams. »

l'année 1582; et qu'ils n'avaient pas d'ailleurs les prétentions de nos annuaires scientifiques actuels, établis sous la responsabilité de commissions savantes.

On disait donc, à tort ou à raison, que les œufs destinés à être gardés en ménage devaient avoir été pondus entre les deux Notre-Dame (d'août et de septembre), c'est-à-dire dans la seconde moitié d'août et dans la première semaine du mois suivant.

L'Été de Saint- Martin (11 novembre) désignait les derniers beaux jours de l'automne. Approximativement, les saisons devaient se déterminer par les fêtes suivantes : à la Chaire de saint Pierre à Antioche (22 février), le printemps; à saint Urbain pape (25 mai), l'été; à saint Barthélemi (26 août), l'automne; et à saint Clément pape (23 novembre), l'hiver *. Évidemment cette moyenne n'était pas acceptée au même titre à Drontheim ou en Islande qu'à Syracuse, à Rhodes ou en Chypre; mais je parle surtout de nos contrées qui avaient ces axiomes entre autres :

• A la Saint-Thomas (apôtre, 21 décembre), Les jours sont au plus bas. »

« A l'an neuf ( 1 janvier),

Les jours croissent du pas d'un bœuf;

A Saint-Antoine (17 janvier).

Du repas d'un moine. »

■ A la Chandeleure (2 février) Les jours ont crû de plus d'une heure. »

« A la Saint-Biaise ( 3 février), Le froid s'apaise. »

« A la Saint-George ( 23 avril ) Sème ton orge, A la Saint-Marc ( 35 avril ) Il est trop tard. »

« A Saint-Honoré (16 mai), les pois verts. »

« A Saint-Barnabe (11 juin), La faux au pré. »

« La Saint-Jean (24 juin, terme des redevances ) à regret voit Qui corvée ou rente doit. •

.. A la Madeleine (22 juillet) La noix est pleine, A la Saint-Laurent ,10 août) On fouille dedans. »

« A la Saint-Leu ( 1 septembre ), La lampe au cleu. »

« Saint-Crépin (25 octobre), la mort aux mouches. Etc. »

De même encore pour les pluies du solstice d'été, mises au compte de sainte Pétronille (31 mai), de saint Médard (7 juin), de saint Gervais (19 juin), ou d'autres fêtes de ce dernier mois.

Les diplomatistes savent en outre combien il faut être familiarisé avec l'année liturgique pour déterminer le sens des dates qui accompagnent mainte charte', c'est que les données du Bréviaire et du Missel étaient singulièrement connues par nos ancêtres du moyen âge.

2. Bien des indications utiles sont réunies à ce sujet dans le Calendarium chronologicum du Père A. Pilgram.

CALENDRIER

Aussi un calendrier populaire se compliquait facilement de préceptes économiques rattachés aux pieux souvenirs qui en précisaient l'application conformément à l'expérience traditionnelle. Par là s'explique ce qu'on raconte du roi de Prusse Frédéric II dans une discussion avec son jardinier. Le prince, au commencement d'un mois de mai dont la température était singulièrement douce, témoigna son étonnement de ce que les orangers n'avaient pas été mis hors des serres; il lui fut répondu qu'il ne fallait pas se fier au printemps jusqu'à ce que fussent passés les trois saints de neige (saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais; H, 12 et 13 mai). Un monarque aussi esprit fort jugea qu'opposition et superstition étaient deux impertinences bien marquées dans des gens de son service. Les orangers furent donc amenés dehors par ordre.... et gelés par l'un des saints que redoutait le vieux jardinier d'après la tradition de son état. A la suite de cette malencontreuse confirmation, les observateurs patentés constatèrent que du 10 mai au 13, une diminution de température se déclare presque toujours1. On en cherche encore la raison scientifique: mais pratiquement, les bonnes gens avaient ce qui importait le plus, avec leur axiome qui déplaisait si fort à l'ami couronné de Voltaire.

Pour fixer ces divers souvenirs et les éléments du calendrier, dont nous nous occupons à peine aujourd'hui qu'un almanach se vend quelques centimes, le moyen

âge antérieur à l'imprimerie devait se donner un certain mal. Les peuples Scandinaves paraissent s'en être mis particulièrement en peine; apparemment parce que le peu de densité de la population y réduisait bien des familles à se diriger isolément dans le comput une fois appris, sans que les communications avec la paroisse et les relations de voisin à voisin permissent de s'en reposer sur autrui. On se fabriquait donc, avec du bois et son couteau, un manuel portatif qui put servir longtemps sans avoir besoin d'être renouvelé. Les musées (non pas chez nous, que je sache) en ont conservé des exemplaires où l'interprétation s'est fourvoyée plus d'une fois, pour n'avoir pas assez compris que le calendrier religieux s'y mêle avec l'annuaire civil ou économique.

J'en choisis un exemple dans le bâton publié par une petite brochure de M. Jens Wolf (Paris, 1820). Commençons, n'importe pour quel motif, au mois de décembre qui est celui des grandes réjouissances dans le Nord.

Une fois pour toutes, disons que la ligne supérieure est destinée aux jours de la semaine (lettre dominicale) indiqués par sept caractères runiques, qui recommencent après chaque trait vertical coupé par une croix de Saint- André (comme on dit) et qui correspond à notre H. Mais, comme la théorie du comput n'est pas mon objet, laissons ce qui regarde les cycles solaire et lunaire (nombre d'or), pour nous borner à peu près à la ligne inférieure où sont rappelés les usages civils et religieux *.

Page 1