‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 238 sur 1339 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

Seize heures de jour et huit de nuit, dit le Bréviaire d'Upsal avec sa largeur accoutumée.

La couronne de reine marque ici la Visitation de la sainte Vierge (2 juillet). La gerbe ou botte de foin pourrait se rapporter aux récoltes qui sont, ou en partie finies, ou près de leur maturité. Néanmoins, comme nous disons lesherbes de la Saint-Jean, il semble que dans le Nord on aura bien pu dire les herbes de la Visitation. Les Norwégiens cueillent alors les plantes médicinales destinées aux bestiaux; et placent dans les champs des rameaux d'aulne et de genévrier en forme de croix, pour chasser les insectes nuisibles en vue de s'assurer une moisson abondante. D'ailleurs les premiers jours de juillet sont regardés comme le temps où la rouille menace les blés.

La lance sous le 10 rappelle le genre de mort du martyr saint Canut roi de Danemark , dont l'assassinat eut lieu le 10 juillet; bien qu'il n'en soit pas fait mention dans le Bréviaire d'Upsal qui m'a plus d'une fois été d'un grand secours. Le Bréviaire romain place sa fête au mois de janvier. La faux croisée ici avec cette lance est souvent l'unique signe attribué au 10 juillet dans les calendriers runiques, comme il aurait pu l'être chez nous à la Saint-Barnabe. C'est que la Saint-Canut est le moment de mettre la faux au pré. Le râteau tracé sous le 15 continue la même leçon d'économie rurale. Quant aux étoiles qui l'entourent, y verra qui voudra les belles nuits du Nord; le nombre douze, qui leur est donné constamment, me semble plutôt annoncer la séparation

des apôtres (dirisio apostolorum) dont on prétendait fêter l'anniversaire autrefois le 15 ou le 16 juillet dans beaucoup d'Églises1, et notamment à Upsal. Or il n'est pas besoin d'être extrêmement versé dans la connaissance du style liturgique, pour savoir que le langage ecclésiastique compare volontiers les apôtres aux astres qui font le tour du monde, et leur applique le psaume xvii! : « Les cieux racontent la gloire du Seigneur, etc. »

Un bouquet de fruits pendant par branche, indique que l'espoir de l'automne se fixe en ce moment de l'année. S'il s'agissait de nos régions, je verrais là un équivalent du proverbe français : « A la Madeleine les noix sont pleines, » car sainte Madeleine doit être désignée par cet encensoir qui est sculpté sous le 20. Elle est une des saintes femmes qui se rendirent au tombeau de Jésus- Christ avec des parfums, et que les grecs nommaient pour cela myrophorcs. Mais plus d'un monument occidental la peint au saint sépulcre avec un encensoir, au lieu du vase fermé qu'on lui met habituellement entre les mains. Resterait cependant à expliquer pourquoi cette caractéristique correspond au 20, et non pas au 22, qui est la vraie place de la Madeleine. Je dirai, sans en pouvoir bien rendre raison, que divers calendriers Scandinaves me paraissent avoir confondu les attributs de sainte Marie-Madeleine (22 juillet) avec ceux de sainte Marguerite, vierge et martyre (20 juillet).

Des glands au bout de leur rameau indiquent que l'on peut juger dès lors du rendement des pourceaux à l'automne, car la glandée de septembre était le grand espoir

AOUT (p. 163).

Or

des anciens porcherons. La hache d'armes est là pour le 29, jour de saint Olav roi de Norwége, honoré comme mar-

tyr. L'espèce de petite serpe qui croise cette hache de bataille ne semble pas pouvoir exprimer la décapitation de

\. Cf. AA. SS. Julii, t. IV, p. 6, «q-j. On y verra que cette dévotion de no* pères n'était pai mal fond'e, quoiqu'on lui ait donné tort.

CALENDRIER

saint Jacques le Majeur (25 juillet) ; mais le jour de cet apôtre ayant dans le Nord la réputation d'être critique pour le houblon, il se peut que nous ayons là un instrument pour la culture de cette plante. Ailleurs on le trouve remplacé par une houe, peut-être afin d'ameublir le sol dans les houblonnières.

— Août, p. 164. — Quatorze heures de jour et dix de nuit, d'après les comptes en gros du Bréviaire d'Upsal.

La clef marque saint Pierre es liens (1" août). Une cuve (chaudière, peut-être) ne m'offre aucun sens, à moins qu'on n'y veuille voir quelque grande mesure de capacité dont il faut être pourvu alors, alin d'estimer et de répartir les produits des céréales. Cependant le Hlafmass (ou Loafmass, fête du pain) qui est devenu Lammas chez les Anglo-Saxons , autoriserait à conjecturer que nous avons là une pile de gâteaux faits avec les prémices de la farine; et ce signe ne répondrait pas

mal au nom de fête des prémices qui désigne quelquefois la Saint-Pierre es liens, dans les actes du moyen âge.

Sous le 10, un gril rappelle le supplice de saint Laurent; et le fléau qui l'accompagne fait songer aux soins que réclame la rentrée des moissons. L'Assomption (15 août) se reconnaît à la couronne de reine; et la herse fait songer à ne pas se reposer après la récolte, ni à compter trop sur l'automne pour préparer les sillons. Une tige de houblon s'enroulant autour de la perche qui lui sert de tuteur annonce qu'il faut veiller à la cueillette de ce fruit'. Les calendriers Scandinaves ont cette indication dès le 21 du mois d'août; et en effet ici le 24 doit correspondre au couteau, caractéristique de saint Barthélémy. La décollation de saint Jean-Baptiste (29 août) se reconnaît facilement au sabre qui termine la série des indications figurées pour ce mois.

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