CHAPE
Le pluvial, comme les liturgistes appellent la chape (cappa) ecclésiastique, montre assez par son nom qu'il a été primitivement un manteau ou caban (gabanna des italiens), destiné à protéger contre la pluie. Aussi avait-il jadis un capuchon qui pouvait se relever sur la tête, et représenté encore, pour mémoire, par la pièce qui descend sur les épaules et que l'on appelle chaperon. Il doit avoir été destiné, vers le vie siècle, à garantir les principaux officiers ecclésiastiques durant les processions ; soit à cause de leur grand âge et des infirmités qui accompagnent trop souvent la vieillesse, soit en raison des ornements plus précieux qui répondaient à leur dignité. De là seront venus les vêtements nommés cappa magna, camail, employés comme marque d'honneur ou comme préservatifs contre le froid durant les longs offices d'hiver. Cette dernière considération, jointe à quelque peu de pensées mondaines ou au désir de constater les rangs hiérarchiques, a fait adopter les fourrures plus ou moins recherchées; et les aumusses, jadis portées sur les épaules (pour être élevées jusqu'au front), auront persisté comme signe distinctif dont le sens se comprend à peine à notre époque quand on les voit habituellement sur le bras gauche, et en été comme dans la saison rigoureuse.
Quoi qu'il en soit, l'habitude que nous avons contractée en France de voir la chape sur le dos des chantres gagés, nous inspire peu de considération pour ce vêtement ecclésiastique. Cependant les monuments, jusqu'au xviue siècle, nous le montrentporté par les papes, et il est bon de savoir que jadis le chantre était un des principaux dignitaires dans le chapitre. Vers le xve siècle, les évêques sont communément représentés en chape, et lorsqu'ils ont appartenu à un ordre religieux, ils portent sous la chape leur vêtement monastique ou régulier; sinon, ils sont revêtus de l'aube tout simplement sous le pluvial. Il ne faudrait donc pas s'étonner lorsque nous donnons
Lampadibus nostris oleum, pia, suTfice verum. • De même pour la troisième antienne de laudes :
■ Hec est virgo nitens qua>, clara lampado, sponso Obvia processit; latura perenniter illi Obsequii pensum, divia sociata choreis. •
Cependant J'aurais à me reprocher de laisser croire que ce même ofllco omette la légende du cierge rallumé, si Je ne disais qu'il y en est tait mention plus d'une fois.