Cf. Apôtres, p
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sacrer au battage du grain tous les jours disponibles de la morte saison.
— Novembre, p. 166. — Sept heures de jour et dix-sept de nuit, d'après le Bréviaire d'Upsal. Notre calendrier ne s'y range pas, mais il n'est pas clair, et je ne puis d'ailleurs dire s'il est entièrement conforme à l'original.
Les petites croix me semblent transporter l'imagination dans un cimetière en mémoire du jour des morts (2 novembre). Si pourtant l'on tenait à voir ici des étoiles (quoique celles du mois de juillet (p. 164) eussent huit rais bien marqués), je ne m'opposerais point à ce qu'on en fit l'emblème des habitants du ciel, et partant de la Toussaint (1er novembre).
Une barque renversée avertit que la navigation est close jusqu'au printemps. Cette sorte de sceptre qui paraît correspondre au 6, ne me semblerait explicable qu'en recourant aux quatre couronnés (8 novembre) : Sévère, Sévérien, Carpophore et Victorin. Tous quatre, frères et sculpteurs, donnèrent leur vie pour l'Évangile à Rome sous Dioclétien; et sous le nom de quatre couronnés, ils sont devenus les patrons de ceux qui se vouent à la sculpture, ou même à toutes les professions qui taillent la pierre. Ajoutons qu'à cause d'un autre groupe de saints qui ont également pour chef un Carpophore (7 août), et qui furent martyrisés à Corne en Lombardie (la pépinière des maçons, magistri comacini, au moyen âge), les quatre couronnés ont endossé le patronage de presque tous les arts qui s'employent à la construction. Comme on leur donne souvent pour attribut un marteau couronné, ou même une couronne sur la tête, il est bien possible que le sceptre aussi ait semblé propre à les caractériser. S'il s'agissait de quelque allusion politique, ainsi que le pense M. J. Wolf, cela échappe à mon ressort, et je me déclare incompétent. A la vérité, les calendriers suédois modernes marquent au 6 novembre une fête de Gustave-Adolphe ; ' mais si notre almanach runique était postérieur au luthéranisme (ce que je ne crois guère), il faudrait au moins convenir qu'il est tout plein de souvenirs catholiques malgré cela. Or Gustave-Adolphe et les catholiques ne sontpas de même inspiration, quoique le luthéranisme suédois ait conservé bien des pratiques de l'ancienne Église. La tiare doit être ici pour une mitre, et correspondre à la Saint-Martin (11 novembre). Aussi la voyons-nous accompagnée d'une oie ; et quel qu'en soit le motif, l'oie de la Saint-Martin était bien connue jadis (Cf. Oie). En Danemark et en Suède, cet oiseau figurait inévitablement dans le festin du 10 ou du 11. Nous ferons voir ailleurs que l'oie sauvage était le signe de l'hiver; soit dans le nord, parce qu'elle le déserte aux approches des grands froids, soit chez nous parce qu'elle traverse nos pays sur la fin de l'automne pour gagner des climats moins rigoureux , ou à la fin de la mauvaise saison afin de se rapatrier. Il y a bien aussi un faucon bleu qui a reçu le nom d'oiseau de Saint-Martin, parce qu'il se montre dans nos
contrées vers la fête du grand évêque de Tours; mais notre almanach voulait évidemment représenter une oie ou un cygne. Le titre Oie nous ramènera l'occasion de traiter ce sujet plus au long, tenons-nous-en donc ici à ce qui est nécessaire pour le moment.
Un fer à cheval pourrait donner à croire chez nous qu'il y a là quelque souvenir de saint Èloi, patron des forgerons. Mais sa fête est le 1er décembre, et l'on ne voit pas que les Scandinaves se soient beaucoup occupés de lui. D'ailleurs des calendriers norvégiens marquent le l/i novembre par un fer crénelé, pour rappeler sans doute que le temps est venu de ferrer les chevaux à glace.
Une chapelle, vers le 19, doit rappeler sainte Elisabeth de Marbourg (de Hongrie, ou de Thuringe) dont le culte s'était sûrement répandu dans le Nord. Je pense même que la célébrité de l'église consacrée à cette sainte avait pu en faire un but de voyage pour les artistes; comme l'était chez nous celle de saint Gilles en Provence, à cause de son escalier tournant que tout maître en coupe de pierres devait avoir étudié.
L'ancre désigne la Saint-Clément (23 novembre), ce pape ayant été précipité dans la mer avec une ancre au cou (Cf. ancre, p. 30, sv.). Mais je ne saurais dire quel sens a la flèche; quoique, remplacée ailleurs par un arc, ce puisse être un signe de chasse. La roue de sainte Catherine (25 novembre) et la croix de saint André ( 50 novembre) sont des attributs tellement populaires, qu'il suffit de les nommer pour être compris du premier venu. Ailleurs un hameçon indique la profession de saint André (Cf. Matth. iv, 18-20), au lieu de son supplice; et il importe de rappeler que cet apôtre était presque partout le patron des pêcheurs ou des poissonniers.
Ce qu'il y aurait d'un peu hasardé, en apparence, dans plusieurs de nos explications, ne doit pas être rejeté à première vue. Les populations norraines avaient reçu la Foi par l'entremise de la Basse-Saxe; et la navigation les mettait sans cesse en rapport avec la Frise, les Pays-Bas et l'archipel Britannique. Les chrétiens Scandinaves empruntèrent donc vraisemblablement à ces voisins diverses indications qui auront établi des points communs entre un certain nombre de calendriers nationaux. De là sans doute quelques indications qui ne semblent pas convenir parfaitement au climat des régions bajtiques.
Si nous avons accordé ces détails à un seul calendrier, c'est que, bien compris, il peut aider à en expliquer tolérablement beaucoup d'autres. L'usage de ces almanachs portatifs ayant été fort répandu jadis, on en trouve bon nombre qui avec un air Scandinave appartiennent cependant à d'autres pays. Le tracé des runes (lettres danoises, islandaises, etc.) s'y allie à des indications françaises, par exemple, comme dans le calendrier de Bologne expliqué par M. L. Frati; soit que ce fût le vade-mecum (manuel journalier) d'un ouvrier normand ou scandi-
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nave faisant son tour de France ' , soit que des populations originaires de la Scandinavie eussent conservé l'expression primitive du cotnputde leurs ancêtres tout en prenant force points de repère dans les usages de leur nouvelle patrie. Les Iles-Britanniques ont dû voir souvent ce mélange, et pour y faire luire le jour il faut tenir grand compte des usages civils et religieux qui indiqueront la provenance du monument. C'est ce dont me semble ne s'être pas assez occupé l'auteur du Calendar of ihe anglican Church illustrated. Il est vrai qu'un protestant, même fort instruit, ne réussit pas aisément à trouver le sens de maint vieil usage catholique. Aussi me suis-je mis fort à l'aise avec les interprétations que donnait M. J. Wolf pour le calendrier que je reproduisais d'après sa copie lithographiée1.
Dans un bon nombre des almanachs portatifs que rédigeaient autrefois à leur usage les gens du peuple, l'expression est encore plus réduite qu'on ne vient de le voir. Aussi la maladresse de l'artiste s'ajoutant à la réduction des signes, l'œil n'y voit guère d'abord que des hiéroglyphes désespérants8.
Puis, tous ne mêlent pas les indications économiques aux souvenirs religieux. Mais dans leur état le moins compliqué, ils ne présentent jamais un sens suivi qu'à celui qui connaît les caractéristiques des saints dans l'art populaire; et encore faut-il faire attention aux fêtes propres à diverses provinces. Car le nombre des saints est trop grand pour que le martyrologe romain les éntimère tous: chaque contrée honore la mémoire de serviteurs de Dieu qui font peu de bruit dans le reste de la chrétienté, sans être pour cela moins chers à la région évangélisée par eux ou arrosée de leur sang et embaumée par leurs vertus. Parfois ce sont des saints qui ont vécu et souffert loin de là, mais dont les reliques apportées dans une église ont excité la confiance populaire. C'est pourquoi les grandes lignes tracées ici ont besoin de se compléter par l'article que