‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 246 sur 1339 · Prudent · texte numérisé non relu

Prudent

■ Hutoriam pictura refait. •

4. J'emprunte à un missel bénédictin ( Hagucnau, 1518, in-fol.) les fragments d'une prose (Saneti mérita llenedicli mdyla) qui offre en raccourci la vie de saint Benoit;

païens après avoir été torturé pour la foi , il se rendait à Jérusalem lorsqu'il fut pris par des voleurs qui le renfermèrent dans une caverne où était leur retraite. Un serpent étant venu boire dans le vase où était gardé le vin de ces bandits, ils moururent empoisonnés par le venin que l'animal avait mêlé à leur breuvage *. Le saint, délivré par la mort de ceux qui l'avaient fait prisonnier, fit du repaire des brigands le berceau d'un monastère.

Saint Josse ermite (Cf. Bâton, p. 128). Célébrant la messe, il voit bénir son calice par une main céleste ; en même temps une voix lui annonce que le repos éternel sera bientôt son partage. J'ai déjà fait observer (Cf. Bénédiction, p. 130, sv.) que la droite céleste indique ordinairement intervention ou révélation (parole) divine. C'est au premier titre qu'on Ta tracée plus d'une fois en tête du canon de la messe (p. 22) ou sur les patènes et les calices; ici peut-être la révélation traduite en formes visibles par un artiste (qui n'avait pas d'autre moyen pour l'exprimer) aura donné lieu de raconter ensuite une apparition ou vision sensible. Car si l'on cite, et avec raison , le témoignage rendu à des faits historiques par une vieille représentation ', encore faut-il ne pas dépasser la portée de l'expression dont pouvait disposer le peintre ou le sculpteur. Or les arts du dessin ne pouvant aborder que les faits palpables, doivent traduire en formes visibles ce qui n'est pas du ressort des yeux. Le spectateur pourra donc avoir à faire dans un sens inverse ce travail d'interprétation qu'un fait aura subi dans l'esprit de l'artiste. Si c'est là ce que certains antiquaires protestants ont qualifié de Mythologie chrétienne, l'expression ne vaut pas grand' chose ; à la prendre cependant avec ce sens (et non autrement), ce pourrait être le cas de dire qu'il ne faut pas disputer sur les mots.

Quoi qu'il en soit, pour le cas présent, l'abbaye de Saint-Jossse-sur-Mer (en Ponthieu) , bâtie sur l'emplacement de la cellule du saint, prétendait conserver le calice qui avait servi à la messe signalée par cette intervention divine.

Saint Benoît deNorcia (Ci. Buisson, p. 151 ; Corbeau, etc.). Une coupe ou un verre brisé. Les moines de Vicovaro qui l'avaient prié d'être leur supérieur, se fatiguèrent bientôt de la régularité qu'il exigeait ; et pour se débarrasser de ses remontrances, ils résolurent de l'empoisonner. Soit que le saint fût averti par le Ciel du piège qui lui était tendu, soit que Dieu se chargeât tout seul de protéger son serviteur, la coupe se brisa et répandit son contenu lorsque le saint l'eut bénie avant de la porter à ses lèvres *. Aussi lui donne-t-on soit un verre fêlé

• Hic fida «ubmiui intégra Réintégrant eonfracta, Incendia carnis edomat, Croce venunum effugat.

Discipulus super aquai streis pedibui currit, Corrtu mandatant peragit.

CALICE, COUPE

d'où la liqueur s'échappe, soit un calice d'où sort un serpent, comme signe de breuvage empoisonné.

Saint Benoît.

Saint Ewald le Blanc (Cf. Agneau, p. 23, saint Ewald le Noir). Un livre avec un calice et près de lui une massue. Les noms de Blanc et de Noir qui distinguent les deux frères sont attestés par une vieille tradition *, et passent pour être dus à la couleur de leurs chevelures , comme le rapporte le vénérable Bède2. Le calice 'attribué à saint Éwald le Blanc n'est qu'une distinction arbitraire, car ils étaient prêtres tous deux. Quant à la massue, elle ne

PerGdi régis machinamenta sagax dénudât.

Ipse aniniara capuani proosulis Vidit lumine insolito supernis Importari sedibus. Etc. »

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