‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 268 sur 1339 · Hùtoria Euttachio-Mariana, p · texte numérisé non relu

Hùtoria Euttachio-Mariana, p

Saint Ecianus (ou Echenus), évêque de Clonfert; 11 février, 577. Labourant avec un cerf pour attelage *.

Saint Que, Quay, ou Renan (Colodocus), ermite ou même abbé irlandais venu en Bretagne. On prétend qu'il était évêque; 7 octobre 495. Près de lui une charrue attelée de huit cerfs. Un cerf poursuivi à la chasse s'était jeté dans l'ermitage du saint, et celui-ci refusa de livrer le réfugié. Le chasseur (un seigneur celte) irrité, prétendit compenser sa perte en mettant la main sur sept bœufs et une vache qui formaient tout le bétail du monastère. Le lendemain huit cerfs vinrent se mettre à la disposition du serviteur de Dieu pour remplacer les animaux domestiques que lui avait coûtés le salut d'un de leurs congénères*.

On a remarqué avant moi que le cerf et le loup sont assez souvent mis en réquisition par les saints des pays celtiques ( Irlande , Cambrie , Ecosse , Armorique). L'abbaye de Llancarvan , dans le Glamorgan , reconnaissait devoir son nom à une aventure du même genre. Aussi, qui jugerait que je me suis montré fort avare de cette caractéristique, pourra chercher saint Mochua et saint Munnu, s\int Théliau, saint Féchin, saint Fintan, saint Rodan et saint Colman dans la compilation de Bagatta (De admU randis, lib. VII, cap. i, § 13); sans parler des personnages grecs ou latins, comme saint Siméon Stylite, saint

LUC LE JEUNE, SAINT ABUNDIUS et SAINT CABPOPHORE, SAINT

Macaire de Rome, saint Pamphile de Sulmone (ibid.). La Symbolique de M. W. Menzel en indique quelques autres ; pour moi, je me borne assez strictement à ce que j'ai vu dans les œuvres des artistes.

Saint Maxime , évoque de Tumn ; 25 juin, v. 466. Il montre une biche à un espion qui était venu pour le perdre. Le saint évêque se rendait souvent à une chapelle écartée, où l'on imagina qu'il était conduit par quelque mauvais dessein. Celui qui l'épiait se trouva pris d'une soif si ardente, qu'il lui fallut recourir à l'homme de Dieu. Maxime lui indiqua une biche (ou une chevrette) qui se laissa traire pour le désaltérer r.

Saint Eustache, martyr (Cf. Bœuf, p. 137; Animaux farouches, p. 47). On rapporte de lui une apparition toute semblable à celle qui convertit saint Hubert. Le P. Kircher a prouvé* que le fait s'était passé à vingt milles de Rome, près du Mont Vulturello ou Vultovilla; et que, dès le iv6 siècle, on y avait construit une chapelle. Eustache (ou Eustathe était alors païen , et portait le nom de Placide qu'il changea au baptême '.

9. Menolog. grœc, t. I, p. 55. — Legenda aur., clxi. — Greticr, De Crue», lib. III, cap. v.

Pour montrer les divers détails de cette légende, empruntons au Missel de Paris ( 1516, in 4°) les fragments d'une prose {Corde puro, mente pur a) :

• VaniUti deditus, Quum jam beno viveret

Dum aberrat neeciua, Vitans noiam criiuinia;

Invitatur cœlitui Hic i.-ni.nar graviter,

Ad fidem Eustacluus. Fit eiemplum porterie :

Ne gentille perderet Dum amieea panier

Boni fructum aeminie, Uiore cuin liberté ,

CERF, BICHE, DAIM

Saint Mahues, martyr à Césarée en Cappadbce; 17 août, vers 275. Une biche près de lui. On raconte que retiré dans une forêt au milieu des animaux sauvages, et courri de leur lait, il fut trouvé là par les envoyés du gouverneur. Il se livra lui-même à ceux qui venaient le chercher1. Émerveillés du pouvoir que le saint exerçait sur les hôtes des bois, les soldats craignaient de mettre la main sur lui; mais il les encouragea lui-même à faire ce qui leur était commandé. La docilité des animaux •envers ce saint l'a fait invoquer pour la santé des bestiaux.

Saint Meinulf (Meinolphus), archidiacre de Paderborn; 5 octobre, v. 857. Un cerf près de lui. Ce fut le signe auquel il crut reconnaître le lieu où il devait fonder le monastère de Bœdeken. On ajoute même qu'une croix éclatante brillait entre les bois de ce cerf; mais outre C[ue ces- apparitions se répètent beaucoup, une jolie miniature ancienne, qui est à peu près copiée ici, montre le •cerf sans cette croix. Notre saint n'a point fait beaucoup de bruit dans la chrétienté, mais il est cher aux Westphaliens chez qui les saints n'abondent pas. Celui-ci d'ailleurs peut compter entre les premiers fruits de la conversion des Saxons par Charlemagne, et fut un de ceux qui allèrent chercher au Mans les reliques de saint Liboire pour la ville de Paderborn. D'ailleurs un pays aussi féodal 4ut admirer que le saint fondateur de Bœdeken eût exclu les titres de noblesse comme condition nécessaire pour la 4ignité abbatiale dans son couvent*.

Saint Humbert de Maroilles (Cf. Anges, p. 39), abbé. Un -cerf réfugié sous le manteau du saint, brava ainsi les chiens <|ui s'arrêtèrent près de là sans passer outre. Les chasseurs n'ayant pas voulu respecter cet asile, ne purent s'empêcher de reconnaître qu'une force surnaturel le protégeait le pauvre animal sous un abri en apparence si impuissant. A •quelque distance de là était le serviteur de Dieu travaillant à la terre, et qui n'avait déposé son vêtement de dessus que pour s'employer plus activement à sa besogne. Le seigneur qui suivait la meute, frappé de respect, voulut lui faire accepter des terres pour la subsistance de ses reli-

Fidem puram retioet Nec advenu frangitur; In spe cuncta sustinet, Neque sperans fallilur.

Nam procurât Dei cura.

,Dum jubetur aut perire Aut in fide resilire, Mûri magis eligit.

Ergo Christo convicturus, Fide fortis, spe securus, Bovern ingressus œneum, Vaporem spernit igneum.

Corpus quale prius erat Incorruptum persévérât, Nec in eitremis crinium Vires apparent ignium. Etc. »

Viro justo post laborem Natos reddit et uiorem, Ut in statum hune priorem Hac fortuna erigit.

Sed non parens régis ira;

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