JUIN
Dix-huit heures de jour et six de nuit, d'après le Bréviaire d'Upsal. J'ai donné tout à l'heure au chaudron une explication plausible, ce semble; d'autant qu'il y avait chez les Norrains des redevances à payer en fromages sur la fin de ce mois.
Le vilebrequin qui paraît se rapporter au 3° jour du mois, devrait rappeler saint Érasme, marqué à cet endroit par le Bréviaire d'Upsal (à Rome c'est le 2). Cependant, pourquoi un tel outil? Si d'autres calendriers du Nord .n'avaient le même signe, on pourrait présumer que ce vilebrequin figure ici par erreur au lieu du treuil ordinairement attribué à ce célèbre martyr ; mais puisqu'il faut expliquer cet instrument tel que le voilà, peutêtre voulait-on dire qu'il faut profiter de ce moment pour réparer les ustensiles de labourage et ceux qui doivent servir à la moisson. Du reste Wirbel (d'où vient Wirbelchen) veut dire tourniquet, et pourrait bien n'être qu'une traduction libre de notre mot treuil, cabestan, etc.
Une espèce de grappe, sous le 5 juin, était le symbole ordinaire de saint Boniface dans les calendriers du Nord. Ce saint évêque ayant évangélisé l'Allemagne septentrionale et souffert le martyre en Frise, il était tout naturel que son culte eût passé en Scandinavie. Mais on ne s'explique pas bien quel intérêt pouvait inspirer la culture de la vigne aux paysans suédois. Cependant cette grappe de saint Boniface n'aurait-elle pas été primitivement un simple rébus pour exprimer son nom saxon Winfrid, où l'on aura vu le mot vin (wine) ? Les Français n'avaient pas de meilleures raisons quand ils ont mis la vigne sous le patronage de saint Vincent martyr.
Le 8 correspond à une ligne de pêcheur. C'est que le jour de Saint -Médard passait pour amener les saumons ou
les brochets, ces poissons remontant en effet les cours d'eau vers ce moment de l'année. Sous le 12, une crosse indique la fête de saint Eskill , évêque de Strengnaes et martyr. L'espèce de fourche à trois dents ferait songer aux travaux de la fenaison, s'il s'agissait de nos climats. J'y chercherai plutôt une allusion à la fête de saint Dotolf, abbé (17 juin); jour où les paysans danois ne souffrent pas qu'on répande du fumier sur les champs, parce que les récoltes seraient infailliblement brûlées, disent-ils. Le gros navet qui se voit près de là doit tenir en quelque chose à la fête de saint Botolf; parce que, au dire des Norwégiens, toutes espèces de racines s'arrachent alors de la terre très-facilement. La culture de la betterave demanderait-elle quelque soin particulier en cette saison? Je n'en sais rien, surtout pour les pays du Nord.
La grande croix, ou potence peut-être, qui est dressée sous le 17, indiquerait-elle que la fête de saint Botolf ouvrait en Norvège les sessions des grands tribunaux? Je doute que cette explication soit bien valable, car nous avons plutôt ici à faire à la Suède qu'à la Norwége, ce me semble. Je proposerais donc préférablement de voir dans cette croix le souvenir des dix mille martyrs compagnons de saint Achace (22 juin). La dévotion à ces saints était fort répandue en Allemagne, et ils sont mentionnés dans le Bréviaire d'Upsal. Toutefois ne faudrait-il pas expliquer plutôt cette sorte de croix, par quelqu'une des réjouissances extraordinaires (feux, etc.), qui accompagnaient la Saint-Jean ?
Vers le 2i, on reconnaîtra sans peine l'Agneau triomphateur, signe de saint Jean-Baptiste qui a désigné Notre- Seigneur par le titre d'Agneau dé Dieu (Cf. ci-dessus, p. 22, sv.). Il ne faudra pas beaucoup d'efforts pour re-
CALENDRIER
connaître saint Pierre et saint Paul, sous le 29 et le 30, le sabre, au 25 janvier, pour une autre fêle de saint à la clef croisée par un sabre. Nous avons déjà rencontré Paul (celle de sa conversion, p. 159, sv.).