CAVERNE. — CEINTURE
ermites, que la solitude des saints n'était nullement une vie exempte de souci ou de tribulation. Mais saint Grégoire de Tours ne donne pas ces détails comme du symbolisme tout pur '.
Saint Lupicin solitaire, puis abbé dans le Jura; 21 mars, v. [|80. Une caverne pleine de trésors lui est montrée par des anges, ou bien un trésor paraît au jour sous sa pioche *. Ses moines étaient réduits à une extrémité intolérable lorsque le saint, qui conjurait Dieu de ne pas laisser ses serviteurs dans le besoin, reçut ordre de creuser la terre dans un endroit qui lui fut désigné. Là, un amas de pièces d'or s'offrit à sa vue et lui fournit de quoi vivre pendant plusieurs années. Cf. Argent, p. 69.
Saint Gontban, roi de Bourgogne ; 28 mars, 593. Dans un souterrain plein de coffres et de monceaux d'or ou d'argent. On rapporte que, pour lui faciliter ses pieuses largesses sans que le peuple eût à souffrir des impôts, Dieu lui fit trouver des trésors considérables3. La légende s'en est mêlée pour raconter la chose d'une façon particulièrement poétique: un petitanimal(unrat, dit-on), qui s'enfuyait dans une grotte, aurait mis le prince sur la trace d'énormes richesses qui étaient là entassées sans qu'on l'eût soupçonné jusqu'alors.
Ce rat pourrait donner lieu de songer à quelque symbole chtonien (des demeures souterraines) indiquant le séjour des métaux et des gemmes , des mines en un mot 4. Mais j'imagine aussi qu'il y aura là un souvenir des anciens poèmes germaniques, qui mêlent les vieux rois burgondes avec la tradition de trésors magiques gardés par un dragon au fond d'une caverne. Cela pourrait bien être né parmi les nations de la droite du Rhin, d'outre-mer et d'outre-monts, qui s'encourageaient au pillage en racontant avec toutes sortes d'exagérations les bonnes trouvailles des premiers envahisseurs leurs compatriotes, sur les terres de l'empire.
Voici une forme assez ancienne de la légende : Gontran était endormi à la suite d'une chasse, et son écuyer vit sortir de la bouche du roi une petite bête 5 qui se dirigea vers un ruisseau. Comme elle semblait fort embarrassée pour le franchir , l'écuyer mit son épée sur les deux berges en manière de pont. Par ce moyen l'animal gagna au delà de l'eau une fissure dans la montagne, d'où il revint, en prenant la même route, dans la bou-
che du prince; comme s'il eût voulu lui rendre compte de son voyage. Gontran, lorsqu'il se réveilla, raconta à .son écuyer qu'il venait d'avoir un songe étrange : un pont de fer l'avait conduit à une montagne , où des trésors éblouissants s'étaient montrés à ses regards. L'écuyer, encouragé à dire aussi son mot, exposa ce qu'il avait vu en même temps; et la coïncidence des deux récits suggéra l'idée de fouiller la cachette, qui se trouva renfermer des valeurs énormes.
Diverses trouvailles mises au jour même de notre temps, peuvent donner quelque idée du grand nombre de matières précieuses qui durent être enfouies à tout hasard lorsque la société romaine vit arriver les envahisseurs germaniques comme un cataclysme inévitable.
Sainte Paule, veuve; 26 janvier, 404. Prosternée devant la grotte de Bethléem. Elle passa trois ans avec sa fille Eustochium près de la crèche de Notre-Seigneur; et cette illustre Romaine, qui bâtissait des hôpitaux ou des monastères avec ses grands biens, s'estima heureuse d'habiter quelque temps une chauminc dans le voisinage du lieu où Notre-Seigneur était né.
Sainte Rosalie. Cf. Ciseau.