‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 234 sur 1339 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

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Neuf heures de jour; le Bréviaire d'Upsal marque dix pour le jour et quatorze pour la nuit.

Le candélabre à plusieurs branches rappelle que le mois débute à peu près par la Chandeleur (Purification de la très-sainte Vierge), fête qui était dans les contrées Scandinaves une répétition en petit des réjouissances de Noël. Le nom de Chandeleur lui vient de ce qu'à la messe les fidèles portent des cierges en mémoire des paroles prophétiques du vieillard Siméon sur l'enfant Jésus * : « C'est la lumière qui éclairera les Gentils. » La couronne de reine qui se voit à toutes les fêtes de la Mère de Dieu ne montre pas cette fois bien clairement à quel jour il faut la rattacher, mais le 2 du mois est surmonté d'une petite croix qui semble mettre en saillie les fêtes chômées. On a pu s'en apercevoir déjà pour les solennités de Noël, de la Circoncision et des Rois (p. 158, sv.).

De même le 3 février n'est pas superposé bien exactement à l'indication de saint Blaise; mais, comme en bien d'autres cas, une espèce de croix privée de l'un de ses bras fait reconnaître que là se rapporte le signe le plus voisin dans la troisième ligne 3. Saint Biaise est désigné par le cornet ou trompe de chasse; non pas que rien d'historique le rapproche de saint Hubert, mais parce que blasen, Blas, dans les langues germaniques, signifie

souffler, enflure (boursouflure, etc.), et partant, sonner de la trompe. De là était venue l'expression Blasmesse, dont la bizarre équivoque se prêtait à l'interprétation en fête de saint Biaise ou fêle du vent (du souffle, etc.). En conséquence, les marins Scandinaves évitaient de prononcer le nom de cette fête ; et certains calendriers runiques la signalent, soit par un vaisseau voguant à pleines voiles, soit par une face humaine dont les joues gonflées font penser à un vent mythologique ou à un joueur de trompette. La frayeur des dangers cachés sous l'homonymie de saint Blasius a jeté de si profondes racines, qu'actuellement encore quelques paysans danois regardent les vents qui souffleraient ce jour-là comme présages de tempêtes pour l'année entière, et ne souffrent même pas que leurs serviteurs mangent alors aucun légume suspecl d'engendrer des flatuosités.

Le fruit et la pince (ou tenailles) qui viennent après, peuvent bien indiquer sainte Dorothée (6 février) avec sa corbeille de fleurs et de fruits, et sainte Agathe (3 février) dont les seins furent coupés avec des cisailles, ou peutêtre sainte Apolline (9 février) que l'on peint souvent avec des tenailles qui serrent une dent. Mais le cœur qui se voit près de là parait annoncer que la grande pince pourrait bien être un fer à gauffres destiné à cuire des gà-

1. C'est l'anniversaire du jour où ses ossements furent transportas de la vieille Upsal dans la nouvelle {Upsalta orientalis), si je ne me trompe.

'2. Lue. il, 2.V3Î : « Lumen ad rcvelationem gentium, etc. » 3. On évitait ainsi la complication disgracieuse d'un autre calen-

drier runiqnc, mais français, public! à Bologne par M. L. Frati ( 1812 , polit in-folio). Là les figures occupent comme elles peuvent le champ qui leur est destint'; mais des lignes plus ou moins contournées rattachent chacuno d'elles a sa lettre dominicale. Je n'en reproduis rien, parce qu'on peut le trouver dans plusieurs bibliothèques.

CALENDRIER

teaux en forme de cœur pour les réjouissances de la Saint-Valentin (lft février) ou du carnaval, qui tombe ordinairement vers cette époque.

La serpette qui est ici au milieu du mois, veut dire sans doute qu'il est temps de songer à ébrancher les arbres pour en diriger la fructification, ou pour les débarrasser des nids de chenilles. Du 15 au 21, une crosse et une hache paraissent indiquer saint Sigfrid (15 février), coopérateur du roi Olave Skotkonung dans la conversion de la Suède. La hache est le symbole d'un autre Olave, roi de Norwége, mais dont la fête appartient au mois de juillet. Cette arme semble donc n'être ici que pour rappeler l'assassinat des trois neveux de Sigfrid (Unamann, Sunamann et Vinamann) venus avec lui

afin d'évangéliser la Suède, et dont il recueillit les restes après leur mort.

La grande clef marque la Chaire de saint Pierre à Antioche (22 février). Saint Matthias, apôtre (2/» février), se reconnaît à sa hache; mais l'œuf et le gros poisson annoncent la proximité du printemps. Saint Pierre a dans ces contrées la réputation de jeter une pierre chaude sur la glace, c'est-à-dire, qu'il la fait fondre. Aussi, vers ce temps-là, le peuple Scandinave prétend que le renard ne se fie plus à la glace. En même temps les oies sauvages commencent à pondre, et les poissons (j'imagine) commencent à se montrer; quoique les saumons ne remontent guère les cours d'eau, pour y frayer, que vers la mijuin.

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