Runakifli, ou Runik-Rim-Slok
3. Tel est, entre autres, un calendrier publié par I.oIoiir dans »on Historhche Hescliryvmtie d. Reformate ri. Staatl Amsterdam , p. 255-270 ( Amsterd., 1729, in-fol.).
4. On peut en trouver la représentation entière dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. IX, p. 2R3, svv.; et pi. XIII (1738).
5. Académie des Inscriptions et Dettes- lettres, 1. cit. Mais nous
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Donnons d'abrxd des indications générales sur divere signes qui reviennent à plusieurs reprises. Une petite pointe de métal servait à reconnaître les fêtes d'obligation. Ce sont, par exemple, en janvier (ligne numérotée 1), la Circoncision et l'Epiphanie ; en février, la Chandeleur et saint Mathias ; en mars , saint Joseph et l'Annonciation; etc., etc. Ces fêtes ont donné lieu de reconnaître que le calendrier avait été fait pour le diocèse de Vannes; les pointes métalliques ajoutant aux fêtes universellement chômées dans l'Église certains jours qui ne sont hors rang que dans le seul Bréviaire de Vannes, comme saint Vincent Fermer (5 avril et 6 septembre), saint Paterne (16 avril et 21 mai), saint Guen-el, Guénault ou Guéneau (3 novembre) abbé de Landevenec et l'un des patrons de la cathédrale de Vannes '.
11 ne faut pas tenir compte de la direction donnée aux figures vers la droite ou vers la gauche; parfois même elles sont renversées, le sommet en bas : cela doit avoir été amené par l'espace que l'auteur avait à sa disposjtion. De même se peuvent absolument interpréter certains signes fort abrégés, dont le sens ne s'explique bien que par comparaison avec leurs analogues plus complels qui se rencontrent ailleurs.
La croix revient aux fêtes de Noire-Seigneur, à la Toussaint, aux jours de quelques apôtres qui pourtant n'ont pas été crucifiés (comme saint Paul, le 25 janvier; et saint Matthieu, le 21 septembre); mais enfin l'on peut dire qu'ils ont tous porté ou planté la croix de Jésus- Christ par le monde. On la voit encore à la Saint-Louis, peut-être à cause de ses croisades; et le 1 k juillet où l'on a prétendu reconnaître la fête de saint Henri ; mais j'y verrais plutôt une légère transposition qui devait rappeler la division des apôtres, jadis fêtée assez généralement le 15 du même mois. Cf. supra, p. 16&.
Une espèce de fleur de lis a formes anguleuses indique les fêtes do la sainte Vierge (2 février, 25 mars, 2 juillet, 5 et 15 août, 8 septembre, 21 novembre et 8 décembre). Je crois reconnaître la même intention au 17 décembre (par transposition aussi ) à cause de Y attente de l'enfantement de la Vierge qui se célèbre le 18 (ou le 16) dans bon nombre d'Églises. Cette fleur de lis reparaît encore pour sainte Anne ( 26 juillet), sans doute comme mère de Notre-Dame; pour Marie-Madeleine, comme une homonyme peut-être. On a voulu que ce signe indiquât au 17 décembre saint Lazare, frère de Madeleine et de Marthe, mais je crois meilleure l'explication que j'en donnais il y a un instant.
n'y avons que l'analyse du mémoire de M. Jjincelot, qui aurait bien pu mériter d'être reproduit tout au long) car l'auteur paraît avoir été fort entendu en ces matières.
1. Cette manière de reconnaître l'origine d'un calendrier importe plus qu'on ne pense. Elle mettra souvent sur la voie pour signaler à coup sur la destination primitive, ou la date d'exécution d'un livre d'heures. 11 faut, à vrai dire, pour cela des connaissances hagiographiques qui ne sont pas assez répandues aujourd'hui même parmi
La coupe de saint Jean l'Évancéliste (Cf. Calice, p. 172) sert pour lui (6 mai, 27 décembre) et pour ses homonymes. Cela simplifiait le répertoire hiéroglyphique du bonhomme breton, qui exprime ainsi saint Jean Chrysostome (27 janvier), saint Jean ermite (27 mars) et saint Jean- Baptiste (24 juin et 29 août).
Une clef annonce toutes les fêtes de saint Pierre (ses deux chaires, à Rome et à Antioche, sa délivrance de la prison, etc.).
Le marteau, assez grossièrement esquissé, fait reconnaître les deux fêtes de saint Éloi (25 juin et 1er décembre).
Le gril de saint Laurent (10 août), et le couteau de saint Barthélémy (2/i août) ne sont pas totalement méconnaissables si l'on y veut bien mettre un peu de bonne volonté. De même aussi , en aidant le texte , on arrive à reconnaître l'intention d'indiquer des flèches au 20 janvier, à cause de saint Sébastien.
Quelque chose comme une liache accompagnée de trois pointes en manière de couronne qui la surmonterait (à moins qu'on n'ait prétendu arriver à la silhouette d'une hallebarde), paraît affecté aux saintes martyres; 21 janvier (sainte Agnès), 9 février (sainte Apolline), 16 juin (sainte Julitte), 22 novembre (sainte Cécile), k décembre (sainte Barbe), 13 décembre (sainte Luce, ou Lucie). On peut classer sous la même rubrique le 5 février fête de sainte Agathe, où il n'est pas impossible de reconnaître dans un appendice quelque allusion aux seins de la martyre dont le supplice principal est bien connu.
La crosse désigne les papes et les évêques, le plus souvent. Ainsi, saint Pol (ou Paul) de Léon (12 mars), saint Paterne, premier évêque de Vannes (16 avril), saint Brieu (30 avril), translation de saint Paterne (21 mai), saint Guillaume évêque de Saint-Brieu (29 juillet), saint Leu (1er septembre), saint Clair évêque de Nantes (10 octobre), saint René d'Angers, ou saint Nicaise de Reims (14 décembre), saint Silvestre (31 décembre).
Cette crosse, mais ordinairement moins recourbée, semble réservée pour les abbés et même pour de simples prêtres; par allusion peut-être au nom (impropre, mais assez répandu) de pasteur, que l'on donne souvent aux curés , tout comme ailleurs le nom de curé est attribué à tous les prêtres. Sous cette indication se placent saint Méen (21 juin), saint Babolein (26 juin), saint Philibert de Jumiéges (22 août), saint Florent honoré dans le diocèse de Rennes (22 septembre), saint Léry abbé dans le diocèse de Vannes, ou saint Jérôme (30 septembre), etc.
les diplomatistes; mais c'est une clef indispensable pour plusieurs énigmes qui se présentent fréquemment. C'est ce qui nous a fait insister sur plusieurs applications de ce critérium dont l'importance a été quelque peu comprise par les rédacteurs de l'Annuaire historique publié pour la Société de l'histoire de France. Plusieurs volumes de cette collection (1847, 1854, 1857 et 1858) renferment à ce sujet des renseignements utiles, mais qui ne sauraient suffire à tout. Aussi bien l'alliance de la liturgie et de l'érudition est chose rare de nos jour*.
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En vertu des deux interprétations précédentes appliquées avec quelque complaisance, on pourra nommer au 13 janvier saint Hilaire, au k avril probablement saint Gonert (prêtre du diocèse de Vannes), au 3 novembre saint Guéneau, au k novembre saint Mélaine.
Cependant certains grands évêques (ou archevêques) sont marqués par une croix qui a quelquefois de doubles croisillons, ou par des signes que nous allons énoncer sans prétendre les expliquer d'une manière entièrement satisfaisante. La croix du b, juillet et du 11 novembre se réfère à saint Martin de Touns, et celle du 24 octobre à saint Magloire de Dol'. Saint Nicolas de Myre (9 mai et 6 décembre) est marqué par une sorte de b qui n'est peut-être qu'une crosse tournée la tête en bas. Quant à saint Germain de Paris (28 mai et 25 juillet), il est caractérisé par quelque chose comme un B capital, en quoi je pense pouvoir retrouver des ceps qui rappelleraient le miracle opéré par ce saint pour la délivrance des pauvres prisonniers (Cf. Captifs).
Saint Antoine abbé (17 janvier) est indiqué aussi par une espèce de 6 à l'envers que des pointes garnissent intérieurement; et si ce n'est pas une crosse mal faite, l'intention de l'auteur m'échappe en ceci. 11 devait cependant avoir un dessein bien arrêté, puisque, conformément aux principes que nous lui avons vu suivre pour l'expression des homonymes, il répète la même forme à peu de chose près pour saint Antoine de Padoue (13 juin).
Les religieux mendiants (Frati, comme disent les Italiens) et particulièrement les Frères Prêcheurs, sont indiqués par une silhouette extrêmement élémentaire où le corps du personnage se résout en une ligne droite, plus un petit triangle qui est le capuchon, et deux bras formés en une ligne transversale terminée à ses deux extrémités en trois petits appendices qui ont l'intention d'être une main *. Ces deux bras ainsi étendus figurent assez singulièrement un homme qui gesticule en chaire. Cela se voit au 5 avril (saint Vincent Ferrier, mort à Vannes), au 6 septembre (translation de ses reliques), au 29 avril (saint Pierre de Vérone), au h octobre (saint François d'Assise), et au 25 mai (jour de sa translation). Conformément encore au système des homonymes, on a donné le même signe à sainte Françoise (9 mars); à moins que l'auteur de cet almanach ne fût peut-être du tiers ordre de Saint-Dominique, et alors ce jour aurait pu être pour lui la dédicace de l'église des Jacobins de Saint-Honoré. Au h août (saint Dominique) , on peut reconnaître une trace de la même forme, mais étranglée par le défaut d'espace. En vertu de ce même principe,
1. Il ne faut pas oublier qnc les Bretons prétendirent longtemps avoir un métropolitain dans l'évéque de Dol. Les archevêques de Tours et les papes eux-mêmes avaient beau réclamer; rien n'y fit contre l'obstination celtique. La métropole toute récente de Rennes a terminé la contestation par une cotte mal taillée, connue on dit ; mettant dos à dos Tours et Dol.
ï. Cette main, mais autrement emmanchée, se retrouve associée à
on s'expliquera pourquoi saint Vincent martyr (22 janvier) a quelque analogie avec les dominicains; puisque son nom le rapprochait de saint Vincent Ferrier bien plus connu en Bretagne. Mais là, ou faute de place ou afin d'établir une différence (comme qui dirait saint Vincent non prêcheur), on a employé une modification que je vais indiquer immédiatement pour d'autres saints. Saint Maur (15 janvier) et saint Bernard (20 août), peut-être comme contemplatifs, n'ont pas les deux bras étendus auxquels nous avons reconnu les Frati. lin seul bras, qui peut indiquer les deux mains jointes dans l'attitude de la prière, caractérise ces saints moines, comme saint Vincent martyr. Cependant pour saint Bruno (6 octobre), et saint Gobrien (10 décembre), on ne voit guère qu'une sorte de capuchon.
Des balances tracées fort brusquement correspondent aux deux apparitions de saint Michel (sur le mont Gargan, 29 septembre; et à Tombelaine, 16 octobre).
Un fer de lance, mais d'une énormité disproportionnée, désigne saint Georges (23 avril) célèbre comme tueur d'un dragon; et l'analogie de légende aura fait choisir le même attribut pour saint Samson de Dol (28 août), bien qu'ici des armes n'eussent rien à faire.
L'analogie conduirait aussi à deviner pourquoi le jour des Morts (2 novembre) et celui des Innocents (28 décembre) sont marqués tous deux d'un même signe.
La ressemblance approximative entre la doloire ou l'herminette des charpentiers, et le pic ou la pioche à remuer la terre, rendrait peut-être raison de l'emploi d'un même signe pour le 19 mars (saint Joseph, charpentier), le 21 décembre (saint Thomas, architecte) et le 1" mars (saint Aubin, au sujet duquel je ne sais trop quoi dire, si ce n'est que le couteau aura glissé lorsque l'on voulait tracer la courbe d'une crosse). Ce même outil paraît entrer dans la composition d'une espèce de trophée qui désigne le jour de Saint-Marc (25 avril). Si, à cause de la procession qui se fait ce jour-là par les campagnes, on avait voulu rappeler les biens de la terre, je croirais y voir les principaux emblèmes de l'agriculture : un noyau, une charrue, un arbre ou une plante quelconque. Cependant, quoique alors on aurait médiocrement réussi à être bien clair, il ne serait pas impossible qu'on eût songé à une annonce de pêche, en prétendant tracer là quelque chose comme un navire avec ses agrès.
Je vais maintenant reproduire les six derniers mois, non pas que j'aie prétendu m'astreindre ici à la succession exacte des fêtes ; mais il m'a paru bon de couper l'année en deux portions présentées à pari. Puis je
une crosse le 21 juin; et je la soupçonne d'être une allusion au mal Saint-Méen, gale maligne qui parait surtout aux mains. D'ailleurs pour les Gallo-Bretons saint Méen (ou Mcin) abbé do Gal'l semblait un protecteur-né contre la gale aux mains, vu le double calembour de la gala et des mains; sans compter la légende qui rapporte qu'une source duc an saint homme est très-efficace contre cette maladie. Cf. Vies de$ Saints de la Bretagne-Armorique, p. 325, 330.
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ufcA
résumerai les explications jour par jour (p. 171 , sv.).
Le 18 octobre (saint Luc) a-t-il une espèce de bucrane? ou bien a-t-on prétendu y mettrela silhouette d'un gros oiseau, par allusion à l'oiseau (bœuf ailé) de saint Luc? Cf. Êvangèlisks, etc.
Saint Gildas de Ruys paraît caractérisé par une étoile à ses deux fêtes (29 janvier jour de sa mort, et 11 mai pour sa translation).
Peut-être à cause du pèlerinage de son abbaye, aurait-on voulu introduire ici une sorte d'appel comme le signe céleste qui conduisit les Mages à Bethléem. Ce serait pourtant du patriotisme un peu sans gêne.
Le 15 mai (saint Primaël, ermite à Quimper) présente soit une
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Seconde partie de Tannée : Juillet-Décembre.
crosse, soit une apparence de pic où de pioche.
Au 19 mai, la bannière et la croix paraissent désigner saint Yves, l'un des saints les plus honorés dans toute la Bretagne; et pourrait indiquer une procession célèbre, comme par exemple celle de Notre-Dame de Ker-Martin, église située près du patrimoine de l'homme de Dieu et qui a pris son nom à la longue.
Une sorte de faux, le 3 juin (saint Liphard) ne seraitelle pas une crosse renversée, comme nous l'avons fait observer en d'autres parties de ce même calendrier?
Le 7 juin (saint Mériadec, évêque de Vannes) se distingue par une fourche, ce semble; et c'est la seule fois que ce signe figure dans tout le calendrier *. Serait-ce l'ouverture de la fenaison ? Mais notre almanach semble s'être limité constamment à des indications religieuses. Si pourtant il avait été dérogé deux ou trois fois à cette coutume, surtout en des circonstances aussi importantes aux paysans que la récolte des foins et du blé, ce ne serait pas grand' merveille. Le proverbe disait :
Le 11 juin, une sorte de bannière pourrait indiquer la dédicace de l'église qui avait notre Breton pour paroissien. Car de nombreuses circonstances locales peuvent intervenir pour modifier un calendrier de province ou
même de village. C'est ce qui rendra trop souvent bien chanceuse l'interprétation de ces petits monuments. Raison de plus, si je ne me trompe beaucoup, pour faire voir que certaines grandes lignes y présentent toujours un sens bien déterminé si l'on regarde de près en suivant les données fondamentales qui régissent la matière.
Après cette énumération, où nous avons cheminé surtout par la voie des analogies,
on sera probablement bien aise de voir le tout rangé par ordre de mois et de jours. En voici le tableau :