DÉCEMBRE
Au-dessous du grand cercle qui annonce pour le 1er décembre, six heures de jour et dix-sept de nuit, je crois voir l'extrémité d'un bâton ferré ou un crampon, pour indiquer les précautions à prendre en hiver dans un climat aussi rude que l'est celui de la Suède ou de la Norwége. Puis, sous les cinq premiers jours du mois, c'est un traîneau, le grand moyen de transport lorsque la neige et les fortes gelées ouvrent une route à peu près partout. Du 6 au 8, la crosse rappelle saint Nicolas (6 décembre), qui devait être cher à une nation de marins , d'autant plus que l'Église d'Aarhuus prétendait posséder des reliques insignes de ce. grand évoque. Le
1. Arago, Astronomie populaire, t. IV, p. 369. Cela se retrouve, selon F. Magnusen, en Scanie vers le 27 avril, où commencent les huit nuits les plus redoutées pour les récoltes. Aussi est-ce vers cette époque que la superstition du Nord a placé les grandes courses noc-
cercle croisé par la crosse se retrouve à peu près dans d'autres calendriers Scandinaves, et semble destiné à indiquer le départ du soleil ou l'année qui se renouvelle en finissant. La petite couronne pourrait faire penser à la sainte Vierge, et alors on l'expliquerait par la fête de la Conception. Mais il est facile de voir dans tout ce calendrier, que la Mère de Dieu y est constamment indiquée par une couronne beaucoup plus ornée. D'ailleurs la Conception de la sainte Vierge, appelée dans le moyen âge la Fête aux Normands, ne devait sûrement pas ce nom aux Normands de vieille souche, mais à ceux de Normandie et d'Angleterre; aussi ne la trouve-t-on pas occu-
turues des sorcières. En Norwége les nuits fatales sont vers le 13 mai, comme l'entendait le jardinier prussien.
2. Le même motif m'a fait omettre un petit tableau supplémcntaiiv destiné à la marche du soleil dans les signes du zodiaque.
CALENDRIER
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pant une place signalée dans les calendriers populaires des nations Scandinaves. En outre, cette petite couronne correspond exactement au 9 décembre. Ce sera donc sainte Anne, mère de Notre-Dame1. La canette de bière doit se rapporter à la même fête. D'après Wormius, les paysans danois disent qu'il faut ce jour-là verser l'eau sur l'orge pour la bière de Noël, et je pense que c'est par manière d'hommage au modèle des bonnes ménagères. Selon les Norwégiens, au lieu de cette destination, le jour de Sainte-Anne doit être consacré à laver les vêtements et le linge qui serviront aux fêtes de Noèl. Tout cela peut-être en l'honneur de la grand'mère de Notre-Seigneur, comme patronne des maîtresses de maison.
A la suite, je crois voir des ciseaux ou une navette, et peut-être un écheveau de lil ou de laine, pour marquer les travaux de l'hiver où l'on est forcé de garder la maison. Vers le 21, une main rappelle saint Thomas (21 décembre), qui ne voulut pas croire à la résurrection de Jésus-Christ s'il ne mettait le doigt dans les plaies causées par les clous, et la main dans celle de
la lance *. M. Wolf veut y voir un gant comme garantie contre le froid ; mais dans ces pays septentrionaux , il serait un peu tard à la fin de décembre pour se procurer des gants après s'être servi de traîneaux pendant trois semaines. D'ailleurs, d'autres almanachs Scandinaves joignent à cette main deux espèces d'épieux qui sont évidemment les lances dont saint Thomas fut percé. Les deux cornes à boire qui se croisent vers le 25 décembre indiquent les festins que Noël amène à sa suite », Si ces espèces de gobelets paraissent déjà avant le jour même de la fête, c'est qu'il a fallu d'avance songer aux provisions ; aussi quelques calendriers runiques marquent-ils un tonneau vers le 22 décembre, afin qu'on se souvienne de préparer sa bière à temps pour être en mesure de recevoir ses hôtes. Trois petits globes placés entre les deux cornes (Cf. supra, p. 156) figurent probablement les pierres sous lesquelles mourut saint Etienne (26 décembre). Sur la fin du mois, les joies de la Jable recommencent, ou plutôt continuent et se ravivent au besoin par le jour des Innocents (28 décembre) que marque un sabre croisé avec la corne à boire.